From: Forum Unité Communiste
Sent: Monday, May 04, 2009 4:30 PM
Subject: Actualités françaises : On vit dans une belle
démocratie

Auteur: T 34
Sujet: On vit dans une belle
démocratie
Envoyé : 04 May 2009 à 14:30

(source : Le Courrier Picard
02/05/09)
« Pour faire dérailler un train, t’as
une solution ?
». Pour avoir reçu ce SMS, un Abbevillois de 29 ans a passé
une nuit au poste. Il en ressort profondément choqué.

Méfiez-vous de votre téléphone portable, il peut vous conduire
en prison. C’est en tout cas la mésaventure dont a été victime Stéphane, 29 ans,
un habitant d’Abbeville sans histoire. Pour avoir reçu un SMS jugé «
tendancieux », ce jeune menuisier a passé 24 heures en garde à vue au
motif de « non dénonciation de crime ». Rien de moins. « C’est
totalement irréel, s’étonne encore la victime de cette mauvaise blague. Je ne
souhaite à personne de vivre ce que j’ai vécu.
»

Sa faute ? Ne pas avoir alerté les autorités après avoir reçu
sur son téléphone portable le message suivant : « Pour faire dérailler un
train, t’as une solution ?
» Ce SMS, envoyé par une vague connaissance de
travail, a fini sur le bureau du procureur, alerté par l’opérateur de téléphonie
mobile. Car l’appareil sur lequel Stéphane a reçu ce SMS était un téléphone
prêté par l’opérateur, le sien étant en réparation.

« L’opérateur a le droit de consulter ces messages et le
devoir d’alerter les autorités s’il estime qu’un crime ou un délit est
susceptible d’être commis
», précise le procureur d’Abbeville Éric
Fouard.

Ainsi, jeudi 16 avril, Stéphane est invité à se présenter au
commissariat d’Abbeville en milieu d’après-midi. « Ils voulaient avoir des
précisions sur ce SMS. Je m’y suis rendu sans aucune appréhension, je ne voyais
vraiment pas où était le mal.
» Mais sitôt arrivé au commissariat, le ton
change. « J’entends parler d’affaire criminelle, de terrorisme, et d’une
garde à vue qui pourrait durer dix jours, raconte Stéphane. On me demande si je
suis capable de choses farfelues comme, par exemple, faire dérailler un train.
» Le jeune homme tombe des nues. Il donne le nom de son collègue, auteur du
fameux SMS. La police perquisitionne chez ce dernier et le ramène au
commissariat. « Je me disais, ils vont faire les vérifications et tout sera
terminé. En fait, le cauchemar ne faisait que commencer.
»

L’affaire de Tarnac en
arrière-plan

Sur instruction du parquet, Stéphane est placé en garde à vue à
16 heures. « C’était un véritable choc. En deux secondes, j’ai eu
l’impression de devenir un vulgaire criminel. Je me retrouve dans une belle
cellule jaune qui sent la pisse, j’ai l’impression d’être traité comme un
chien
. » Au petit matin, les auditions se poursuivent. Les vérifications
sont longues et Stéphane ne retrouve la liberté qu’à partir de 16 heures, soit
au bout de 24 heures de garde à vue. L’auteur du SMS est également libéré.

Une expérience traumatisante pour le jeune menuisier. Mais une
affaire presque banale aux yeux du procureur de la République, qui justifie le
placement en garde à vue. « La procédure pénale est la même pour tout le
monde, que le risque soit probable ou peu probable
», rappelle Éric Fouard,
mettant en avant le principe de précaution qui prévaut en matière de
terrorisme.

D’autant que depuis l’affaire de Tarnac (Corrèze), et
l’arrestation d’un groupe de terroristes présumés soupçonnés d’avoir saboté des
caténaires SNCF, les autorités sont particulièrement vigilantes. « Cette
actualité récente a certainement joué en sa défaveur, admet le procureur. Je
comprends que, de son côté, la garde à vue puisse paraître violente mais, dans
ce genre d’affaire, on ne peut prendre aucun risque
. »

Ressorti libre, Stéphane ne fera l’objet d’aucune poursuite.
Mais il se dit « profondément marqué » par cette affaire. « Je prie
le ciel pour qu’aucun train ne déraille dans les semaines qui viennent…

»

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