——– Message original ——–

Sujet:

Un accueil royal pour Israël

Date:

Tue, 1 Apr 2008 22:48:01 +0200

De:

Iyad Abbara <iyad@tele2.fr>

C’est pour ne pas oublier que tout a commencé avec l’empire
britannique…
 
Un
accueil royal pour Israël

 

Par Tony
Greenstein

The Guardian

 

Le 25 mars
2008

 

Le 7 avril,
le prince Philip sera l’hôte d’un dîner au château de Windsor organisé
par le Fonds National Juif (FNJ). Ils vont marquer le 60ème
anniversaire de création de l’état d’Israël. Cependant, ce n’est pas un
diner privé, et le FNJ n’est pas une organisation ordinaire non plus.

 

Le FNJ a été créé
en 1901 comme
l’aile en charge de la colonisation des terres de l’Organisation Sioniste Mondiale. Il est
devenu l’un des instruments principaux impliqués dans la planification
pour la dépossession et l’expulsion des Palestiniens. Jusqu’à 1948, le
FNJ a acheté des terres pour la colonisation, souvent des propriétaires
absentéistes, et puis il a expulsé les paysans de ces terres.
Contrairement à la pratique normale sous domination coloniale, les
Palestiniens n’ont pas été réemployés comme ouvriers salariés, mais
chassés complètement des terres. C’était le concept des terres juives.
Mais même en 1947,
moins de 7% des terres de la Palestine avaient été
achetées.

 

Le FNJ a joué
un rôle crucial dans la planification du nettoyage ethnique de la Palestine. Dans
les années conduisant à la création de l’état d’Israël, le FNJ était
une voix prépondérante dans l’établissement d’un consensus au sein de
la direction sioniste pour le « transfert ». Bien que non discuté
ouvertement entre les dirigeants sionistes, il était admis qu’un état
juif ne pourrait voir le jour que si les Arabes aient été transférés à
l’extérieur de l’état. La Palestine était une terre
où à peine un tiers des habitants étaient juifs (ceci en 1947 après
une immigration massive des Juifs vers la Palestine durant le
mandat britannique et notamment pendant la deuxième guerre mondiale,
alors que leur nombre ne dépassait pas 13% en 1922, Ndt
), et même
dans la zone attribuée par l’ONU à un état juif, à peine la moitié des
habitants étaient juifs. Comme chef du département de colonisation des
terres, Josef Weitz, a écrit dans son journal en 1940 :

 

« La seule
solution est de transférer tous les Arabes d’ici aux pays voisins. Pas
un seul village ni une seule tribu ne doivent être laissés »
. [Ilan Pappe : Le Nettoyage Ethnique de la Palestine, page
62]

 

Weitz a formé
plus tard sous l’autorité de David Ben Gourions, une Commission de
Transfert. Et entre 1947 et 1949, une possibilité de mettre ces idées
en pratique s’est présentée. Comme Tom Segev l’a rappelé dans Haaretz,
une réunion a eu lieu à Haïfa le 27 mars 1948, concernant le sort des
bédouins arabes d’Al-Ghawarina dans la région de Haïfa. « Il faut les
faire partir d’ici, afin qu’ils ne viennent pas, eux aussi, rajouter
encore à nos problèmes », a écrit Josef Weitz dans son journal
personnel.

 

Le FNJ occupe une
position unique en Israël. Il est théoriquement une organisation
indépendante, mais en réalité il s’agit d’une section de l’état en
sous-traitance externe, contrôlée par des bureaucrates non élus et
irresponsables, réalisant des fonctions que l’état lui-même ne peut
faire ouvertement. Le FNJ fonctionne comme un avant-poste idéologique
du mouvement du Grand Israël, et lorsque l’armée israélienne a rasé les
villages palestiniens d’Imwas, Yalu et Beit Nuba en 1967, et a expulsé
leurs habitants, le FNJ a pris en charge la construction du
Parc National du Canada sur leurs ruines.

