guerre pour que la Russie apparaisse en ennemi
Pravda, 29 août
2008
Certaines forces aux États-Unis auraient pu initier le
conflit en Géorgie afin d’avantager l’un des candidats à la présidence des
États-Unis. Cette opinion a été exprimée par Vladimir Poutinee lors de son
dernier entretien avec CNN.
Ce point de vue est
apparu en Russie peu après l’agression géorgienne en Ossétie du Sud. D’éminents
politiciens russes pensent que le conflit a été orchestré par les États-Unis,
car le minuscule État de Géorgie n’aurait jamais envahi l’Ossétie du Sud sans
leur aval. Cette version dit aussi que la guerre en Ossétie du Sud a été
manigancée par le Vice-Président Dick Cheney pour ne pas laisser Barack Obama
prendre la Maison Blanche suite aux élections en novembre.
Poutine a déclaré au journaliste de CNN : « Ils
avaient besoin d’une petite victoire militaire. Si ça ne marchait pas comme
prévu, alors ils pouvaient rejeter la faute sur nous, pour nous faire considérer
en ennemi et unir les pays à nouveau autour de certaines forces politiques.
Pourquoi cette hypothèse vous semblerait-elle surprenante ? Je suis surpris que
vous soyez étonné par ce que je dis. C’est totalement recevable au premier
abord. »
Le vice président du parlement Russe, Vladimir
Zhirinovsky, a aussi accepté cette version. Il a déclaré :
Tout cela a été fait pour que leur préféré, John McCain,
gagne les élections du 5 novembre. Le complexe de la défense des États-Unis a
besoin de son propre type à la Maison Blanche : John McCain.
Dick Cheney est aujourd’hui le principal ennemi de
l’humanité. Bush est une marionnette, tout comme Saakashvili.
Poutine a dit dans son interview avec CNN :
« Des citoyens étasuniens étaient impliqués dans le conflit. Ils ont agi ainsi
parce qu’ils ont reçu l’ordre d’intervenir de celle manière, et la seule
personne qui puisse donner ce genre d’ordre est leur chef. »
Dans le texte en russe de son interview avec CNN,
Poutine a formulé cette idée ainsi :
Nous avons de sérieuses raisons de penser que des
citoyens étasuniens étaient dans les secteurs de combat. Si c’est vrai, si le
fait était confirmé, ce serait très grave. C’est très dangereux et cette
politique est incorrecte.
Son entretien exhaustif avec CNN se trouve
en langue russe sur le site
officiel du gouvernement russe.
« Même au cours de la guerre froide, dans
l’opposition acharnée entre l’Union Soviétique et les États-Unis, nous avons
toujours évité l’affrontement direct entre nos ressortissants, sans parler des
militaires, » a souligné le Premier Ministre.
Vladimir Poutine a exprimé son regret du fait que
les États-Unis n’ont pas interféré dans le conflit entre la Géorgie et l’Ossétie
du Sud pour empêcher l’administration géorgienne de l’aggraver.
L’agence de presse Interfax a cité Poutine : «
J’étais déçu parce que l’administration étasunienne n’a rien fait pour arrêter
la Géorgie dans la phase initiale du conflit. »
Le Premier Ministre russe a rappelé qu’il avait
parlé au Président étasunien George W. Bush le 8 août à Beijing, lors de
l’ouverture des Jeux Olympiques. Le Président étasunien a dit n’aimerait pas
qu’une guerre se produise quelque part [1].
« À minuit, les troupes géorgiennes se sont
emparées d’un quartier du maintien de la paix au sud de Tskhinvali. Ce n’est pas
à nous de nous porter garant du fait que nous n’avons attaqué personne. Nous
n’avons attaqué personne. Nous demandons des garanties des autres afin que
personne ne puisse jamais nous attaquer et tuer nos citoyens, » a déclaré
Vladimir Poutine.
Poutine a dit que Washington, non seulement n’a
tenu aucun compte de l’agression de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud, mais a
armé en plus les militaires géorgiens.
« Pourquoi personne ne conduit de négociations de
longue date pour rechercher les compromis délicats dans les conflits ethniques ?
Il est beaucoup plus facile d’armer l’une des parties en conflit et de la
pousser à tuer les gens de l’autre bord. Il semble que ce soit une décision
facile à prendre. Bien que ça se termine en réalité, ça ne se passe pas toujours
ainsi, » a souligné Poutine.
Poutine a dit que c’est le Président Dmitri
Medvedev qui a ordonné aux troupes russes d’entrer en Géorgie.
« Medvedev connaissait mon avis sur la question.
Mais c’était uniquement le Président de la Fédération Russe, le commandant en
chef suprême, M. Medvedev, qui pouvait prendre pareille décision, » a déclaré
Poutine.
Poutine a aussi dit que la Russie ne va pas fermer
les yeux sur le meurtre de ses citoyens dans l’intérêt de son adhésion aux
organisations internationales.
