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Sent: Saturday, January 10, 2009 7:00 PM
Subject: Guerre et gaz naturel : Invasion israélienne et gisements
gaziers au large de Gaza

Global Research, Michel Chossudovsky, 8
janvier 2009

L’invasion militaire de la Bande de Gaza par les forces
israéliennes, est en relation directe avec le contrôle et la possession de
réserves stratégiques de gaz offshore.

Il s’agit d’une guerre de conquête. Découvertes en 2000,
d’immenses réserves de gaz gisent au large de la côte de Gaza.

Des droits d’exploitation gazière et pétrolière de 25 ans,
signés en novembre 1999 avec l’Autorité Palestinienne (PA), ont été accordés à
British
Gas (BG Group
) et à son partenaire d’Athènes, Consolidated Contractors International Company
(CCC), propriété du Liban et de la famille Sabbagh Koury.

Les droits sur le gaz offshore se montent respectivement à 60
pour cent pour BG, 30 pour cent pour CCC, et 10 pour cent pour le Fonds
d’investissement de l’Autorité Palestinienne (Haaretz, 21 octobre 2007).

L’accord PA-BG-CCC inclue l’aménagement des gisements et la
construction d’un gazoduc. (Middle East Economic Digest, 5 janvier 2001).

La licence de BG couvre la totalité de la zone maritime au
large de Gaza, laquelle est contiguë à plusieurs installations gazières offshore
israéliennes. (Voir la carte ci-dessous). Il convient de noter que 60 pour cent
des réserves gazières le long de la côte de Gaza et d’Israël appartiennent à la
Palestine.

BG Group a foré deux puits en 2000 : Gaza Marine-1 et Gaza
Marine-2.
British Gas estime que les réserves sont de l’ordre de 1,4
billions de pieds cubes (plus de 39 milliards de m3), évaluées à
environ 4 milliards de dollars. Ce sont les chiffres publiés par British Gas. La
taille des réserves de gaz palestiniennes pourraient être bien plus importantes.


Carte 1

Qui est propriétaire des gisements gaziers

La question de la souveraineté sur les gisements gaziers de
Gaza est cruciale. Du point de vue juridique, les réserves de gaz appartiennent
à la Palestine.

La mort de Yasser Arafat, l’élection du Hamas au gouvernement
et la débâcle de l’Autorité Palestinienne ont permis à Israël d’établir un
contrôle de facto sur les réserves de gaz offshore de Gaza.

British Gas (BG Group) a eu à traiter avec le gouvernement de
Tel-Aviv. De son côté, le gouvernement du Hamas a été court-circuité en ce qui
concerne l’exploration et la reconnaissance des droits sur les gisements
gaziers.

L’élection du Premier Ministre Ariel Sharon en 2001 fut un
tournant majeur. La souveraineté de la Palestine sur les gisements de gaz
offshore fut contestée à la Cour Suprême israélienne. Sharon déclara sans
ambiguïté qu’« Israël n’achèterait jamais de gaz à la Palestine, » laissant
entendre que les réserves gazières au large de Gaza appartiennent à Israël.

En 2003, Ariel Sharon opposa son veto à un premier accord, qui
aurait permis à British Gas d’alimenter Israël en gaz naturel des réserves
offshore de Gaza. (The Independent, 19 août 2003).

La victoire électorale du Hamas en 2006 a favorisé la fin de
l’Autorité Palestinienne, qui est devenue confinée à la Cisjordanie, sous mandat
du régime de Mahmoud Abbas.

En 2006, British Gas « a été à deux doigts de signer un accord
de pompage de gaz pour l’Égypte. » (Times, 28 mai 2007). Selon les rapports, le
Premier Ministre britannique Tony Blair est intervenu pour le compte d’Israël
pour faire capoter l’accord avec l’Égypte.

L’année suivante, en mai 2007, le Cabinet israélien a approuvé
une proposition du Premier Ministre Ehud Olmert, « d’acheter du gaz à l’Autorité
Palestinienne. » Le contrat proposé était de 4 milliards de dollars, avec des
bénéfices de l’ordre de 2 milliards de dollars, dont un milliard pour les
Palestiniens.

Toutefois, Tel-Aviv n’avait pas l’intention de partager les
revenus avec la Palestine. Une équipe de négociateurs israéliens a été
constituée par le Cabinet israélien pour arriver à un accord avec le BG Group en
court-circuitant à la fois le gouvernement du Hamas et l’Autorité Palestinienne
:

Les autorités de la défense israéliennes veulent que les
Palestiniens soient payées en biens et en services, et insistent sur le fait
qu’aucun argent ne doit aller au gouvernement contrôlé par le Hamas
.
(Ibid).

L’objectif était avant tout de rendre caduc le contrat signé en
1999 sous Yasser Arafat entre BG Group et l’Autorité Palestinienne.

Dans le cadre de l’accord avec BG proposé en 2007, le gaz
palestinien des réserves au large de Gaza devait être acheminé par un gazoduc
sous-marin vers le port israélien d’Ashkelon, transférant de cette façon le
contrôle sur la vente du gaz naturel à Israël.

