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Roger Romain de Courcelles | Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES

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Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES – Marx n' est pas mort ! Vive le marxisme-léninisme ! Prolétaires de tous les pays, unissons-nous !

 

 
From: nicolas
Sent: Tuesday, March 02, 2010 4:02 AM
To: Romain
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Découverte de la plus
grande fosse commune du continent : face au comble de l’horreur, la Colombie
appelle à la solidarité

Découverte
de la plus grande fosse commune du continent : face au comble de
l’horreur, la Colombie appelle à la solidarité

Azalea ROBLES

Esteban G.. Révisé par Michèle
Mialane

Le recours aux paramilitaires est
une stratégie de l’État. « Ils m’ont dit de couper le bras à une
jeune femme, elle nous  implorait de ne pas le faire, disant qu’elle
avait des enfants » dit le « para » Francisco Villalba.
« Nous avons décapité (…) une stratégie pour semer la terreur »,
avoue l’autre, Hebert Veloza alias
« HH ».

 


Cette image est celle du terrorisme de l’État colombien et ses
paramilitaires :
Il est urgent que la solidarité
internationale se mobilise pour dénoncer l’État
génocidaire.

La plus grande fosse commune de l’histoire récente
d’Amérique vient d’être découverte en Colombie. La fosse commune contient
les ossements d’au moins 2000 personnes, elle se situe dans la commune La
Macarena, département du Meta. Plusieurs habitants avaient déjà alerté de
nombreuses fois en 2009, en vain…puisque le Ministère Public n’a jamais
procédé à des recherches. C’est la persévérance des parents de disparus et
la visite d’une délégation britannique (syndicalistes et parlementaires
britanniques) qui faisait des investigations sur la situation des droits
de l’homme en Colombie, en décembre 2009, qui a permis de découvrir ce
crime affreux perpétré par les forces militaires et paramilitaires d’un
État qui leur garantit l’impunité. Un État qui pratique la terreur et les
massacres pour rendre plus facile le pillage par les multinationales, en
faisant disparaître et en réprimant ceux qui osent revendiquer leurs
droits.

Il s’agit de la plus grande fosse commune du continent:
Par centaines, par  milliers des êtres humains y ont été ensevelis
anonymement depuis 2005 par l’Armée qui occupe la zone
. Pour trouver
une fosse de cette ampleur, il faut remonter jusqu’au temps de la barbarie
nazie : Son importance révèle que la pratique macabre des
disparitions forcées, exercée par l’Armée et son outil paramilitaire, est
encore plus horrible que nous ne le savions déjà. Le caractère génocidaire
de l’État colombien exige de toute urgence une mobilisation de solidarité,
afin que les hauts fonctionnaires criminels de l’État et des
multinationales paient pour leurs crimes contre l’humanité.

Quand l’ampleur de la fosse a commencé à se révéler,
Jairo Ramírez, juriste, secrétaire du Comité Permanent pour la Défense des
Droits de l’Homme en Colombie qui accompagnait sur place la délégation
britannique, témoigne : « Ce que nous avons vu a été une horreur
(…) une infinité de corps, et en surface des centaines de panneau en bois
peints en blanc avec l’inscription NN et des dates allant de 2005 jusqu’à
aujourd’hui ».

Ramírez ajoute : « Le commandant de l’Armée
nous avait dit que c’étaient des guérilléros tués au combat, mais les gens
de la région nous disent qu’il s’agit pour la plupart, de responsables
sociaux et syndicaux, de paysans et des défenseurs de communautés, qui
tous avaient disparu sans laisser de traces ».

L’horreur de La Macarena rappelle à la Colombie et au
monde entier, de quelle façon le nombre effrayant de fosses communes ainsi
que leurs emplacements a été découvert durant ces dernières années et ces
derniers mois. C’est suite aux déclarations de paramilitaires, qui,
protégés par la « Loi de Justice et Paix », peuvent confesser
leurs crimes et donner sans crainte les coordonnées des fosses ainsi que
d’autres détails sur leur rôle en tant qu’outil de la sale guerre de
l’État.

