From: Forum Unité Communiste
Sent: Saturday, April 04, 2009 9:18 PM
Subject: Actualités Internationales : Crise du capitalisme
international

Auteur: T 34
Sujet: Crise du capitalisme
international
Envoyé : 04 Apr 2009 à 19:18

À la fin du Sommet du G-20, le président des États-Unis a affirmé en
conférence de presse, à 14 h 30 heure de Cuba, que le chômage avait atteint son
niveau le plus élevé dans son pays depuis vingt-six ans.
Placé par le passé
face à des défis semblables, le monde n’avait pas agi assez vite.
[…]
Aujourd’hui, nous avons tiré les leçons de l’Histoire. Je sais que
certains de vous dans la presse, que certains commentateurs ont confondu le
débat honnête et franc avec des différences irréconciliables, […]
…Nous avons
adopté une série de mesures sans précédent pour restaurer la croissance et
empêcher qu’une crise pareille se répète. […] Nous nous sommes engagés à
favoriser la croissance et la création d’emplois.
Les États-Unis œuvrent en
partenariat avec le secteur privé pour nettoyer les actifs toxiques… et
utilisent toute la force du gouvernement pour faire en sorte que notre action
aboutisse directement à des prêts aux grandes et petites entreprises… Nos
partenaires du G-20 poursuivent des programmes d’ensemble similaires.
Nous
sommes aussi tombés d’accord sur une action vigoureuse pour appuyer les pays en
développement… en triplant la capacité de prêts du FMI…
Nous avons aussi
rejeté le protectionnisme qui pourrait aggraver cette crise. […]
[…] Nous
étendrons la supervision à la totalité des institutions, des marchés et des
produits importants du système. […] Nous réformerons et élargirons le FMI et la
Banque mondiale pour les rendre plus efficaces, plus effectifs et plus
représentatifs.
Dans les prochains jours, je tenterai de travailler avec le
Congrès pour fournir une aide immédiate de 448 millions de dollars à des
populations vulnérables… […] Nous aiderons aussi l’ONU et la Banque mondiale à
coordonner l’aide rapide nécessaire pour éviter une catastrophe
humanitaire.
Le président étasunien a répondu à bon nombre des questions
directes de la presse accréditée, affirmant entre autres :
Je crois que nous
avons bien fait les choses. Je suis venu ici dans l’intention d’écouter et
d’apprendre, mais aussi d’apporter le leadership étasunien. […]
Dans l’ensemble, je suis satisfait du produit, et je laisserai à d’autres le
soin de déterminer si moi-même et mon équipe avons eu quelque chose à voir
avec.
[…] Nous avons une économie globale, et si nous engageons des actions à
nous tout seuls aux États-Unis, mais qu’elles entrent en contradiction avec
celles d’outre-mer, alors nous ne serons qu’a mi-chemin en termes
d’efficacité…
Aux États-Unis, ces derniers mois, nous avons enregistré une
réduction drastique de nos exportations. […] Par suite de la récession mondiale,
par suite de la contagion en provenance des marchés financiers, les économies
s’affaiblissent partout…
Il a aussi affirmé :
« …C’est un document
collectif. Il ne fait pas de doute que chaque pays a ses propres manies, ses
propres problèmes. Il arrive qu’un dirigeant décide que quelque chose est
vraiment très, très important et absolument pas négociable. Ce que nous avons
essayé de faire dans toute la mesure du possible a été d’aborder ces questions
d’une manière qui ne diminue pas l’efficacité du texte comme un
tout….
[…]
Ceci ne règle pas entièrement le problème des actifs toxiques
[…] et la façon dont chaque pays va agir pour y faire face va être d’une
importance vitale. L’efficacité avec laquelle nous exécuterons les programmes de
stimulation respectifs à travers le monde sera très importante. Plus vite on
agira, plus efficacement on stimulera la demande, et plus nous en bénéficierons
tous.
Je pense qu’il y a toujours existé une diversité d’opinions quant à
savoir dans quelle mesure le libre-marché est sans entraves. Certains croient à
une régulation très sévère et sont très soupçonneux de la mondialisation, tandis
que d’autres pensent que le marché est toujours roi. Je crois que nous l’avons
tous appris ici, mais quiconque a étudié l’Histoire a déjà compris avant que le
marché est le mécanisme le plus efficace pour engendrer des richesses… que
l’Histoire ait jamais connu, mais il déraille parfois, et s’il est absolument
dérégulé, s’il n’y a pas de cadres bien pensés pour canaliser l’énergie créative
du marché, ça peut finir en catastrophe.
…écoutez, je suis le président des
États-Unis. Je ne suis pas le président de la Chine, je ne suis pas le président
du Japon, je ne suis pas le président des autres participants. Je suis donc
directement responsable devant mes électeurs de rendre leurs vies meilleures.
[…] concrètement les aider à trouver un emploi, à envoyer leurs enfants à
l’université, vivre ce que nous appelons le rêve américain…
…Les sondages
internationaux semblent indiquer que les gens ont plus d’espoir dans le
leadership des États-Unis.
…Je ne serais pas ici si je ne pensais pas que
nous avons des choses importantes à apporter….
…on a fait des tas de
comparaisons ici avec Bretton Woods. […] Bien entendu, si vous avez juste
Roosevelt et Churchill assis dans une pièce autour d’un brandy, ce sont des
négociations bien plus faciles… Mais le monde dans lequel nous vivons n’est plus
celui-là…
…l’Europe est de nouveau rebâtie… la Chine, l’Inde sont des pays en
marche. Et c’est bien…
…Il y a eu des commentaires au passage… qui indiquent
que leurs auteurs estiment de leur point de vue que tout ceci est parti des
États-Unis ou de Wall Street ou de banques et de compagnies en
particulier.
…nous avons un certain nombre de sociétés qui ont pris des
risques extravagants et non justifiés… et ceci a eu d’énormes retombées néfastes
sur l’économie étasunienne qui se sont étendues à l’économie mondiale.

