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Roger Romain de Courcelles | Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES

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Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES – Marx n' est pas mort ! Vive le marxisme-léninisme ! Prolétaires de tous les pays, unissons-nous !

Havel,  Walesa, Sakharov,
Soljénitsine, Dalaï Lama,  Gorbatchov, etc,…   En réalité, tous
des prix Nobel de l’ anti-communisme rabique .
Quand feront-ils un Prix Nobel avec
Abou-Jamal qui pourrit depuis plusieurs dizaines d’ années dans les goulags Us
????
RoRo
 
 
 
From: nicolas
Sent: Monday, October 11, 2010 10:38 AM
To: Romain
Subject: [romain : paix_socialisme_communisme] Fwd: Fw:
[alerte_otan] Domenico Losurdo : Le Nobel de la guerre aux Messieurs du « Nobel
de la paix »

 

—–
Original Message —–

Sent: Sunday, October 10, 2010 9:28 PM
Subject: [alerte_otan] Domenico Losurdo : Le Nobel de la guerre aux
Messieurs du « Nobel de la paix »

 

Domenico
Losurdo

Le Nobel de la
guerre aux Messieurs du « Nobel de la paix »

Ces dernières semaines a eu lieu en
Australie un vif débat. Dans un essai publié sur  Quartely Essay  et
en partie anticipé sur Australian, Hugh White a mis en garde contre
d’inquiétants processus en cours : à l’ascension de la Chine,
Washington répond par la traditionnelle politique de containment, en renforçant de façon
menaçante son potentiel et ses alliances militaires ; Pékin, en retour, ne se
laisse pas facilement intimider et « contenir » ; tout cela peut provoquer une
polarisation en Asie d’alliances opposées et faire émerger « un risque réel et croissant de guerre de vastes
proportions et même de guerre nucléaire 
». L’auteur de cette
mise en garde n’est pas un illustre inconnu : il a derrière lui une longue
carrière d’analyste des problèmes de défense et de politique étrangère, et fait
partie en quelque sorte de l’establishment intellectuel. Ce n’est pas un hasard
si son intervention a provoqué un débat national, auquel a aussi participé le
premier ministre, Madame Julia Gillard, qui a réaffirmé la nécessité du lien
privilégié avec les USA. Mais les cercles jusqu’au-boutistes australiens sont
allés bien plus loin : il faut s’engager à fond pour une Grande alliance
des démocraties contre les despotes de Pékin. Pas de doute : l’idéologie de
la guerre contre la Chine s’appuie sur une idéologie de longue date
qui justifie et même célèbre les agressions militaires et les guerres de
l’Occident au nom de la « démocratie » et des « droits de l’homme ». Et voici qu’à
présent le « Prix Nobel de la paix » est conféré au
« dissident » chinois Liu Xiaobo : un sens de l’opportunité
parfait, d’autant plus parfait si l’on pense à la menace de guerre commerciale
contre la Chine brandie cette fois de façon ouverte et solennelle par
le Congrès états-unien.

