Sent: Sunday, March 01, 2009 8:57 PM
Subject: Il y a 20 ans, des milliers de morts à Caracas annonçaient
l’arrivĂ©e d’un Chavez

 
 
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"Surtout, soyez toujours capables de
ressentir
au plus profond de vous
n’importe quelle injustice commise
contre
n’importe qui,
n’importe oĂą dans le monde.
C’est la plus belle qualitĂ©
d’un rĂ©volutionnaire."
(Che Guevara)


"Comment faire pour que cette lutte des
classes ne bloque pas le système libéral ? En créant des luttes mais entre
personnes de mêmes classes en désignant des boucs émissaires
, faire lutter
les smicarts contre les bénéficiaires du RMI, les salariés du privé contre ceux
du public, les Français d’origine contre immigrĂ©s ou les Français d’origine
immigrée, voir les Arabes contres les Noirs, mais toujours les pauvres contre
les pauvres, les travailleurs contre les travailleurs." (François
Ruffin)

VENEZUELA: 27 février
1989, le jour où le peuple s’est réveillé

“Quelle social-démocratie n’a pas
donné l’ordre
de tirer
quand la misère sort de son
territoire ou ghetto ?”

Gilles Deleuze (1)

Le 27 février 1989, débute à Caracas l’un des
évènements historiques les plus signifiants du changement de
période politique de la fin des années 80. Quelques mois avant la chute du mur
de Berlin, les vénézueliens vivant majoritairement dans les quartiers pauvres
(80% de la population) se révoltent contre l’application brutale des mesures du
FMI par le vice-président de l’Internationale Socialiste de l’époque :
Carlos Andrés Pérez (CAP).
La réponse politique du gouvernement
vénézuelien est brutale: déploiement l’armée et autorisation de tirer sur la
foule. La répression se solde par un terrible bilan :
près
de 3000 morts en quatre
jours.

El Caracazo constitue l’une des
premières révoltes d’une nouvelle époque au confluent de trois phénomènes
historiques profonds : la fin du stalinisme (RoRo: sic), la crise de la
social-démocratie, et les contradictions sociales et démocratiques de
l’hégémonie capitaliste. Cette révolte spontanée marque le réel début du
processus révolutionnaire bolivarien et celui d’une longue série de révoltes
dans le monde contre le visage libéral (RoRo: resic) du
capitalisme.


9 novembre 1989, quartier huppé d’Altamira, le ciel est bas sur Caracas,
les nuages cachent le sommet de l’Avila, habituelle ligne d’horizon pour les
“caraqueños”. La foule regarde cette grande obélisque et l’immense fontaine
traversant la plaza Francia que l’on est en train d’inaugurer. Les flashs
crépitent quand Carlos Andres Pérez serre la main de son invité de marque :
François Mitterrand. Les 200 ans de la Révolution Française sont fièrement
commémorés par les deux complices, alors que les familles vénézueliennes ayant
pris la ville pour subvenir Ă  leurs besoins, cherchent encore leurs disparus
…



Du « Venezuela Saoudite » au Venezuela
endetté.


“Quand les prix baisseront, nous resteront
tranquilles”
(2) *
Manifestant du Caracazo

Carlos Andrés Pérez (à droite) dans une réunion à
Washington avec George Bush père.

Carlos Andrés Pérez, membre du parti Action Démocratique (AD), est élu
président de la république en 1988 et prend ses fonctions le 4 février 1989.
Fort d’une solide réputation de tiers-mondiste, de démocrate, il est très
attendu pour enrayer la rapide dégradation des conditions de vie des
vénézueliens due à une inflation atteignant les 29,46% en 1988. Il ne perd pas
de temps (12 jours) pour appliquer son programme « Nouveau Venezuela ».
Même si, pendant sa campagne, il a déclaré que le FMI  « martyrisait les
peuples », il apparaît très sensible aux conseils de ses représentants, présents
au Venezuela depuis 1987 pour tenter d’enrayer la crise économique que vit ce
pays pétrolier.

