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Original Message —–
Qui possÚde les médias ?
Publié 30 mars 2010
Médias
» La presse libre nâexiste
pas. Vous, chers amis, le savez bien, moi je le sais aussi. Aucun de
vous nâoserait donner son avis personnel ouvertement. Nous sommes les pantins
qui sautent et qui dansent quand ils tirent sur les fils. Notre savoir faire,
nos capacitĂ©s et notre vie mĂȘme leur appartiennent. Nous sommes les
outils et les laquais des puissances financiĂšres derriĂšre nous. Nous ne
sommes rien dâautre que des intellectuels prostituĂ©s « .
John
Swaiton, lâĂ©diteur du New York Times, lors de son discours
dâadieu.
Cet article paru dans Agora Vox nous aide Ă mieux
comprendre pourquoi il est diffusé tant de mensonges sur les pays qui
nâacceptent pas dâĂȘtre pillĂ©s, au premier rang desquels on trouve Cuba, le
Venezuela et tous ceux qui souhaitent réserver les dites ressources au
dĂ©veloppement de leur peuple, mais cela nous explique aussi lâomerta qui rĂšgne
sur la guerre en Afghanistan, son coĂ»t et les crimes qui sây accomplissent en
notre nom.
1. Droit Ă lâinformation
Lâarticle 19 de
la DĂ©claration des droits de lâhomme de 1948 indique : « tout individu a droit Ă
la libertĂ© dâopinion et dâexpression, ce qui implique le droit de ne pas ĂȘtre
inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre,
sans considérations de frontiÚres, les informations et les idées par quelque
moyen dâexpression que ce soit. »
De plus, Victor Hugo, cité par
MĂ©diapart [1], a dit : « Le principe de la libertĂ© de la presse nâest pas moins
essentiel, nâest pas moins sacrĂ© que le principe du suffrage universel. Ce sont
les deux cĂŽtĂ©s du mĂȘme fait. Ces deux principes sâappellent et se complĂštent
rĂ©ciproquement. La libertĂ© de la presse Ă cĂŽtĂ© du suffrage universel, câest la
pensĂ©e de tous Ă©clairant le gouvernement de tous. Attenter Ă lâune, câest
attenter Ă lâautre ».
On reconnaßt un régime totalitaire par le fait que
les médias sont contrÎlés par le pouvoir politique. Les révoltes sociales et
populaires comme celle dâOaxaca au Mexique en 2006 passent systĂ©matiquement par
la prise de contrĂŽle dâun mĂ©dia audio-visuel. Cela illustre Ă quel point la
maĂźtrise de lâinformation est fondamentale pour asseoir son pouvoir, a fortiori
Ă lâencontre ou lâinsu de la population, ou pour lutter contre une Ă©ventuelle
tentative de désinformation. Ne dit-on pas également que le premier perdant
dâune guerre est la vĂ©ritĂ© ? Les mĂ©dias sont donc essentiels Ă la dĂ©mocratie,
peut-ĂȘtre plus encore que les autres pouvoirs. Ils en sont Ă©galement le
baromÚtre. Et les dirigeants de grands médias sont les personnes parmi les plus
puissantes qui soient.
2. Qui possÚde les médias ?
Les
médias sont trÚs nombreux. Bouquets de chaßnes de télévision, magazines
spécialisés sur tous les thÚmes, stations de radio⊠sans oublier le labyrinthe
dâInternet que nous ne dĂ©velopperons pas, car nâayant pas atteint encore la
puissance et la visibilité des autres supports. Le réflexe naturel serait
dâimaginer derriĂšre cette multitude de marques, de chaĂźnes, une diversitĂ© et une
pluralitĂ© souhaitables. Mais lâeffet est trompeur. DerriĂšre ce nombre
plĂ©thorique, paradoxalement il y a peu de personnes, et mĂȘme de moins en
moins.
Arnaud LagardĂšre, ami intime de lâactuel chef
dâĂ©tat, qualifiĂ© de « mon frĂšre » par ce dernier, possĂšde* les Ă©ditions
Hachette, Fayard, Grasset, Hatier, Hazan, Le Masque, Marabout, Pluriel, Stock,
Le Livre de Poche, Larousse, Armand Colin, Dalloz et Dunod ; les magasins Relay,
et Virgin ; les titres de presse Paris-Match, Elle magazine, le Journal du
Dimanche, La Provence, Nice-Matin ; les stations radio Europe1, Europe 2, RFM ;
les chaßnes de télévision Canal J, MCM, Mezzo, Tiji, Match TV, la chaßne météo,
CanalSatellite, PlanĂšte, PlanĂšte Future, PlanĂšte Thalassa, Canal Jimmy, Season,
CinéCinéma, AlloCinéInfo et EuroChannel ; entre autres.
