En fait, tout cela, c’ est bien normal: en
"démocratie"
capitaliste, la "démocratie" n’ existe que le jour des élections pour
faire élire les aparatchiks des partis pseudos "démocratiques". Et
encore …
Entre 2 élections, ce sont ces "démocrates" qui décident de tout
au-dessus des gens et même contre les gens…
Un seul exemple: il n’y a qu’à voir la situation politique en Belgique,
depuis les élections législatives du 10 juin 2007 … Nos chers élus
des partis "démocratiques" sont occupés à faire éclater le pays,
écartant tout ce qui concerne directement le peuple: les prix dans les
magazins, l’ énergie, les problèmes sociaux, etc…
En fait, les électeurs, les peuples, ne font plus que déléguer leurs
pouvoirs. C’ est l’illusion collective de la démocratie qui est
savamment entretenue … C’ est du pain bénit pour gogos …
RoRo
——– Message original ——–
| Sujet: | : L’OBSERVATOIRE DE L’EUROPE APRES LE NON, PORTAIL DE L’EUROREALISME Irlande, par Serge Halimi |
|---|---|
| Date: | Wed, 9 Jul 2008 17:17:42 +0200 |
| Répondre à :: | melusine <melusine@nerim.net> |
| Pour :: | sortir de l europe <sortirdeleurope@yahoogroupes.fr> |
DE L’EUROREALISME Irlande, par Serge Halimi
Imaginons que, sitôt annoncé le verdict d’acquittement d’un jury
populaire, un président de tribunal redonne la parole au procureur pour
qu’il complète son réquisitoire. Et que, cette fois, il obtienne la
tête de l’accusé. Pourquoi pas, puisque le 12 juin dernier, peu après
le rejet par une large majorité d’Irlandais du traité de Lisbonne
(lequel ne peut entrer en vigueur que s’il est adopté par la totalité
des vingt-sept Etats membres de l’Union), la plupart des dirigeants
européens firent savoir que le processus de ratification continuait…
Que ses élites attentent à la souveraineté populaire, l’« Europe » en a
l’habitude. Cela devient sa marque de fabrique, y compris quand elle se
présente comme le royaume de la démocratie sur terre.
pour que le premier ministre Brian Cowen ait dû admettre n’avoir pas
réussi à le lire en entier, les Irlandais auraient, selon un député
européen, ressuscité le souvenir d’une « démocratie populaire ».
« Ce n’est pas un hasard, confirma un de ses collègues, si
le référendum est la procédure la plus prisée par les dictateurs (1). »
Et le président du Parlement européen, M. Hans-Gert Pöttering,
concluait : « Le "non" irlandais ne peut pas être le dernier mot (2). »
Un deuxième référendum interviendra donc sur le traité de Lisbonne,
puis peut-être un troisième : à Dublin, on votera jusqu’à ce que
« oui » s’ensuive puisque ce sont les Etats dont les électeurs n’ont
pas été consultés une seule fois qui le réclament…
peinent à se hisser au niveau de générosité et d’abnégation de leur
classe dirigeante. Sauf quand, en lui confiant le pouvoir, ils lui
donnent mandat d’engager des « réformes courageuses ». Mais, dans ce
cas, ils ne revotent pas. En cela, ils sont d’ailleurs très européens.
Un ressort s’est cassé. La marque Europe n’a cessé de s’étendre et de
se vendre en évoquant la paix, la prospérité, la justice, l’égalité.
Elle a confectionné de belles affiches avec un ciel très bleu et des
enfants qui se donnent la main en dansant ; elle dispose d’un essaim de
journalistes et d’artistes au militantisme infatigable ; des colloques,
des réunions, des subventions produisent de l’Europe aussi sûrement que
des moulins brassent du vent. Mais ses couleurs, nul ne les agite.
Son identité paraît à ce point évanescente que, lorsqu’elle imagine une
monnaie commune, le seul visage imprimé sur ses billets est celui de la
vie chère. L’Europe parle de paix, mais s’engage dans les guerres de
l’armée américaine. Elle parle de progrès, mais organise la
déréglementation du travail. Elle parle de culture, mais rédige une
directive, Télévision sans frontières, qui multipliera la fréquence des
spots de publicité. Elle parle d’écologie, de sécurité alimentaire,
tout en levant un embargo de onze ans sur l’importation de poulets
américains préalablement immergés dans un bain de chlore (3). Enfin,
elle parle de liberté. Et entérine une « directive de la honte »
prévoyant que les étrangers en situation irrégulière pourront être
placés en rétention pendant dix-huit mois avant d’être expulsés.
Tenir la promesse européenne imposait d’harmoniser par le haut :
libertés, droit social, fiscalité progressive, indépendance. Au nom de
l’unification, on a fait le contraire et raboté les gains des Etats les
plus avancés. Et c’est la détention prolongée, le travail de nuit
étendu aux femmes, le libre-échange, l’atlantisme. Un tel tropisme a
fini par enfanter une Europe sociale ; c’est celle qui dit « non ».
Observant qu’en Irlande les femmes, les jeunes de 18 à 29 ans, les
ouvriers, les employés ont massivement rejeté le texte qu’on leur
proposait, l’hebdomadaire The Economist ironise : « Un
collège électoral proche de ceux du XIXe siècle, c’est-à-dire réduit
aux propriétaires âgés de sexe masculin, aurait produit un "oui" massif
au traité de Lisbonne (4). »
Quelle Europe espère-t-on construire sur un retour au suffrage
censitaire ?
Serge Halimi (Le Monde diplomatique)
Respectivement M. Jean-Louis Bourlanges sur France Culture, le 22 juin
2008, et M. Alain Lamassoure dans Le Figaro, Paris, le 16 juin
2008.
(2) Le
Monde, 17 juin 2008.
(3) M. José
Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a expliqué que « mettre
une barrière à ces importations serait jugé incompatible avec les
règles du commerce international », L’Express, Paris,
19 juin 2008.
(4) The
Economist, Londres, 21 juin 2008.
En savoir plus sur Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES
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