Le recours aux paramilitaires
est une stratégie d’État, financée par l’État et les
multinationales

Lors de ces audiences, les paramilitaires ont été très
clairs (au cas où il subsisterait un doute) : ils font partie d’une
stratégie de sale guerre de l’État et reçoivent également de l’argent des
multinationales et des oligarques. Mais à vouloir donner trop de détails,
et dénoncer que leur formation, leur armement, leur méthodologie et leur
protection étaient assurés par l’État colombien, beaucoup d’entre eux ont
été extradés vers les USA : c’est ainsi qu’ils se taisent sur
l’implication des dirigeants de l’État et des multinationales responsables
des massacres. C’est ainsi que l’on évite de trop mettre en lumière les
noms de la grande oligarchie et des compagnies comme financeurs et
créateurs de l’horrible phénomène paramilitaire. Bien qu’ils aient été
réduits au silence, les paramilitaires extradés sont parvenus à dénoncer
une évidence : Les paramilitaires sont un outil de l’État colombien, qui a
été créé par la CIA et selon ses recommandations, avec des formateurs
étatsuniens et issus du Mossad ; il est financé, pour l’exécution de
ses massacres, par l’État, les grands propriétaires terriens et les
multinationales (Repsol, BP, OXY, Chiquita…entre autres) (1). Les
paramilitaires ont été créés pour neutraliser les mouvements de
revendication sociale, sous tous ses aspects. C’est pour cela que la
Colombie est le lieu le plus dangereux du monde pour y exercer l’activité
syndicale ; que des dizaines de milliers de personnes ont disparu à
cause de l’outil paramilitaire : pour faire taire les
revendications.

La Loi « Justice et Paix » a été élaborée par
l’État et créée par le président Uribe pour que ses paramilitaires
puissent obtenir l’impunité ou des condamnations minimes en comparaison de
la cruauté et de l’ampleur de leurs crimes : c’est grâce à cela, en
échange de quelques coordonnées de fosses, et surtout en proclamant leur
« repentir » que des centaines de parrains (maffieux)
paramilitaires, auteurs de milliers d’assassinats, sont presque tous
parvenus à échapper à la prison. Mais les grandes fortunes, nationales et
multinationales, qui ont accumulé encore plus de capital grâce à ces
massacres, sont toujours là sans être inquiétées.

L’impunité des multinationales est totale :
cependant plusieurs d’entre elles (1) et leurs filiales ont été
déclarées coupables par le Tribunal Permanent des Peuples. Elles sont
coupables de promouvoir le para-militarisme et les pratiques génocidaires
en Colombie : « Par leur participation en tant qu’auteures,
complices ou instigatrices d’actions génocidaires, avec leurs méthodes
particulières : assassinats des adhérents à un groupe
(politique) ; graves atteintes à l’intégrité physique ou
psychologique des adhérents du groupe ; soumission
intentionnelle  du groupe à des conditions de vie qui entrainent sa
destruction physique, totale ou partielle. Ces pratiques sont appliquées
en particulier dans le processus visant à faire disparaître 28 communautés
indigènes, à anéantir le mouvement syndical colombien et à exterminer le
groupe politique Unión Patriótica (…) à cause de sa participation (…) à la
commission des crimes contre l’humanité tels qu’assassinat, extermination,
déportation ou déplacement forcé de population, emprisonnement,
torture ; viols ; persécution d’un groupe ou d’une collectivité
défendant son identité propre pour des raisons politiques et ethniques,
crimes différents et kidnapping de personnes ».

Impunité pour les grands
capitalistes, les multinationales et l’oligarchie : extrader signifie
enterrer la vérité

Le cas des paramilitaires Mancuso (2) et Hebert
Veloza (3) est révélateur : Ceux-ci vont être jugés aux USA
pour des délits de trafic de drogues, et non pour des crimes contre
l’humanité commis en Colombie. Faire sortir ces assassins du territoire
colombien, condamne beaucoup de victimes à ne jamais connaître le lieu où
ont été ensevelis leurs êtres chers disparus, puisqu’en première audience,
ces parrains paramilitaires ne fournissent en général que des coordonnées
imprécises de fosses. Dans des cas comme celui de Veloza, par exemple, qui
avait reconnu au moins 3000 assassinats, il reste encore beaucoup de
détails à révéler sur le lieu où se trouvent les victimes. Et le plus
important n’a pas du tout été éclairci, l’extradition du prévenu ayant
empêché qu’il en dise plus, ce qui prouve clairement que l’extradition a
pour but d’occulter la vérité : l’État cherche à tout prix à éviter
que les noms des auteurs de crimes haut placés ne soient connus.

