international
Auteur: T 34
Sujet: Crise du capitalisme
international
Envoyé : 29 Mar 2009 à 18:46
des patrons. Il est vrai que l’affaire des stock-options des quatre dirigeants
de la Société Générale a beaucoup ému l’opinion publique. Comment accepter que
ces hommes s’octroient une rémunération supplémentaire de près d’un million
d’euros à eux quatre, et cela, à l’heure où le chômage frise des records et où
les salariés sont invités à se serrer la ceinture ? Le tollé général et les
pressions politiques ont forcé la présidence de la « SG » à faire machine
arrière, mais cette question des salaires complémentaires reste posée.
Une rémunération plus qu’une
prime
Résumons d’abord ce qu’est une stock-option. Il s’agit de la
possibilité d’acheter une action à un prix donné quel que soit son cours.
Exemple : un Pdg bénéficie de stock-options à 20 euros l’une. Si le cours de
l’action est de 50 euros, il peut « exercer son option », c’est-à-dire
bénéficier d’actions au prix de 20 euros pour les revendre à leur cours réel et
donc empocher une plus-value de 30 euros. Voilà rapidement résumé le principe de
base des stock-options. Au départ, ces dernières ont été utilisées dans les
sociétés qui venaient se créer et qui n’avaient pas les moyens d’offrir des
salaires mirobolants à leurs dirigeants et leurs cadres. C’était le cas
notamment des entreprises technologiques de la Silicon Valley.
Mais le système a rapidement dérapé et les stock-options sont
devenues des rémunérations complémentaires pour nombre de compagnies quelle que
soit leur taille. Et très vite, est apparue la contradiction majeure, pour ne
pas dire le principal danger, de ces salaires additionnels. Comment empêcher un
patron détenteur de stock-options de ne penser qu’à une seule chose, en
l’occurrence l’augmentation du cours de l’action de son entreprise. En effet,
plus ce cours est élevé et plus la plus-value potentielle à réaliser avec les
stock-options est importante. C’est ce qui peut conduire des dirigeants à
favoriser le cours de Bourse au détriment du développement à long terme de
l’entreprise ou, bien pire, au détriment de l’emploi des salariés étant entendu
que l’annonce d’un plan de licenciement provoque souvent une hausse des
cours.
C’est donc le caractère pervers de ce mode de rémunération qui
pose problème, sans compter l’aspect disproportionné des sommes en jeu. Pour se
défendre, le patronat, qu’il soit français ou d’ailleurs, affirme que les
stock-options sont un moyen de fidéliser les dirigeants et cadres d’entreprises.
L’argument vaut ce qu’il vaut. On sait aujourd’hui que nombre de patrons ont
bénéficié de stock-options alors que leurs sociétés perdaient de l’argent.
D’autres ont vendu leurs actions quelques jours avant l’annonce de mauvaises
nouvelles qui ont fait baisser le cours de l’action. Du coup, nombreux sont ceux
qui incitent les autorités politiques à alourdir la fiscalité des stock-options,
ou alors, à étendre la période durant laquelle leurs détenteurs ne peuvent les
exercer.
Un cas moral
Mais encadrer l’emploi des stock-options ne suffira pas. La
véritable question, basique mais qui reste posée, concerne avant tout le niveau
de rémunération des patrons. Au nom de quoi, un Pdg toucherait-il jusqu’à cent
fois le salaire moyen dans son entreprise ? Sur le plan moral et éthique, cette
réalité est indéfendable et rien, pas même des qualités d’excellent manager, ne
justifient un tel écart. Quant au plan économique, on commence à réaliser qu’une
entreprise dont les dirigeants sont trop bien payés présente tous les symptômes
d’une république bananière avec de hauts niveaux de corruption interne et une
large démotivation du personnel de base. A bien des égards, la question de la
rémunération des patrons reflète bien les dérives actuelles du système
libéral.
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