présentés comme « ennemis de la société », accusés d’avoir saboté les TGV, leur
mise en examen et en détention ce week-end, pour cinq d’entre eux, est une
histoire complexe.
Il se trouve que Julien Coupat, présenté par le procureur
Jean-Claude Marin et une partie de la presse, comme « le cerveau de la cellule
invisible », est une cible du FBI.
Comme les flics de ce service « mythique
» ont beaucoup œuvré pour collecter un maximum d’éléments sur Hassan Diab, un
Palestinien qui a (…)-FILOUTERIES/France, Nicolas Sarkozy, Terrorisme, une2, États-Unis, Police, SNCF, Olivier Besancenot,
Jean-Claude Marin,
RG, Michèle
Alliot-Marie, DCRI
Retour sur la traque de l’ultra-gauche
novembre par Jacques-Marie Bourget
L’arrestation de neuf anars présentés comme « ennemis de la
société », accusés d’avoir saboté les TGV, leur mise en examen et en
détention ce week-end, pour cinq d’entre eux, est une histoire
complexe.
Il se trouve que Julien Coupat, présenté par le procureur Jean-Claude Marin et une partie de la presse, comme
« le cerveau de la cellule invisible », est une
cible du FBI.
Comme les flics de ce service « mythique » ont beaucoup
œuvré pour collecter un maximum d’éléments sur Hassan Diab, un Palestinien qui a
longtemps vécu aux Etats-Unis (voir encadré), il y a dans l’arrestation de
Coupat et consort un synchronisme magique : on vous aide sur Coupat,
aidez-nous sur Diab. Il s’agit de recueillir des traces, ADN, empreintes,
adresses, écrits, relevés téléphoniques, listes des amis du palestinien
aujourd’hui prof de socio lors de son séjour aux USA. Outre une éventuelle
embuscade tendue à nos fiers TGV, les anars sont aussi victimes d’un renvoi
d’ascenseur qui marche de mieux en mieux entre Washington et Paris.
Hassan Diab et l’attentat de la rue Copernic
Mais que fait donc Julien Coupat, diplômé de l’ESSEC, 34 ans dans
un dossier du FBI ? Lui qui, après avoir renoncé à l’immense bonheur d’une
vie bourgeoise vit discrètement entre une ferme en Corrèze et un appartement à
Paris ? Si l’histoire de l’intello relève d’un épisode de New
York Police Blues, c’est parce que le camarade Coupat, outre la Corrèze,
aime voyager. Ainsi, avec sa fiancée Yldune, il a, à la fin 2007, effectué un
voyage un aux Etats-Unis. Mais, incorrigible, Coupat a choisit de fréquenter des
anars, ces ennemis de l’ordre qui existent encore au paradis de Bush.
Des gauchos dans l’oeil du FBI
En janvier 2008, lors de son passage à New York, bon touriste,
notre révolutionnaire de la Corrèze prend des photos de Time Square, le point le
plus visité de la Big Apple. Quand, avec sa fiancée, notre Guevara de Tulle
quitte les USA pour retourner au Canada, son visa qui n’est plus en règle. Il
est « retenu » par le FBI, et la littérature, retrouvée dans ses
bagages, confirme aux policiers que, pour changer le monde, Coupat croit
davantage en Bakounine qu’en Arnold Schwarzenegger. Le voyage du Corrézien est
donc reconstitué, ses amitiés militantes démasquées, ses documents et photos,
dont les jolies vues de Time Square sont dupliquées.
Un peu plus de deux mois plus tard, le 6 mars, une grenade
d’exercice fait sauter les vitres d’un centre de recrutement de l’armée situé,
justement, à Time Square. C’est là que, pour le FBI, Coupat et ses potes
américains deviennent un cœur de cible… D’où, a partir du printemps, une
certaine pression de nos amis US sur l’ermite de Tarnac, le charmant bled où
l’intello s’est retiré du monde.
Dès que cette requête venue d’outre-Atlantique tombe sur son
bureau, la merveilleuse MAM
se met à voir des
anarchistes partout. Et il commence à pleuvoir dru sur les révoltés
qui traînent trop aux manifs anti G8, G20 et autre « G »… Pour la
toute nouvelle super police, la DCRI, qui regroupe DST et RG, c’est une
« priorité absolue », que de pister et « neutraliser » ces
anars.
Pourquoi pas capables, pense MAM, de nous faire un remake d’Action Directe ou encore un coup de folie à la Florence
Rey et Audry Maupin (flingage à tout va place de la Nation) ?
Un autre élément, de « sécurité intérieure », pèse lourd
sur le dos de ces jeunes enragés… Comme Mitterrand avait peur d’un attentat d’extrême droite,
et avait créé sa pathétique cellule de l’Elysée pour le déjouer, Sarkozy craint
un peu du côté de l’extrême gauche (pas celle de Besancenot).
Mitterrand avait peur d’Erulin, un agité du facho, et Sarko du
Coupat, un agité du gaucho. Un lecteur de Proudhon et sans doute lui-même auteur
d’un livre mystérieux, publié aux éditions La
Fabrique », intitulé : L’Insurrection qui vient, un « mode d’emploi de l’action violente », dixit le
procureur Marin. Les RG et les services de polices en général, ayant observé une
« montée des
violences et incivilités » contre ce qui symbolise l’Ump et
Sarkozy, la traque de l’anar est devenue une grande cause nationale.
La chasse au drapeau noir ouverte depuis mai 2007
Dans l’affaire, premier protecteur du président à policier jusqu’à
la mort, Claude Guéant qui continue de jouer un rôle à la
Fouquet. Il faut dire que, dès l’élection de Nicolas Sarkozy nos zigotos pas
contents étaient allés au (justement) « Fouquet’s », lieu de la
libation néo présidentielle, pour se cogner avec le service d’ordre et même de
mettre le feu au pantalon d’un maître d’hôtel !
