Note de RoRo: Eh oui, au sein du futur
parlement de l’ Euro-dictature capitaliste, après les élections du 07 juin
2009, la fidèle Belgique n’aura plus que 22 "représentants", au lieu de
24, au sein de ce vaste empire imposé et qui dissout les
peuples.
Ce sont les autres qui décident de plus en plus
à notre place…
Le IVe Reich des multinationales, des banques et
des patrons ne cesse de s’ agrandir et de plus en plus la pseudo
démocratie fout l’camp. Inutile de parler aujourd’hui du contrôle des
élus, des élus qui rendent des comptes (en dehors des campagnes
électorales) et qui sont proches du citoyen. D’ailleurs, jusqu’ici ce
Parlement n’ a été qu’un parlement croupion.
Pas étonnant, le taux de participation électoral
ne cesse de faiblir. 2/3 des électeurs s’ en foutent et au fond, il m’ est
de plus en plus difficile de leur donner tort. Les temps ont bien changé
depuis le Catéchisme du Peuple d’ Alfred Defuisseaux et la conquête des
droits électoraux, vite récupérés par le système patronal en place depuis
1830 en Belgique, et même avant…
 
 
 
RoRo
 
 
 
 

Ce 7 juin les électeurs
belges devront se choisir 22 représentants au Parlement européen. Cette
élection court pour la législature 2009-2014. Huit candidats seront élus
parmi les douze listes francophones que
voici…

Catherine
ERNENS

+ Cliquez ici pour découvrir les listes en
pdf

13 représentants seront élus dans le collège néerlandais. Et 1
représentant sera élu dans le collège germanophone. Au total 736 députés
européens seront plébiscités issus des 27 États membres de l’Union
européenne. L’élection belge s’annonce serrée et difficile. Car, un peu
comme à la chaise musicale, il y aura moins de postes à pourvoir cette
fois-ci. Jusqu’au 7 juin 2009, la Belgique possédait en effet 24 députés
au Parlement européen, soit deux de plus (9 francophones, 14
néerlandophones et 1 germanophone).

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Un remarquable pamphlet
désormais oublié
(et qu’il convient
évidemment de reporter dans le contexte de l’époque : 1886 -l’année des
fusillades de ROUX- ! Les faits ont d’ailleurs démontré par la suite qu’il ne
suffisait pas uniquement d’obtenir le suffrage universel, par exemple, pour
changer quoi que ce soit à la nature même du régime capitaliste d’exploitation
de l’homme par l’homme. Il y a bien longtemps que les résultats du suffrage
universel ont été déviés, accaparés, récupérés)
:

"LE CATÉCHISME DU
PEUPLE"

publié en BELGIQUE en
1886
,  par Alfred DEFUISSEAUX .


CHAPITRE I. – 1ère
leçon

De la Condition du Peuple et de
son esclavage

 1. Qui es – tu ?

     R. Je suis
un esclave.

 2. Tu n’es donc pas un homme
?

     R. Au point
de vue de l’humanité, je suis un homme ; mais par rapport à la société, je
suis un esclave.

 3. Qu’est-ce qu’un esclave
?

     R. C’est un
être auquel on ne reconnaît qu’ un seul devoir, celui de travailler et de
souffrir pour les autres.

 4. L’esclavage a-t-il des
droits ?

     R.
Non.

 5. Quelle différence y a-t-il
au point de vue physique entre l’esclave et l’homme libre ?

     R. Il n’y a
aucune différence ; l’esclave aussi bien que l’homme libre doit boire, manger,
dormir, se vêtir. Il a les mêmes nécessités animales, les mêmes maladies, la
même origine, la même fin.

 6. Qu’est-ce qu’un homme libre
?

    R. C’est celui qui
vit sous un régime de lois qu’il s’est volontairement données.

 7. A quoi reconnaissez-vous en
Belgique l’homme libre de l’esclave?

     R. En
Belgique, l’homme libre est riche ; l’esclave est pauvre.

 8. L’esclave existe-t-il dans
tous les pays ?

     R. Non. La
République Française, la République Suisse, la République des États-Unis et
d’autres encore ne sont composées que d’hommes libres. Tous les citoyens font
les lois et tous s’y soumettent.

