————————————————–
From:
"Hess Madeleine" <grianala@yahoo.fr>
Sent: Monday, May 25, 2009 8:29
AM
To:
Subject: Les irradiés de Reggane déboutés d’avance ?

>

>
>
> Les irradiés de Reggane déboutés d’avance ?
>
De"PMF-Bureau national" <pmfnet@yahoo.fr>
> A  
Ginette   :   grianala@yahoo.fr, "Hess Madeleine"
<grianala@yahoo.fr>
>
> Dimanche 24 mai 2009
>

> Une muraille juridique contre les victimes des
essais nucléaires français : Les irradiés de Reggane déboutés d’avance
?
> par M. Saâdoune
>
> La cour d’appel de
Paris vient de rendre un verdict qui fait scandale. La justice française a en
effet invoqué vendredi dernier des raisons de procédure pour rejeter les
demandes d’indemnisation de douze anciens militaires français atteints de
maladies mortelles liées aux essais nucléaires français, au moment où le
gouvernement français admet pourtant enfin sa responsabilité dans le drame.
L’argument avancé par les juges d’appel est que la majorité des demandes est
irrecevable parce que les faits sont antérieurs au 1er janvier 1976, date de
création de la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions pénales
(Civi). Un militaire ayant été gravement irradié en Polynésie au début des
années 1980 a, quant à lui, été débouté par la cour qui considère, non sans
humour noir, qu’il aurait dû porter plainte devant le tribunal des pensions, une
juridiction militaire. Autrement dit pour ce militaire, il s’agirait
> ni
plus ni moins que d’un contentieux lié à une différence de vues avec son ancien
employeur. Les deux arguments de pure procédure se croisent pour constituer une
sorte de muraille juridique devant toutes les victimes qui auraient la mauvaise
idée de poursuivre l’Etat français pour faire valoir leurs droits. La décision
des magistrats d’appel a suscité la consternation des associations qui défendent
depuis des années le principe d’une juste indemnisation des victimes des
expériences nucléaires françaises.
>
> Démarche
négationniste
>
> Ce jugement intervient à contre-courant d’une
volonté politique exprimée au plus haut niveau. Le gouvernement français
reconnaît en effet depuis peu la responsabilité de l’Etat. C’est ainsi que sera
présenté le 27 mai prochain, en Conseil des ministres, un plan d’indemnisation,
doté de 10 millions d’euros en 2009, pour les soldats tombés malades après avoir
participé à certains des 210 essais nucléaires pratiqués par l’armée française
dans le Sahara algérien de 1960 à 1966, puis en Polynésie de 1966 à
1996.
>
> La position de la justice française n’est cependant guère
surprenante. Les magistrats français ont tenté d’habiller d’arguties juridiques
une démarche négationniste classique de la technostructure et de la haute
administration. Les essais nucléaires français à ciel ouvert ont été conduits au
mépris de toute considération non seulement pour les militaires, dont après tout
c’est le métier de mourir, mais surtout de populations civiles innocentes et
privées de toute protection. En Algérie, les explosions atmosphériques d’engins
de très grande puissance à Hamoudia, près de Reggane, ont affecté des milliers
de personnes auxquelles la justice française vient de signifier une fin de
non-recevoir à toutes éventuelles demandes de réparation. Mais au-delà de
l’indemnisation nécessaire des victimes, ce que la décision de la cour d’appel
de Paris exprime est la volonté de rejeter dans les oubliettes de l’Histoire
les
> exactions dont l’Etat français s’est rendu coupable.
> Les
victimes n’existent pas !
>
> La démarche est connue: le refus de
regarder le passé, d’en tirer les leçons et de solder les préjudices est une
constante d’une partie décisive des instances politico-administratives
hexagonales. La tradition est bien ancrée. Face aux crimes et forfaits commis au
nom de la République, est opposée une sorte de culture de l’irresponsabilité et
d’effacement de la mémoire.
>
> Entre amnistie et amnésie
volontaire, on cherche par la vertu du temps qui passe, la disparition des
témoins, des acteurs et des victimes, à exonérer par défaut un Etat, par essence
infaillible.
>
> La seule dérogation à cette pratique aussi inique
que dangereuse est la reconnaissance par Jacques Chirac de la responsabilité de
l’Etat français dans la déportation des juifs. Il a fallu quarante ans à un
lobby très puissant pour arracher cet aveu. Le refus obstiné d’admettre les
erreurs et les crimes aboutit au travestissement de l’histoire et au risque de
réédition, sous des configurations différentes bien entendu, du passé que l’on
cherche à occulter. De l’occultation à la mystification il n’y a qu’une nuance,
les théoriciens des «bienfaits de la colonisation» sont l’expression achevée
d’une forme de faux en écriture de l’histoire. Le bilan colonial est en effet
positif quand on soustrait des comptes tout le passif pour ne garder que la
grotesque image d’Epinal du bon colon civilisateur. L’argumentaire de la cour
d’appel de Paris ne contribue pas, c’est le moins que l’on puisse dire, à
inverser cette
> propension à l’aveuglement. Les pauvres victimes de la
région de Reggane qui avaient servi de cobayes à un Etat qui prétend aujourd’hui
donner des leçons de morale nucléaire au monde entier, sont ainsi averties: aux
yeux de la justice de la République française, elles n’existent pas.
>

> Vous a été envoyé par www.p-m-f.org

Tags:

Comments are closed

Latest Comments