À la question sur le nombre de personnes qu’il a tuées,
Hebert Veloza avait déclaré, à propos de ses activités entre 1994 et
2003 : « J’ai calculé que mes deux groupes ont assassiné 3000
personnes et peut-être plus. Nous en avons jeté beaucoup dans le (fleuve)
Cauca ».

La dissuasion par la terreur :
décourager la revendication sociale, et dépeupler les vastes
territoires

Veloza, alias HH, un des maffieux les plus sanglants
parmi les paramilitaires des Autodefensas Unidas de Colombia
[Autodéfenses Unies de Colombie] (AUC), avait dit avoir employé la
« décapitation » pour terroriser les communautés. « Lorsque
nous sommes arrivés à Urabá nous avons décapité beaucoup de gens, c’était
une stratégie pour générer la terreur ». C’est la stratégie de
« dissuasion par la Terreur » : elle est théorisée dans les
manuels de contre-insurrection de l’État (une amabilité des USA), et elle
consiste à susciter une grande panique. L’exécution des tortures et des
démembrements sur la place publique paralyse le reste de la population…
elle est conçue pour faire taire les revendications sociales, économiques,
écologiques : elle « dissuade » la revendication « par
la Terreur » et permet ainsi de déplacer des populations
entières.

Chaque fois que le gouvernement parle de “dialogues” avec
les paramilitaires au sujet de leur « démobilisation », les
victimes qualifient ces « dialogues » de
« monologues » : étant donné que le para-militarisme est
une stratégie de l’État lui-même.

Bien exhiber le massacre, et en même
temps couvrir les bénéficiaires de toute cette
mort

L’extradition des paramilitaires est un salut pour les
“cerveaux” de ces crimes, car cela empêche que la vérité totale soit
connue. Ils font passer les paramilitaires aux USA pour qu’ils soient
jugés pour des délits moindre que ceux comme les génocides qu’ils ont
commis, et de cette façon la vérité est occultée, on tait les noms, les
patronymes de l’oligarchie, de patrons, de directeurs et d’agents de
multinationales, de parlementaires, de ministres et même…les noms de
quelque président…

« À Urabá, Lorsque nous avons commencé, nous
laissions le corps des morts sur place », expliquait Veloza,
« Puis, au bout de quelque temps, les Pouvoirs Publics ont commencé à
nous faire des remontrances et (ils nous ont dit) qu’ils nous laisseraient
continuer à travailler, mais que nous devions faire disparaître les corps.
À partir de ce moment nous avons creusé des fosses communes », a-t-il
affirmé.

En se référant à l’armée officielle de Colombie, Veloza
condamnait : « Nous étions des illégaux, ils sont plus
coupables que nous, parce qu’eux représentaient l’État ; ils étaient
dans l’obligation de protéger ces communautés et ils nous utilisaient

pour combattre la guérilla. Il est vrai que nous avons commis énormément
d’homicides et nous devons en répondre, mais eux aussi doivent en
répondre… »

Puis il ajoute : « Nous avons assassiné des
gens tous les jours et dans toutes les communes de Urabá ». Ce sont
dans les départements de Córdoba et d’Urabá, en 1998, que les AUC ont été
constituées sous la tutelle de l’État colombien : elles ont
totalement éliminé la population des nombreuses localités suspectées
d’abriter des sympathisants ou des familles de guérilléros. Les
paramilitaires ont également été engagés pour en finir avec les
syndicalistes et les écologistes, afin de pouvoir implanter un modèle de
« développement » économique dans des zones où il nécessite un
déplacement rapide et massif des populations.

John Jairo Rentería, alias Betún, a été un des derniers
paramilitaires à faire des aveux : Il a reconnu devant le procureur
et les familles des victimes, que lui et ses paramilitaires ont enterré
« au moins 800 personnes » dans la propriété Villa Sandra, à
Puerto Asís, Putumayo. Il a expliqué leur méthodologie : « Il
fallait démembrer les gens. Tous ceux des Autodéfenses devaient apprendre
à le faire et très souvent nous le faisions sur des gens
vivants ».