La
Chine
, l’Iran et
la Palestine

Parmi les premiers à se réjouir du
choix des Messieurs d’Oslo s’est trouvée Shirin Ebadi, qui a immédiatement
surenchéri : « Non seulement la
Chine est un pays qui viole les droits de l’homme mais c’est aussi un pays
qui appuie et soutient de nombreux autres régimes qui les violent, comme ceux
qui sont au pouvoir au Soudan, en Birmanie, en Corée du Nord, en
Iran…
 » ; en outre, c’est un pays qui est responsable de la
« grande exploitation des
ouvriers
 ». Donc, il faut boycotter « les produits chinois » et
« limiter au maximum les échanges
économiques et commerciaux avec la
Chine
 » (Corriere della Sera du 9 octobre). 
Et une fois de plus : la contribution à l’idéologie de la guerre conduite au nom
de la « démocratie » et des « droits de l’homme » est claire, et la déclaration
de guerre commerciale est ouverte. Mais alors, pourquoi Shirin Ebadi a-t-elle eu
en 2003 le « Prix Nobel de la Paix » ? Le prix a été attribué à
une femme qui a une vision manichéenne des relations internationales ;
dans la liste des violations des droits de l’homme il n’y a pas de place
pour Abou Ghraib et Guantanamo, pour les complexes carcéraux dans lesquels
Israël enferme en masse les Palestiniens, pour les bombardements et les guerres
déclanchées sur la base de prétextes faux et mensongers, pour l’uranium
appauvri, pour les embargos à tendance génocidaire mis en acte en défiant
l’écrasante majorité des membres de l’ONU et de la communauté
internationale…
Et pour ce qui concerne la « grande exploitation des ouvriers » en
Chine, Shirin Ebadi parle sans nul doute à tort et à travers : dans le
grand pays asiatique, des centaines de millions de femmes et d’hommes ont été
soustraits à la faim à laquelle ils avaient été condamnés en tout premier lieu
par l’agression impérialiste et par l’embargo proclamé par l’Occident ; et
ces jours-ci on peut lire dans tous les organes de presse que les salaires des
ouvriers sont en train de progresser à un rythme assez rapide. En tous cas, si
l’embargo contre Cuba fait rage exclusivement contre les habitants de l’île, un
éventuel embargo contre la Chine provoquerait une crise économique
planétaire, avec des conséquences dévastatrices même pour les masses populaires
occidentales, et bien le bonjour aux droits de l’homme (du moins aux
droits économiques et sociaux).
Il n’y a pas de doute : en 2003,
celle qui a reçu le « Prix Nobel de la Paix » est une
idéologue de la guerre, médiocre et provinciale. A-t-on voulu récompenser une
activiste qui, si ce n’est sur le plan international, du moins sur le plan
intérieur à l’Iran, entend défendre la cause des droits de l’homme ? Si
cela avait été l’intention des Messieurs d’Oslo, ils auraient dû récompenser
Mohammed Mossadegh qui, au début des années 1950 s’engagea à construire un Iran
démocratique mais qui, ayant eu l’audace de nationaliser l’industrie pétrolière,
fut renversé par un coup d’Etat organisé par la Grande-Bretagne et
les USA, ces pays qui se dressent aujourd’hui en champions de la
« démocratie » et des « droits de
l’homme
 ». Ou bien les Messieurs d‘Oslo
auraient-ils pu récompenser quelque courageux opposant de la féroce dictature du
Shah, soutenu par les habituels, improbables champions de la cause de la
« démocratie » et « des droits de l’homme ». Mais alors,
pourquoi en 2003 le « Prix Nobel de la Paix »  a-t-il
été attribué à Shirin Ebadi ? A ce moment-là, tandis que l’interminable
martyr du peuple palestinien subissait un nouveau tour de vis, la
Croisade contre l’Iran se profilait clairement. Une reconnaissance
attribuée à une militante palestinienne aurait été une contribution réelle à la
cause de la détente et de la paix au Proche-Orient. Les militants palestiniens
« non-violents » manquent-ils ? Il est difficile de qualifier de
« non-violent » Obama, le leader d’un pays qui est engagé dans
diverses guerres et qui dépense à lui seul en armements autant que tout le reste
du monde pris dans son ensemble. En tous cas, les « non-violents » ne
manquent pas en Palestine, et non-violents sont en tous cas les militants qui
arrivent de tous pays en Palestine pour défendre ses habitants d’une violence
déferlante, et qui, parfois, ont été balayés par des tanks ou par des bulldozers
de l’armée d’occupation. Sauf que les Messieurs d’Oslo ont préféré récompenser
une militante qui depuis lors n’a de cesse d’attiser le feu de la guerre en
premier lieu contre l’Iran, mais maintenant contre la Chine
aussi.

 Après la consécration et la
transfiguration de Liu Xiaobo, le président états-unien est tout de suite
intervenu : et il a demandé la libération immédiate du
« dissident ». Mais pourquoi, en attendant, ne pas libérer les détenus
sans procès de Guantanamo ou au moins faire pression pour la libération des
innombrables Palestiniens (parfois à peine adolescents) emprisonnés par Israël,
comme le reconnaît même la presse occidentale, dans des complexes carcéraux
terrifiants ?

Les messieurs
d’Oslo, les USA et la Chine

Avec Obama nous tombons sur un autre
« Prix Nobel de la paix » aux caractéristiques assez singulières.
Quand il l’a obtenu, l’an dernier, il avait déclaré qu’il avait l’intention de
renforcer en Afghanistan la présence militaire des USA et de l’OTAN et de donner
une impulsion aux opérations de guerre. Conforté aussi par la prestigieuse
reconnaissance qu’il avait reçue à Oslo, il a été fidèle à sa parole : ils
sont maintenant bien plus nombreux qu’à l’époque de Bush, ces escadrons de la
mort qui du haut du ciel « éliminent » les « terroristes », les
« terroristes » potentiels et les suspects de
« terrorisme » ; et ces hélicoptères et avions sans pilotes qui
font office d’escadrons de la mort font rage aussi au Pakistan (avec les
nombreuses victimes « collatérales » qui s’en suivent) ;
l’indignation populaire est si forte et répandue que même les gouvernants de
Kaboul et Islamabad se sentent obligés de protester contre Washington. Mais
Obama ne se laisse certes pas impressionner : il peut toujours exhiber son
« Prix Nobel de la paix » ! Ces jours derniers, a filtré une
nouvelle qui fait froid dans le dos :  en Afghanistan, se
trouvent des militaires  états-uniens qui tuent par divertissement des
civils innocents, en conservant ensuite quelque partie du corps des victimes
comme souvenir de chasse. L’administration états-unienne s’est empressée de
bloquer immédiatement la diffusion des détails ultérieurs et surtout des
photos : choquée, l’opinion publique états-unienne et internationale aurait
pu ensuite faire pression pour la fin de la guerre en Afghanistan ; pour
pouvoir la continuer, cette guerre, et la rendre encore plus âpre, le
« Prix Nobel de la paix »  a préféré infliger aussi un coup à la
liberté de la presse.