La chute du prix du pétrole a profondément entamé l’économie rentière du
pays, et malgré la dévaluation du Bolivar, l’inflation demeure. Le système
vénézuelien surnommé « Venezuela Saoudite », basé sur un Etat dont
l’action se réduit à la redistribution de la rente pétrolière au profit d’une
poignée de familles (tout en laissant sur le carreau 80% de la population),
souffre d’un grave manque de liquidité. Le FMI propose un prêt de 4,5 milliards
de dollars sur 3 ans, mais non sans conditions : « l’habilité du Venezuela à
obtenir de nouveaux financements extérieurs dépend du programme économique mené
»(3) . L’Etat doit en substance libéraliser son économie et laisser libre
cours au marché.

Le 16 février, CAP présente son “paquete économico” (4) à la
télévision, l’annonce est tant attendue que pour la première fois, l’élection de
Miss Venezuela arrive seconde à l’audimètre ! Les vénézueliens assistent en
direct à la présentation d’un programme libéral d’ajustement structurel :
abandon des subventions assurant la rentabilité du très léger secteur
industriel, privatisation des entreprises publiques, seconde dévaluation du
Bolivar et dégel des prix, notamment celui du pétrole…

Les chauffeurs de bus répercutent la hausse du prix de l’essence dès le 27
février : 200% d’augmentation du ticket en une journée… Et ce, dans un contexte
de forte mobilisation des étudiants et du personnel de l’éducation (230.000
grévistes pendant 17 jours). Tous ces éléments constituent le détonant mélange
de la bombe « Caracazo ».

Réappropriation

“Ils ont exproprié le produit de leur travail, tout ce qui a un rapport
avec
les besoins d’un être humain. S’ils ont eu la possibilité de le
faire,
alors bravo, que ce rêve soit réalisé !” *

Roland Denis-
Ancien ministre de la Planification.

Les oubliés de la "démocratie" se réapproprient le
fruit de leur travail.

Tout commence à Guarenas (cité-dortoir à 30 kms de Caracas), les travailleurs
prennent violemment Ă  parti les chauffeurs de bus et refusent de payer le ticket
dont le prix a triplé. « Une troupe de la Guardia Nacional tente d’exiger
que les chauffeurs baissent leurs prix ; un chauffeur refuse et un garde tire
dans les pneus du bus, c’est le signal que tout le monde attendait
» (5) .
Premières victimes de la colère, les bus et minibus privés sont détruits à la
barre de fer puis brûlés, les Guareños se dirigent spontanément vers les camions
de marchandises et stoppent le trafic. Les petits commerçants ne voulant pas
baisser les prix subissent les premiers saccages et pillages. Un commerçant
déclare “Ça commence à s’organiser et comme un ban de langouste, à
s’attaquer aux commerces et aux boucheries
» (El Nacional
28/02/89). Rapidement, les manifestants se dirigent vers les immenses et
emblématiques centres commerciaux vénézueliens (parmi les plus grands du monde).
Les vitrines volent en éclats, tous les produits de consommation, surtout
alimentaires sont mis sur le dos, ou dans des baluchons : rien n’est organisé
mais la réappropriation est très efficace.

La Police Métropolitaine intervient, mais profitant du mouvement, les
policiers exigent des améliorations de salaire et une meilleure couverture
santé… Les renforts de la PM de Caracas déjà occupée, avec la DISIP (police
politique), par la violente mobilisation dans l’éducation sont lents, le
mouvement prends corps « Quand la police apparaît, un groupe se charge de
les éloigner en lançant des pierres pendant que les autres continuent à ouvrir
les commerces
» (El Nacional 28/02/89). La nuit tombée, alors que tout le
monde attend une accalmie, la situation s’aggrave. Les habitants des quartiers
populaires “los ranchos” (de La Vega, de Petare, de Catia, del Valle, de 23 de
enero, etc) commencent Ă  descendre massivement dans le centre ville.

La journée du 28 prend une proportion extraordinaire, la ville est prise par
les oubliés, les invisibles. Les médias, diffusant en boucle les images de
pillage, font passer les manifestants pour des hordes de délinquants. On entend
pourtant des slogans de plus en plus politiques : “augmentation des salaires !”
ou “baisse des prix de l’alimentation !”… Et les manifestants agissent avec
calme et dignité “Non, je ne me repentis pas. C’était un acte honorable. A
la maison j’ai à manger, quatre bermudas, un tee shirt, une paire de chaussure…
Est ce que je le referais ? Je ne sais pas.
» (Manifestante dans El
Diario de Caracas
07/03/89) Alors que les banques et les postes de police
sont ravagés, on constate que la révolte garde une logique : les pharmacies, les
Hôpitaux et les écoles sont épargnés “La seule chose que l’on a laissé ici à
El Valle- a été la Ferretería Futuramic. Personne ne l’a pillée parce que le
propriétaire est quelqu’un de bien, qui vend pas cher et se comporte bien avec
les gens du quartier
” (El Nacional 03/03/89). On voit ça et là des fêtes,
des barbecues profitant de la viande et des appareils de son «récemment
acquis».

