Sent: Thursday, May 26, 2005 5:07 PM
Subject: La sociale N°7
Réflexion & action
N°7 – 26 mai 2005
Nouvelle série – Site internet : www.la-sociale.net
Correspondance : la_sociale@yahoo.fr
L’heure du Non offensif !
A quelques jours du scrutin référendaire, la tension est à son comble chez les partisans du Oui. L’avenir du texte consacrant leur communion idéologique semble compromis, si ce n’est encore par le vote le rejetant, du moins déjà par le vent de contestation populaire le condamnant. La crainte d’une défaite annoncée par de nombreux – mais par définition hypothétiques – sondages conduit les divers ténors défendant leur « traité constitutionnel » à s’embourber, à perdre pieds et patience. Quand il n’appelle pas l’électeur à s’abstenir, quand il ne l’accable pas de son ton suffisant pour lui expliquer qu’on ne peut être européen et voter Non, ou de ses prédictions chaotiques quant à l’avenir de l’Union, le défenseur du Oui cherche secours dans la star à paillettes dont il espère qu’elle parviendra, elle, à lui donner l’illusion que le sacrilège refus du texte constitutionnel revient à brûler le drapeau bleu aux 12 étoiles …
L’ampleur du mouvement populaire qui manifeste déjà son refus du texte révèle combien les représentants du peuple sont dans leurs discours comme leur intentions politiques aux antipodes des aspirations de ceux qui les désignent. Alors que beaucoup considèrent comme désuet le concept de lutte des classes, les classes populaires revendiquent en masse leur désir de modifier un ordre établi des choses fondé sur la domination économique, sociale, institutionnelle et culturelle ; et la gauche, vouée quel que soit le résultat du 29 mai, à une recomposition dont elle n’a pas été capable à la suite du 21 avril 2002, aurait tort, cette fois, de continuer à l’ignorer. Mais au moment même où le peuple commence à renouer avec la politique, nombre de dirigeants politiques ne cessent de réduire le vote Non à un acte anti-européen et contraire à l’intérêt commun des français.
Aussi devient-il décisif, pour que chacun puisse évaluer l’importance de l’enjeu et que l’abstention soit aussi minime que possible, de conclure cette campagne en répondant brièvement à ces deux simplifications, qui en dépit de leur caractère intrinsèquement abusif, n’en demeurent pas moins efficaces tant elles contribuent à générer la peur.
Même à supposer un instant que l’argument d’une contradiction entre l’intérêt national et le vote Non soit acceptable, depuis quand les dirigeants politiques sont-ils seuls aptes à juger de l’intérêt général ? N’est-ce pas prioritairement, c’est-à-dire avant toute délégation de ce pouvoir à ses représentants, aux citoyens eux-mêmes de décider collectivement de ce qui est leur intérêt ? C’est donc incontestablement une grave crise de la représentation politique que la campagne référendaire a explicitement mis à jour. Et cette crise s’aggrave à chaque nouvelle surenchère dans la menace, l’intimidation et autres formes de mépris à l’égard des électeurs qui sont déjà convaincus de l’importance historique du vote Non comme de ceux qui hésitent encore dans leur choix.
Quant à l’argument qui consiste à identifier le Non à la Constitution à un vote contre l’Europe, il s’agit d’un amalgame purement rhétorique qui ne peut suffire à dissimuler combien ce texte constitutionnel est lui-même anti-européen – si l’on veut bien considérer l’idéal de l’alliance entre États que l’Europe constitue et non la seule orthodoxie libérale qui tient lieu de construction européenne depuis le Traité de Rome – en ce qu’il annule de droit les effets bénéfiques qu’une association d’États pourrait apporter aux peuples qu’elle associe :
1/ ce texte est anti-européen car il contredit formellement les exigences démocratiques partagées par les peuples européens : une élaboration par une convention ne disposant d’aucun mandat constituant, des modes de ratification pluriels et répartis dans les temps qui ne satisfont pas au critère démocratique d’une délibération commune, des pressions multiples (passant essentiellement par la voie médiatique) pour contraindre moralement à son adoption, etc. … C’est donc par une procédure entièrement anti-démocratique que l’on entend constituer la prétendue Europe politique !
2/ ce texte est anti-européen car il empêche par son contenu les peuples de disposer librement d’eux-mêmes : l’idéologie économique et sociale qu’il contient fixe comme naturelles et indiscutables des orientations de type libéral, et impose donc un cadre d’action politique unique interdisant toute variation nationale. Tout acte politique est soumis à la Banque Centrale indépendante qui de fait gouverne véritablement la destinée des États, et le libre-échange déréglé tient lieu de dogme unique !
