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Roger Romain de Courcelles | Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES

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Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES – Marx n' est pas mort ! Vive le marxisme-léninisme ! Prolétaires de tous les pays, unissons-nous !

 

 
 
COURCELLES-Trazegnies: du 8 au 14 mai 2010, célébration du
soixantième anniversaire de la catastrophe minière de MARIEMONT-BASCOUP: 39
mineurs tués une fois de plus victimes de l’ exploitation et des
patrons-charbonniers  …
 
 
à l’initiative de l’ asbl "LE PROGRES", en
collaboration avec "La Posterie", sous le parrainage de l’ Administration
communale de COURCELLES.
 
Le dernier bulletin communal janvierr – avril 2010 a
publié les textes suivants (extraits)…
 

PROGRAMME DE LA
COMMEMORATION :

Commémoration de la catastrophe minière de
Trazegnies
Organisée par l’asbl "Le Progrès" en collaboration avec La
Posterie, sous le parrainage de l’Administration Communale de Courcelles.

Samedi 08 mai: 11h30 Inauguration de l’exposition de la
catastrophe de Trazegnies (Mariemont­ – Bascoup 1950) à La Posterie.
Commémoration au Monument de Trazegnies (cimetière).
Lundi 10 –
mardi 11 – mercredi 12 (au matin) :
Film de 20min. de Claude Gerlache:
«Mines et mineurs», avec l’aide de l’Association des Mineurs de Wallonie.

Lundi 10 mai 20h00 : Projection du film Germinal avec
Gérard Depardieu, Miou-Miou, Yolande Moreau.
Du samedi 8 au dimanche
16 mai inclus (fermé le dimanche):
Exposition sur la catastrophe de
Trazegnies de 1950» organisée par l’asbl le Progrès (Cercle Louis Tayenne), avec
un terril d’aujourd’hui réaménagé pour que l’on puisse avoir une vision de la
catastrophe. En colaboration avec l’Institut d’Histoire Ouvrière Economique et
Sociale de Seraing  (I.H.O.E.S) ainsi que l’Association «Mineurs  des
charbonnages de Wallonie ».
Documents d’époque, peintures des artistes
(Henry Van Stein Kist et Madame Dellamaria ainsi que différents artistes comme
Louise Attack.
Jeudi 13 mai: Commémoration officielle sur
la Place Larsimont à 11h00. Concert choral, par "Le Relais des chants" de La
Posterie dans le hall de l’école de l’enseignement spécial et verre de l’amitié
offert.
Vendredi 14 mai: Conférence débat sur la silicose
par Jacques Lemaître et M. Gerlache avec le soutien de la Centrale Générale
FGTB.
 