Le mouvement des victimes de Crimes d’État en
Colombie, estime que plus de 50.000 personnes ont disparu, happées par
l’outil paramilitaire de l’État, ou par la police et les militaires
.
Le Procureur Général de la Nation, lui-même, a été obligé de reconnaître
25.000 « disparus ». Les parents des disparus parcourent tout le
pays chaque fois qu’une fosse est découverte, et c’est chaque fois la même
douleur.

Jeter les victimes aux caïmans:
l’horreur de la disparition totale

Il ya  en Colombie des fosses gigantesques : mais
grâce à d’autres déclarations de paramilitaires et de victimes survivantes
on sait aussi que les paramilitaires possédaient des propriétés où on
élevait des crocodiles pour faire disparaître leurs victimes (quelquefois
ils laissaient des survivants pour qu’ils aillent raconter ce qu’ils
avaient vu dans les propriétés où l’on torturait). À San Onofre, Sucre,
dans une propriété connue sous le nom de « El Palmar », le chef
paramilitaire « Rodrigo Cadena » jetait les cadavres des
victimes, et même des victimes encore vivantes, aux caïmans qui se
trouvaient dans un bassin (4). C’est comme ça que les victimes de
la torture étaient jetées aux caïmans. Beaucoup de personnes ont ainsi
totalement disparu, jetés en pâture aux caïmans, ou jetés dans les fleuves
ou à la mer, ou brûlés dans des fours crématoires.

Le gouvernement n’a pas la volonté d’aller jusqu’au bout
des recherches, il laissera tout au plus révéler l’existence de
quelques fosses seulement. De plus, cela demande du temps et les
identifications, par tests chimiques et ADN,  présentent d’énormes
difficultés techniques.

Combien de fosses peut-on retrouver ? Ce sont les
paramilitaires qui donnent leurs coordonnées pour obtenir au moins un
quart de remise de peine. Mais beaucoup d’êtres humains ont été totalement
éliminés…

Salvatore Mancuso, par exemple, avait avoué que pour
éviter la découverte du corps du leader indigène Kimi Pernía, il l’avait
fait déterrer de la fosse et jeter dans le fleuve Sinú. D’autres
paramilitaires racontent que pour cacher ses crimes, le même Mancuso avait
ordonné d’enlever la terre d’une fosse située dans une propriété à Ralito,
et de la vider de ses cadavres que son groupe avait remplis. Des
enquêteurs disent qu’aujourd’hui, les « Aigles Noirs »,
héritiers des paramilitaires, déterrent le contenu de plusieurs fosses et
le jettent dans les fleuves.

Les cours pour susciter la
terreur

Les témoignages de paramilitaires et les résultats des
équipes de médecins légistes ont permis de conclure que les groupes
d’Autodéfenses Unies de Colombie, non contents d’avoir élaboré une méthode
d’équarrissage des êtres humains, ont poussé l’horreur jusqu’à son extrême
limite : ils ont donné des « cours » en se servant
de personnes vivantes emmenées dans leurs camps d’entraînement. Francisco
Villalba, le paramilitaire qui avait dirigé sur le terrain les atrocités
d’El Aro (Antioquia), où 15 personnes ont été torturées et massacrées
pendant 5 jours, révèle les détails de ces « cours » :
« Il s’agissait de personnes que l’on amenait en camions, elles
étaient en vie et attachées (…) chacune était livrée à un groupe de cinq
(…) les instructions étaient de leur couper un bras, la tête… de les
découper vivantes ».

Les « cours d’équarrissage » servaient
d’entraînement aux paramilitaires pour leur fonction bien spécifique:
susciter la terreur dans la population, pour arriver à « dissuader
par la terreur » et parvenir à déplacer les survivants qui avaient
assisté aux massacres. C’est de cette façon que le grand capital est
parvenu à déplacer de ses terres plus de 4 millions de personnes.

