From: Xarlo
Sent: Friday, March 04, 2011 11:21 AM
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Subject: Les 5 dans le Figaro aussi… L’Huma traîne un peu des pieds…

Comment, compañeros, vous ne lisez pas le Figaro?? Bon, j’avoue, moi non plus!
Heureusement que des amis comme Didier Lalande ou Xarlo sont à l’affût: ça nous évite de rater un moment historique comme celui-ci, où le journal en question parle des Cinq, à travers le livre de Maurice Lemoine!
Bien sûr, un journaliste du Figaro ne peut s’empêcher d’émettre une petite réserve sur le « manichéisme » de Maurice qui voit, d’après lui, les Yanquis tout noirs et les Cubains tout blancs. Ce qui prouve soit que l’auteur de l’article est de mauvaise foi (le ciel nous en garde!), soit qu’il ignore la réalité, soit qu’il n’a fait qu’une lecture superficielle du bouquin. Soit encore qu’il connait mal les protagonistes du conflit. Attention, je n’ai jamais dit que les Cubains étaient parfaits, ils ne seraient pas humains s’ils l’étaient et ils seraient désespérément ennuyeux.
Soit tout simplement, comme l’âne qui ne peut s’empêcher de donner un coup de pied, le Figaro ne peut s’empêcher, à force d’être formaté, de glisser une petite vacherie sur Cuba. De quoi montrer « aux patrons » qu’on garde ses distances, je suppose …
musu
Annie

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Article du Figaro…, il n’y a plus que dans l’huma que l’on ne parle pas des 5

http://blog.lefigaro.fr/amerique-latine/2011/03/les-relations-cuba-etats-unis-50-ans-de-mensonges.html

Les relations cuba-Etats-Unis : 50 ans de mensonges

Par Patrick Bèle le 3 mars 2011 20h35

Le journaliste essayiste du Monde diplomatique Maurice Lemoine a écrit un livre à la fois tout à fait énervant pour son parti pris et totalement passionnant pour son contenu. Il s’agit de son « Roman de la guerre secrète entre Cuba et les Etats-Unis » : Cinq Cubains à Miami aux éditions Don Quichotte. Ce livre me permet enfin d’évoquer dans ce blog les « cinq héros », comme les qualifie le pouvoir cubain, qui sont emprisonnés aux Etats-Unis pour de longues années après avoir été condamnés par des tribunaux de Miami à des peines extravagantes par leur lourdeur pour « avoir porté atteinte à la sécurité des Etats-Unis ».
Dans toutes les administrations cubaines, comme dans les rues, les portraits de ces « cinq héros » sont omniprésents. Qu’ont-ils fait pour mériter cela ? Ils ont été envoyés par le pouvoir cubain dans les années 90 comme espions à Miami pour contrecarrer les activités terroristes des groupuscules cubains d’extrême droite de Miami.
Le livre a le mérite de rappeler que les cubains de Miami ont, depuis la révolution castriste 1959, été à l’origine d’une multitude d’actions violentes contre le régime castristes qui ont fait plusieurs milliers de morts, avec la passivité complice, voire la complicité active, des autorités de Washington.
Le poids du lobby cubain de Floride est tel qu’aucun président américain, de Kennedy à Obama, ne s’est affranchi de l’allégeance obligatoire à ces groupes quasi mafieux qui font la pluie et le beau temps pour les Cubains de Miami. Le procès de Luis Posadas Carriles (photo AP), terroriste assumé, qui se déroule actuellement à El Paso au Texas, est une illustration de l’extraordinaire indulgence que Washington a toujours montré vis-à-vis des criminels qui ont travaillé pour les Cubains de Miami. Carriles a été employé pendant plusieurs dizaines d’années par la CIA.
Alors que tout le monde sait, parce que lui-même l’a avoué, qu’il a organisé une multitude d’attentats à et hors de Cuba, il est poursuivi pour n’avoir pas respecté la législation sur l’émigration ! Le mérite du livre de Maurice Lemoine est de raconter 50 ans d’activisme de ces groupes cubains expatriés et leur implication dans l’économie et la politique étatsunienne, comme au trafic de drogue en provenance de l’Amérique centrale.
C’est un éclairage indispensable pour sortir des visions simplistes sur les relations entre les deux pays. Le poids des milieux cubains de Miami fait craindre, à La Havane comme à Washington, qu’une ouverture trop rapide entre les deux pays ne transforme l’île en plaque tournante du trafic de drogue, et surtout de cocaïne, avec l’implantation des membres de la mafia cubaine de Miami. On raconte que les bateaux des Cubains de Miami sont prêts depuis des années, réservoirs pleins, à partir à l’assaut de l’île et à faire replonger Cuba dans les pires moments de son histoire, quand elle n’était que le « bordel » des Etats-Unis avec ses maisons closes et ses casinos.
A l’époque de la prohibition de l’alcool aux Etats-Unis, les américains venaient s’encanailler à La Havane. Dans le film Le Parrain, une scène montre une réunion de la mafia à l’Hôtel Nacional de Cuba sous prétexte d’un concert de Franck Sinatra. La position géographique de Cuba en fait une plate forme idéale pour le trafic de cocaïne.*
Le livre de Maurice Lemoine pèche cependant par son manichéisme. Les Etatsuniens y sont forcément méchants et les Cubains de Cuba n’ont d’autres ambitions que d’assurer le bonheur du peuple malgré les méchants Cubains fascistes de Miami. Les « cinq héros » n’avaient que des bonnes intentions quand ils espionnaient à Miami : ils voulaient protéger les Cubains des agressions des fascistes. Mais dépassé ce coté simpliste, la lecture du livre de Maurice Lemoine est passionnante.

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