 9. Que faut-il donc pour faire
d’un esclave un homme libre ?

     R. Il faut
lui donner le droit de vote, c’est-à-dire établir le suffrage
universel.

10. Qu’est-ce que le suffrage
universel ?

     R. C’est le
droit pour tout citoyen, mâle et majeur de désigner son député en lui donnant
mission de faire des lois pour les travailleurs.

11. Par qui se font les lois en
Belgique ?

     R. Les lois
se font maintenant en Belgique, pour les riches et contre les pauvres.

12. Ne pouvez-vous rendre autrement
votre pensée ?

     R. Oui. On
peut dire qu’en Belgique les lois sont faites par ceux qui ne font rien, et
contre ceux qui travaillent.

13. Sur quoi repose notre système
gouvernemental ?

     R. Sur
l’argent.

14. Citez des exemples ?

     R. On ne
peut être sénateur que si l’on paie au moins 1.600 francs d’impôt à l’État

     On ne peut
être député que si l’on paie les dîners, les voitures, les cigares de
l’électeur.

     – On ne peut
être électeur que si l’on paie 42 fr. 32 c. d’impôt.

     – On doit
être soldat si l’on n’a pas 1.600 francs pour payer un remplaçant.

15. La probité, le travail,
l’intelligence ne comptent donc pour rien !

     R. Ils ne
comptent pour rien aussi longtemps qu’on est pauvre. Au contraire on peut se
passer facilement de probité, de travail, d’intelligence si l’on a de
l’argent.

16. Citez des exemples.

     R. Je ne
saurais car ils sont trop nombreux et je ne voudrais pas faire de jaloux. Il
me faudrait faire la nomenclature de tous les financiers véreux, de tous les
notaires en fuite, de tous les administrateurs malhonnêtes, de tous les
manieurs d’argent qui ne cherchent le pouvoir que pour tripoter plus à
leur aise.

17. Quel est le moyen de changer cet
état de chose honteux ?

     R. C’est de
donner au peuple le droit de suffrage.

     – Le peuple
qui est honnête parce qu’il travaille, nommera des honnêtes gens qui feront
des lois honnêtes.

CHAPITRE II. – 2e
leçon

De la Constitution

 1. Que dit l’art. 25 de la
Constitution ?

     R. L’article
25 de la Constitution dit : "Que tous les pouvoirs émanent de la
nation.".

 2. Est-ce vrai ?

     R. C’est un
mensonge.

 3. Pourquoi ?

     R. Parce que
la Nation se compose de 5,720,807 habitants, soit 6 millions, et que sur ces 6
millions   117.000 seulement sont consultés pour faire les
lois.

 4. Comment se fait-il que ces 6
millions de Belges soient gouvernés par 117.000 ?

     R. Pour être
électeur, il faut payer 42 fr. 32 c. d’impôt. – En Belgique, 117.000 citoyens
seulement paient cet impôt, et sur ces 117.000, quatre-vingts mille seulement
prennent part au vote.

 5. Ces 80.000 privilégiés
sont-ils des gens instruits ?

     R. Non. Dix
mille au moins ne savent ni lire ni écrire.

 6. Comment se décompose le
reste des électeurs ?

     R. Il y a
23.000 locataires qui obéissent aux propriétaires ; 5.000 fonctionnaires qui
obéissent au gouvernement ; 2.000 curés qui obéissent aux évêques ; 10.000
fournisseurs qui obéissent à leurs clients. De sorte qu’en y comprenant les
10.000 illettrés qui sont généralement de faux électeurs, nous trouvons que
nous n’avons en Belgique que 30.000 électeurs dont 4.117 chefs d’usines, 5.000
entrepreneurs, 15.000 rentiers et 6.000 avocats, avoués, notaires, etc., dont
1.300 professeurs et instituteurs.

 7. Par combien de privilégiés
est donc gouvernée la Belgique ?

     R. Par
30.000 privilégiés.

 8. A quelle date a été
promulguées la Constitution ?

     R. Il y a 55
ans, le 25 février 1831.

 9. Cette vieille Constitution
est-elle encore bonne aujourd’hui ?

     R. Elle ne
vaut pas mieux qu’un vieux chapeau qui daterait de 1831. 
Si je me couvrais  d’un pareil chapeau qui a pu être très beau à
son époque, je serais tellement ridicule qu’on me croirait en carnaval.