LA TRAGEDIE MINIERE DU 11 MAI 1950 DE TRAZEGNIES

La tragédie minière du 11 mai 1950 au charbonnage n° 6 de
Mariemont-Bascoup à Trazegnies
Lorsqu’on évoque une catastrophe
minière, le nom de Marcinelle vient immédiatement à l’esprit,
c’est normal, le 8 août 1956, cette catastrophe fit 262 morts d’un seul
coup
, et c’est surtout ce chiffre, par son importance et par la suite,
sa médiatisation, qui allait faire connaître au monde entier l’horreur de cette
tragédie minière. La mine venait de se faire rappeler qu’elle était toujours là
avec son cortège de misères et de désolations.
Cependant, cette tragédie
allait faire de l’ombre à une autre survenue 6 ans plus tôt à
Trazegnies
. La différence entre ces deux catastrophes, c’est qu’à
Marcinelle, elle fut causée par un incendie et qu’à Trazegnies, c’était le
grisou qui en était la cause.
Par la faute du grisou, ce gaz qui donne à
tous les mineurs un frisson dans le dos rien que d’y penser, va plonger
la localité de Trazegnies dans l’angoisse et va endeuiller la Belgique
entière
. C’était le jeudi 11 mai 1950. La localité de Trazegnies allait
se faire connaître sur l’ensemble du territoire national.
L’année 1950 avait
pourtant bien débuté. On commençait à oublier les horreurs de la guerre et il y
avait, pour ainsi dire, du travail pour tout le monde et de plus, c’était le
printemps.  (…). Pour les Trazegniens, elle sera l’année de
l’horreur et elle restera gravée dans leurs mémoires, et ce, par la catastrophe
du 11 mai.
Que s’est-il donc passé pour qu’une telle catastrophe
ait pu avoir lieu ? Il faut savoir qu’il existe 3 catégories de charbonnages. La
première étant considérée comme peu grisouteuse, la seconde: grisouteuse et la
troisième: très grisouteuse. Le puits n° 6 de Mariemont-Bascoup était classé
dans la 1ère catégorie, de plus, ce charbonnage était considéré comme sûr, car
depuis sa création en 1897, il n’avait pas connu d’accident mortel. Du grisou,
il y en a dans tous les charbonnages et une fois détecté, toutes les précautions
sont prises au point de vue sécurité.
Mais au fait, qu’est ce que c’est le
grisou ? C’est un gaz «enfermé» dans une masse de charbon, comprimée depuis des
millions d’années, époque de la formation carbonifère. En «libérant» cette poche
de gaz, celle-ci entraîne une violente explosion, entraînant avec elle le
charbon qui par ses poussières asphyxie les ouvriers. Il peut aussi brûler,
comme ce fût le cas en 1879 à Frameries qui fit 121 morts. Pour mieux
comprendre, il suffit de gonfler un ballon et de le percer avec une aiguille,
une déflagration s’en suivra sans dommage, du fait qu’il ne s’agit que d’air.
Pour le grisou, c’est la même chose et s’il y a une flamme ou une simple
étincelle à proximité, il s’enflamme aussitôt.
Il existe plusieurs
moyens de détection de ce gaz grisouteux
. Des lampes spécialement
conçues dont la hauteur de la flamme varie ainsi que par sa couleur. Ce sont des
lampes à « benzine» et des lampes à «l’huile ». Il y a un autre signe de
présence de grisou sur les lieux: le mineur. A faible quantité dans l’air, ce
gaz provoque des maux de tête aux mineurs présents sur les lieux. Ce sera le cas
à Trazegnies.
Cependant, au puits n° 6 de Trazegnies, pour la
première fois, on détecte une veine de charbon très grisouteuse à l’étage 570
mètres. Immédiatement, par mesure de sécurité, la galerie est obstruée par une
épaisse maçonnerie de 3 m d’épaisseur et d’une hauteur de 2 m 80. Cette
maçonnerie est percée d’un tuyau qui est relié par la suite au puits du retour
d’air, autrement dit: à la surface. Cette évacuation est périodiquement vérifiée
par des spécialistes, elle est donc primordiale et importante.

Hélas, pour les patrons miniers, cette fermeture
de la galerie est une perte d’argent, car il ne faut pas oublier, qu’à cette
époque, on était en pleine "bataille du charbon".
Avant d’aller plus
loin, il faut savoir aussi que dans un charbonnage, rien ne se fait sans avoir
eu au préalable un ordre écrit.
Comme nous le verrons plus tard, cela
pèsera lourd dans la balance de la justice au procès qui s’en suivra. Au début
du mois de mai 1950, les contrôles effectués par les chefs porions, par le
conducteur des travaux et par les ingénieurs constatent que la teneur en grisou
est tombée à 1%, voire à 1/2 %. On décide donc d’ouvrir une brèche dans le mur
pour aller se rendre compte sur place si cette galerie peut être à nouveau
exploitable. C’est une opération très dangereuse … et, ils le savent.

Le lundi 8 mai 1950, le personnel de maîtrise commence à préparer
l’outillage et les ventilateurs, car la décision est prise d’ouvrir le mur pour
le mercredi 10 mai. Pour des raisons trop longues à expliquer dans cette
rubrique, divers retards empêchent cette ouverture au jour prévu, ce qui
provoquera la colère du conducteur des travaux: Herman CHAPELLE. La rage dans
l’âme, la décision de percer le mur est reportée au lendemain, c’est­à-dire
au jeudi 11 mai 1950 à la pause du matin.
Toutes les conditions pour la
tragédie qui va suivre sont en place.
Yvon STURBOIS est un mineur de la
pause du matin. Il a 15 ans ! Se trouvant à environ 200 mètres de l’endroit où
l’on va percer le mur, pris de coliques, il décide de se soulager d’un «besoin
naturel ». Il grimpe dans un wagonnet et se baisse ne laissant dépasser, de la
paroi, que son cuir chevelu.
 