3/ ce texte est anti-européen, car il n’est pas fondé sur une volonté pacifique : outre la guerre économique à laquelle est définitivement condamné l’espace européen, il est précisément question, en guise dé défense européenne, du seul respect par les États qui en sont membres des obligations de l’OTAN !
4/ ce texte est anti-européen car il entérine et encourage la régression politique et sociale : en consacrant le triomphe du capitalisme, auquel il donne un soutien juridique, en faisant mine d’accorder de pseudo droits fondamentaux qui non seulement ne sont en rien contraignants, mais en plus cachent un certain nombre de reculs[1], le texte ne garantit aucune amélioration nationale des droits individuels et interdit toute progression sociale commune !
Qu’une large majorité d’électeurs se prononcent pour un rejet de ce texte signifierait la volonté du peuple français de proposer une orientation nouvelle à la construction européenne tout en revendiquant une modification profonde des choix comme des pratiques politiques en France. Loin d’être chaotique, un Non massif ne peut qu’être salutaire tant pour la vie politique française que pour la construction européenne.
Aussi, pour que la résignation laisse place à la transformation politique, pour que le renoncement ultra-libéral laisse place au progrès social, l’heure est bien au Non offensif ! Un Non qui s’impose massivement pour réorienter fondamentalement la construction européenne. Un Non qui s’impose massivement pour stopper la politique de destruction sociale engagée depuis 2002 par le gouvernement.
Christophe Miqueu, le 25/05/2005
Nouveaux articles sur le site La Sociale
Voici la lettre d’information du site « La sociale »
Cette lettre recense les articles et les brèves publiés depuis 2 jours.
** RENEGOCIER, C’EST POSSIBLE ! **
le 25 mai 2005
Nous publions ci-dessous l’article qu’Oscar Lafontaine, ancien Ministre des Finances allemand, et Pierre LARROUTUROU, Porte parole de Europesociale.net nous ont fait parvenir.
A quelques jours du référendum sur la constitution européenne, dans le cadre de la bataille pour le NON, les arguments exposés méritent en effet d’être lus, entendus, et discutés.
Comment se prononcer sur un texte qui traite à 70% d’économie, sans réfléchir au contexte économique dans lequel évoluera (…)
-> http://www.la-sociale.net/article.php3?id_article=85
Nouvelles brèves
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* Ollier (UMP) juge prioritaire « de s’attaquer au Code du travail » * – 25 mai 2005
PARIS (AFP) – Le président de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée Patrick Ollier (UMP) a jugé mercredi que « la priorité de la politique économique, après le référendum, doit être de s’attaquer au Code du travail » accusé d’être « un frein à l’emploi ».
On ne peut être plus (…)
-> http://www.la-sociale.net/breve.php3?id_breve=55
* Dolez et Filoche : Il y a un plan B, C, D, E… et pas de raison de voter oui * – 24 mai 2005
« Il faut un toupet monstre pour mentir, exercer la pression, en prétendant qu’il n’y aura pas renégociation : elle a déjà commencé ! »
Un excellent article de Marc Dolez et Gérard Filoche « en guise de réponse à François Hollande et la » mystification du plan B » In Le Monde du 4 mai
(…)
-> http://www.la-sociale.net/breve.php3?id_breve=54
* Emmanuelli critique l’Europe, « outil d’une libéralisation forcée » * – 24 mai 2005
PARIS (AFP) – Le député PS des Landes Henri Emmanuelli, en campagne pour le non à la Constitution européenne, estime que l’Europe « est devenu l’outil d’une libéralisation forcée », dans un entretien paru mardi dans le quotidien économique La Tribune.
« L’Europe, dont on pensait qu’elle pouvait (…)
-> http://www.la-sociale.net/breve.php3?id_breve=53
* Christophe RAMAUX : L’inconcevable « oui de gauche » * – 23 mai 2005
L’inconcevable ? Aucun homme politique de gauche, ni d’ailleurs de droite, n’oserait proposer une nouvelle Constitution pour la France cela vaut pour n’importe quel pays , qui inscrirait dès son troisième article, parmi ses objectifs les plus généraux, « un marché intérieur où la concurrence (…)
-> http://www.la-sociale.net/breve.php3?id_breve=52
* L’Allemagne en noir ? * – 23 mai 2005
Schröder est doué … pour perdre. Les tenants du « oui socialiste » font bien de l’appeler à la rescousse. La SPD vient de perdre, très largement, le dernier des gouvernements régionaux qu’elle détenait depuis 39 ans. La Rhénanie Nord-Wesphalie, le Land le plus peuplé d’Allemagne, vieille (…)
-> http://www.la-sociale.net/breve.php3?id_breve=51
[1] Cf. sur ce site l’article de D. Collin, « Il n’y a pas que la troisième partie ! »
Cordialement,
Gérard Galéa
En savoir plus sur Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES
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