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Salaires :: Document exclusif de l’organisation patronale flamande VOKA
Un vent favorable a amené à la rédaction de Solidaire un document
confidentiel explosif de l’organisation patronale VOKA. Extraits et
commentaires.
David Pestieau
Le document « personnel et confidentiel » de
l’organisation patronale flamande Voka qui dévoile la stratégie salariale de
l’organisation.
Intitulé « Brèches dans la modernisation des salaires et
conditions de travail », ce document daté du 18 juin 2008 est la plateforme du
patronat flamand dans les prochains mois. Débarrassé d’un langage aseptisé, il
expose sans fard la stratégie patronale.
1. Une indexation maximum une fois par an
Le VOKA avance à l’instar de la Fédération des Entreprises
Belges (FEB) sa volonté de rattraper le prétendu retard salarial sur les pays
concurrents. Il avance aussi sa volonté d’introduire les mécanismes d’accords
salariaux « all-in », c’est-à-dire un plafond absolu pour les augmentations
salariales, index compris.
Limitation supplémentaire, le VOKA exige que « les
poussées temporaires de l’inflation ne soient pas transformées en augmentations
salariales permanentes ». Et propose « d’appliquer par exemple une moyenne
annuelle ». Fini l’indexation qui suit le cours de l’inflation. Il faudra
attendre au moins un an avant de voir son salaire augmenté…
2. Une indexation non-automatique et variable
Mais il ajoute : « Dans la norme salariale, le pouvoir d’achat
est garanti par l’indexation. Et bien, augmentons les degrés de liberté et
réduisons les automatismes. » (page 7)
L’indexation est « garantie » mais
elle sera moins automatique et plus variable. Autrement dit, il n’y a plus
d’indexation automatique de tous les salaires.
3. Une indexation en euros pas en pourcentage
« De cette manière, il sera possible pour certains niveaux
salariaux d’exprimer l’index en centimes (et non plus en pour cent). Le solde
reviendra aux employés concernés. Il sera ainsi possible de créer dans la norme
salariale (…) une marge permettant de rémunérer les employés concernés de
manière différenciée et plus variable. »
4. Une augmentation individuelle « accordée à la tête du client »
« Si la réforme de l’index est réalisée, les entreprises
disposeront d’une plus grande marge pour récompenser les prestations
individuelles ou la compétitivité. »
« Une dynamique salariale basée sur des
automatismes (index, barèmes d’âge…) est peu incitative. »
5. Pour une indexation en net, pas en brut. Moins d’argent pour l’État.
Contre l’indexation brute mais pour une indexation nette des
salaires « des augmentations nettes contre des coûts bruts modérés ». Le
VOKA justifie cette proposition en proposant de limiter fortement les
dépenses publiques (et donc des services publics) : « Un coin salarial marginal
permettant à la fonction publique de mettre 2/3 en poche n’est vraiment pas
stimulant (…) Il faut absolument supprimer les prélèvements publics. »
6. Pour stimuler les pensions privées, contre les pensions publiques
« Il est déjà possible de refluer une partie des
prélèvements publics en supprimant la cotisation spéciale de 8,86% sur la
cotisation patronale pour la pension complémentaire. De cette manière, on pourra
encourager davantage la démocratisation de la constitution d’une pension
complémentaire. »
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