L’accord a échoué. Les négociations ont été suspendues :

Meir Dagan, le chef du Mossad, s’est opposé à l’opération pour
raison sécuritaire, prétextant que cela pourrait financer le terrorisme (Membre
de la Knesset Gilad Erdan, allocution à la Knesset sur « L’intention du
Vice-Premier Ministre Ehud Olmert d’acheter du gaz aux Palestiniens alors que le
paiement servira le Hamas, » 1er mars 2006, cité dans l’article du
lieutenant-général (à la retraite) Moshe Yaalon, Does
the Prospective Purchase of British Gas from Gaza’s Coastal Waters Threaten
Israel’s National Security?
Jerusalem Center for Public Affairs,
octobre 2007)

L’intention d’Israël était d’empêcher que de possibles
redevances soient payées aux Palestiniens. En décembre 2007, Le BG Group s’est a
retiré des négociations avec Israël, et, en Janvier 2008, il a fermé son bureau
en Israël. (site
Internet de BG
).

Le plan d’invasion à l’étude

Selon des sources militaires israéliennes, le projet d’invasion
de Gaza dans le cadre de l’« Opération Cast Lead » a été mis en branle en juin
2008 :

Des sources dans le personnel de la défense ont déclaré que le
Ministre de la Défense Ehud Barak a chargé les Forces de la Défense Israéliennes
de se préparer à l’opération il y a plus de six mois [juin ou avant juin], bien
qu’Israël ait commencé à négocier un accord de cessez-le-feu avec le Hamas.
(Barak Ravid, Operation
"Cast Lead": Israeli Air Force strike followed months of planning
,
27 décembre 2008).

Ce même mois, les autorités israéliennes ont pris contact avec
British Gas, dans le but de reprendre des négociations cruciales sur l’achat du
gaz naturel de Gaza :

À la fois le directeur général du Ministère des Finances, Yarom
Ariav, et le directeur général du Ministère des Infrastructures Nationales, Hezi
Kugler, ont convenu d’informer BG du souhait d’Israël de renouer les
pourparlers.

Les sources ont rajouté que BG n’a pas encore officiellement
répondu à la demande d’Israël, mais que des cadres de l’entreprise pourraient
sans doute aller quelques semaines en Israël pour des conversations avec
certains fonctionnaires du gouvernement. Globes online-Israel’s Business
Arena
, 23 juin 2008)

La décision d’accélérer les négociations avec British Gas (BG
Group) coïncidait chronologiquement à la planification de l’invasion de Gaza,
amorcée en juin. Il semblerait qu’Israël était soucieux de parvenir à une
entente avec BG Group avant l’invasion, qui était déjà à un stade de préparation
avancée.

Et qui plus est, ces négociations avec British Gas ont été
conduites par le gouvernement Ehud Olmert qui savait que l’invasion militaire
était à l’étude. Selon toute vraisemblance, un nouvel arrangement
politico-territorial « d’après-guerre » a aussi été envisagée par le
gouvernement israélien pour la Bande de Gaza.

En fait, les négociations entre British Gas et les responsables
israéliens étaient en cours en octobre 2008, 2 à 3 mois avant le début des
bombardements du 27 décembre.

En novembre 2008, le Ministère israélien des Finances et le
Ministère chargé des Infrastructures Nationales ont ordonné à Israel Electric
Corporation (IEC) d’engager des négociations avec British Gas, pour l’achat de
gaz naturel provenant de la concession de BG au large de Gaza. (Globes, 13
novembre 2008).

Yarom Ariav, directeur général du Ministère des Finances, et
Hezi Kugler, directeur général du Ministère des Infrastructures Nationales, ont
écrit récemment à Amos Lasker, chef de la direction d’IEC, l’informant de la
décision du gouvernement de permettre aux négociations d’aller de l’avant,
conformément à la proposition cadre approuvée plus tôt cette année.

Il y a quelques semaines, le conseil d’administration d’IEC,
dirigé par le président Moti Friedman, a approuvé les principes de la
proposition cadre. Les pourparlers avec BG Group commenceront dès que le conseil
d’administration approuvera l’exemption pour l’offre. (Globes, 13 novembre 2008)

Gaza et la géopolitique de l’énergie

L’occupation militaire de Gaza a pour but de transférer la
souveraineté des gisements gaziers à Israël, en violation du droit
international.

À quoi pouvons-nous nous attendre suite à l’invasion ?

Quelle est l’intention d’Israël en ce qui concerne le gaz
naturel de la Palestine ?

Un nouvel arrangement territorial, avec le stationnement de
troupes israéliennes et/ou la présence de « forces de maintien de la paix »
?

La militarisation de la totalité du littoral de Gaza, lequel
est stratégique pour Israël ?

La confiscation pure et simple des gisements gaziers
palestiniens et la déclaration unilatérale de la souveraineté israélienne sur
les zones maritimes de la bande de Gaza ?

Si cela devait arriver, les gisements gaziers de Gaza seraient
intégrées aux installations offshore d’Israël, qui sont adjacentes. (Voir la
carte 1 ci-dessus).

Ces diverses installations offshore sont aussi reliées au
couloir de transport énergétique d’Israël, qui se prolonge jusqu’au port
d’Eilat, le port maritime terminal de l’oléoduc sur la Mer Rouge, au terminal du
pipeline à Ashkelon, vers Haïfa au nord, et se rattachant éventuellement grâce à
un pipeline israélo-turc en projet au port turc de Ceyhan.

Ceyhan est le terminal du pipeline Trans-Caspien Bakou,
Tbilissi Ceyhan (BTC). « Ce qui est envisagé, c’est de relier le pipeline BTC au
pipeline Trans-Israel Eilat-Ashkelon, aussi connu sous le nom d’Israel’s
Tipline. » (Voir Michel Chossudovsky, The War
on Lebanon and the Battle for Oil
, Global Research, 23 juillet
2006).

Original : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=11680
Traduction
libre de Pétrus Lombard pour Alter
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