Au même moment, une violente déflagration s’en suivit dans la galerie
adjacente. Yvon STURBOIS voit une énorme boule de feu se diriger vers lui. Le
cuir chevelu brûlé réussira par après à s’extirper du wagonnet, complètement
épouvanté, les paupières brulées, le rendant momentanément aveugle et en
appelant au secours, rampera à l’aide de ses coudes, en se guidant des rails des
wagonnets pour finalement tomber dans les bras d’un sauveteur, Pierre LEBACQ,
qui le transportera jusque la cage pour le remonter à la surface.
Le nom de
TRAZEGNIES allait s’inscrire en noir, comme la couleur du charbon, dans tous les
journaux du royaume.
Au moment du coup de grisou, il est 9 h 22 du matin.

Pierre LEBACQ, le mineur de Souvret qui avait sauvé le petit Yvon STURBOIS
raconte: «J’étais au fond, à l’étage 570, à 300 m. de la taille 27. Tout­ à
coup, j’entendis comme un coup de tonnerre, le déplacement d’air me plaqua au
sol; je courus vers la cage pour remonter à la surface. Là, je vis un ingénieur
et je redescendis aussitôt avec lui. Comme nous arrivions à la taille sinistrée
où une chaleur épouvantable régnait, et où une poussière intense nous empêchait
de voir, j’entendis la voix du petit Yvon qui appelait à l’aide. Il avait les
yeux fermés, la figure horriblement gonflée, mais, il était vivant ». En fait,
comme nous l’avons vu dans l’article précédent, Yvon STURBOIS après avoir rampé
à l’aide de ses coudes, avait passé, sans le savoir, au dessus des cadavres de
ses collègues de travail et complètement épuisé, s’était assis là où Pierre
LEBACQ l’avait trouvé.
Georges MALFAIT se trouvait également dans la mine au
moment du drame, il put remonter par ses propres moyens à la surface. II était
blessé à la tête, et après avoir reçu des soins, il retournera chez lui par ses
propres moyens dans la matinée. Il avait entendu la déflagration mais n’avait
rien vu.
L’annonce de la catastrophe se répandit dans Trazegnies comme une
trainée de poudre. Les secours s’organisent, bientôt rejoints par les sauveteurs
de la Centrale de Ressaix.
Immédiatement, les grilles d’accès du charbonnage
sont fermées et gardées par la gendarmerie. De nombreuses personnes, parents,
famille, amis s’agglutinent aux barreaux de la grille. La consigne est stricte:
personne, hormis le personnel du puits, les sauveteurs, les mineurs appelés par
leur service, les ambulances ainsi que les voitures des ingénieurs, du
directeur, personne ne passe, même pas la presse.
À 10 h 30, on commence à
remonter les premiers cadavres, horriblement brulés, voire calcinés.
Immédiatement, ceux-ci sont dirigés vers la remise des bicyclettes improvisée en
infirmerie. L’abbé DRUART, accouru sur les lieux administre déjà un blessé que
l’on transporte immédiatement en ambulance vers la clinique Louise de
Morlanwelz.
Un aumônier ukrainien est là aussi (certains Ukrainiens
logeaient encore dans les baraquements près du puits N° 6 – Voir Ki Kwoi Où de
février et mars 2010). Le curé de Trazegnies, l’abbé THILMANS, viendra aussi sur
dès qu’il apprit la tragédie, en même que plusieurs médecins des environs.