Groupe de lâindustrie
aĂ©ronautique, gros client de marchĂ©s publics. Chiffre dâaffaires en 2008 : 8,2
milliards dââŹ.
Martin Bouygues (ami intime de lâactuel
chef dâĂ©tat, parrain dâun de ses fils) et sa famille possĂšdent* les chaĂźnes de
télévision TF1, LCI, Odyssée, Eurosport, Histoire, UshuaïaTV, S Star, Cinétoile,
Cinéstar, Télétoon, Infosport, Série Club, TF6, TV Breizh ; les sociétés de
production de films : Téléma, Film Par Film, TF1 Film Production, les sociétés
de distribution de films : TFM, la sociĂ©tĂ© dâĂ©dition vidĂ©o : TF1 VidĂ©o, les
magazines Tfou Mag, Star Academy, et pour la presse écrite quotidienne gratuite
: Métro.
Groupe de bùtiment et travaux publics, gros client de marchés
publics. Chiffre dâaffaires en 2008 : 32,7 milliards dââŹ.
Serge
Dassault, proche de lâactuel chef dâĂ©tat, et sa famille possĂšdent* Le
Figaro, LâExpress, le Figaro Magazine et Valeurs Actuelles.
Sénateur,
avionneur et marchand dâarmes, gros client de marchĂ©s publics. Chiffre
dâaffaires groupe en 2007 : 21 milliards dâ⏠(selon wikipĂ©dia, Ă
vérifier).
Avec ces 3 personnes nous avons listé notamment le 1er
éditeur de France, le 2Úme libraire de France, le 1er quotidien de France, la
1Ăšre chaĂźne de tĂ©lĂ©vision de France si ce nâest dâEurope. Dans ce pays, la plus
grande partie des médias est donc détenue par cinq empires financiers :
Bouygues, Dassault, LagardĂšre, Bertelsmann (groupe RTL, M6), Vivendi-Universal
(canal+, SFR).
Ajoutons encore Bernard Arnault
lâhomme le plus riche de France, qui fut tĂ©moin de mariage de lâactuel chef de
lâĂ©tat et qui possĂšde Les Ă©chos. Vincent BollorĂ©, proche de lâactuel chef de
lâĂ©tat au point de lui prĂȘter son yacht pour les vacances, possĂšde la chaĂźne de
télévision Direct8, les journaux gratuits Direct Soir et Matin Plus, en plus du
groupe publicitaire Havas contenant RSCG de Jacques Séguéla.
En
voulant parler de concentration, on sâaperçoit que cette concentration est de
surcroĂźt, autour de lâactuel chef de lâĂ©tat !
Rarement autant de
pouvoir nâa Ă©tĂ© concentrĂ© entre les mains dâagents Ă©conomiques aussi restreints.
Car le biais du capitalisme est quâaprĂšs la phase de concurrence, vient le temps
du monopole de celui qui a gagné la bataille de la concurrence, et qui rachÚte
ses anciens adversaires, sinon sâallie avec eux, cherchant par la mĂȘme occasion
Ă interdire lâaccĂšs au marchĂ© Ă dâĂ©ventuels concurrents. Câest le paradoxe dâun
modĂšle qui, sans garde-fous, tend vers la suprĂ©matie, donc lâabus, puisque
lâĂ©quilibre pluriel de dĂ©part est rompu. Depuis les annĂ©es 90, ce contrĂŽle
capitaliste des mĂ©dias se double dâune dynamique de concentration.
Que
reste-t-il ? Le service public. Sa part de marchés reste inférieure [2]. Du
point de vue dĂ©ontologique, ce secteur doit sâefforcer dâĂȘtre neutre. Donc il va
sâinterdire les mĂ©thodes trĂšs commerciales de ses concurrents citĂ©s plus haut,
ou au pire les emprunter dans une certaine mesure, ce qui ne lui fera pas
rattraper son Ă©cart dâaudience. De plus une nouvelle organisation lâa mis sous
la coupe directe du chef de lâĂ©tat en gage de la suppression de la
publicité.
Sondages
Si par définition, le média est le
moyen de communication et de diffusion dâinformations, alors sans aucun doute le
sondage est devenu un média. Pourquoi les sondages sont-ils si importants ?