CAP rentre de Barquesimeto dans la nuit du 27 et constate l’ampleur de la
situation. Une réunion a lieu à Miraflores (palais présidentiel) avec les
représentants du gouvernement, les autorités militaires et des représentants des
partis politiques d’opposition. Ces derniers ne divergent que sur un seul point
: la suspension des garanties constitutionnelles. Le MAS (Mouvement Vers le
Socialisme), par exemple, pensait qu’il était nécessaire de “rétablir
l’ordre public sans suspension des garanties de liberté. Il est clair qu’il y a
eu de graves débordements et qu’il règne une climat d’insécurité et de
peur
” (El Nacional 05/03/89). Devant l’unanimité d’approbation du recours à
la répression, CAP met en œuvre un plan de déploiement des Forces Armées
Nationales pour le « rétablissement de l’ordre » : le Plan Avila.

Massacre

« Nous sommes disposés à tuer qui que ce
soit, ce sont les ordres que nous avons reçus»

Un soldat cité dans
journal El Nacional du 3 mars 1989

“Nous avons tous contribué au rétablissement des procédures
normales
de production de biens et de services pour conserver
et préserver le bien
ĂŞtre. […] Le peuple et le gouvernement ont constituĂ©,
une fois de plus, une
formidable équipe de travail nommée : Venezuela “*

Eladio Larez –
Président de la chaîne RCTV en direct pendant le massacre.

La répression est totale, hommes, femmes, jeunes et
vieux sont massacrés.

A 16h, le 28 février, on déclenche le Plan Avila. Il permet la suspension des
garanties constitutionnelles : liberté de la presse, liberté de manifester, de
réunion, d’opinion, suspension de l’inviolabilité des foyers, de l’interdiction
des détentions abusives… L’armée peut agir en toute impunité. Pendant quatre
jours, la répression est totale dans les rues et jusque dans les habitations :
des hommes, des femmes, des jeunes sont abattus froidement jusque dans leurs
logements*.

Un médecin témoignera plus tard : « Dès le mardi, trente morts et presque
trois mille blessés sont arrivés, la majorité touchés par des armes de guerre.
Au début, seulement des jeunes hommes, mais rapidement sont arrivés des femmes,
des enfants et des vieux […] J’ai vu un enfant de neuf ans avec une énorme
blessure par balle sur la poitrine. […] On aurait dit une guerre, chaque minute,
il y avait un nouveau blessé.
»  (El Nacional 02/03/89)

La foule a du mal Ă  compter ses morts, la recherche des victimes est souvent
impossible car des fosses communes sont creusées par l’armée pour faire
disparaître les centaines de corps.

La répression a duré jusqu’au 2 mars 1989. Le gouvernement rendra public le
chiffe officiel de 243 victimes, toutes les analyses s’accordent pourtant sur
plus de 3000 disparus. On se demande encore comment toute l’armée vénézuelienne
a pu collaborer Ă  ce niveau Ă  cette chasse ignoble. Le lieutenant colonel de
l’armée vénézuelienne Hugo Rafael Chavez Frias étant souffrant ces jours là, on
ne pourra jamais savoir ce qu’il aurait fait. Une chose est sûre, un secteur
important de l’armée autour du MBR-200 (6)  prend alors conscience de la
barbarie de ce pouvoir et rĂŞve de changement.

Le 4 février 1992, ces mêmes forces tentent un coup d’Etat contre CAP,
celui-ci échoue mais Chavez passe 10 secondes à la télé vénézuelienne, assume la
responsabilité de cet échec (jamais un homme politique n’avait pris ses
responsabilités publiquement au Venezuela) et affirme que leurs objectifs ne
sont pas atteints “por ahora” (« pour l’instant »). Ce mot résonne dans la tête
de tous les meurtris du Caracazo et le vent commence Ă  tourner quand la cour
suprême de justice destitue CAP pour corruption en 1993. L’élection de Chavez en
1998 et le processus révolutionnaire bolivarien s’avèrent être une recherche de
débouché politique à cette révolte.