Dans l’après-midi, un autre rescapé fut remonté à la surface: Julien
ROELANDT, 17 ans. Il travaillait à l’endroit même où l’on perçait le mur.
Personne ne comprendra comment il avait pu survivre à telle déflagration. Cela
restera pour toujours un mystère.
Edouard NOËL était affreusement brûlé. Il
décèdera à son arrivée à l’hôpital Louise. Sa famille fut la plus éprouvée, par
la perte d’un époux, d’un fils aîné et d’un beau-frère. Cette mère restait avec
sept orphelins sur les bras!
A 14 h 00, la presse put enfin avoir accès au
local des ingénieurs. Les familles durent patienter jusque 16 h 00.
Un par
un, les corps sont remontés à la surface. Ils sont tous affreusement brûlés et
déchiquetés. L’identification allait s’avérer extrêmement difficile. Sur le
chemin menant au puits N° 6, ce ne sont plus que des ambulances qui font la
navette, mais des corbillards car aussitôt identifiés, les corps sont mis en
bière et remis aux familles.
Le lendemain, la Reine Elisabeth en personne
viendra réconforter les familles. De nombreux télégrammes de
condoléances affluent de l’Europe entière.
Après s’être heurté à
d’innombrables difficultés de tout ordre, l’administration communale de
Trazegnies a pu organiser des funérailles officielles à certaines familles
(toutes les familles n’habitaient pas Trazegnies). Elles furent programmées pour
le samedi 13 mai. Auparavant, 17 cercueils avaient été ramenés dans la salle des
fêtes de l’Hôtel de Ville de Trazegnies, transformée en chapelle ardente. Pour
les funérailles chrétiennes, ce sera Mgr. HIMMER, Evêque de Tournai qui
officiera.
Le samedi matin dès 8 h 30, le public fut admis à venir rendre
hommage aux victimes. Des milliers de personnes s’étaient déplacées pour venir
assister aux obsèques. Jamais, la place Larsimont n’avait contenu autant de
monde, elle était littéralement noire de monde. Parmi les personnalités,
figurait M. DUVIEUSART, Ministre des affaires économiques. Les rues qui relient
l’église et le cimetière étaient bordées d’enfants tenant un bouquet de fleurs.
A 10 h 30, il a fallu interrompre l’hommage dans la chapelle ardente. Pour
faciliter l’organisation de la cérémonie, on décide que les cercueils seront
descendus (à bras d’hommes) par l’entrée principale de l’Hôtel de Ville. (…).
Sur le trajet, tous les corbillards seront entourés de mineurs en tenue de
travail. L’émotion est à son comble.
Il était impossible de faire entrer
dans l’église toute cette foule. Seules les familles et les personnalités purent
y pénêtrer. Les abords du cimetière sont noirs de monde, et là aussi, il a fallu
canaliser le funeste cortège. A 16 h 00, la cérémonie était proprement dite:
terminée.
Le dimanche 14 mai, ce fut au tour des victimes de religion orthodoxe
d’être inhumées. Les membres de la délégation ukrainienne avaient tenu à porter
eux-mêmes les cercueils contenant les restes de leurs compatriotes.
Le lundi
15 mai, se déroulèrent à Trazegnies, les funérailles du conducteur des travaux,
Herman CHAPELLE et à Gouy-lez-Piéton, celles de Gustave DAUGE. Pendant ce temps
là, à la clinique Louise de Morlanwelz, Yvon STURBOIS et Julien ROELANDS
luttaient toujours pour leurs survies. Hélas, Julien ROELANDS décédera durant la
nuit de dimanche à lundi. Yvon STURBOIS restait donc l’unique rescapé de
cette effroyable tragédie.
Depuis l’annonce de la catastrophe, des
collectes furent organisées dans tout le royaume et l’argent commençait à
affluer vers divers comptes ouverts à ce sujet.
Mais déjà, on voudrait
comprendre comment une telle catastrophe a pu se produire et les langues
commencent alors à se délier …
Tous les journaux de l’époque indiquent que
des dons en faveur des familles des victimes convergent vers Trazegnies. Dans
cette presse, la liste de ces dons est insérée pour ainsi dire chaque jour, et
ce, durant un certain temps. Le premier souci fut de gérer le plus vite possible
tout cet argent et de rassembler tous les comptes en un seul.
Pour ce faire,
une A.S.B.L. fut créée le 1er juillet 1951. Elle avait pour dénomination: Comité
d’aide aux familles de la catastrophe minière de Trazegnies. Celle-ci avait
comme président: Emile Cornez, Gouverneur du Hainaut. Parmi ses membres, on
épinglera: François NOUWENS, secrétaire communal de Trazegnies, Denise RACHARD,
infirmière à Trazegnies, Arthur BEGUIN, Bourgmestre de Trazegnies, Georges
SIMOND, Ingénieur-civil. Le Collège des Commissaires était formé par Gustave
CHAPELLE, René MIGEOT et Fernand PLUMIER. Les archives de cette A.S.B.L. nous
apprennent qu’à la date de sa création, elle disposait de la somme de
11.099.613,89 frs (y compris le versement de 1.950.993,90 frs émanant de la
Croix-Rouge). Tout cet argent fut réparti en portefeuille, bons de caisse (à
4,5%), etc.
Pour la veuve, outre le pension légale, l’A.S.B.L. lui versait
annuellement la somme de 20.000 frs + 5.000 frs pour chaque orphelin, et ce,
jusque sa majorité (18 ans). Elle intervenait également dans les frais
extraordinaires: médecin, pharmacien, hospitalisation, vêtements, etc.
En
cas de remariage, la rente était supprimée mais un octroi d’une dot de 32.000
frs lui était accordée. L’A.S.B.L. aidait parfois certaines familles pour le
loyer, l’entretien de la maison, etc.
Lors de l’Assemblée Générale du 19
mars 1953, les statuts furent modifiés et un crédit spécial de 100.000 frs fut
ouvert au profit des familles de victimes d’accidents isolés.
Le but
poursuivi lors de la constitution de cet organisme était d’éviter un mauvais
emploi des dons. L’expérience avait prouvé que les craintes étaient fondées, et
que dans certaines familles, il ne
resterait rien si les sommes recueillies
avaient été distribuées intégralement.
De nos jours, le montant de ces
sommes parait dérisoire, mais dans les années 50 du siècle passé, c’était assez
considérable, voire une petite fortune.
Pour en revenir à la catastrophe,
tout le monde se demandait ce qui avait bien pu déclencher le drame et qui en
était responsable. Disons le tout de suite, qu’il ne nous appartient pas de
désigner le ou les coupables dans le cadre de cette rubrique, mais on
peut s’interroger.

