“Mais la gauche en Europe ne sy oppose pas.”: cette “gauche” ne s’y oppose pas car elle est complètement intégrée à l’ EURO-DICTATURE capitaliste, à l’OTAN (l’organisation des assassins sans frontières) et au ricanisme … J’ ajouterai que 99 % des syndicats européens ne bougent pas non plus contre cette guerre impérialiste, d’ agression, de pillage et de (re)conquête colonialiste.
Les ordres viennent de Washington, depuis la Libération en ‘44 – ‘45. Il ne faut pas chercher midi à 14 heures …
RoRo
mél
Subject: Qui peut sauver la Libye de ses sauveurs occidentaux? Pas l a gauche française
| a gauche française |
18 août 2011
Qui peut sauver la Libye de ses sauveurs occidentaux ? Pas la gauche française. Le 17 mars, le conseil de sécurité de lONU a adopté la résolution 1973 qui donnait à cette « coalition de volontaires » un peu particulière le feu vert pour commencer leur petite guerre, en contrôlant dabord lespace aérien libyen, ce qui permit ensuite de bombarder ce que lOTAN a choisi de bombarder. Les dirigeants de la coalition espéraient manifestement que les citoyens libyens reconnaissants sauteraient sur loccasion fournie par cette « protection » vigoureuse pour renverser Mouammar Kadhafi qui, prétendait-on, voulait « tuer son propre peuple ». En se basant sur lidée que la Libye était divisée de façon nette entre « le peuple » dun côté et « le mauvais dictateur » de lautre, on sattendait à ce que ce renversement se produise en quelques jours. Aux yeux des occidentaux, Kadhafi était un dictateur pire que Ben Ali en Tunisie ou Moubarak en Égypte qui étaient tombés sans intervention de lOTAN et donc Kadhafi aurait dû tomber beaucoup plus vite. Cinq mois plus tard, il est devenu évident que toutes les suppositions sur lesquels cette guerre se fondait étaient plus ou moins fausses. Les organisations de défense des droits de lhomme ne sont pas arrivées à trouver des preuves des « crimes contre lhumanité » soi-disant commis par Kadhafi contre « son propre peuple ». La reconnaissance du Conseil National de Transition (CNT) comme « seul représentant légitime du peuple libyen » par les gouvernements occidentaux, qui était pour le moins prématurée, est devenue grotesque. LOTAN sest engagée dans une guerre civile, tout en lexacerbant, et sans la faire sortir de limpasse. Mais aussi absurde et dénuée de justification que cette guerre puisse être, elle continue. Et quest ce qui peut larrêter ? Un des meilleurs livres à lire cet été était lexcellent nouvel ouvrage dAdam Hochschild To End All Wars, sur la première guerre mondiale et les mouvements pacifistes de cette époque. Il y a beaucoup de leçons dactualité que lon peut trouver dans ce livre, mais la plus pertinente est sans doute le fait que, une fois quune guerre est commencée, il est très difficile de larrêter. Les hommes qui ont commencé la première guerre mondiale pensaient aussi quelle serait courte. Mais même lorsque des millions de gens furent pris dans la tourmente meurtrière et que le caractère absurde de toute lentreprise devint clair comme de leau de roche, la guerre a continué pendant quatre tragiques années. La guerre elle-même engendre la haine et une volonté de revanche. Une fois quune grande puissance commence une guerre, elle « doit » la gagner, quelque en soit le coût – pour elle-même mais surtout pour les autres. Jusquà présent, le coût de la guerre contre la Libye pour les agresseurs de lOTAN est purement financier, et cela est compensé par lespoir dun pillage du pays, lorsquil sera « libéré » et quil payera pour rembourser ceux qui lont bombardé. Ce nest que le peuple libyen qui perd des vies ainsi que son infrastructure. Pendant la première guerre mondiale, il existait un courageux mouvement dopposition à la guerre qui a affronté lhystérie et le chauvinisme de cette période et qui plaidait en faveur de la paix. Ses membres risquaient des attaques physiques ainsi que la prison. La façon dont Hochschild raconte la lutte