De la spontanéité

« Absolument tous les
organismes de police, de sécurité,
[…] les directions et sections de
renseignement de toutes
les Forces Armées Nationales ont été prises par
surprise »
(7)
Rafael Rivas-Vasquez- directeur de l’Agence de
Renseignement Vénézuelienne en 1989

La rĂ©volte s’est spontanĂ©ment tournĂ©e vers les petits
et grands commerces devenus hors de prix.

La spontanéité du mouvement pose directement la question de la
réappropriation. Sans aucun appel de mouvements politiques, de syndicats,
d’organisations populaires quels qu’ils soient, le peuple vénézuelien a fait
preuve d’une incroyable cohérence. Ceci montre qu’une organisation propre aux
quartiers vénézueliens, même naissante ou latente, existait bel et bien.
Plusieurs phénomènes expliquent peut être cette cohérence, notamment la présence
de groupes de la théologie de la libération ou d’ex-guérilleros, présents depuis
les années 1970. Caracas a compté plus de 300 hommes en armes à cette période,
et le FLN-FALN (8)  comme les tupamaros sont des groupes très influents
dans les quartiers les plus peuplés de Caracas.

Certains groupes de guérilla avaient, depuis le début des années 1980,
progressivement changé leur stratégie de lutte, à la recherche d’une stratégie
mieux adaptée que les méthodes cubaines ou colombiennes, et préféré
l’organisation communautaire, la formation politique, et le travail culturel, en
s’affrontant constamment au trafic de drogue, principal obstacle à
l’organisation communautaire. Ceci entraînait des combats d’hégémonie dans
certains quartiers, comme par exemple La Vega (quartier pauvre de 700.000
habitants) où la population était habituée et même actrice de cet affrontement.
Un terrain propice à la mobilisation populaire ? Ceci est indéniablement un
facteur déterminant.

Le mouvement étudiant a joué un rôle important dans la structuration,
l’Université Centrale du Venezuela (UCV) est devenue le centre de commande, pas
seulement pour les leaders étudiants, mais aussi pour les dirigeants populaires.
Le 27, après une grande assemblée de près de onze heures une grande
manifestation démarre de l’Université vers Plaza Venezuela, où commencent à
émarger des barricades. La jeune dirigeante étudiante Yulimar Reyes a
été la première tuée de la journée du 27, sa mort a eu un impact énorme sur la
radicalisation du mouvement.

Le Caracazo a pourtant montré les limites de la spontanéité d’action et, à
partir de cet événement, un saut qualitatif s’est produit dans l’organisation
communautaire, ce qui a permis de construire dans les quartiers un tissu social
et militant capable d’accueillir plus tard, avec plus ou moins d’indépendance
avec le gouvernement bolivarien, les mesures sociales et de démocratie
participative et protagoniste qui caractérisent le processus politique
actuel.

Le facteur central expliquant la spontanéité du mouvement est l’absence de
réelles forces de gauche, syndicales ou politiques, présentes au Venezuela.
Alors qu’on l’a vu, le parti AD, surnommé le « parti du peuple » est totalement
converti au libéralisme, la centrale syndicale majoritaire, la CTV, est elle
aussi totalement inscrite dans le système de corruption assurant la distribution
des pétrodollars de PDVSA (l’entreprise pétrolière) à l’oligarchie
vénézuélienne. Le Parti Communiste Vénézuelien, le MAS, le parti Causa Radical
était incapables à l’époque de réagir, le 26 février 1989 le MAS avait publié un
communiqué demandant timidement à CAP « un programme d’ajustement plus
graduel, équilibré et équitable
». Très déstabilisés par les échecs des
guérillas de libération nationale et la fin palpable du modèle (RoRo: sic) 
soviétique, ces forces avaient pris, depuis les années 80, un tournant
réformiste qui les isolaient du peuple. Ils sont allés jusqu’à soutenir, en
1994, le président Caldera, successeur de CAP qui a notamment continué les
réformes libérales (notamment les privatisations). Le volcan Caracazo a jailli
entre deux plaques tectoniques de l’histoire : la fin du stalinisme (RoRo:
resic) et la crise de la social-démocratie.

