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Sujet:

Les Etats-Unis, l’Europe et les droits de l’homme

Date:

Sat, 21 Jun 2008 13:49:32 -0500

De:

Correo Frances <frenchnews@ain.cu>
RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL

Les Etats-Unis, l’Europe et les droits de l’homme

La façon si peu noble dont l’Union européenne vient, ce 19 juin, de 
lever les sanctions qu’elle avait imposées à Cuba fait l’objet de seize 
dépêches de presse internationales. Cette décision n’a absolument aucune 
conséquence économique pour notre pays, dans la mesure où les lois 
extraterritoriales des Etats-Unis et, donc, leur blocus économique et 
financier restent totalement en vigueur.

A mon âge et avec ma santé, on ne sait pas combien de temps il vous 
reste à vivre, mais je tiens dès à présent à afficher mon mépris devant 
l’énorme hypocrisie que contient cette décision. Hypocrisie d’autant 
plus évidente qu’elle coïncide avec la brutale mesure que vient 
d’adopter l’Union européenne : expulser les immigrants sans papiers en 
provenance des pays latino-américains, dont la population, dans certains 
cas, est en majorité d’origine européenne, sans compter que le phénomène 
de l’émigration est le fruit de l’exploitation coloniale, semicoloniale 
et capitaliste.

Au nom des droits de l’homme, l’Union européenne exige l’impunité pour 
ceux qui prétendent livrer, pieds et poings liés, notre patrie et notre 
peuple à l’impérialisme.

Même les autorités mexicaines ont dû reconnaître que la mafia de Miami, 
au service de l’administration étasunienne, a séquestré des dizaines 
d’immigrants cubains illégaux arrêtés au Quintana Roo, dont des enfants 
innocents transportés de force sur des mers dangereuses et même des 
mères contraintes d’émigrer, alors qu’ils étaient aux mains d’agents de 
leurs services d’immigration. A moins que ceux-ci n’aient été achetés. 
Les trafiquants d’êtres humains, tout comme ceux de drogues, qui 
disposent à leur guise du marché le plus important et le plus convoité 
au monde, ont bafoué l’autorité et la morale dont tout gouvernement a 
besoin pour diriger un Etat, versant partout du sang latino-américain, 
sans compter les personnes qui meurent en tentant de franchir le mur 
humiliant érigé à la frontière de ce qui fut autrefois territoire 
mexicain.

La crise des aliments et de l’énergie, les changements climatiques et 
l’inflation harcèlent les nations. L’impuissance politique règne, 
l’ignorance et les illusions tendant à se généraliser. Aucun des 
gouvernements de l’Union européenne, encore moins ceux de la République 
tchèque et de la Suède, qui ont le plus regimbé devant la décision, ne 
pourrait répondre d’une manière cohérente aux questions qui sont sur le 
tapis.

En attendant, à Cuba, les mercenaires et les bradeurs de patrie au 
service de l’Empire s’arrachent les cheveux  et se scandalisent au nom 
du droit à la trahison et à l’impunité.

J’ai bien des choses à dire, mais suffit pour aujourd’hui. Je ne veux 
pas gêner, mais je vis et je pense.

Je diffuserai ces Réflexions uniquement sur Internet, aujourd’hui 20 
juin 2008.

Fidel Castro
13 h 55


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