Sent: Saturday, January 31, 2009 9:37 PM
Subject: FGTB et Gaza : « Nous ne pouvons nous taire sur un sujet
aussi brûlant » Anne Demelenne

Le syndicat
belge FGTB a appelé à manifester, le dimanche 11 janvier contre l’offensive
israélienne sur Gaza, appel dont nous ne pouvons que nous réjouir. Anne
Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, précise les positions, les
difficultés.
Interview : Michèle Seutin

En tant qu’organisation
syndicale la situation des travailleurs palestiniens ne peut pas nous laisser
indifférents.(Photo FGTB)
Pourquoi la FGTB s’est elle impliquée dans ce
conflit ?
Anne Demelenne. Nous sommes une organisation démocratique et nous
ne pouvons nous taire sur un sujet aussi brûlant. Même si c’est parfois
difficile car, à l’intérieur de la FGTB, se retrouvent évidemment des
sensibilités différentes sur un certain nombre de nuances et nous sommes obligés
d’en tenir compte. »

Il est difficile de mobiliser les affiliés sur
cette question ?
Anne Demelenne. Nos affiliés sont souvent mal informés.
Nous organisons des voyages en Palestine pour des responsables syndicaux :
ensuite ils prennent réellement conscience de la situation là-bas. Ils
constatent que les dispositifs de l’occupation rendent quasi impossible, pour
les Palestiniens, le développent d’une économie normale et donc affectent
profondément leurs conditions voire leur possibilités de travail. C’est une
situation qui ne peut pas nous laisser indifférents.
La sensibilisation doit
passer par la formation. Nous encourageons les initiatives prises dans ce sens.
Dès qu’une centrale se mobilise réellement pour informer, la mobilisation des
militants suit. La Centrale générale avait installé, un checkppoint à l’entrée
de son congrès de décembre et a fait une bonne information à ses militants et la
mobilisation a suivi: ceux de la Centrale Générale étaient présents à la
manifestation.

La crise et ses conséquences sur l’emploi ne
mobilisent-t-elles pas déjà suffisamment l’attention des travailleurs?
Anne
Demelenne. Je ne pense pas. Ce sont deux niveaux différents. Nous avons
évidemment un gros travail d’information et d’analyse à faire sur cette crise.
Nous devons amener nos militants à sortir de la logique néo-libérale qui a,
cette fois, bien montré ses limites et ses nuisances.
Mais la situation au
Moyen-Orient, à un autre niveau, nous interpelle tout autant. Nous défendons des
valeurs comme celle des droits de l’homme, du respects des accords
internationaux et des intérêts de tous les travailleurs. Donc des travailleurs
palestiniens aussi.
Ce qui rend la mobilisation difficile, ce sont les
amalgames dans les mots d’ordre des manifestations. Nous sommes une organisation
laïque et quand les mots d’ordre prennent une coloration religieuse, c’est
réellement un frein pour nos militants. Il y a aussi, on ne peut pas le nier,
cette culpabilité européenne par rapport au génocide nazi.

Votre actuel
partenariat avec la Histadrout est-il remis en question ?
Anne Demelenne. Il
ne nous appartient pas de faire l’ingérence. La CSI (Confédération Syndicale
Internationale) dont fait partie la FGTB, compte comme affiliés la Histadrout
(syndicat israëlien) et le PGFTU (Palestinian General Federation of Trade
Unions). Nous demandons, à travers nos instances internationales que des accords
soient pris entre ces deux syndicats et respectés sur le terrain. Nous avons
demandé à la CSI de faire une enquête et un rapport sur ce point précis. Nous
attendons aussi de la Histadrout qu’elle condamne les agissements de l’actuel
gouvernement israëlien. Le PGFTU a condamné officiellement les tirs de rockets
du Hamas (Note de RoRo: toujours évidemment cette tentative répétée de mettre
sur le même pied occupants et occupés, agresseurs et résistants. Le pouvoir élu
démocratiquement par les Palestiniens dans ce qui leur reste comme Patrie, c’
est le HAMAS, une réalité essentielle bafouée par les Ricano-occidentaux,
Abbas n’étant qu’un Kollabo) et nous appelons la Histadrout à prendre, elle
aussi, une position claire C’est pour nous un point très important.

Quelle est votre position au sujet du boycott des produits israëliens ?

Anne Demelenne. Nous ne défendons pas le boycott; les travailleurs
israéliens existent, et cette prise de position leur porterait préjudice. Encore
une fois nous ne voulons – ni ne pouvons – faire de l’ingérence. De plus, à
l’intérieur même du PGFTU il n’y a pas unanimité sur la question. Certains
considèrent qu’il vaut mieux travailler avec la Histadrout et tendre via des
accords de partenariat à une collaboration efficace au profit de l’ensemble des
travailleurs. D’autres tendances dans le PGFTU refusent tout contact avec la
Histadrout.

Quelle demande formulez vous aux aux instances européennes ?

Anne Demelenne. Dans notre plate-forme au sujet du conflit nous demandons la
suspension du statut privilégié que l’Europe a récemment donné à l’état d’Israël
et l’arrêt de tout nouvel accord qui favoriserait les relations commerciales
Europe / Israël.
L’Europe verse de fortes subventions à la Palestine et ce
sera encore l’Europe qui subventionnera la reconstruction des destructions
opérées Israël. Nous sommes directement concernés.

Source :

http://www.ptb.be/fr/hebdomadaire/article/article/fgtb-nous-ne-pouvons-nous-taire-sur-un-sujet-aussi-brulant.html


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