On peut constater que les réponses d’Obama aux journalistes s’adressaient
fondamentalement à ses électeurs : elles expriment ce que pense le président des
États-Unis. Il est sans doute bien mieux que Bush et McCain, mais ce qu’il pense
ne s’ajuste pas aux problèmes réels du monde actuel. L’Empire est bien plus
puissant que lui et ses bonnes intentions.
Le Communiqué final du Sommet du
G-20 a annoncé ce qui suit :
– Tripler les ressources destinées au Fonds
monétaire international jusqu’à 750 milliards de dollars, appuyer une nouvelle
allocation de Droits de tirage spéciaux de 250 milliards,
– Appuyer au moins
100 milliards de crédits additionnels par les banques de développement
multilatérales…
– Garantir 250 milliards de soutien au financement du
commerce.
Je tiens á signaler que ces fonds proviendront de l’Union
européenne, du Japon, de la Chine et d’autres pays, ainsi que des ventes d’or
acceptées du FMI.
Le Premier ministre britannique a affirmé qu’ « un nouvel
ordre international est en train de voir le jour », que « le consensus de
Washington est dépassé », mais que « les décisions d’aujourd’hui ne règleront
pas immédiatement la crise ».
Le président français s’est déclaré « vraiment
heureux » des résultats du Sommet, car il estime que les mesures adoptées
supposent « la réforme la plus profonde du système financier depuis 1945 ». Il
n’a pas eu à claquer la porte.
Le département étasunien du Travail a fait
savoir que le nombre de personnes ayant continué de toucher des allocations de
chômage avait atteint en mars un record historique de 5,73 millions.
Obama a
parlé de Bretton Woods. À cette époque, à la fin de la dernière guerre mondiale,
les Etats-Unis détenaient 80 p. 100 de l’or du monde et leur économie en plein
essor était intacte. Bretton Wood leur concéda le privilège d’émettre la devise
convertible alors que le reste des pays étaient ruinés.
Ils disposaient de
dollars et d’or, dont les cours sont restés stables pendant plus de vingt-cinq
ans, jusqu’à ce que l’administration du moment, ruinée par sa guerre
impérialiste au Vietnam, suspendit unilatéralement la conversion du dollar, si
bien que les États-Unis ont depuis manipulé à leur guise l’économie des autres
pays de la planète.
La crise actuelle est indissolublement liée au système
capitaliste de production et de distribution, dont le principal tenant, les
États-Unis, a souffert dans son histoire deux grandes crises qui ont eu des
effets pendant plus de vingt ans. Celle-ci est la troisième, et les USA n’en
sortiront que très lentement. L’Europe le sait par sa propre amère
expérience.
Les transnationales étasuniennes ont acheté des biens partout
dans le monde grâce à Bretton Woods : elles payaient en or et papiers ;
aujourd’hui, elles les achètent avec du papier-monnaie ou monnaie-ferraille
comme le qualifient les Chinois. Les USA jouissent aussi du rare privilège du
droit de veto au Fonds monétaire international. A Londres, on n’a pas dit un
seul mot qui engagerait les États-Unis à renoncer à ce privilège.
La
prochaine crise surviendra bien plus vite et sera bien plus grave que ne
l’imaginent Obama et plusieurs de ses principaux alliés du G-7. Les crises ne se
