capitalistes…
international
Auteur: T 34
Sujet: Crise du capitalisme
international
Envoyé : 05 May 2009 à 19:42
05/05/09)
économique, qui commence à affecter l’Afrique subsaharienne, n’y fasse basculer
6 millions de personnes dans l’extrême pauvreté, avec moins de 1,25 dollar par
jour de revenu. Shantayanan Devarajan, son économiste en chef pour l’Afrique,
précise les menaces qui pèsent sur ce continent.
2009. Quelle va être la
dégradation de sa conjoncture ?
La crise l’a atteinte en
janvier-février et elle se diffuse par quatre canaux : la chute de la demande de
matières premières, le reflux des investissements étrangers, le recul
vraisemblable de l’aide internationale et la baisse des envois de fonds à leur
famille des travailleurs émigrés. Nous avons calculé que ces envois reculeraient
de 4,4 % cette année.
La croissance africaine de 5 % par an avait permis de faire
reculer la pauvreté de 8 points (de 58 % à 50 %) de 1995 à 2005. En matière de
lutte contre la pauvreté, l’Afrique a fait mieux que l’Inde. C’est dire les
progrès de ce continent et la menace que fait peser une croissance qui retombera
de 4,9 % à 2,4 % en 2009 du fait de la crise. Des problèmes politiques vont
apparaître.
Pourquoi ?
Pendant plus de dix ans, la forte croissance, le recul de la
séropositivité et de la pauvreté, une meilleure alimentation ont récompensé les
réformes de structures et de gouvernance parfois douloureuses que ces pays ont
eu le courage de mener dans les années 1990. De ce fait, les opinions publiques
étaient en train de se rallier à ces efforts, qui ont fait tomber le taux
d’inflation africaine de 18 % à 11 %.
Si la récession s’installe, le soutien populaire risque de
disparaître. D’autant que les pays riches conduisent des politiques inverses de
celles qu’ils ont conseillées aux pays africains. Ils nationalisent leurs
banques et accroissent leurs déficits budgétaires après avoir dit qu’il fallait
privatiser et réduire les dépenses. Inévitablement, les hommes politiques
africains se demandent s’ils doivent faire pareil !
Pourtant, vous prévoyez
que les économies africaines ne tomberont pas en récession…
En Europe, la récession multiplie dramatiquement le nombre des
chômeurs, mais quand la reprise sera là, tout rentrera dans l’ordre. En Afrique,
le simple recul de la croissance de 2 % ou 3 % a des conséquences graves et
persistantes. Nous avons calculé à partir des précédentes crises que la
récession contribuera à faire mourir au cours de leur première année 700 000
enfants africains par an.
Les causes de cette surmortalité sont toutes imputables
à la crise : nutrition dégradée, eau potable plus rare, assainissement plus
inefficace, services de santé moins présents, parents obligés de délaisser leurs
enfants pour assurer la subsistance de la famille, etc.
L’Afrique avait-elle
décollé avant que la crise ne la frappe ?
La croissance y demeurait fragile. Son taux d’investissement
(15 %) était trop faible par rapport aux taux d’Asie du Sud (25 %), sans parler
de la Chine (35 %). Les entreprises y ont du mal à se développer, par exemple en
raison de réglementations paralysantes : au Kenya, par exemple, il faut pour
créer une entreprise satisfaire à dix procédures qui durent en moyenne 48 jours,
alors qu’en Asie du Sud il suffit de sept procédures et de 32 jours. Cela coûte
cher !
Le manque d’infrastructures (routes, ports, lignes électriques)
nuit à la rentabilité des investissements. Il n’y a toujours pas d’augmentation
de la productivité agricole. Les services demeurent insuffisants : nous avons
calculé que, sur 100 dollars dépensés pour le service de santé au Tchad, 1 seul
dollar sert effectivement au malade. Le taux d’absentéisme des enseignants
ougandais s’élève à 27 % : un jour sur quatre, les élèves n’ont pas de cours
!
Que fait la Banque
mondiale pour combattre la récession ?
Sur les 43 milliards de dollars d’aides que la Banque mondiale
dépense en trois ans pour les pays les plus pauvres dans le cadre de
l’Association internationale de développement (AID), la moitié est destinée à
l’Afrique. Nous augmentons l’aide à l’agriculture qui reçoit, cette année, 1
milliard de dollars contre 400 millions par an seulement, il y a cinq ans. Nous
espérons que les bailleurs de fonds tiendront leurs promesses d’aide.
Etes-vous optimiste,
malgré tout ?
Oui, car en quelques mois le continent a subi une crise
pétrolière et une crise alimentaire et les gouvernements y ont bien réagi,
refusant de céder à la démagogie, comme l’instauration d’un contrôle des prix,
et affirmant qu’il fallait maintenir le cap des réformes sans lequel aucun
développement durable n’est possible.
Propos recueillis par
Alain Faujas
En savoir plus sur Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES
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