Ils disent ne pas comprendre cette décision. Et citent pêle-mêle les
mots «d´intolérance» et «d´ignorance» quant ils
évoquent cette polémique naissante avec la MJC jovicienne. Karima et
Sofian Belaïd, 27 ans tous les deux, se disent tout simplement choqués par
les orientations de la Maison de la Jeunesse et de la Culture.
Mardi, alors que Karima participait à un goûter de fin d´année avec
ses copines de l´atelier couture, l´une des membres de la MJC est venue
lui annoncer qu´elle devrait ôter son voile (tout comme sa mère avec qui
elle s´y rend), à partir de la rentrée de septembre, si elle souhaitait
poursuivre cette activité. «J´ai été très choquée,
explique-t-elle. Et les autres femmes qui étaient avec moi
n´ont pas compris non plus. » D´autant que depuis janvier, date à
laquelle elle a intégré cet atelier, elle s´est présentée voilée à chaque
séance hebdomadaire. Sans que cela ne pose problème à qui que ce soit.
Enfin, à première vue.
«Fanatisme laïc»
Car à en croire le président et le vice-président du conseil
d´administration de la MJC, Didier Fiabane et Denis Savard, cette prise de
position ne date pas d´hier. « Nous sommes un mouvement laïc, et
cela entre même dans nos statuts. » Tout comme dans le règlement
intérieur de l´association jovicienne puisqu´il y est indiqué depuis trois
ans selon Denis Savard, «que personne ne doit porter de signes
ostentatoires d´une appartenance religieuse au sein de la MJC ».
« Si une dame se présentait avec un gros crucifix autour du cou, on
lui ferait la même remarque », certifie Didier Fiabane, tout en
précisant que le sujet a fait l´unanimité au sein du conseil
d´administration, lorsque la question a de nouveau été évoquée cette
année.
Mais la question de la laïcité n´est pas le seul point qui retient
leur attention. «Le port du voile est avilissant pour la femme
», juge Didier Fiabane. «C´est une discrimination
sexiste», d´après Denis Savard, tout en se défendant de défendre un
règlement liberticide. «Dans la sphère privée, les gens font ce
qu´ils veulent. » Certes. Mais dans la famille Belaïd, l´incident a
suscité une réelle indignation. «C´est du fanatisme laïc »,
insiste l´époux, Sofian. «Ce n´est pas à l´école ou dans une mairie,
c´est une activité associative», appuie-t-il. Autrement dit, selon
lui, cette interdiction n´a aucun sens et relève «d´une intolérance
totale à la pratique religieuse ».
Fabien Surmonne.
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