Parce quâils servent dâauxiliaires trĂšs puissants Ă lâhomme politique. Et soyons
clair, derriĂšre les circonvolutions du discours bienfaisant et rassembleur, le
fond du propos de lâhomme politique est beaucoup plus net et agressif : si vous
contestez la mesure, nous avons la preuve â que vous ne pouvez vĂ©rifier â que
vous ĂȘtes minoritaires.
Qui possĂšde les instituts
?
CSA est possédé par Vincent Bolloré, cité plus
haut.
IFOP est dirigé par Laurence Parisot, par-ailleurs
présidente du Medef, organisation dont le frÚre de NS** fut vice-président
jusquâĂ fin aoĂ»t 2006, et invitĂ©e Ă la petite fĂȘte de la victoire de mai 2007 au
Fouquetâs.
IPSOS a pour administrateur notamment Nicolas
Bazire, conseiller personnel de Nicolas Sarkozy et témoin de son dernier
mariage. Pierre Giacometti, directeur gĂ©nĂ©ral dâIpsos France, lui aussi invitĂ©
du Fouquetâs.
Opinionway, a été fondé par Hugues de
Cazenave. Voir cet article de politique.net [3] pour la mise en évidence de
proximité politique.
Ne manquons pas dâimpartialitĂ© en Ă©tant partiels,
existent aussi la SOFRES qui a pour actionnaire les fonds
dâinvestissement amĂ©ricain Fidelity ; LH2 (ex-Louis Harris) qui
a été vendu par TNS à deux de ses dirigeants et BVA qui a pour
actionnaires les fonds dâinvestissement Rothschild.
Sans prĂ©juger dâune
orientation politique systĂ©matique, on peut bien imaginer que, mĂȘme sâil sâagit
dâune minoritĂ© de sujets, les plus sensibles seront traitĂ©s dâune certaine façon
⊠ou pas du tout. Quant aux questions qui orientent les rĂ©ponses câest tellement
évident, que certaines études sont tout simplement honteuses. Et les
journalistes des mĂ©dias de masse nâapporteront pas la prĂ©cision sur les
propriétaires des instituts et leurs autres activités. Ce manque de
professionnalisme confine à la désinformation.
Lâinformation libre Ă©tant
consubstantielle (i.e. insĂ©parable) Ă la dĂ©mocratie, il est incroyable quâune
telle force, les médias, soit autorisée légalement à une telle consanguinité
avec les pouvoirs économiques et politiques. Une démocratie qui laisse cela se
mettre en place ne fonctionne pas correctement dans le sens constitutionnel dâun
gouvernement par tou(te)s pour tou(te)s.
3. ProblĂšme de la
concentration (rĂ©union de toute lâautoritĂ© dans les mains dâun
seul)
Il ne sâagit pas de stigmatiser telle ou telle entreprise qui
nâa sans doute pas prospĂ©rĂ© sans talent. Mais plutĂŽt de montrer en quoi la
situation ne convient pas.
Aucun des établissements financiers
qui possĂšdent les mĂ©dias nâa ce mĂ©tier comme activitĂ© unique. Et Ă lâexception
de Bertelsmann, le journalisme nâest pas le but premier de ces sociĂ©tĂ©s. Il
sâagit mĂȘme de groupes qui ont comme particularitĂ© dâavoir pour client lâĂ©tat :
le bĂątiment, les travaux publics et les activitĂ©s dâarmement. Pour le dire de
façon peu diplomatique, ils doivent leur pouvoir et richesses aux commandes que
leur passent les politiciens avec lâargent public. Cela pose des problĂšmes
politiques sérieux.
Ces groupes qui contrĂŽlent la
tĂ©lĂ©vision ont la capacitĂ© dâutiliser le pouvoir confĂ©rĂ© par cet outil
puissant au bénéfice de leurs autres activités. Cela ne se fait pas forcément
ouvertement. Mais par exemple on ne sera pas informé sur les activités en
Afrique des grands groupes français, Bolloré notamment.
De plus on
constate une dépendance du pouvoir politique vis-à -vis du pouvoir médiatique. Si
le groupe a besoin de lâĂ©tat, il a les moyens pour lui apporter tout le soutien
nĂ©cessaire. Par renvoi dâascenseur, il pourra ĂȘtre servi par des commandes, qui
à ces échelles sont trÚs importantes.