10. Pourquoi donc la Belgique conserve-t-elle cette
Constitution si décrépite ?

     R. Parce qu’elle fait
l’affaire de nos gouvernants.

     – Si elle était modifiée
plus un seul d’entre eux ne resterait au pouvoir.

11. Qu’entendez-vous par ces mots : un homme au
pouvoir ?

     R. J’entends par homme
au pouvoir
, celui qui a trouvé le moyen de vivre aux dépens du Trésor de
l’État lui, les siens, ses parents, ses alliés, ses connaissances, et cela en
ne faisant rien ou presque rien.

12. Citez-moi quelques hommes au pouvoir ?

     R. Je vous citerai les
Frère qui ont donné naissance aux Orban d’où sont issus les Frère-Orban ; les
Malou, les Jacobs, les Bara, les Brasseur, les Tesch, les Pirmez…

13. Que dit l’art.6 de la Constitution ?

     R. Que tous les Belges
sont égaux devant la loi.

14. Est-ce vrai ?

     R. C’est un odieux
mensonge.

15. Citez des exemples.

     R. Ils seraient trop longs
à énumérer. Il me suffira de dire que chaque jour nous voyons des messieurs
qui appartiennent de loin ou de près au pouvoir, voler des millions et n’être
pas poursuivis, ou, s’ils le sont, être acquittés ou condamnés à des amendes
dérisoires, tandis que nous voyons des pauvres diables qui n’ont pris qu’un
seul pain dont leurs enfants avaient besoin, être condamnés aux travaux
forcés.

16. En matière d’impôt cependant les citoyens
sont-ils égaux ?

     R. Non, et je ne cite
qu’un seul exemple, celui de Léopold II qui, imposé par la commune de Laeken
pour la cote mobilière de son palais de Laeken a fait annuler par son ministre
cette délibération et ne paie rien.

CHAPITRE III. – 3e
leçon

Libéral et Catholique

 1. Qu’est-ce qu’un libéral ?

     R. Un libéral est un homme
qui cherche à faire ses affaires au détriment du Trésor de l’État.

 2. Qu’est-ce qu’un catholique ?

     R. Un catholique est un
homme qui cherche à faire ses affaires au détriment du trésor de
l’État.

 3. Qu’est-ce qu’un indépendant ?

     R. C’est un homme qui
n’ayant pu se dire ni libéral ni catholique parce que toutes les étiquettes de
la boutique étaient prises, cherche sous ce nom nouveau à faire ses affaires
au détriment du trésor de l’État.

 4. Que sont-ils tous en réalité ?

     R. Des
conservateurs.

  5. N’y a-t-il pas cependant entre eux une
question de religion ?

     R. Tous se moquent de la
religion comme d’une noix vide. – Je connais des libéraux qui portent des
cierges derrière les processions, comme je connais des catholiques qui ne vont
jamais à la messe.

  6. Pourquoi a-t-on inventé ces deux partis
?

     R. Pour qu’ils puissent
mutuellement s’endosser la dilapidation des richesses de l’État sans qu’on
puisse jamais mettre la main sur le coupable.