 

Le statut du FNJ a été
formalisé par la loi KKL de 1953 (KKL = FNJ ou
Keren Kayemet Le-Israël, en hébreu, Ndt) selon
laquelle ses statuts d’association devraient
être approuvés par le ministre de la justice. En novembre 1961 une
convention a été signée entre l’état d’Israël et le FNJ qui accordait à
ce dernier le contrôle effectif de la politique de la répartition des
terres de l’état d’Israël qui, ensemble avec l’Administration des
Terres Israéliennes, contrôlaient 93% des terres israéliennes. Selon
l’article 3a de ses statuts, le FNJ a été créé « dans le but
d’installer les Juifs sur les terres et les propriétés » qu’il pourrait
obtenir.

 

 

La famille
royale britannique a un rôle constitutionnel plus important que leurs
privilèges privés. On les considère comme les représentants de société
britannique et on verra inévitablement leur invitation au FNJ comme
l’octroi d’un certificat royal d’approbation de la Nakba, la
catastrophe palestinienne. Le rôle britannique dans l’armement des
milices sionistes qui se sont attaqués comme des loups sur des
villageois en grande partie sans défense, tout en écrasant le
soulèvement national palestinien de 1936, est suffisamment infâme pour
se passer de la célébration de la monarchie des conséquences de la
perfidie britannique.

 

Ce n’est pas
que l’association entre la famille royale et les aspects les plus
barbares du colonialisme, soit quelque chose de nouveau. La famille
royale d’aujourd’hui peut tenir des dîners de gala pour célébrer
l’abolition de la traite négrière et rendre hommage à Wilberforce (1759-1833,
homme politique anglais et philanthrope qui a combattu toute sa vie
pour l’abolition de l’esclavage, Ndt
), mais quand l’esclavage était
un intérêt général, ses partisans les plus ardents étaient les membres
de la famille royale. Elisabeth I était entrée dans le monde des
affaires comme un partenaire du négrier John Hawkins, Charles II était
un actionnaire principal dans la Compagnie Royale Africaine (compagnie
anglaise de traite négrière entre 1672 et 1731 et puis de trafic
d’ivoire et d’or jusqu’à 1752 l’année de sa dissolution, Ndt
), et
William IV, alors duc de Clarence, s’était prononcé fortement contre
l’abolition de la traite négrière et l’affranchissement des esclaves à la Chambre des Lords.

 

Avec
l’exception du cas isolé de la Princesse Diana et
sa campagne contre des mines terrestres, la famille royale était
associée aux aspects les plus ataviques et sanglants du règne impérial
britannique. De la révolte indienne et le massacre d’Amritsar (le 13
avril 1919, les soldats de l’armée de colonisation britannique tirent
sur un rassemblement politique pacifique à Amritsar, Pendjab, causant
379 morts et 1200 blessés environ, Ndt
) au camp de la mort Hola au
Kenya (le 3 mars 1959 des prisonniers kenyans au camp de détention
de Hola furent battus durant 3 à 4 heures par les gardes du
colonisateur britannique provoquant la mort de 11 prisonniers et des
blessures graves à 60, Ndt
), la famille royale était toujours
associée au militarisme et à l’empire. Le rôle du prince Harry en
Afghanistan n’est qu’une suite de cette histoire sans gloire.

 

En 1995, un
couple arabe, les Kadans, a essayé d’acheter un appartement à Katzir.
Pendant 10 ans, le FNJ et l’Autorité des Terres Israéliennes (ILA,
Israeli Lands Authority) ont tenté d’empêcher la location-vente des
terres « juives » à des non-Juifs. Finalement, la Cour suprême a
statué que les terres ne pouvaient être vendues qu’à des Juifs
uniquement.


Cela a causé d’énormes embarras
chez les Juifs du monde entier. Comment les Juifs pourraient-ils
protester contre l’antisémitisme, alors qu’ils approuvent de manière
flagrante des pratiques racistes en Israël ? Le mouvement de réforme
américaine, à laquelle adhèrent la plupart des Juifs, a clairement
condamné cette pratique.

 

Cependant, le FNJ lui-même,
était loin d’être embarrassé. Il a entamé une campagne visant à annuler
la décision du tribunal, et l’été dernier il a déposé un projet de loi
à la Knesset,
qui a été votée en première lecture par 64 contre 16 voix. Sous le
titre « KKL-FNJ – Tutelle pour le peuple juif sur sa terre », le FNJ
écrit
sur son site
que:


« Un sondage commandé par KKL-FNJ révèle que plus de
70% de la population juive en Israël s’oppose à l’attribution des
terres KKL-FNJ aux non-Juifs, tandis que plus de 80% préfère la
définition d’Israël comme état juif, plutôt que comme l’état de tous
ses citoyens ».

