Sent: Tuesday, June 16, 2009 5:11 PM
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Subject: ACN La voix de ceux qui souffrent

Servicio de francés agencia
cubana de noticias
La voix de ceux qui
souffrent
(Marcos Alfonso)
 
     
 
La journée était
exceptionnellement chaude pour un 16 juin. Tous les présents se pressaient
autour du télétype qui devait envoyer la première dépêche d’une agence de presse
alors encore inconnue, Prensa Latina.
     
 
Presque un an auparavant, en
pleine Sierra Maestra, Fidel et le Che en avaient avancé l’idée qui serait
ensuite menée à bien par le journaliste argentin Jorge Ricardo Masetti, un
journaliste qui était parvenu jusqu’au cœur même de l’Armée Rebelle en tant que
reporter de la radio
El Mundo
de Buenos Aires et qui, plus
tard, avait écrit le livre
Ceux
qui se battent et ceux qui pleurent,
un reportage fascinant sur l’épopée de la Révolution à Cuba.
     
 
Cette première dépêche de
l’agence Prensa Latina informait des déclarations de l’ambassadeur du Honduras
aux Nations Unies. Il avait été émis depuis les bureaux centraux de l’agence,
installés à la Havane.
     
 
Le diplomate réfutait une
autre dépêche, fort malveillante, qui avait été émise par une agence de presse
nord-américaine, et qui tentait de faire porter à l’île la responsabilité des
révoltes militaires qui s’étaient produites dans la nation centre-américaine.
     
 
Ce jour là, il y a cinquante
ans, Masetti avait déclaré : « Nous n’avons pas engendré une créature
parfaite, mais elle est à nous, et nous devons en prendre
soin ».
     
 
A l’époque, peu de gens
avaient calculé la transcendance de l’évènement. On travaillait avec une
obstination fébrile et beaucoup d’amour, malgré les prédictions pessimistes
d’autres agences qui avaient auguré seulement trois mois de vie à la nouvelle
venue.
     
 
« Il ne peuvent rien
faire contre le monopole de l’information qui est tenu par AP, AFP, UPI,
Reuters… », affirmaient-t-ils sans hésitation.
     
 
Une fois choisie l’équipe de
rédacteurs, pour laquelle Masetti avait fait appel à des cubains et des
latino-américains, l’envoi de la première dépêche était, sans aucun doute, un
coup d’audace, vu les circonstances.
              En un peu moins de quatre mois, celui qui plus tard allait devenir le
Commandant Segundo de la guérilla argentine, avait réussi à transformer Prensa
Latina en une excellente école de journalisme.
     
 
Il était au courant de chaque
détail, depuis l’installation de locaux jusqu’à l’achat et l’installation des
appareils de transmission. Rien n’échappait à son attention. Il savait enchaîner
les tâches avec une précision d’orfèvre. « Tout a été fait dans la
précipitation – a ensuite écrit son collègue Juan Marrero – mais tout était
prévu ».
     
 
A l’heure de définir les axes
éditoriaux de l’audacieuse entreprise, Masetti a été précis et poétique :
« Nous voulons savoir qui souffre, pour essayer de minorer leurs
souffrances ; et qui rie, pour prendre plaisir à leur joie ; qui est
enchaîné, pour l’aider à se libérer ; et qui a mis les chaînes, pour le
combattre de toutes nos forces ».
  
     
 
La naissance de Prensa
Latina avait été saluée par d’importantes personnalités du continent comme
Salvador Allende, Wolfgang Larrazábal, Nicolás Guillén, Rómulo
Gallegos
et d‘autres encore, et le poète chilien Pablo
Neruda en a synthétisé l’importance lorsqu’il a écrit :
     
 
« Monopoliser le cuivre,
c’est incorrect. Monopoliser le pétrole, le café, les bateaux, le blé, c’est
encore pire. Mais monopoliser l’information est un crime et nous en avons
souffert assez longtemps ».
     
 
L’idée, formée pendant la
période de lutte insurrectionnelle puis cuisinée avec beaucoup d’amour par
Masetti et sa troupe, arrive maintenant au demi siècle.
     
 
La recherche de la vérité, la
communion de pensée et la diversité des points de vue d’une équipe de
journalistes tous unis par le sang commun, ont permis d’exposer au grand jour la
nature de l’ennemi permanent de notre Sud. Dans la réalisation de la grande idée
surgie il y a maintenant cinquante ans, il n’y a jamais eu le moindre espace
pour le mensonge.

Título en
español
     
 
La voz de los que sufren



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