 7. Comment se partagent-ils le
pouvoir.

    R. Généralement, ils occupent le
pouvoir chacun 8 ans.

 8. Quel est le premier cri d’un ministre
catholique qui arrive au pouvoir ?

     R. Son premier cri est :
les caisses sont vides, les libéraux ont tout pris.

 9. Quel est le premier cri d’un ministre
libéral qui arrive au pouvoir ?

     R. Son premier cri est :
les caisses sont vides, les catholiques ont tout pris.

10. Que font-ils alors ?

     R. Tous créent de nouveaux
impôts afin de remplir les caisses et de permettre de les vider
ensuite.

11. Depuis combien de temps dure ce jeu ?

     R. Depuis 55 ans.

12. N’est-il pas près de finir ?

     R. Il sera fini le jour où
nous aurons le suffrage universel.

13. Quand l’aurons-nous le suffrage universel
?

     R. Le jour où le peuple le
voudra.

14. Le voudra-t-il bientôt ?

     R. Oui, le 13 juin 1886,
jour de la Pentecôte, de tous les coins de Belgique, le peuple viendra le
chercher à Bruxelles.

15. Et si le gouvernement le refuse ?

     R. Il n’osera pas. Que
peut le gouvernement sans le peuple puisque le peuple est en même temps
l’armée et le travail.

4e leçon

De l’impôt

 1. Qu’est-ce que l’impôt
?

     R. L’impôt
est l’argent que l’État, la province et la commune prélèvent sur la fortune et
surtout sur le travail des ouvriers belges.

 2. Comment est prélevé l’impôt
?

     R. L’impôt,
voté par les riches, frappe surtout les petits et épargne les grands.

 3. Citez-moi des exemples
?

     R. L’impôt
sur les fenêtres. – Jusqu’à la 24e fenêtre l’on paie; au-delà de la 24e on ne
paie plus. Le contraire devrait exister ; mais comme ce sont les riches qui
ont plus de 24 fenêtres à leurs châteaux on a préféré imposer les misérables
demeures fenêtres du pauvre, bien qu’elles soient indispensables pour éclairer
et assainir sa chaumière.

 4. Citez un autre exemple
?

     R. Les
fenêtres qui éclairent les escaliers sont exemptes d’imposition. – Ce sont
cependant celles-là qui devraient être surtaxées, car l’escalier indique une
maison d’une certaine aisance.

 5. Citez-moi un exemple relatif
à l’impôt sur la consommation.

     R. Le
champagne que seuls les riches peuvent boire puisqu’il coûte 4 et 12 francs la
bouteille, est exempt d’impôt supplémentaire ; tandis que le genièvre
qui est le champagne du peuple est écrasé par l’impôt.

     Je pourrais
aussi citer le tabac. On vient d’imposer la pipe du travailleur tandis qu’on
n’a pas songé aux fins cigares de Havane que fument nos ministres.

 6. Quelles choses sont frappées
par l’impôt ?

     R. Tout est
frappé par l’impôt depuis l’air et le soleil que nous payons parce qu’ils
entrent par nos fenêtres, jusqu’à l’eau qui se consomme dans les villes
puisqu’on la paie. – Il n’y a qu’une seule chose qu’on s’est bien gardé de
frapper.

 7. Quelle est cette seule chose
exempte d’impôt ?

     R. C’est
le revenu
, c’est-à-dire les rentes, parce que seuls les riches en
possèdent, cela se comprend.

 8. De sorte qu’il y a des gens
qui ont 100.000 francs de revenus et qui ne paient pas d’impôt ?

     R.
Évidemment.

 9. A quoi emploie-t-on tout
l’argent des impôts ?

     R. A payer
quantité de gens à rien faire.

10. Quels sont ces gens ?

     R. Nous
avons d’abord l’armée des fonctionnaires et à leur tête Léopold II. Celui-ci
touche fixe 3.600.000 francs, avec les palais que nous lui donnons et sa
famille que nous entretenons, il nous revient au bas mot à 5 millions par an.
– La France républicaine, notre voisine donne à son Président 600.000 francs
et elle a 40.000.000 d’habitants. Ce qui fait que toute proportion gardée, le
Roi devrait toucher 75.000 francs par an au lieu de 5 millions.

11. De quelle nationalité est le Roi
Léopold II ?

     R. Par sa
mère, une d’Orléans, il est Français. – Par son père, un Saxe-Cobourg, il est
Allemand. Par sa liste civile, il est Belge.

12. Quels sont les autres gens que
nous payons à rien faire ? Énumérez-les sans détails, nous demanderons les
détails plus tard.

     R. Il y a
l’armée qui nous coûte cinquante millions, l’église qui nous coûte vingt
millions, la Banque nationale ou les appointements des gros bonnets sont
exorbitants.

Enfin, il y a la légion des
ronds-de-cuir, parmi lesquels les ambassadeurs sont les plus inutiles, à
commencer par celui du Vatican.