Le paramilitaire Villalba avait décris son parcours au
Procureur, depuis ses débuts jusqu’à ses massacres : « Au milieu
de l’année 1994, ils m’avaient fait participer à un cours au camp
d’entraînement situé dans la propriété ‘’La 35’’, à El Tomate, Antioquia
». Il confirme qu’ils recevaient les instructions directement du haut
commandement dont le « Doble Cero » (Carlos García). Villalba
raconte que pour apprendre à découper les gens, ils kidnappaient des
paysans et des personnes dans les villages voisins : « Sitôt
débarqués du camion avec leurs mains liées, ils étaient enfermés pendant
quelques jours dans un local, en attendant que débute
l’entraînement ». Puis ils étaient répartis dans plusieurs groupes
« et là on les découpait », expliquait-il à la commission
d’enquête. « L’instructeur disait à un : ‘’ Vous, postez-vous
ici et untel là-bas et assurez la sécurité de celui qui découpe. Chaque
fois que l’on envahit un village et que l’on va découper quelqu’un, il
faut assurer la sécurité de ceux qui font ce travail »…Les femmes et
les hommes enfermés dans les locaux étaient ensuite menés en
sous-vêtements, les mains liées, à l’endroit où l’instructeur donnait son
« cours » : « les instructions étaient que nous
devions couper le bras, la tête, les découper vivants. Ils pleuraient en
suppliant qu’on les épargne, qu’ils avaient de la famille ». Villalba
décrit : « On les ouvrait à partir de la poitrine jusqu’au
ventre pour leur arracher les tripes, ceci s’appelait ‘’le dépouillage’’.
On leur coupait les jambes, les bras et la tête. Ça se faisait soit à la
machette soit au poignard. Pour le reste, c’est-à-dire le dépouillage,
c’était fait à la main. Nous qui étions en apprentissage, nous leur
arrachions les intestins. »

Selon Villalba, c’est l’entraînement qui l’exigeait, afin
de « prouver son courage et apprendre comment faire disparaitre le
corps de la personne ».  Puisqu’on procédait à ces exécutions
dans la rue devant toute la population, il est clair que les pratiques
d’équarrissage sur les gens avaient la fonction précise de terroriser.
« À moi, ils m’ont dit de couper le bras d’une jeune femme, elle
implorait de ne pas le faire, qu’elle avait des enfants ». Les corps
étaient enterrés dans la propriété « La 35 » ; 
d’après les calculs les fosses contenaient plus de 400 victimes
(5).

Face à l’indifférence de l’État, les
mères de la Candelaria creusent elles-mêmes

Le ministère public est très lent à faire ouvrir les
fosses, il possède les coordonnées de plus de 4200 d’entre-elles et il
n’en a pas cherché plus de trois cents, quant au test ADN des ossements,
il a été effectué au compte-goutte, ce qui prouve le mépris de l’État
envers les familles et les victimes. Le mépris d’un l’État qui prétexte un
« manque de moyens », alors qu’il a endetté le pays pour payer
les dépenses militaires et paramilitaires. C’est pour cela, que depuis
début 2007, une délégation des « Madres de la Candelaria » [les
Mères de la Candelaria] avait tenu plusieurs réunions dans la prison, avec
le chef paramilitaire Diego Fernando Murillo alias “Don Berna” ainsi
qu’avec d’autres chefs paramilitaires (aujourd’hui extradés aux USA) et
ceux-ci leurs avaient donné approximativement la localisation des fosses,
dans la Comuna 13 San Javier de Medellin. Dès lors plusieurs
familles avaient décidé de s’armer de pioches et de pelles pour aller
déterrer leurs êtres chers. « Nous ne prétendons pas faire le travail
qui revient au ministère public (…), mais sur la base de ce que nous ont
dit ces messieurs (ces assassins), nous agissons pour notre propre compte
et nous allons creuser (vers les quartiers de la Comuna 13 San Javier)
pour voir si nous trouvons quelque chose. Souvent les paramilitaires ne
veulent pas ou bien cela ne leur sert à rien d’avouer où se trouve telle
ou telle personne, et ça ne leur convient pas de le dire aux juges, alors
nous, nous leur disons : ‘’ discrets, dites-nous où se trouvent nos
enfants et nous-mêmes, sans rien dire, nous irons les chercher.

La délégation britannique qui a visité la Colombie a
entendu une multitude de témoignages au sujet des violations des droits
humains et syndicaux, par rapport aux exécutions extrajudiciaires, aux
déplacements forcés, aux kidnappings, à la criminalisation de
l’opposition politique, aux montages judiciaires, à la spoliation de la
terre des paysans au bénéfice des compagnies multinationales.

