Date: Thu, 21 Jun 2012 19:58:51 -0400
Subject: Scandale de corruption impliquant l’administration Charest
From: apcal.agencedepresse@gmail.com
To: pueblo

APCAL

Agence de presse Canada-Amérique latine

apcal.agencedepresse

Scandale de corruption impliquant l’administration Charest

Montréal, le 21 juin 2012

Le scandale de corruption est d’autant plus grave qu’au cours des dernières semaines tous les Québécois ont vu à la télévision plusieurs annonces dans lesquelles le premier ministre Charest justifie la hausse des coûts de l’éducation comme étant une décision nécessaire et responsable, malgré les arguments contraires et l’opposition des étudiants, la réaction de force injustifiée du gouvernement qui a provoqué la dégénération du conflit et a plongé le Québec dans une profonde crise sociale au cours des trois derniers mois.

Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), a très clairement signalé la contradiction flagrante d’un gouvernement libéral qui consacre des sommes astronomiques au secteur de la construction, mais affirme ne pas avoir d’argent pour financer l’éducation publique.

Aujourd’hui, la Commission Charbonneau a dévoilé sur la place publique, la valse des millions dirigés par le gouvernement dans le secteur de la construction et les sommes distribuées aux partis politiques, en particulier, au Parti libéral du Québec, par les grands consortiums de la construction appartenant aux familles de Tony Accurso et de Franco Fava, impliquées dans des scandales de fraude et de pots-de-vin.

APCAL diffuse le présent bulletin de presse contenant des extraits de l’article du journal «Le Devoir» paru aujourd’hui, qui présente une synthèse du scandale de corruption qui ternit l’administration actuelle du premier ministre Jean Charest dans le cadre de l’enquête ouverte par la Commission Charbonneau. Voici les extraits :

«L’argent sale permet de faire des élections»

‘Le Québec est aux prises avec une culture « éhontée et généralisée » de pots-de-vin et de corruption à laquelle adhèrent sans vergogne les partis politiques. Tapis dans l’ombre de l’empire clandestin, ils miseraient sur « l’argent sale » pour 70 % de leurs dépenses.’

Jacques Duchesneau a largué cette petite bombe, hier, à la veille de la conclusion de son témoignage à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC). Les partis politiques tirent la manche des firmes de génie-conseil (et non l’inverse) pour obtenir des dons illégaux.

« Les organisateurs de partis politiques passeraient des commandes aux firmes de génie pour obtenir de l’argent, a dit M. Duchesneau. L’argent sale permet de faire des élections. »

Selon ses estimations, sept dollars sur dix dans les coffres des partis provinciaux proviennent de dons illégaux. Ils tiennent deux comptabilités séparées, l’une pour le Directeur général des élections (DGE) et l’autre pour leurs véritables affaires, a expliqué M. Duchesneau. Il a fait état d’une formation politique si grassement choyée qu’elle peine à fermer son coffre-fort… De même, 65 % des pots-de-vin servent à engraisser les politiciens en fonction, a-t-il ajouté.

Bref, les références à un « univers clandestin d’une ampleur insoupçonnée », contenues dans le premier rapport de l’Unité anticollusion (UAC), visent non seulement les firmes de génie, mais aussi les partis politiques provinciaux et municipaux.

Pressé de questions, M. Duchesneau a finalement identifié les deux firmes spécialisées dans le « rabattage » d’« extras » dans les contrats de construction dont il a parlé lundi en termes vagues. Il s’agit de Nielson et EBC, deux entreprises de construction. Nielson appartient à la famille de Franco Fava, donateur influent du Parti libéral du Québec (PLQ). M. Fava a été identifié par l’ex-ministre de la Justice, Marc Bellemare, comme un homme de grande influence au PLQ lors de la Commission Bastarache. Il pouvait exercer une influence dans la nomination des juges, une allégation qu’il a démentie.

M. Duchesneau a aussi nommé Pierre Bédard (Nielson) et Michel Marchand (EBC) comme responsables de cette tâche visant à identifier et à réclamer des «extras» dans l’exécution des contrats.

Il a aussi été question du rôle particulièrement actif joué par Simard-Beaudry et Louisbourg Constructions, deux entreprises de Tony Accurso, et de la firme de génie Dessau, dans la réclamation d’« extras » « anormalement élevés » pour des contrats à Laval, entre 2007 et 2010.

Un rapport secret

Après son renvoi de l’Unité anticollusion pour manque de loyauté, en octobre 2011, le «citoyen» Duchesneau a continué de récolter des informations sur le financement illicite des partis. Le sujet, effleuré dans le premier rapport de l’UAC, ne passionnait guère le ministre des Transports de l’époque, Sam Hamad.

L’ex-patron de l’UAC a pu compter sur 13 nouveaux témoins dont la contribution a été déterminante pour comprendre les relations incestueuses entre la classe politique et le monde des affaires. Il y a «obligation» de faire des dons pour obtenir des contrats publics au municipal, assure M. Duchesneau. Des firmes de génie-conseil, des bureaux de comptables et des cabinets d’avocats participent à l’organisation d’élections «clés en mains», un phénomène qui n’a rien d’une fiction.

M. Duchesneau a produit un rapport personnel d’une cinquantaine de pages, déposé sous scellés hier, au titre éloquent : Financement illégal des partis politiques, un système hypocrite où l’influence est à louer, où les décisions sont à vendre.

Le premier rapport de l’UAC marquait «un pas dans la bonne direction», estime Jacques Duchesneau. Mais si la commission Charbonneau veut saper les fondements de l’empire clandestin, elle devra s’intéresser de près au financement des partis. Reprenant la métaphore de la « course à relais », il a souhaité que la CEIC arrive avec «de meilleures découvertes» que les siennes. «C’est sûr et certain que vous allez nous amener dans des avenues qu’on n’a pas encore arpentées», a-t-il dit.

Le maire de Montréal Gérald Tremblay a rendu publique une lettre qu’il a fait parvenir au ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, le 5 juin dernier. Il y relate que du 1er avril au 30 juin 2011, le comité exécutif, le conseil municipal et le conseil d’agglomération ont octroyé huit contrats totalisant 20 millions de dollars à Louisbourg SBC, une société appartenant à la famille de Tony Accurso. Pendant la même période en 2012, Louisbourg SBC a décroché huit contrats dont la valeur dépasse 30 millions. Ainsi, la part obtenue par cette entreprise en 2011 représentait 18 % de la valeur des contrats donnés par la Ville, alors qu’en 2012, ce taux a grimpé à 21 %.

Rappelons qu’en vertu de la loi 35, deux entreprises de Tony Accurso, Constructions Louisbourg et Simard-Beaudry Construction, ne peuvent plus obtenir de contrats publics puisqu’elles ont plaidé coupables à des accusations de fraude fiscale. Cela n’a pas empêché une autre société d’Accurso, Louisbourg SBC, de collectionner les contrats gouvernementaux et municipaux. Au cours de l’assemblée du conseil municipal qui débutait hier, les élus s’apprêtaient d’ailleurs à accorder pour 17,1 millions de dollars de contrats à cette entreprise. Quant à Tony Accurso, il fait face à des accusations de fraude en lien avec l’opération menée par l’escouade Marteau à Mascouche en avril dernier.»

L’Agence de presse Canada-Amérique latine vous invite à envoyer vos commentaires à l’adresse suivante : apcal.agencedepresse

20120621-apacal-corruption gouvern charest-rev.docx

Tags:

Comments are closed

Latest Comments