From: Christian Goubert
Sent: Sunday, December 20, 2009 6:19 PM
Subject: La farce de copenhague

Après l’échec de la conférence de Copenhague,
Sarkozy est rentré bredouille en victime co-latérale …Et de ce fait, l’Etat UMP
perd encore un peu plus de crédibilité au profit des verts, et autres
écologistes qui sont –eux aussi- pour un « capitalisme vert », et qui ne
manqueront pas de récupérer le bébé, et l’eau du bain libéral qui va avec
!

Depuis des mois, à coups de déplacements à l’étranger ou de
discours solennels sur l’avenir du monde, le chef de l’État avait pris soin de
se poser en champion de la lutte contre le réchauffement climatique. Espérant,
en cas de véritable accord international, apparaître, au moins aux yeux de
l’opinion publique française, comme « la cheville ouvrière » sans laquelle rien
n’aurait été possible. Voire d’y triompher, les médias amis aidant. Mais pas
seulement les médias. Car les groupes financiers avaient tout intérêt à
contrôler le déroulement des négociations. Et ces lobbys étaient présents dés le
début du sommet. Chaque délégation était rappelée à l’ordre dès son arrivée par
le spectacle d’une grosse et fausse planète, dominant la place centrale de la
ville. Ce globe tourbillonnant était couvert de logos d’entreprises – la
marque Coca-Cola était apposée sur l’Afrique, tandis que Carlsberg semblait
s’être approprié l’Asie ; McDonald’s annoncait juste au-dessus "I’m loving it !"
en grandes lettres rouges. Cette mappemonde pleurait « Bienvenue à Hopenhagen !
» Telle est la triste réalité de ce sommet qui était voué d’avance à
l’échec.

Rien n’a changé

Car rien n’a permit d’avancer vers des solutions qui permettraient
de contrôler les émissions polluantes à l’échelon international, si ce n’est un
texte consistant à autoriser des pratiques déjà en vigueur : « une étude
réalisée par l’Université de Stanford a montré que la plupart des projets qui
sont financés au titre de ces « réductions » n’existent pas, ne fonctionnent pas
ou auraient eu lieu de toute façon. Et pourtant, il ne s’agit pas là de simples
amuse-gueule au menu de l’accord attendu : c’est le plat principal ! Par
exemple, si l’on en croit les propositions des États-Unis, pays qui possède de
loin le niveau le plus élevé d’émissions par habitant dans le monde, ils
n’auront même pas à se donner la peine de réduire leurs émissions de gaz d’un
seul tuyau d’échappement jusqu’en 2026, puisqu’ils financeront tout simplement
ces projets-fantômes en contrepartie. » [1]

Un new deal légalisé

Ainsi, le deal passé entre les pays occidentaux et pays émergeant
est légalement en vigueur : l’astuce repose principalement sur une bizarrerie du
système : un pays riche peut réduire ses émissions sans effectivement émettre
moins de gaz à effet de serre. Comment est-ce possible ? Il peut tout simplement
payer un pays pauvre pour émettre moins qu’il ne l’aurait fait autrement. En
théorie, cela semble correct : nous avons tous la même atmosphère, donc pourquoi
se soucier de savoir d’où viennent les réductions ? Mais la réalité est
différente :

« Je délocalise chez toi mes industries polluantes
(et j’en profite pour augmenter les profits de mes actionnaires grâce au faible
coût de ta main d’œuvre), et en échange, je t’achètes à coup de milliards
fictifs pour polluer, et exploiter ailleurs, mais nous veillerons ensemble à
assurer la gestion du climat en nous promettant de diminuer de deux degrés la
moyenne des températures du globe dans les trente prochaines années
». Cet
exemple caricaturé est précisément le sens du texte Copenhague. Toutefois, le
fait que les réductions d’émissions puissent être vendues entre pays introduit
une extrême complexité dans le système. « Tout devient rapidement (et
volontairement) tellement technique que personne ne peut plus suivre les
négociations en cours- aucun citoyen concerné, aucun journaliste, et même les
groupes environnementaux qui bûchent à temps plein sur le sujet ont du mal. Il
est facile de voir si votre gouvernement construit de nouvelles centrales au
charbon, des aéroports ou des autoroutes. Mais vous ne pouvez pas voir si les
réductions qu’ils ont "acheté" à l’autre bout de la terre se réalisent vraiment
– en particulier lorsqu’elles reposent sur des projections d’augmentations qui
auraient en théorie eu lieu si votre gouvernement n’avait pas casqué. »*

Tout ça…Pour ça !

Ainsi, les trois pages du texte dont se satisfait Nicolas Sarkozy
nous informent que nous devons nous serrer les coudes, tous ensembles,
exploitants, comme exploités. Pour ce faire, les leçons de capitalisme vert
couvrent les pages et les écrans pour mettre sur le même plan celui qui jette
son papier mouchoir sur le trottoir et celui qui fait pousser des roses en
Afrique avec une main d’œuvre bon marché en privant d’eau potable les
autochtones africains (roses qui sont ensuite transportées par avions en
Amérique du nord et en Europe pour les proposer en grandes surfaces en toutes
saisons.)

Voltaire aurait pu l’écrire !

Une véritable farce dans laquelle Zadig, le personnage de
Voltaire, pourrait participer en observateur sidéré. Et sa conclusion serait
celle de Mohamed Nasheed, le président des îles Maldives qui sont en passe
d’être englouties. Il dirait simplement : « La dernière génération d’êtres
humains est allée sur la Lune. Cette génération-ci doit décider si elle veut
rester en vie sur la planète Terre. »


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