Depuis dix mois, la chasse aux drapeaux noirs est donc ouverte. Et
des maladroits se sont déjà fait prendre. Le 24 janvier deux jeunes, un garçon,
F.F. et une fille, I.M., sont arrêtés par des douaniers pisteurs de shit au
péage nord de Vierzon. Dans le sac d’I.M., les douaniers trouvent 1634 grammes
de chlorate de soude, un désherbant qui, placé entre des mains expertes, permet
de fabriquer un explosif. Aussi dans le sac à dos de la demoiselle, un manuscrit
en italien : A chacun le vôtre. Mille façons de saboter le
monde… F.F. et I.M. sont mis en prison. Si le garçon est aujourd’hui en
liberté conditionnelle après 6 mois de cellule, au cours desquels il a été
salement tabassé, I.M. est toujours en taule. On a trouvé son ADN sur une
« botte » de quatre cigarettes qui, en se consumant, devaient mettre
le feu à un allume barbecue, le tout placé, en mai 2007 donc pendant la
présidentielle, sous une voiture grue de la préfecture de police de Paris
parquée rue de Clignancourt. L’ADN, relevé sur la machine infernale qui a fait
long feu, désignera aussi DB, autre jeune anar, comme co-auteur du piège à feu…
Et lui aussi est en prison.
Le 19 janvier, donc cinq jours avant le « coup de
filet » du péage de Vierzon, les policiers antiterroristes avaient déjà
arrêté trois autres jeunes I.H,D.B celui qui est maintenant en cellule, et B.L,
lors d’une manif contre le Centre de rétention des sans papiers de Vincennes.
Ils avaient dans leurs sacs de gros pétards, des lunettes de ski ( ?), et
des clous (comme Ravachol à croire que la chose est culturelle chez l’anar).
Regroupés dans le même dossier, les mis en examen de cette rafle judiciaire de
janvier 2008, attendent aujourd’hui de passer devant un tribunal. Pour éviter de
réunir les magistrats de la Cour Anti terroriste pour une affaire de pétards et
d’allume barbecue, il est à prévoir que ces cinq jeunes révolutionnaires
risquent de se retrouver, on ne sait quand mais pas demain, dans le même box que
Julien Coupat, « le cerveau ».
Et c’est ici que nous retombons sur la dernière battue de la
traque, celle qui vient de conduire Coupat et ses amis, en prison. Les mises en
examen des neufs de « la cellule invisible » n’a pas été une affaire
simple. D’un côté nous avions MAM qui, peu soucieuse de respecter la présomption
d’innocence, affirmait à Radio J « que les éléments de
culpabilité étaient réunis pour accuser le groupe du sabotage des
caténaires », une MAM aidée par le poids des mots du procureur Marin,
et en face le juge Thierry Fragoli qui, visiblement, a lu des bouquins sur
l’affaire des « Irlandais
de Vincennes ». Un magistrat prudent qui n’a pas accepté de
faire un show à la Bruguière. Heureusement, l’incrimination « d’association de malfaiteurs », cette originalité du droit
français, qui permet elle de coller n’importe qui en prison, était là pour venir
au secours du juge. Les neufs de la SNCF sont donc présumés coupables « d’association de malfaiteurs dans le but de commettre des actes
terroristes »…
Puisqu’il faut bien reconnaître qu’en matière de preuves
matérielles, dixit les avocats qui sont là pour ça, « le
dossier est vide ». Et il est vrai que, pour placer les fameux étriers
métalliques sur les caténaires des TGV à Pépy, il fallait emmancher l’étrier en
question dans une perche d’au moins cinq mètres et que rien de semblable
retrouvé par les enquêteurs. Par ailleurs, pour fabriquer le fameux piège, outre
un savoir faire en métallurgie, il fallait une forge ou un chalumeau ainsi que
du fer à béton et une disqueuse. La encore, c’est le bide.
L’accusation la plus déterminante a été recueilli selon un mode
opératoire qui fait déjà bondir les avocats. Un personnage, disant être un
« repenti » de la bande à Coupat s’est présenté dans une gendarmerie
du Puy-de-Dôme. Il a expliqué aux pandores comment ses anciens amis voulaient
changer le monde en pourrissant la SNCF… Le problème est que ce témoin capital
est, et restera sans doute, anonyme puisque, à la suite d’une modification du
code pénal, ce procédé qui rappel celui utilisé naguère par les Anglais contre
les Nord-Irlandais, est maintenant admis.
Selon un avocat appelé à défendre l’un des membres de la bande à
Coupat : « l’accusation est nue. Rien ne démontre la
culpabilité de mon client ni celle de ses amis dans cette histoire de TGV. Ces
mises en examen ne sont rien de plus que la sanction du délit d’opinion, et du
droit à manifester. Une forme de Patriot Act à la française »… Pour
connaître la vérité (ou à peu près), lire les journaux ne nous suffira pas. Il
faudra sans doute attendre le moment d’un procès. Mais l’important est que la
Section antiterrorisme du parquet de Paris, et son procureur Marin et sa MAM
n’aient plus peur du noir.
A lire ou relire sur Bakchich.info
pondaient une note sur la mouvance de l’ultra gauche. Laquelle agrégeait
apparement les membres présumés du « commando anti-SNCF ». Extraits.
un supplément d’information dans l’affaire Clearstream, est un homme plein de
talents. Doté d’un grand sens politique, il a d’abord été balladurien, pour
virer chiraquien, avant de tourner (…)
En savoir plus sur Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES
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