pour la paix de ces hommes et de ces femmes en Grande-Bretagne devrait servir dinspiration – mais pour qui ? Les risques impliqués par lopposition à la guerre en Libye sont minimaux en comparaison de ce quils étaient lors de la guerre de 1914 – 1918. Mais pour le moment, une opposition active est à peine visible. Ceci est particulièrement vrai en France, pays dont le président Nicolas Sarkozy a pris linitiative de commencer cette guerre. Les témoignages saccumulent de la mort de civils libyens, y compris denfants, causée par les bombardements de lOTAN (voir par exemple la vidéo [youtube http://youtube.com/w/?v=vtS2qJeeXUA%5D ). Ces bombardements visent linfrastructure civile, afin de priver la majorité de la population qui vit dans la partie du pays loyale à Kadhafi des biens de première nécessité, de la nourriture et de leau, afin de pousser le peuple à renverser Kadhafi. La guerre pour « protéger les civils » est déjà devenue une guerre pour les terroriser et les tourmenter de façon à ce que le CNT soutenu par lOTAN puisse prendre le pouvoir. Cette petite guerre en Libye montre que lOTAN est à la fois criminel et incompétent. Mais elle montre également que les organisations de gauche dans les pays de lOTAN sont totalement inutiles.Mais la gauche en Europe ne sy oppose pas. Il ny a probablement jamais une guerre à laquelle il était plus facile de sopposer. Il y a trois mois, quand lhystérie médiatique à propos de la Libye fut lancée par la télévision du Qatar Al-Jazeera, la gauche na pas hésité à prendre position. Quelques dizaines dorganisations de gauche françaises et nord-africaines ont signé un appel pour « une marche de solidarité avec le peuple libyen » à Paris le 26 mars (http://menilmontant.typepad.fr/7avous/2011/03/solidarite-ave…). En montrant leur absence totale de cohérence, ces organisations ont simultanément exigé, dune part, « la reconnaissance du CNT, seul représentant légitime du peuple libyen », et dautre part « la protection des résidents étrangers et des migrants » qui, en réalité, devaient précisément être protégés des rebelles représentés par ce conseil. Tout en soutenant implicitement des opérations militaires daide au CNT, ces groupes appelaient aussi à la « vigilance » à propos de « la duplicité des gouvernements occidentaux et de la ligue Arabe » ainsi que dune « escalade » possible des opérations militaires. Les organisations qui signaient cet appel incluaient des groupes doppositions en exil libyen, syrien, tunisien, marocain et algérien, ainsi que les Verts français, le NPA, le parti communiste français, le parti de gauche, le mouvement antiraciste MRAP, le parti des Indigènes de la République et ATTAC. Ces groupes représentent pratiquement tout ce quil y a dorganisé à la gauche du parti socialiste qui, de son côté, (à lexception dEmmanueli) soutenait la guerre sans même faire appel à la « vigilance ». Alors que le nombre des victimes civiles des bombardements de lOTAN augmente, il ny a aucun manifestation de la vigilance promise « à propos de lescalade de la guerre » qui sortirait du cadre des résolutions du conseil de sécurité de lONU. Les militants qui, en mars, insistaient pour dire que « nous devons faire quelque chose » pour arrêter un massacre hypothétique ne font rien aujourdhui pour arrêter un massacre qui nest pas hypothétique mais bien réel et visible, et perpétré justement par ceux qui « ont fait quelque chose ». Lerreur fondamentale de ceux qui, à gauche, disent « nous devons faire quelque chose » réside dans lambigüité du mot « nous ». Sils veulent dire « nous » littéralement, alors la seule chose quils pourraient faire serait de mettre sur pied des sortes de brigades internationales pour combattre avec les rebelles. Mais bien sûr, malgré les grandes déclarations selon lesquelles « nous » devons « tout » faire pour soutenir le « peuple libyen », cette possibilité na jamais été sérieusement envisagée. Donc le « nous » signifie en pratique