Note de RoRo: le principe a fait recette depuis plusieurs
siècles: "Ne taxez pas les riches, Sire ! Taxez les pauvres, car ils sont les
plus nombreux !" …

 

Budget :: Réaction de Peter Mertens à la déclaration politique de Van Rompuy

Mardi, le Premier ministre Van Rompuy a présenté la déclaration
gouvernementale au Parlement. « Un assemblage de demi-mesures et de grands trous
», réagit le président du PTB, Peter Mertens.

Nick Dobbelaere

Cette semaine, le PTB a mené des actions
aux pompes à essence de Hasselt et de Liège contre les nombreuses taxes que le
gouvernement veut prélever pour combler le trou du budget, mais qui frappent
surtout le citoyen ordinaire. « Nous ne voulons pas payer plus d’accises » était
le titre de la brochure distribuée, qui a suscité l’intérêt des médias
locaux.
(Photo Solidaire, Peter Vanloffelt)

Malgré les canonisations et congrès de
parti
, les ministres du gouvernement Van Rompuy Ier ont tout de même
pris le temps de définir les grandes lignes du budget fédéral des deux années à
venir. Mardi après-midi, le Premier ministre est venu présenter sa déclaration
politique au Parlement. « En général, le pouvoir d’achat de la
population a été maintenu à niveau 
», a-t-il dit. On aurait dit qu’il
voulait rassurer la population.

Peter Mertens, président du PTB, lui, n’est pas
rassuré: « Peut-on se sentir rassuré quand on loupe dix buts faciles devant
une cage vide et qu’on marque deux buts contre son camp ? Premièrement, ce
budget est celui des occasions manquées : les responsables de la
crise, une fois de plus, ne sont pas interpellés
. Et en plus, on loupe
des occasions de créer de nouveaux emplois. N’oublions pas qu’au cours
des deux années à venir, notre pays comptera deux cent mille nouveaux
chômeurs
. Deuxièmement, c’est un budget d’auto-goals, de buts contre la
population. Prenons l’augmentation des accises sur le
mazout
 : nous devrons payer le plein de diesel plus cher
afin de payer la crise des banques. Ou prenons les économies
sur les prestations de services dans le secteur public. 
Il faudra qu’on nous explique comment on veut combattre
la fraude fiscale en réduisant le nombre de fonctionnaires au ministère des
Finances.
Il y manque déjà du monde. Ou à l’Onem. Il y a des
dizaines de milliers de chômeurs en plus. Et en même temps il y aurait moins de
personnel pour calculer les indemnités de chômage. »

On dirait que Van Rompuy réserve les
économies les plus lourdes pour l’après 2011…

Peter Mertens. Ce budget est un premier pas. Et
en effet, il reporte tout un tas de mesures d’économies aux années à
venir.
Van Rompuy a déjà annoncé que les mesures d’austérité
iraient crescendo durant les six prochaines années
. Sur ce plan-là,
nous ne pouvons pas dormir sur nos deux oreilles.

L’an dernier, le gouvernement Leterme
avait déjà concocté un budget qui minimisait l’ampleur de la crise :
« Elle finira bien par passer ! » Je constate
qu’aujourd’hui, on nous chante le même refrain
. Sur le plan
international, il n’y a pourtant aucun indicateur qui indique que la crise et le
problème de la surproduction ont été résolus. Van Rompuy repasse tout
simplement la patate chaude au suivant.

Et quand par contre le gouvernement prend
des mesures, il fait exactement le contraire de ce qu’il devrait faire.
Electrabel décroche le jackpot. Au cours des dix années à
venir, l’entreprise va recevoir douze milliards d’euros de rente
nucléaire
. La fraude fiscale restera impunie à 99 % : le
gouvernement limite ses ambitions dans la lutte contre cette fraude à la
récupération de 300 millions d’euros, soit 1 % de la fraude, qui est évaluée à
30 milliards
. Les banques répercuteront simplement leur
contribution sur les clients
. Le signal que donne ce gouvernement va
vraiment dans la mauvaise direction.