Dans ses conclusions, la délégation a déclaré :
« Après avoir entendu de pareils tels témoignages, nous estimons
que l’armée colombienne est responsable de la majorité des violations des
droits humains
contre la population civile », et que :
« l’activité paramilitaire persiste, particulièrement dans les
régions rurales, de même que les liens étroits entre les paramilitaires et
l’armée sont une évidence.

   Terrorisme d’État en
Colombie

*Au moins 50.000 personnes ont
disparu
(kidnappées et torturées) par les terroristes d’État,
selon la logique de « dissuader de revendiquer par la
terreur » (l’État cherche à ce que la terreur perdure, en
faisant disparaître le corps, les survivants continuent ainsi à
vivre dans l’angoisse)

*L’élimination physique de tout un parti
politique, l’Union Patriotique (UP) ; plus de 5000
personnes de l’UP
ont été assassinées par l’État.

*Plus de 4 millions de personnes déplacées
de leurs terres à cause des massacres des militaires et leurs
paramilitaires, dans le cadre de la stratégie de l’État « Terre
rasée », pour vider les champs de leur population et offrir aux
multinationales des terrains qui dégagent de gros intérêts
économiques, une fois débarrassés des habitants  et de leurs
revendications. ?

*6 millions d’hectares de terre ont été ainsi
volés
aux victimes déplacées, et offerts à des multinationales,
à de grands propriétaires terriens, et à de nouveau chefs
paramilitaires ; aujourd’hui le scandale de l’« agro
ingreso seguro », vient confirmer encore la réalité de la
spoliation des victimes (6).

*Plus de 4200 fosses communes (dénoncées)
emplies de milliers de cadavres de citoyens colombiens massacrés par
les paramilitaires colombiens : ces derniers ont donné les
coordonnées de quelques fosses afin d’être profiter de la « Loi
de Justice et Paix », créée sous la direction de son parrain
Uribe et élaborée spécialement pour donner l’impunité aux
paramilitaires si ceux-ci proclament leur « repentir »,
une loi qui légalise l’usurpation des terres. En avril 2007, un an
seulement après le début des recherches de fosses communes, le
Ministère Public avait déjà reçu 3710 révélations de leur
lieu ; mais la majorité d’entre elles n’avait pas pu être
explorée, « fautes de moyens » selon l’État…

*Des milliers de cadavres y ont été
retrouvés, mais l’État à déjà annoncé aux parents des victimes qu’il
ne pourra pas faire pratiquer les analyses ADN pour tous les corps
« faute de moyens »…par contre lorsqu’il s’agit de payer
les assassins et les bourreaux, là oui, il a eu les moyens et il les
a toujours…

*Plus de 2649 syndicalistes
assassinés
.

*Des milliers d’exécutions extrajudiciaires,
dont le scandale des « faux positifs » : Les
militaires kidnappent de jeunes garçons et filles, ils les déguisent
en guérilléros et ils les assassinent. Ensuite ils présentent les
cadavres aux mass-médias, qui se chargent d’achever le montage dans
sa partie médiatique ; en Colombie les médias de masse ne font
pas d’investigations, ils donnent pour vrai ce que leur disent les
sources militaires. Les militaires agissent ainsi pour
« montrer des résultats » dans leur guerre
anti-insurrection, et ça leur sert à assassiner les civils qui les
gênent. En Colombie, la médiatisation des morts supposés être des
guérilléros est absolument macabre : Ils exhibent des corps
alignés, à moitié nus, avec les militaires qui les remuent avec
leurs bottes…Ils modèlent ainsi l’opinion publique en lui inculquant
que les guérilléros sont déshumanisés.

*Plus de 7500 prisonniers politiques, dont
beaucoup d’entre eux sont victimes de montages judiciaires
contre les militants sociaux.

*Des centaines d’auto-attentats (7),
une autre forme de « faux positifs » de la part des
forces de police et militaires qui ont posé des bombes en plein
centre de Bogota, pour créer la base d’un montage médiatique
alimentant le discrédit des FARC. C’est au nord de Bogota, près de
l’École Militaire José María Córdoba, que s’est déroulé l’un des
plus grossiers auto-attentats : au passage d’un camion
militaire, un véhicule piégé avait explosé, tuant un éboueur et
blessant dix militaires. Soupçonnés d’auto-attentat, certains
militaires sont « interrogés »…interrogés en tant
qu’« individus », et non comme acteur conscient d’une
stratégie d’État…

La violence de l’attaque du grand capital provoquée
par l’angoisse de perdre la Colombie en tant que « caverne
d’Ali Baba » de grande valeur, a créé et maintenu en vie ce
monstre qu’est devenu aujourd’hui l’État colombien.