Peu après la catastrophe, la direction du puits
n° 6 de Mariemont-Bascoup, par un communiqué de presse, désignait Herman
CHAPELLE, conducteur des travaux, comme seul responsable en insistant sur le
fait que c’était lui qui avait voulu que l’on perce le mur de la
galerie. L’ennui, c’est qu’il n’était plus là pour le contredire!

Certes, les calculs des ingénieurs avaient démontré qu’il n’y avait
plus que 1 % de gaz méthane à la sortie du tuyau d’évacuation, or pour que la
détonation ait pu se produire, deux conditions étaient indispensables: d’abord
qu’il y ait existence de gaz d’un pourcentage de 6 à 14 % par rapport à l’air et
ensuite qu’il y ait une cause d’explosion, une étincelle, une flamme.

De plus, seuls les spécialistes de l’Institut de Frameries
possédaient les instruments adéquats pour mesurer avec exactitude la densité de
l’air. Ces spécialistes ne furent jamais appelés au puits n° 6 de
Mariemont-Bascoup. Les calculs furent réalisés par les ingénieurs du puits n° 6
et, comme on le sait, ils étaient erronés.
Herman CHAPELLE avait 54
ans, dont 40 passés dans la mine et il n’est nullement à blâmer. Il
connaissait son métier à fond, il s’est fié aux directives et aux ordres des
ingénieurs, et en toute confiance, ce n’était certes pas un kamikaze.