règlent pas à coups de mesures administratives ou techniques, parce qu’elles
sont systémiques et touchent toujours plus l’économie et la mondialisation de la
planète.
Mais tout le monde ne s’est pas laissé entraîner par l’euphorie de
Londres.
Selon une dépêche de l’AFP, la Haut Commissaire des Nations Unies
aux droits de l’homme, Navi Pillay, a, ce jeudi-ci, critiqué le Sommet du G-20
en regrettant que les manifestants et les plus les plus pauvres en aient été
exclus :
« En tant que Haut Commissaire aux droits de l’homme, je dirais que
la politique financière ne devrait pas se borner aux banques, mais s’attacher
aux êtres humains dont les inquiétudes devraient être au cœur des débats. Le
Sommet du G-20 devrait se concentrer sans retard sur les préoccupations des
travailleurs et des paysans pauvres. »
De nombreuses manifestations se sont
produites à Londres contre le Sommet.
Selon une autre dépêche, le président
de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, a affirmé au sujet du Sommet :
« Nous ne demandons pas aux pays de mettre la main à la poche pour nous donner
de l’argent, parce qu’ils l’ont promis, promis et promis, et qu’ils n’ont rien
fait. C’est là une mesure qui a déjà été prise l’an dernier. »
Alors que le
Sommet adoptait à Londres des mesures censément salvatrices, le spectre des
changements climatiques a fait son apparition le jour même de l’adoption du
Communiqué final, et c’est là une tragédie encore plus grave que la crise
économique.
Une dépêche de l’AFP informe : « Selon une nouvelle étude
scientifique, environ 80 p. 100 de la banquise de l’Arctique pourrait
disparaître dès 2040, contrairement à des estimations précédentes qui parlaient
de 2100.
« La surface de mer Arctique couverte de glace à la fin de l’été
pourrait alors ne plus dépasser un million de kilomètres carrés, contre 4,6
millions aujourd’hui. »
Ce rapport a été mis au point à partir des données
offertes par les scientifiques ayant travaillé sur une étude conjointe entre
l’Université de l’Etat de Washington et la National Oceanic and Atmospheric
Administration (NOAA). Selon cette étude, la banquise arctique a subi une
réduction spectaculaire à la fin des étés 2007 et 2008, quand elle n’avait
couvert que 4,3 et 4,7 millions de km2 respectivement.
Les modèles appliqués
permettent de prévoir que l’Arctique se retrouvera pratiquement sans glace d’ici
trente-deux ans. Selon les scientifiques, les modèles antérieurs prévoyaient ce
dénouement à la fin du XXIe siècle. Une énorme masse d’eau est emmagasinée dans
la banquise polaire qui atteint de grandes hauteurs.
Granma s’est fait l’écho
de ces nouvelles dans sa livraison d’hier.
J’ai écrit le 1er avril sur ces
deux problèmes : la crise financière internationale et les changements
climatiques. Je ne me propose pas de semer la désillusion, mais de
conscientiser. Rien n’est pire que l’ignorance. Si passionnantes que soient les
compétitions sportives, nous ne devons pas nous résigner et ignorer les
questions qui doivent forcément centrer notre attention comme l’économie, le
climat et la science. Je suis un fan du sport, comme tout le monde, mais l’homme
ne vit pas que des jeux.

Fidel Castro Ruz
Le 3 avril 2009
15 h 49


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