Cela ferait longtemps que cet État criminel
n’existerait plus sans l’« aide » massive des USA et de
l’UE, sans la dette dont on a chargé le peuple colombien pour
financer les dépenses militaires, et sans la stratégie paramilitaire
de terrorisme d’État. Sans ses soutiens militaires et médiatiques,
l’État colombien n’aurait pas pu perpétrer cette barbarie ; et
le peuple colombien aurait pu obtenir sa véritable indépendance,
être délivré de toute cette cupidité, de tous ces morts, de toute
cette douleur.

Notes

(1) Rapport final de l’audience du Tribunal
Permanent des Peuples
 

Les entreprises suivantes et leurs
filiales, ont été déclarées coupables de fomenter le para-militarisme et
les actions génocidaires en Colombie :

Coca Cola, Nestlé, Chiquita Brands,
Drummond, Cemex, Holcim, Muriel mining corporation, Glencore-Xtrata, Anglo
American, Bhp Billington, Anglo Gold Ashanti, Kedhada, Smurfit Kapa –
Cartón de Colombia, Pizano S.A. et sa filiale Maderas del Darién, Urapalma
S.A., Monsanto, Dyncorp, Multifruit S.A. filiale de la transnationale Del
Monte, Occidental Petroleum Corporation, British Petroleum, Repsol YPF,
Unión Fenosa, Endesa, Aguas de Barcelona, Telefónica, Canal Isabel II,
Canal de Suez, Ecopetrol, Petrominerales, Gran Tierra Energy, Brisa S.A.,
Empresas Públicas de Medellín, B2 Gold – cobre y oro de Colombia
S.A.

(2) Mancuso dit que la Force Publique l’a aidé
lors du massacre del Aro

http://www.elespectador.com/noticias/judicial/articulo91305-mancuso-dice-fuerza-publica-le-ayudo-masacre-del-aro

Audience de Mancuso, Rito Alejo del
Río
(Vidéo), Coordinateur des
paramilitaires

http://www.youtube.com/watch?v=3WlH5RpofaU

(3)Alias « H.H » révèle les liens
des AUC avec Byron Carvajal et Rito Alejo del Río
http://www.elespectador.com/noticias/judicial/articulo116951-alias-hh-revela-vinculos-de-auc-byron-carvajal-y-rito-alejo-del-rio

-« HH » confesse plus de 3000
assassinats; Il sera extradé afin qu’il taise les noms des auteurs haut
placés

http://www.kaosenlared.net/noticia/paramilitar-confiesa-mas-3000-asesinatos-sera-extraditado-para-callar-

(4) Un camp de concentration et
d’extermination

http://www.colectivodeabogados.org/un-campo-de-concentracion-y

Dans les mâchoires de la bête
sauvage

http://www.cambio.com.co/paiscambio/831/articulo-web-nota_interior_cambio-5346135.html

(5) Ils s’entrainaient à tuer à la hache avec
des paysans vivants

shttp://www.eltiempo.com/archivo/documento/cms-3525024

(6) Au sujet du “agro ingreso
seguro”

http://www.kaosenlared.net/noticia/democracia-colombia-bases-militares-usa-neocolonialismo-expolio

(7) Au sujet des
auto-attentats

http://www.kaosenlared.net/noticia/video-piedad-cordoba-denuncia-analiza-colombia-ocultada-medios-desinfo

Les
auto-attentats, stratégie macabre du terrorisme d’État pour ses montages
médiatiques

http://www.kaosenlared.net/noticia/video-autoatentados-macabra-estrategia-terrorismo-estado-para-montajes


Source :   Destapan la mayor fosa común del continente: Colombia, en el
paroxismo del horror, clama solidaridad

 

Article original publié le 28 janvier
2010

Sur l’auteure

Esteban G. et Michèle Mialane sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la
diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à
condition d’en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteure, le
traducteur, la réviseuse et la source.

URL de cet article sur
Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=10058&lg=fr

 

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