N’est-ce pas déjà un pas en avant que les
banques et le secteur de l’énergie contribuent au budget, comme le dit la
ministre Onkelinx (PS) ?

Peter Mertens. L’an
dernier, Electrabel a déjà dû payer une prétendue taxe de 250 millions
d’euros. En fait, Electrabel a déduit cette taxe de ses
impôts !
La première taxe dans l’histoire à être fiscalement
déductible ! Quelles garanties avons-nous qu’Electrabel va bien payer les
200 pauvres millions – voire moins ? Aucune ! L’an dernier,
Electrabel n’a pas payé un centime d’impôt.
Pas un centime !
Madame Onkelinx doit m’expliquer à quoi elle voit que ce sont les plus riches
qui vont payer. Laisser impunie 99 % de la fraude, laisser les
banques récupérer leur taxe en l’imputant aux clients et ne pas imposer de
garantie sévère à Electrabel. Tout ça, c’est vendre du
vent !

Van Rompuy qualifie son budget d’« équilibre subtil,
loin des slogans ».

Peter Mertens. Augmenter les accises sur le diesel ou
le tabac n’a rien d’un équilibre subtil. C’est une solution de facilité qui
frappe d’abord les plus bas salaires. Les accises sont l’impôt le plus
inéquitable qui soit. Des solutions comme ça, c’est précisément ce que je
qualifie de slogan. Ce sont les solutions de gens qui n’osent pas se tourner
vers les vrais responsables. Il n’y a pas dix manières de trouver de l’argent.
Soit on s’adresse à ceux qui ont le plus de moyens financiers dans la
société, soit on s’adresse à l’homme de la rue. Voilà le choix devant lequel on
se trouve
.

Aujourd’hui, on paraît révolutionnaire simplement
quand on propose que les banques paient le taux normal d’imposition, qui
s’élève à 33,99 %.
En réalité, grâce à toutes les astuces de
déductibilité fiscale – dont les intérêts notionnels – elles
n’en paient que 10,39 %. Qu’on mette fin à toutes ces déductions
fiscales ! Si les banques, qui font aujourd’hui à nouveau des
bénéfices,
payaient les 33,99 % prévus par la loi, cela pourrait
rapporter chaque année plus d’un milliard d’euros. Beaucoup plus que ce
que rapportent toutes ces augmentations d’accises sur le diesel et le
tabac
.

Qu’est-ce qui aurait dû se trouver dans la déclaration de
politique générale d’après vous ?

Peter Mertens. On entend beaucoup de discours
rassurants dans ces temps difficiles de crise. Mais où est la politique de
l’emploi de ce gouvernement ? Le gouvernement joue-t-il au marchand de
sable, en nous jetant de la poudre aux yeux? Le gouvernement doit jouer un rôle
actif pour favoriser l’emploi et créer lui-même des emplois dans le secteur
public. Nous proposons la création de milliers de nouveaux emplois dans le
secteur de la santé, dans l’enseignement, dans les services publics. En 
les finançant par un prélèvement une taxe des millionnaires sur les fortunes qui
dépassent un million d’euros. Cela rapporterait huit milliards. Nous avons
vraiment besoin de cet argent et de ces emplois. Est-ce un slogan d’exiger du
gouvernement qu’il prenne des mesures pour la création d’emplois ?

Le PTB a élaboré une alternative de gauche aux mesures
d’économie que le gouvernement nous prépare : « Un plan d’urgence
social contre la crise et une alternative de gauche aux mesures
d’économies ». Surfez sur http://www.ptb.be et découvrez les propositions que le
PTB avance pour combler le trou du budget. Vous pouvez télécharger le document
ou regarder une présentation en diapositives qui expliquent les divers aspects
du plan du PTB.

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