 

Les implications
sont claires. Si Israël est un état juif, alors il ne peut pas être un
état de ses citoyens, et encore moins un état démocratique. Cette
situation a incité le journal libéral israélien, Haaretz, de publier
un franc éditorial intitulé "Un état juif raciste", dans lequel il
écrivait :

 

« Chaque
jour, la Knesset
a la possibilité d’adopter des lois qui pourront faire progresser
Israël comme un état juif démocratique, ou le faire transformer en un
état juif raciste. Il y a une ligne très fine entre les deux
[situations]. Cette semaine, la ligne a été franchie ».

 

Même le vieux journal posé
‘Jewish Chronicle’ a
lancé
un débat
: « Est-ce que c’est
raciste de réserver des terres israéliennes pour les Juifs uniquement
? »


Pourtant, ceci fait partie d’un débat
plus large sur le « problème démographique », qui n’est qu’un abrégé de
« le fait est qu’il y a trop d’Arabes ». Des universitaires tels que le
professeur Arnon Sofer, de
l’Université de Haïfa, sont bien clairs
sur ce « problème » :

 

« Il ne faut
pas oublier que le même jour où les forces de défense israéliennes
déploient des efforts et parviennent à éliminer tel terroriste ou tel
autre, dans cette même journée, comme dans tous les jours de l’année, à
l’intérieur des territoires à l’ouest d’Israël, plus de 400 enfants
sont en train de naître, dont certains deviendront de nouveaux auteurs
d’attentats-suicide ».

 

Le FNJ se
trouve de l’autre côté de la clôture que ceux qui veulent voir Israël
comme un état de tous ses citoyens, et pas seulement les Juifs. C’est
déjà dommage que notre premier ministre, Gordon Brown, soit un mécène
du FNJ. Mais, pour la famille royale, recevoir comme leurs invités ceux
qui se consacrent au maintien d’Israël comme un état de seulement une
partie de ses citoyens, est une honte.

 

Une lettre du brigadier Sir
Miles Hunt Davies, le secrétaire personnel du duc d’Edimbourg, cherche
à excuser l’accueil royal du FNJ en affirmant que « les recettes du
dîner vont à un certain nombre d’associations de bienfaisance, dont
l’une sera ‘Le Prix Israélien de la Jeunesse pour les Jeunes’ (
Israeli Youth Award for Young People), qui est la branche israélienne du ‘Prix du Duc
d’Edimbourg’ (Duke of Edinburgh’s Award). Cette association de
bienfaisance joue un rôle important en essayant de combler le fossé
entre les jeunes de toutes confessions et origines, dans différents
endroits dont Israël et la Jordanie ».

 
Ainsi,
selon cette logique, la famille royale sera l’hôte d’un dîner pour une
organisation qui est clairement discriminatoire à l’encontre des
Palestiniens et des non-Juifs, car les recettes seront versées à une
organisation de bienfaisance qui, apparemment, fait tout à fait le
contraire. Il fallait y penser.

romaindecourcelles.st3791@spaces.live.com

http://users.skynet.be/roger.romain/Sommario.html

http://courcelles.skynetblogs.be

http://lameriquelibre.blogspot.com  

http://agendaprogressiste.skynetblogs.be

http://www.ptb.be/fr/hebdomadaire/accueil-solidaire.html 

http://lapalestinevaincra.skynetblogs.be

http://cubaetameriquelatine.skynetblogs.be 

http://lecapitalismecestlaguerre.skynetblogs.be

http://cesteneurodictaturecapitaliste.skynetblogs.be

http://belgiqueparadiscapitaliste.skynetblogs.be 

http://democratiecapitaliste.skynetblogs.be

http://romainroger.blogspot.com
 

http://histoire.skynetblogs.be                                                                                                      

 

Photos Albums: C’ est à
Courcelles
et
dans le monde

 

roger.romain@skynet.be

 


En savoir plus sur Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Tags:

Comments are closed

Latest Comments

En savoir plus sur Roger ROMAIN - militant communiste belge (PCB) - B6180 COURCELLES

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

En savoir plus sur Roger ROMAIN - militant communiste belge (PCB) - B6180 COURCELLES

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture