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Sent: Wednesday, January 07, 2009 8:13 PM
Subject: [Transfer_info] La vraie histoire derrière la guerre

Le texte suivant
publié sur le site du « The Independent » est une analyse intéressante
où l’auteur s’arrête, pour la déconstruire, sur la propagande sioniste, reprise
en chœur par les grands de ce monde et répétée inlassablement sur des médias
principaux du monde libre (???)et démocratique (???), sur la responsabilité du
Hamas dans l’horreur inqualifiable qui se passe à Gaza.

 

Il rappelle des
faits qui montrent que le Hamas a bien accepté de jouer le jeu, le jeu de dupes
qui consiste à croire, malgré toutes les évidences contraires, que l’état
sioniste accepterait de faire « la paix des braves » sur la base de
deux états souverains délimités par les frontières de 4 juin
1967.

 

Aujourd’hui tout
le monde sait qu’il n’en est rien. Plus aucune personne, saine d’esprit, ne peut
l’affirmer. Et cela ne se limite pas à la question de deux états, car bientôt,
l’état sioniste voudra en finir aussi avec ces Arabes « citoyens
israéliens » qui polluent le caractère pur de cet état et qui menacent de
passer de 20% à 30, 40, voire dépasser le 50% du nombre total des
« citoyens israéliens » !

 

Aujourd’hui on vit
la phase de discernement. Bientôt il n’y aura plus que deux camps et rien au
milieu, deux couleurs, du noir et du blanc sans degrés de gris entre eux. C’est
Bush qui avait classé le monde ainsi, et ce sont ses amis sionistes, par leur
arrogance meurtrière, qui sont en train de pousser tout le monde à prendre
position.

 

Cette
clarté de vision, on la doit aux modestes et héroïques gens de Gaza. Ne les
pleurons pas, mais rendons leur grâce.

 

 

La vraie
histoire derrière la guerre n’est pas ce que raconte
Israël

 

Johann
Hari

Lundi, 29 décembre
2008

The
independent

 

Le monde n’est pas
seulement en train de regarder le gouvernement israélien commettre un crime dans
la bande de Gaza, mais nous le voyons aussi faire du tort à lui même. Ce matin,
demain matin, et tous les matins jusqu’à ce que ce tabassage punitif se termine,
les jeunes de la bande de Gaza vont avoir de plus en plus de haine, et vont être
plus déterminés à combattre, avec des pierres, des vestes de suicide ou de
roquettes. Les dirigeants israéliens se sont eux-mêmes convaincus que plus on
bat les Palestiniens, plus doux ils deviendront. Mais quand ce sera fini, la
rage contre les Israéliens en sortira plus endurcie, et les mêmes vieux
compromis seront toujours en attente au bord de la route de l’histoire, négligés
et irréalisés.

 

Pour comprendre
combien terrifiant il doit être à Gaza ce matin, vous avez besoin d’avoir été
dans ce petit bloc de béton au bord de la Méditerranée et d’avoir senti la
claustrophobie. La bande de Gaza est plus petite que l’ile de Wight, mais elle
est entassée par un million et demi de gens qui ne peuvent jamais la quitter.
Ils vivent leurs vies les uns sur les autres, sans travail, affamés, dans des
grands tours délabrés. Du dernier étage, vous pouvez voir les limites de leur
monde : La Méditerranée et les fils barbelés israéliens. Quand les bombes
commencent à tomber – comme maintenant, avec encore plus de violence mortelle
que ça n’a jamais été le cas depuis 1967 – il n’y a nulle part pour se
cacher.

 

Il y aura maintenant
une guerre sur l’histoire de cette guerre. Le gouvernement israélien dit :
« Nous nous
sommes retirés de Gaza en 2005, et en échange nous avons eu le Hamas et les
roquettes al-Qassam arrosant nos villes. Seize civils ont été tués. Combien de
plus sommes-nous censés sacrifier ?
 » C’est un récit
plausible, et il y a une part de vérité dedans, mais il est aussi rempli par des
trous. Si nous voulons comprendre la réalité et vraiment arrêter les roquettes,
nous devons revenir quelques années en arrière pour visionner objectivement
l’élan pris vers cette guerre.

 

Le gouvernement
israélien s’est effectivement retiré de la bande de Gaza en 2005 – afin de
pouvoir renforcer le contrôle de la Cisjordanie. Don Weisglass, un conseiller
senior d’Ariel Sharon, était explicite sur ce point en déclarant :
« Le
désengagement [de Gaza] est en fait du formaldéhyde
(Méthanal ou Formol : gaz soluble
dans l’eau et utilisé comme désinfectant, ndt). Il fournit le formaldéhyde
nécessaire pour qu’il n’y ait pas de processus politique avec les Palestiniens…
Le paquet total qu’on appelle l’état palestinien a été enlevé de notre agenda,
indéfiniment.
 »

 

Les Palestiniens
ordinaires furent horrifiés par cela
et par la corruption
puante de leurs propres dirigeants du Fatah, ils ont alors voté pour le Hamas.
Ceci n’aurait certainement pas été mon choix – un parti islamiste, est contraire
à toutes mes convictions – mais nous devons être honnêtes. C’était un scrutin
libre et démocratique, et ce n’était pas un rejet de la solution de deux États.
Le sondage le plus détaillé sur les Palestiniens, par l’Université du Maryland,
a révélé que 72% souhaitaient une solution à deux États sur les frontières de
1967, alors que moins de 20% voulaient récupérer l’ensemble de la Palestine
historique. Alors, en partie en réponse à cette pression, le Hamas a offert à Israël un long, long cessez-le-feu
et une acceptation de facto de deux états, si seulement Israël acceptait de
retourner à ses frontières légales.