« Sommes-nous censés nous laisser tuer afin de
pouvoir rester, disons, dans le Groupe des Huit ? » a-t-il déclaré.
Le Premier Ministre russe a fait remarquer qu’il
pouvait entendre les médias et les hommes politiques occidentaux jacasser à
tire-larigot à propos d’une menace venant de Russie.
« Vous et moi sommes assis-là et parlons dans la
ville de Sotchi. Venant de plusieurs centaines de kilomètres d’ici, sont arrivés
en mer Noire des navires de guerre étasuniens avec des missiles à bord,. La
portée de leurs missiles est précisément de plusieurs centaines de kilomètres.
Ce ne sont pas nos navires de guerre s’approchant de nos côtes. Ce sont vos
navires de guerre qui s’avancent vers nos rivages, » a déclaré Poutine au
journaliste de CNN.
« Nous ne voulons pas de complication, nous ne
voulons nous quereller ou nous confronter avec personne. Nous voulons coopérer
normalement et percevoir une attitude respectueuse envers nous et en ce qui nous
concerne, » a déclaré Poutine.
Dans son entrevue exhaustive, Poutine a exprimé le
fait que le Groupe des Huit est de second ordre sans la Chine et l’Inde.
« Dans son état actuel, le Groupe des Huit est un
organisme de second ordre. Il est invraisemblable d’imaginer un développement
normal de l’économie mondiale sans inviter la République Populaire de Chine et
l’Inde, » a dit le Premier Ministre russe.
Répondant à une question sur l’éventuelle
exclusion de la Russie du club du G8, Poutine a mis en doute l’efficacité des
activités du G8 sans la Russie dans des domaines comme la lutte contre le
terrorisme [2], la drogue, les maladies infectieuses et la prévention de la
prolifération des armes de destruction massive.
« Je pense qu’il ne faut pas y penser et qu’on ne
devrait effrayer personne avec ça. Ce n’est pas du tout effrayant. On doit
seulement essayer d’analyser la situation correctement, regarder vers l’avenir
et établir des relations normales en traitant les intérêts de chacun avec
égards, » a déclaré Poutine.
Poutine a ajouté que la Russie espère toujours
coopérer étroitement avec les autres pays, même si la coopération doit être
équitable.
« Nous voulons vivre dans la paix et la concorde.
Nous voulons travailler normalement dans toutes les directions : sur la sécurité
internationale, le désarmement, la lutte contre le terrorisme et la lutte contre
la drogue, sur la question nucléaire en Iran et en Corée du Nord, nous y sommes
entièrement préparés, » a déclaré Poutine.
« Mais nous voulons que ce travail soit honnête,
ouvert, fondé sur le partenariat, et non l’égoïsme, » a dit le Premier Ministre
russe.
Poutine estime que, dans certaines circonstances,
la Russie pourrait cesser de coopérer avec l’Occident sur le programme nucléaire
iranien.
« Si personne ne veut nous parler de ces questions
et si la coopération avec la Russie n’est pas nécessaire à ce sujet, eh bien,
pour l’amour de Dieu, ils peuvent y travailler seuls, » a-t-il dit.
Poutine a été particulièrement énergique dans
l’expression de ses sentiments à propos des médias occidentaux, contrôlés par
les États, qui fournissaient des informations fausses sur le conflit en Ossétie
du Sud.
« En ce qui concerne la perception des événements
en Ossétie du Sud par le grand public, cela dépend en grande partie de la façon
dont les médias sont manipulés par les politiciens et de la manière dont ils
influencent l’opinion publique dans le monde. Nos collègues étasuniens sont
décidément bien meilleurs que nous, » a ironisé Poutine à CNN.
Pour illustrer son point de vue, Poutine s’est
servi de l’interview de l’étasunienne d’origine Ossétienne, Amanda Kokoyeva, et
de sa tante sur Fox News :
Il (l’animateur) l’interrompait constamment. Dès qu’il
n’appréciait pas ce qu’elle disait, il entreprenait de l’interrompre, se mettant
à tousser et à croasser. Il semblait prêt à chier dans son froc [3] avec des
mimiques si expressives qu’il la faisait taire. C’est ça de l’information
honnête et objective ? C’est ce qu’ils appellent de l’information ? Non, ce n’en
est pas. C’est de la désinformation.
Original: english.pravda.ru/…/106241-Poutine_CNN-0
Traduction
libre de Pétrus Lombard pour Alter
Info
Notesde traduction
[1] Sûrement que c’était avant que Daobeuliah ne finisse sa
caisse de bière.
[2] C’est ça qui fait douter de l’honnêteté de Poutine. De quel
terrorisme parle-t-il ? Le seul terrorisme international est une tromperie
fomentée par les services secrets anglo-saxons et la mouche du coche
israélienne.
[3] Poutine pensait seulement ça. En
réalité, il a dit « faire caca dans son pantalon. »
Alternative
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