Malheureusement on a lâimpression
de répondre à la question : pourquoi ces entreprises championnes du capitalisme
ont investi dans le secteur chroniquement dĂ©ficitaire de la presse Ă lâaube du
XXIĂšme siĂšcle ?
De surcroßt ce secteur se voit maintenant financé par
lâĂ©tat (et donc par les citoyens) via un plan de 600 millions dâeuros distribuĂ©s
sur 3 ans [4] Ă lâinitiative de NS. Ne sâagit-il pas avant tout dâun cadeau Ă
ceux qui lâont « fait » ? Ou le genre dâopĂ©ration sĂ©duction / siphonnage quâil
maĂźtrise ? Sâil existe bien des journaux dits dâopposition tels le Nouvel
Observateur ou LibĂ©ration, avec sa technique dâouverture, NS est capable de les
dompter par cette aide. Qui ne serait pas séduit et donc⊠influencé dans son
travail ? C.f. ce trÚs bon article de Médiapart [1]. NS a bien compris
lâimportance de ce IVĂšme pouvoir et continue Ă y Ă©tendre son emprise dĂ©jĂ
quasi-hĂ©gĂ©monique. HĂ©gĂ©monie ou consanguinitĂ© dont il tente de faire croire Ă
lâinexistence en toute occasion.
à titre personnel je suis frappé de
constater que nombre de personnes pensent que le chef de lâĂ©tat est lĂ©gitime dĂšs
lors quâil est Ă©lu. Mais si, avant lâĂ©lection, celui-ci possĂšde les chaĂźnes de
télévisions comme en Italie ou a pour amis proches les propriétaires de
celles-ci comme en France (amitiĂ© expliquĂ©e ou doublĂ©e dâune convergence
dâintĂ©rĂȘts), comment peut-on croire sĂ©rieusement que cela ne pĂšse pas sur
lâissue du scrutin, et ce de maniĂšre illĂ©gitime, hors de lâesprit dĂ©mocratique ?
On peut sans conteste dire que NS a été « fait » par et pour les possesseurs de
groupes de diffusion.
Comment les médias servent la
politique
Le principe est de ne pas faire réfléchir les gens, de les
Ă©loigner de ce qui les concerne. On est en plein dans lâapplication de ce propos
de Paul ValĂ©ry « La politique est lâart dâempĂȘcher les gens de se mĂȘler de ce
qui les regarde. ».
DâoĂč lâinformation miĂšvre, vidĂ©e de sa
substance, lâĂ©cran de fumĂ©e de lâactualitĂ© mondaine, lâopinion saturĂ©e avec du
bruit médiatique sur des sujets mineurs. Sans oublier le maniement de
lâĂ©pouvantail de la peur avec les affaires de droit commun qui semblent sorties
de la presse de caniveau. « Attention, danger ! Les pĂ©dophiles sont partout, Ă
cĂŽtĂ© de chez vous. » Ce qui est recherchĂ©, câest le consentement au
systÚme économique en vigueur : le libéralisme mondialisé. Les multinationales,
qui ont le pouvoir rĂ©el, contrĂŽlent les mĂ©dias qui Ćuvrent Ă crĂ©er les «
illusions nécessaires » préalables à ce consentement. In fine le travail des
médias consiste à borner le champ de réflexion politique.
Quant Ă la
presse gratuite, la partialitĂ© est invisible derriĂšre des dĂ©pĂȘches aseptisĂ©es.
Et le lecteur ne va pas se plaindre dâun journal quâil nâa pas payĂ© â
directement pour le moins. Lire par exemple cet article sur ce sujet
particulier. [5]
Le plus grave ce nâest pas ce fait, logique, que nos
grands médias deviennent de plus en plus acteurs de la société du spectacle.
Mais câest quâen tant quâoutils politiques fondamentaux, ils soient en train de
renoncer Ă leur tĂąche dâĂ©laboration dâun espace public de discussion et de
rĂ©flexion, pour ne plus exercer quâune fonction de
propagande.
Conclusion
Bien sûr il y a des personnes qui
remettent en cause lâinformation reçue, qui savent Ă quoi sâen tenir, qui ne
sont pas consommatrices passives de prĂȘt-Ă -penser trĂšs orientĂ©. Mais ces
personnes-lĂ sont en nombre rĂ©duit face Ă lâĂ©norme part de la population qui se
préoccupe moins de ces sujets.