Mais on peut faire ici une
considération de caractère général.  Au 20ème siècle, ce sont les USA qui
ont été le pays qui a vu couronner du « Prix Nobel de la paix » le
plus grand nombre d’hommes d’Etat : Théodore Roosevelt (pour qui le seul
« bon » Indien était celui qui était mort), Kissinger (le protagoniste
du coup d’Etat au Chili et de la guerre au Vietnam), Carter (le promoteur du
boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980 et de l’interdiction d’exportation
de blé à l’URSS, intervenue en Afghanistan contre les freedom fighters musulmans), Obama
(qui maintenant, contre les freedom
fighters
, entre temps devenus terroristes, a recours à un monstrueux
appareil de guerre). Voyons sur le versant opposé de quelle façon les messieurs
d’Oslo se positionnent à l’égard de la Chine. Ce pays, qui représente
un quart de l’humanité, ne s’est engagé dans les trois dernières décennies dans
aucune guerre et a promu un développement économique qui, en libérant de la
misère et de la faim des centaines de millions de femmes et d’hommes, leur 
permis d’accéder en tous cas aux droits économiques et sociaux. Eh bien, les
messieurs d’Oslo n’ont daigné prendre en considération ce pays que pour 
attribuer trois prix à trois « dissidents » : en 1989 le
« Prix Nobel de la paix » est décerné au XIVème Dalai Lama, qui avait
quitté la Chine depuis déjà trois décennies ; en 2000 le Nobel
de littérature est attribué à Gao Xingjan, un  écrivain qui était désormais
citoyen français ; en 2010, le « Prix Nobel de la paix » 
couronne un autre dissident qui, après avoir vécu aux Etats-Unis et avoir
enseigné à Columbia University, retourne en Chine « en vitesse »
(Marco Del Corona, dans le Corriere della
Sera du 9 octobre
) pour participer à la révolte (tout autre que
pacifique) de la Place Tienanmen. De nos jours encore, il parle ainsi
de son peuple : « Nous les Chinois, si brutaux » (Ilaria Maria Sala, La Stampa, 9
octobre
). Ainsi, aux yeux des messieurs d’Oslo, la cause de la paix
est représentée par un  pays (les USA) qui se croit souvent investi de la
mission divine de guider le monde, qui a installé et continue à installer des
bases militaires menaçantes dans tous les coins de la planète ; pour
la Chine,  (qui ne détient aucune base militaire à l’étranger),
pour une civilisation millénaire qui, après le siècle d’humiliations et de
misère imposé par l’impérialisme, est en train de revenir à son antique
splendeur, ceux qui représentent la cause de la paix (et de la culture) sont
seulement trois « dissidents » qui n’ont désormais plus grand-chose à
voir avec le peuple chinois et qui voient dans l’Occident le phare exclusif qui
illumine le monde. Nous voyons sans aucun doute re-émerger ici dans la politique
des Messieurs d’Oslo l’antique arrogance colonialiste et
impérialiste.

Alors qu’en Australie résonnent des
voix inquiètes des périls de guerre, à Oslo on redonne du lustre à une idéologie
de la guerre de funeste mémoire : les guerres de l’opium ont été célébrées
en son temps par J. S. Mill comme une contribution à la cause de la
« liberté » de l’
« acquéreur » en plus
de celle du vendeur (d’opium), et par Tocqueville comme une contribution à la
cause de la lutte contre l’ « immobilisme » chinois. Les mots
d’ordre agités aujourd’hui par la presse occidentale ne sont pas très
différents, presse qui ne se lasse pas de dénoncer le despotisme oriental
immobile. Il faut en prendre acte : peut-être sont-ils aussi inspirés par
de nobles intentions, mais avec leur comportement concret les Messieurs du
« Prix Nobel de la paix » ne méritent à l’heure actuelle que le Nobel
de la guerre.

Publié le 9
octobre 2010 sur le blog de l’auteur

http://domenicolosurdo.blogspot.com/2010/10/il-nobel-della-guerra-ai-signori-del.html

http://www.voltairenet.org/article167219.html

Traduit de
l’italien par Marie-Ange Patrizio

Voir aussi sur
Réseau Voltaire :

Le
prix Nobel de la paix au service de l’impérialisme

tableau
récapitulatif des 8 derniers lauréats du Nobel de la paix :

http://www.voltairenet.org/article167221.html

Pour ceux qui
s’intéressent au Comité qui attribue les Prix Nobel
:

Le
dessous du prix Nobel de la paix 2009

Thierry Meyssan
expose la corruption du Comité Nobel et les liens unissant son président,
Thorbjørn Jagland, aux collaborateurs d’Obama.

http://www.voltairenet.org/article162487.html

[M-A.
Patrizio]

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