C’était dans “SOLIDAIRE”, hebdomadaire du Ptb:

Raymond Van het Groenewoud :: Une star flamande à découvrir

Moins connu au sud du pays, il est une star en Flandre. Il s’est produit dans tous les villages flamands au moins trois fois, certains de ses morceaux sont repris par des milliers de personnes à ses concerts, mais le moins que l’on puisse dire sur Raymond van het Groenewoud, c’est qu’il est toujours resté simple.
Nick Dobbelaere

Raymond van het Groenewoud est né en 1950 à Schaarbeek de parents hollandais. Son père, Nico Gomez, musicien, a fui les Pays-Bas pour échapper au service militaire. A seize ans, le jeune Raymond prend la nationalité belge. Après le divorce de ses parents, il fait un petit détour par Amsterdam pour finalement atterrir à Anvers où il s’engage dans le monde de la musique.

En 1978, Raymond van het Groenewoud écrit ce qui deviendra probablement son tube le plus connu, « Vlaanderen boven ». Cette chanson décrit avec à la fois ironie et sarcasme la « Flandre de sous les clochers d’église ». « Là où on trouve des moules et des frites / du poulet rôti / l’église au milieu / des bruyères violettes / et de l’argent noir / là où on parle à peine le néerlandais ». Une chanson quelque peu controversée au fil des ans, car beaucoup n’ont pas saisi la nuance ironique ou l’ont volontairement oubliée. Cette chanson est souvent entonnée par ceux qui y voient un hymne à une Flandre indépendante. En 2002, à l’occasion du 700e anniversaire de la Bataille des Éperons d’or, le morceau a été proclamé chant officiel de la Communauté flamande.

Américains, allez vous faire …

En 2005, Raymond van het Groenewoud se met la droite conservatrice flamande à dos lorsqu’il sort son morceau « Weg met Amerika » (A bas l’Amérique). Aux États-Unis, le président George W. Bush vient d’entamer son second mandat et la « war on terror » bat son plein. Dans cette chanson, Raymond van het Groenewoud exprime de façon magistrale son aversion pour l’arrogance et la culture américaine : « Hamburgers et coca, ça vous le saviez déjà / Mais connaissez-vous la raison de cette grande décadence? / Etroitesse d’esprit, tapage / Coincés depuis des siècles sur la même ligne / A bas l’Amérique ! / A bas les fermiers américains… Les Nations Unies, ces agneaux bêlant / Fidèles vassaux des Etats-Unis… / Voilà soixante ans qu’ils jouent les agents de police… Mégalomanes débiles et monocellulaires / Kiss my ass, c’est ça, allez vous faire foutre ».

Raymond Van het Groenewoud s’est attiré la colère de nombreuses personnes. « Sale con » étant l’injure la plus amicale. « Cela fait longtemps que les USA m’agacent », avait-il déclaré dans le quotidien De Morgen à l’époque où est sortie la chanson. « Et ce n’est pas une simple colère contre les États-Unis, ce qui m’irrite le plus c’est cet abus de pouvoir, cette manipulation et certaines formes de fondamentalisme. La pression économique qu’exercent les personnes trop puissantes me révolte. » Les Américains eux aussi peuvent avoir un comportement fondamentaliste. « Sans vouloir être paranoïaque, tout le monde sait que les informations concernant la guerre en Irak étaient contrôlées. On est donc en droit de se poser des questions sur cette liberté occidentale. »

Succès et respect

Entre-temps, Raymond van het Groenewoud a écrit un tube qui lui a apporté à la fois succès commercial et respect de la part d’un public connaisseur. Il suffit de passer « Meisjes » (Les filles) à une soirée pour que toute la salle se mette à chanter: « Elles sont si bizarres, monsieur / elles prennent rarement leur pied, monsieur / ces filles des statistiques ». Avec « De liefde voor muziek » (L’amour de la musique), il est resté plusieurs semaines numéro un au hit-parade. Et cela fait quelques années de suite, que son tube « Twee meisjes » (Deux filles) est sélectionné meilleure chanson belge de tous les temps par les auditeurs de Radio 1. Sa chanson « Je veux de l’amour » a permis à l’artiste de percer aux Pays-Bas, où il a joué le morceau pour la première fois au Pinkpopfestival. Grâce au titre en français, cette chanson est également devenue un tube en Communauté française. Raymond van het Groenewoud a aussi écrit la merveilleuse bande-son du film « Brussels by night » de son ami Marc Didden.

Et on pourrait continuer encore, la liste est longue. Le parcours de Raymond van het Groenewoud est effectivement impressionnant. Pour beaucoup il reste le parolier le plus génial de la langue néerlandaise. Et ils n’ont pas tout à fait tort.

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