13. A quoi sert encore l’argent des
impôts ?

     R. A bâtir
des citadelles à Anvers ; un temple de la Justice à Bruxelles ; à doter le
frère et les filles du roi et un tas d’autres choses inutiles aux cinq
millions de Belges qui habitent la province.

14. Que faudrait-il pour arrêter ces
scandaleux abus ?

     R. Le
suffrage universel qui enverrait à la Chambre des gens honnêtes.

5e leçon

De la Conscription et de
l’Armée

 1. Qu’est-ce que la
conscription ?

     R. C’est
l’impôt du sang, prélevé sur le peuple.

 2. En quoi consiste-t-il
?

     R. L’État
fait désigner dans chaque commune, par le sort, les jeunes gens qui doivent
faire partie de l’armée. Ceux qui sont riches paient douze à seize cents
francs et sont libérés ; ceux qui sont pauvres sont emprisonnés, pendant 3
ans, dans une caserne.

 3. Ce système est – il juste
?

     R. C’est la
plus monstrueuse iniquité.

 4. Pourquoi ?

     R. Parce
que, en temps de guerre, le pauvre doit verser son sang pour défendre le sol
de la patrie dont il ne possède pas un pouce et défendre des institutions qui
lui refusent droit ; tandis que le riche qui possède le sol et qui profite des
institutions, reste lui, à l’abri de tout danger.

 5. Combien coûte l’armée et ses
accessoires ?

     R. Cinquante
millions par an.

 6. A quoi sert-elle ?

     R. A rien,
puisque nous sommes neutres et qu’une neutralité ne se défend pas. – La
Belgique n’a pas plus besoin d’une armée pour faire la guerre, qu’un homme
neutre n’a besoin d’une femme pour faire des enfants.

 7. Pourquoi devons-nous avoir
une armée ?

     R. Parce que
le roi le désire.

 8. Pourquoi le roi désire -t
-il avoir une armée ?

     R. Pour deux
motifs. Le premier parce qu’il espère que l’armée défendra contre son peuple
et sa personne et sa liste civile.

     Le deuxième
parce qu’il faut à un roi une armée pour jouer au soldat, mettre de beaux
uniformes, avoir des places à donner et aussi pour la montrer aux autres rois,
quand ils viennent le voir, comme il faut aux enfants des soldats de plomb,
des képis d’officiers… pour exciter l’envie des petits camarades qui
viennent les voir.

10. Depuis 55 ans qu’elle existe,
l’armée a – t -elle jamais été sur un champ de bataille ?

     R.
Malheureusement on l’a conduite et fait tirer sur un champ de travail. Elle a
tué Gillis à Verviers, des femmes et des enfants dans le Borinage.

11. Quel fait monstrueux s’est passé
à Verviers à propos de l’assassinat de Gillis ?

     R. Le
caporal Veckmans qui avait tué ce pauvre Gillis, a été nommé chevalier de
l’ordre de Léopold.

12. Pourquoi le gouvernement belge a
– t – il décoré un Belge qui avait tué un de ses frères ?

     R. Parce que
le gouvernement qui savait très bien que l’armée ne voulait pas tirer sur ses
frères, a cru trouver le moyen de l’y décider en récompensant un caporal qui
avait tué un ouvrier. Le gouvernement espérer, par l’appât des récompenses,
exciter l’armée contre le peuple. 

13. Y parviendra – t – il ?

     R. Jamais !
car l’armée est composée de nos fils, de nos frères, de nos amis, et jamais on
ne saura les décider à tuer leurs pères, leurs mères, leurs frères ou leurs
soeurs.

14. Comment remédier à cet état de
choses ?

     R. En
décrétant le suffrage universel qui enverra à la Chambre des députés qui
établiront le service universel et obligatoire ou aboliront l’armée ce qui
serait beaucoup mieux.

6e leçon

Des salaires

 1. Y a-t-il une loi sur les
salaires en Belgique ?

     R. Non. Le
patron donne ce qu’il veut à l’ouvrier.

 2. Comment le travail est-il
rémunéré ?

     R. Plus on
travaille, moins on est payé ; moins on travaille plus on est payé.

 3. Expliquez-vous par des
exemples.

     R. Le
premier fonctionnaire du royaume, Léopold II, gagne 13,698 francs par jour. Il
ne fait rien que signer de temps en temps, se promener et donner quelques
dîners.