les puissances occidentales, lOTAN et, avant tout, les États-Unis, qui sont les seuls à posséder les « capacités uniques » nécessaires pour mener une telle guerre. Les gens qui crient « nous devons faire quelque chose » mélangent en général deux sortes dexigences : lune dont ils peuvent sattendre de façon réaliste à ce quelles soient acceptée par les puissances occidentales – soutien aux rebelles, reconnaissance du CNT comme seul représentant légitime du peuple libyen – et une autre dont ils ne peuvent absolument pas sattendre de façon réaliste à ce que les grandes puissances les acceptent, et quils sont eux-mêmes totalement incapables de mettre en oeuvre : limiter les bombardements à des cibles militaires et à la protection des civils, et rester scrupuleusement dans le cadre des résolutions de lONU. Ces deux types dexigences se contredisent lune lautre. Dans une guerre civile, aucune des deux parties nest principalement préoccupée par les subtilités des résolutions de lONU ou par la protection des civils. Chaque partie veut tout simplement gagner et la volonté de revanche mène souvent à des atrocités. Si lon « soutient » les rebelles, on leur donne en pratique un chèque en blanc pour faire ce quils jugent nécessaire afin de gagner. Mais on donne également un chèque en blanc aux alliés occidentaux et à lOTAN, qui sont peut-être moins avides de sang que les rebelles mais qui ont de bien plus grands moyens de destruction à leur disposition. Et lOTAN est une immense bureaucratie, dont un des buts essentiels est de survivre. Elle doit absolument gagner, sinon elle a un problème de « crédibilité », ainsi dailleurs que les politiciens qui ont soutenu cette guerre ; et ce problème pourrait mener à une perte de financement et de ressources. Une fois que la guerre est commencée il ny a simplement aucune force en Occident, en labsence de mouvements anti-guerre déterminés, qui peut obliger lOTAN à se limiter à ce qui est autorisé par les résolutions de lONU. Par conséquent, la deuxième sorte dexigences de la gauche tombe dans loreille dun sourd. Ces exigences servent simplement à prouver que la gauche pro-intervention elle-même a des intentions pures. En « soutenant » les rebelles, cette gauche a de fait tué le mouvement anti-guerre. En effet, cela na pas de sens de soutenir un camp dans une guerre civile, camp qui veut désespérément être aidé par des interventions extérieures, et, en même temps, de sopposer à de telles interventions. La droite pro-intervention est bien plus cohérente. Ce que la gauche et la droite pro-intervention ont en commun est la conviction que « nous » (cest-à-dire « lOccident démocratique civilisé « ) avons le droit et la capacité dimposer notre volonté à dautres pays. Certains mouvements français (comme le MRAP) qui vivent littéralement de lexploitation de la culpabilité à propos du racisme et du colonialisme, semblent avoir oublié que beaucoup de conquêtes coloniales se sont faites contre des satrapes, des princes indiens et des rois africains qui étaient dénoncés comme autocrates (ce quils étaient) et ils ne se semblent pas se rendre compte quil y a quelque chose dun peu incongru, pour des organisations françaises, de décider qui sont les « représentants légitimes » du peuple libyen. Malgré les efforts de quelques individus isolés, aucun mouvement populaire en Europe nest capable darrêter ou même daffaiblir lattaque de lOTAN. Le seul espoir pourrait être un effondrement des rebelles, ou une opposition aux États-Unis, où une décision de la part des oligarchies dominantes de limiter les frais. En attendant, la gauche européenne a raté une occasion de renaître en sopposant à une des guerres les plus manifestement injustifiables de lhistoire. LEurope tout entière souffrira de cet échec moral. Jean Bricmont et Diana Johnstone
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Jean BRICMONT, Diana JOHNSTONE






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