La question des médias est donc
une question trÚs sérieuse, qui concerne tous ceux qui refusent que les marchés
pensent Ă leur place. Ne nous taisons pas face Ă la âmajoritĂ©
silencieuseâ et tonitruante des âtĂ©lĂ©s-rĂ©alitĂ©sâ, sachons voir que souvent le «
diverti se ment ». Lâinformation est un bien commun. Communiquer librement, un
droit. Les groupes multimĂ©dias enterrent ce droit. Aujourdâhui, en France, on
peut dire que le pluralisme politique dans les médias est gravement mis en
cause, que les issues dâĂ©lections sont biaisĂ©es et sans doute pire encore, la
rĂ©flexion personnelle qui permet lâengagement citoyen
combattue.
Au vu de cela, on comprendra que le pouvoir politique
actuel soit gĂȘnĂ© par lâInternet libre. Les campagnes de dĂ©nigrement de
ce nouveau média ainsi que les lois visant à contenir son impact sont en cela
trÚs inquiétantes. Et la suppression de vidéos mettant en cause la caste au
pouvoir se pratique dĂ©jĂ . Les vidĂ©os sur Jean S. et lâ EPAD ont Ă©tĂ© supprimĂ©es
de Youtube soi-disant pour propriété intellectuelle. La prise de participation
de lâĂ©tat dans le portail vidĂ©o Dailymotion [6], en toute discrĂ©tion, va
faciliter encore ce contrĂŽle. Et câest lĂ que la dĂ©jĂ forte concentration se
poursuit, en commençant par le contrĂŽle dâun gĂ©nĂ©rateur de « buzz
».
Auteur : Mychkine
Pour : Sentinelles de la
République
RTL, la Fondation Bertelsmann et la mise en
condition des masses
REPRIS
du Canard Républicain
RTL Group
et
la
Fondation Bertelsmann
dimanche 28 mars 2010
par J.G.
AprĂšs sa
rencontre avec Angela Merkel, Dominique de Villepin sétait rendu le 22
septembre 2006 en tant que Premier ministre au Xe forum international dune
fondation inconnue pour la majorité des Citoyen(ne)s : la Fondation Bertelsmann
[1].
JPEG – 30 ko
Les dirigeants de lEmpire médiatique
Bertelsmann ont su profiter des succÚs de lentreprise pour financer la création
en 1977 de ce « laboratoire à idées » quest censé représenter la Fondation
Bertelsmann. DaprÚs Pierre Hillard, cette derniÚre a joué un rÎle décisif dans
la relance du projet de constitution européenne aprÚs les non français et
hollandais en 2005.
à lorigine, lentreprise Bertelsmann « a vu le jour
en 1835 grĂące aux efforts de son fondateur Carl Bertelsmann. Ce dernier et ses
successeurs ont su développer leurs affaires au point que la petite imprimerie
de la premiÚre moitié du XIXÚ siÚcle était devenue le premier fournisseur du
IIIÚ Reich à la veille de la Seconde guerre mondiale. » [2]
JPEG –
2.8 ko Lensemble de ce qui suit correspond à la partie intitulée RTL Group
(laudiovisuel) du chapitre II, Lentreprise Bertelsmann, des activités
multiples, p 28 Ă 30 du livre La Fondation Bertelsmann et la gouvernance
mondiale écrit par Pierre Hillard, édition François-Xavier de Guibert, Paris,
2009.
« Ce groupe qui réunit le plus grand ensemble télévision/radio
pÚse de tout son poids sur laudiovisuel européen. RTL Group [3] sactive dans
de nombreux pays du vieux continent. Cependant, pour mieux cerner les origines
de cette organisation, nous devons rappeler les éléments qui constituent ce
vaste réseau. Dans les années 1980, Bertelsmann a fondu ses activités avec le
secteur des films et audiovisuel de Hambourg (UFA Film [4] – und
Fernseh-GmbH). A cette époque, la UFA participait à 40% au premier groupe
de télévision privée de langue allemande : RTL plus. Par la suite, Bertelsmann
fusionna la UFA avec la CLT (Compagnie Luxembourgeoise de Télédiffusion, radio
privée depuis 1931) en janvier 1997. Ainsi naquit le plus grand secteur
audiovisuel européen. La CLT-UFA [5] sactivait, outre lAllemagne, en France,
au Benelux, en Grande-Bretagne, en SuÚde et en République tchÚque. Mais cette
frĂ©nĂ©sie de dĂ©veloppement ne sarrĂȘta pas lĂ puisque la CLT-UFA fusionna avec la
société anglaise Pearson TV [6] en 2000. De cette union naquit RTL Group présent
dans dix pays européens.