 

Plutôt que de saisir
cette occasion et de tester la sincérité du Hamas, le gouvernement israélien a
réagi en punissant l’ensemble de la population civile. Il a annoncé qu’il assiégeait la bande de Gaza afin
d’« appliquer une
pression
 » sur ses habitants pour renverser le processus
démocratique.
Les Israéliens ont entouré la bande de Gaza et ont
refusé de laisser sortir quiconque ou quoi que ce soit. Ils ont laissé une
petite quantité de nourriture, de carburant et de médicaments – mais pas assez
pour survivre. Weisglass plaisantait en déclarant que les habitants de Gaza ont été « mis au régime ». Selon
Oxfam (Oxfam International, une ONG de 13 organismes qui luttent pour le
changement durable contre la pauvreté et pour les droits de l’homme, ndt) seuls
137 camions de vivres ont été autorisés à pénétrer dans la bande de Gaza le mois
dernier pour nourrir 1,5 millions de personnes. L’Organisation des Nations Unies
affirme que la pauvreté a atteint un niveau
« sans précédent »
. Lorsque j’étais à Gaza assiégée, j’ai
vu des hôpitaux renvoyer des malades parce qu’ils manquaient d’équipements et de
médicaments. J’ai rencontré des enfants affamés trainant dans les rues pour
chercher de la nourriture.

 

C’était dans ce
contexte – sous une punition collective organisée pour renverser une
démocratie
– que quelques forces à Gaza ont commis quelque chose
immorale : ils ont tiré des roquettes al-Qassam au hasard sur des villes
israéliennes. Ces roquettes ont tué 16
citoyens israéliens
. C’est odieux : viser des civils est
toujours un meurtre. Mais c’est hypocrite de la part du gouvernement israélien
de prétendre parler pour la sécurité des civils alors qu’il ne cesse de terroriser les civils en tant que
question de politique d’état.

 

Les gouvernements
américain EU et européens réagissent avec une partialité qui ne prend pas en
compte ces réalités.
Ils disent qu’on ne peut
s’attendre à ce qu’Israël accepte de négocier sous le feu des roquettes, mais
ils exigent que les Palestiniens le fassent sous l’état de siège dans la bande
de Gaza et l’occupation militaire violente en Cisjordanie.

 

Avant que cela ne
disparaisse dans un trou de mémoire, il convient de rappeler que, la semaine
dernière, le Hamas a offert un cessez-le-feu
en échange de compromis élémentaires et réalisables
. Ne me croyez pas
sur parole. Selon la presse israélienne, Yuval Diskin, l’actuel chef du service
de sécurité israélien Shin Bet, « a informé le gouvernement
israélien [le 23 décembre] que le Hamas est intéressé dans la poursuite de la
trêve, mais veut améliorer ses conditions.
 » Diskin a
expliqué que le Hamas demandait deux choses : la fin du blocus, et un cessez-le-feu israélien sur la
Cisjordanie
. Le gouvernement – excité avec la fièvre des
élections
et désireux d’apparaître dur – a rejeté ces
conditions.

 

Le fond de la
situation a été clairement expliqué par Ephraïm Halevy, ancien chef du Mossad.
Il dit que bien que les militants du Hamas – comme une grande partie de la
droite israélienne – rêvent de bouter dehors leurs adversaires,
« ils ont reconnu
que cet objectif idéologique n’est pas réalisable et ne le sera pas dans un
avenir prévisible. 
» Au lieu de cela, « ils sont prêts et disposés à voir
la création d’un état palestinien dans les frontières provisoires de
1967.
 » Ils sont conscients que cela veut dire qu’ils
« doivent adopter
une voie qui pourrait les amener loin de leurs objectifs
initiaux
 » – et vers une paix à long terme fondée sur le
compromis.

 

Les partisans du
refus des deux côtés – de Mahmoud Ahmadinejad en Iran jusqu’à Bibi Netanyahou en
Israël – seraient alors marginalisés. C’est
la seule voie qui pourrait conduire à la paix mais c’est le gouvernement
israélien qui refuse de la choisir
. Halevy, explique :
« Israël, pour
des raisons qui lui sont propres, ne veut pas transformer le cessez-le-feu en un
début d’un processus diplomatique avec le
Hamas.
 »

 

Mais pourquoi Israël
agit de cette façon ? Le gouvernement
israélien veut la paix, mais seulement une paix imposée selon ses propres
conditions, sur la base de l’acceptation de la défaite par les
Palestiniens
. Cela veut dire que les Israéliens peuvent conserver les
blocs de la Cisjordanie de « leur » côté du mur. Cela veut dire qu’ils
gardent les plus grandes colonies et le contrôle des sources d’eau. Et cela veut
dire une Palestine divisée, avec la responsabilité de Gaza confiée à l’Egypte,
et la Cisjordanie morcelée toute seule. Les
négociations menacent cette vision : elles exigeraient d’Israël de renoncer à
plus que ce qu’il veut
. Mais une paix imposée veut dire l’absence
totale de paix : elle n’arrêtera pas les roquettes ou la rage. Pour une vraie sécurité, Israël aura à parler aux gens
qu’il assiège et qu’il bombarde aujourd’hui, et à trouver des compromis avec
eux
.

 

La voix de Gaza qui
brule devrait être couverte par les paroles de l’écrivain israélien Larry
Derfner. Il dit : « la guerre d’Israël contre Gaza
doit être la plus inégale sur la terre… Si le but est d’y mettre fin, ou au
moins de commencer à y mettre fin, la balle n’est pas dans la cour du Hamas – il
est dans le nôtre.
 »

 

 

http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/johann-hari/johann-hari-the-true-story-behind-this-war-is-not-the-one-israel-is-telling-1214981.html

 

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