     Un employé
de chemin de fer par exemple qui est à son poste de 6 heures du matin à 7
heures du soir, gagne (à raison de 1.000 francs par an), 2 fr. 70 par
jour.

 4. Mais Léopold II a peut être
des responsabilités ?

     R. Aucune,
aucune.

 5. Et l’employé ?

     R. Lui il a
une énorme responsabilité, et malheur à lui s’il manquait 10 centimes dans sa
caisse. On le destituerait et on l’enverrait en prison.

 6. Citez d’autres
exemples.

     R. Le
gouverneur de la Banque Nationale qui n’a qu’une responsabilité dérisoire,
gagne près de 100.000 francs par an. – L’encaisseur de la Banque qui doit
déposer un cautionnement, qui a une responsabilité de chaque instant et qui
fait un labeur très dur, ne gagne que 2 fr. 75 par jour.

 7. Citez encore un
exemple.

     R. Celui de
toutes les administrations à commencer par celle des chemins de fer. – Plus on
est haut placé dans la hiérarchie, plus on gagne et moins on travaille, plus
on travaille moins on gagne. – Ceux qui ne font rien ont des traitements qui
varient de 15 à 30 mille francs, ceux qui travaillent ont de 1.000 à 3.500
francs.

 8. dans les charbonnages
comment cela se passe-t-il ?

     R. De la
même façon. – Le directeur-gérant qui ne risque rien, gagne de 15 à 40 mille
francs par an ; l’ouvrier qui risque à chaque instant sa vie gagne de 1 fr. 50
à 2 fr. 2 par jour.

 9. Par quels moyens l’ouvrier
peut-il combattre victorieusement cet état de choses ? 

     R. Par
l’association. Tous les ouvriers doivent s’affilier au Parti Ouvrier.
Le jour où ils seront bien unis, ils seront les maîtres.

10. N’ont-ils pas un autre moyen de
devenir maître de la situation ?

     R. Oui, par
le suffrage universel qui leur donnera le pouvoir législatif. Leurs députés
feront alors des lois qui réglementeront le travail et le
salaire. 

7e leçon

 1. Tu es donc esclave ?

     R. Oui, je
suis esclave.

 2. Par qui es-tu gouverné
?

    R. Par 30.000
privilégiés.

 3. Sont-ils honnêtes ?

     R. Non, ils
trafiquent de tout et vivent de notre travail en nous refusant tout.

 4. Que te laissent-ils ?

     R. Rien. Les
riches prennent nos filles pour en faire de la chair à prostitution. Nos fils
pour en faire de la chair à canon. Nous-mêmes. Ils prennent notre vie pour en
faire des dividendes.

 5. Que dois-tu faire ?

     R. Abolir
l’esclavage dans lequel nous vivons.

 6. Comment dois-tu y arriver
?

     R. Par le
suffrage universel.

 7. Comment l’obtiendras-tu
?

     R. En allant
tous, de tous les coins de la Belgique le demander à Bruxelles.

 8. Peut-on t’empêcher d’aller à
Bruxelles manifester ?

     R. Non.
J’use de mon droit comme les soi-disant libéraux et catholiques en ont usé en
septembre 1884.

 9. Il te faut de l’argent pour
aller à Bruxelles.

     R. J’ira à
pied.

10. Triompheras-tu ?

     R. Oui, car
mon cri de ralliement sera : vive le peuple ! vive le suffrage universel
!

11. Marchons alors ?

     Oui marchons
! en avant ! et vive le peuple, vive le suffrage universel !

12. A quand le rendez-vous ?

     R. Le jour
de la Pentecôte tous les Borains seront à Bruxelles; ils y arriveront à pied
et u trouveront 25.000 gantois, 20.000 liégeois et verviétois, 20.000 ouvriers
du Centre et de Charleroy. Tous les ouvriers y seront réunis, le peuple entier
y sera et le gouvernement nous donnera le suffrage universel aux cris de :
Vive le peuple ! Vive la liberté !

  .


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