Crise de la social-démocratie…

“Est-ce juste que
dans leur pseudo démocratie,
la vie humaine n’ait aucune valeur
?”*

Manifestant du Caracazo

La présence à Caracas le 9 novembre 1989, d’un François Mitterrand
fraîchement réélu, est révélatrice des relations (inchangées après le Caracazo)
entre l’Internationale Socialiste et le parti Action Démocratique (AD). De cette
visite, l’Histoire ne retiendra pas son malaise pendant le voyage, mais bien son
silence, sur les lieux de ce massacre à la portée politique inouïe. Même Le
Monde
sous la plume de Thierry Desjardins annonce « CAP a commis une
grave erreur en lançant ses troupes de combat sur la ville (…) A partir de ce
moment, Carlos Andrés Pérez s’est entaché de sang
». (Le Monde du
07/03/89 repris dans El Nacional du 08/03/89)

En 1993, après sa destitution pour corruption, le bureau de l’Internationale
Socialiste envoie en communiqué un texte témoignant à Carlos Andres Pérez toute
son amitié et son estime (9) . Une méconnaissance de la situation ? Sûrement
pas, l’Internationale Socialiste devait beaucoup à CAP … Bernard Cassen écrivait
dans le Monde Diplomatique (10) “M. Carlos Andrès PĂ©rez[…] avait Ă©tĂ©
généreux avec ses amis européens : il est de notoriété publique que, sous la
direction de M. Felipe Gonzalez, le Parti socialiste espagnol (PSOE) a largement
bénéficié de sa « solidarité » financière. D’où, sans doute, l’éloquent silence
des partis socialistes européens, et notamment du PS français, lors du coup
d’Etat anti-Chávez du 11 avril 2002.
” . On peut y voir une « solidarité »
financière, mais le plus significatif est peut être bien une solidarité de
positionnement politique : l’application plus ou moins brutale des politiques du
FMI, d’un côté comme l’autre de l’Atlantique.

D’éminents représentants ou soutiens de l’Internationale Socialiste en
Amérique Latine ont subi les foudres des révoltes populaires. Le président
bolivien Gonzalo Sánchez de Lozada et son bras droit Jaime Paz Zamora (l’un des
34 vice-présidents de l’IS) ont dû démissionner au cours de la “guerre du gaz”
en 2003. En 2005, le peuple équatorien aux cris de “Fuera Lucio, que se
vayan todos !
” (11) a fait destituer le président Lucio Gutierrez, soutenu
par le Parti Socialiste, pour ne pas avoir tenu ses engagements de campagne.

L’espoir résiderait-il dans le démarquage clair et le dépassement de la
gauche qui a capitulé ? Les processus politiques latino américains les plus
intéressants, au Venezuela, en Bolivie et en Equateur nous montrent que oui.

Julien Terrié
Le 27 février 2009

(1) DELEUZE G. , Qu’est-ce que la philosophie ?, Minuit, p. 103.

(2) Les citations pointées par un * proviennent de témoignages extraits des
archives vidéos du Caracazo, et récoltés par la coopérative COTRAIN

(3) LEVEQUE Frédéric, Le ’Caracazo’, c’était il y a 15 ans, CADTM,
http://www.cadtm.org/spip.php?article500

(4) « Paquet économique» CAP a choisi faire passer toutes les mesures en une
seule fois.

(5) COLMENAREZ Elio : LA INSURRECCIÓN DE FEBRERO: a 20 años del Caracazo.
marxismo.info

(6) Mouvement Bolivarien Révolutionnaire des 200, groupe de militaires
bolivariens issus du travail politique du parti Causa Radical dans l’armée
vénézuelienne.

(7) RIVAS-VASQUEZ Rafael, EL DĂŤA QUE BAJARON LOS CERROS, Febrero de 1999,
http://www.amigospais-guaracabuya.org/oagrv002.php

(8) Front de Libération National – Forces Armées de Libération Nationale

(9) ROGALSKI Michel, « L’Amérique Latine et nous », Fondation Gabriel Péri,
http://www.gabrielperi.fr/L-Amerique-latine-et-nous

(10) CASSEN Bernard, « Union sacrée à Strasbourg », avril 2004, Monde
Diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/2004/04/CASSEN/11132

(11) « Dehors Lucio, qu’ils s’en aillent tous ! »

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