Le poids de RTL Group dans le secteur
tĂ©lĂ©vision/radio se doit dĂȘtre soulignĂ©. Dans le cadre tĂ©lĂ©visuel, plus de 200
millions de téléspectateurs européens sont concernés par une des filiales de RTL
Group. On peut juger de linfluence de ce groupe à lénumération des chaßnes de
télévision quil contrÎle : RTL Télévision, Super RTL, VOX ou N-TV pour
lAllemagne, M6 pour la France, Five pour la Grande-Bretagne, Antena 3 pour
lEspagne, RTL 4 pour les Pays-Bas et RTL TV pour la Belgique, RTL Group a des
participations dans Ren TV (Russie), RTL Klub (Hongrie) et RTL Televizija
(Croatie). Le secteur radiophonique néchappe pas au contrÎle des ondes par
Bertelsmann. On y trouve : Radio Luxembourg, RTL pour la France et RTL 2, Fun
Radio ; 104.6 RTL pour lAllemagne ; BEL RTL pour la Belgique et Yorin FM pour
les Pays-Bas. Au total, ce sont des millions dEuropĂ©ens qui se connectent Ă
Bertelsmann via ces différents groupes. Enfin, RTL Group dispose dune arme de
production par lintermédiaire de Fremantle Media qui réalise des films, des
documentaires, des shows et des séries en tout genre. Sous légide de RTL Group,
Fremantle Media diffuse plus de 300 programmes pour un total de plus de 10 000
heures par an et dans 55 pays.
Caractéristiques essentielles
de RTL Group :
– Son directeur : Gerhard Zeiler (en 2008)
–
Collaborateurs : 11 392 (au 31.12.2007)
– Chiffre daffaires : 5,7 milliards
deuros (2007)
– Actionnaires : Bertelsmann (90,3%), divers 9,7%.
»
Pierre Hillard
P.S. :
– Je remercie beaucoup M.Hillard de
mavoir donné lautorisation de publier sur ce site cet extrait particuliÚrement
intéressant de son dernier livre.
–
Les
ramifications
de
lentrepriseBertelsmann : PNG – 117
ko
[2]
Bertelsmann, une Fondation au service du bloc euro-atlantique, Tribune de Pierre
Hillard sur le site de lObservatoire de lEurope, le 24/07/09.
[3]
Selon le journal Financial Times Deutschland (29 août 2008), Bertelsmann
pourrait se séparer en partie de RTL. Détenant prÚs de 90% du groupe de
télévision, il pourrait ne conserver que 75%. Cependant, les dirigeants
allemands nexcluent pas linverse ; cest-Ă -dire de monter Ă 100% du capital de
RTL. Cependant, cette mesure doit se faire en liaison avec le droit spécifique
luxembourgeois dont relĂšve RTL. Un tentative de Bertelsmann dans ce sens en 2007
avait tourné court.
[4] La UFA (Universum-Film AG) fut créée le 18
décembre 1917. Ce "Hollywood" allemand fut le centre des plus belles créations
cinématographiques germaniques de lentre-deux-guerres. Sous la direction de
grands metteurs en scĂšne comme Fritz Lang, F.W Murnau, Josef von Sternberg des
"classiques" comme "Metropolis", "Dr. Mabuse", "Der letzte Mann" ou "Der
blaue Engel" dans lequel MarlĂšne Dietrich chante sa fameuse chanson "Ich bin von
Kopf bis Fuss auf Liebe eingestellt" contribuÚrent à la renommée de ces
studios.
[5] Audiofina est lancien actionnaire de CLT-UFA (PartagĂ© Ă
50% par audiofina et Ă 50% par Bertelsmann).
[6] Pearson TV
élabore de nombreux programmes comme "Good Times, bad Times", " The price is
right" et "Baywatch". Présent sur les 50 marchés de télévision les plus
importants, plus de 200 chaßnes de télévision diffusent les produits Pearson
dans le monde.
tiré de
canempechepasnicolas
http://fr.groups.yahoo.com/group/romain/messages
romain-subscribe@yahoogroupes.fr
http://fr.groups.yahoo.com/romainroger/messages
romainroger-subscribe@yahoogroupes.fr
http://romainroger.blogspot.com/
http://www.facebook.com/RomainRogerdeCourcelles
http://romaindecourcelles.spaces.live.com/blog/
http://courcelles.skynetblogs.be/
http://www.taxedesmillionnaires.be/
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