Dans le premier article consacré à cette rubrique, il est dit que "des
mineurs remontaient à la surface avec des maux de tête", signe de la présence de
grisou
. Or, la direction a négligé ce signe qui pourtant était
significatif.
Lourde erreur de la part de la direction. La décision du
percement du mur fut prise en dépit du bons sens et ce, sans garantie. La veine
de charbon se dirigeait vers Forchies, or le puits n° la de Forchies
était classé dans la catégorie 2, c’est-à-dire: grisouteux.
On connait
la suite: 39 morts ! De plus, si on avait percé le mur à la pause de
nuit, il n’y aurait eu que la à 12 hommes dans la taille et non 40 comme au 1er
poste de la matinée
mais ça n’aurait rien changé aux circonstances, à
par le nombre de tués.
Moralité de cette triste histoire, dans les mois qui
suivirent la catastrophe, un ingénieur déménagea et un autre se suicida. Le
lecteur est libre de penser et de se faire une opinion sur les causes de cette
tragédie.
A la clinique Louise de Morlanwelz, un gosse de 15 ans avait
murmuré à l’oreille de son frère: " J’e d’irai pu jamais al fosse" et à sa mère
il disait: "D’jé mau".
 
Toute sa vie, Yvon STURBOIS ne s’est jamais vanté d’être le seul survivant
de cette tragédie, il n’a jamais fait état de son statut de miraculé et il sera
discret sur cette triste période. En fait, il en avait vu et surtout entendu
"assez". Cependant, en l’an 2000, il brisera ce silence par une interview donnée
à la Nouvelle Gazette à l’occasion de la commémoration du 50 ème anniversaire de
la catastrophe.
Auparavant, au cimetière de Trazegnies, il avait fait poser
sur le monument dédié aux victimes de la catastrophe minière, une plaque en
souvenir de ses compagnons de travail disparus. Si un jour, vous allez au
cimetière de Trazegnies, allez voir ce monument qui se trouve au bout. Regardez
sur sa droite: ils sont tous là, tous les 24 qui résidaient à Trazegnies (à
l’exception d’Herman CHAPELLE qui fut inhumé dans un caveau familial). Ils sont
tous alignés côte-à-côte comme pour rappeler le tribut de la mine et le dur
métier qu’est celui de ces hommes que l’on surnommait: "gueules noires".
Un
dernier détail: regardez bien à droite du monument, vous y verrez un espace
libre entre celui-ci et les sépultures. En fait, à l’époque, on était persuadé
qu’Yvon STURBOIS ne survivrait pas à ses brûlures et son emplacement lui était
déjà … réservé.
Yvon STURBOIS décédera le 2 décembre 2007 et sera inhumé
dans le nouveau cimetière. Il était le dernier d’une génération familiale de
mineurs.
Je remercie Mme veuve Yvon STURBOIS pour le prêt de ses archives
familiales et sans lesquelles cet article n’aurait pu se faire.
Roger BRUNET. 
 
PROGRAMME DE LA COMMEMORATION
Commémoration de la catastrophe
minière de Trazegnies
Organisée par l’asbl "Le Progrès" en collaboration
avec La Posterie sous le parrainage de l’Administration Communale de Courcelles.

Samedi 08 mai: 11h30 Inauguration de l’exposition de la catastrophe de
Trazegnies (Mariemont-­Bascoup 1950) à La Posterie. Commémoration au
Monument de Trazegnies (cimetière).
Lundi 10 – mardi 11 – mercredi 12 (au
matin) : Film de 20min. de Claude Gerlache: «Mines et mineurs» avec l’aide de
l’Association des Mineurs de Wallonie.
Lundi 10 mai 20h00 : Projection du
film Germinal avec Gérard Depardieu, Miou-Miou, Yolande Moreau.
Du samedi 8
au dimanche 16 mai inclus (fermé le dimanche): Exposition sur la catastrophe de
Trazegnies de 1950» organisée par l’asbl le Progrès (Cercle Louis Tayenne) avec
un terril d’aujourd’hui réaménagé pour que l’on puisse avoir une vision de la
catastrophe. En colaboration avec l’Institut d’Histoire Ouvrière Economique et
Sociale de
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«Mineurs  des charbonnages de  Wallonie ».
Documents d’époque,
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différents artistes comme Louise Attack.
Jeudi 13 mai : Commémoration
officielle sur la Place Larsimont à 11h00. Concert choral par "Le Relais des
chants" de La Posterie dans le hall de l’école de l’enseignement spécial et
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