Paris, le 12 octobre 2010
Barbecues Humains: Les « Cartes postales de
l’horreur » ou « l’Horreur Glorifiée »
Sources:
http://www.linternationalmagazine.com/article6819.html
(en date du 17/08/2009)
http://www.lepoint.fr/actualites-art/2009-07-02/cartes-postales-de-l-horreur/1642/0/357934
(datée du 2/07/2009)
Ces deux articles sont joints en PDF
Extraits:
«
Il sappelait Jesse Washington, il avait 17 ans et
vivait à Robinson, au Texas. Jusquau jour de 1916 où une foule de Blancs la
mis à mort… parce quil était noir. Quand on en a fini avec la photo et que
lon sintéresse au texte, le coeur se lève de dégoût. « Voici
notre barbecue dhier soir », a écrit Joe, lépistolier
triomphant.
…
« Tout le pays a été concerné au plus fort des lynchages,
entre 1900 et 1930, poursuit Doug Shipman. Les Américains collaient ces cartes
postales dans leurs albums, ils les exposaient chez eux ou en vitrine de leurs
magasins. Les lynchages étaient publics et les grands journaux comme le New York
Times en rendaient compte très régulièrement. »
«
ou
encore,
«
Plus de 5000 Noirs mutilés – des photos à la gloire des
lyncheurs
Entre 1882 et 1968, au moins 5 000 personnes ont été tuées de la
sorte, en majorité dans les Etats racistes du Sud. Les cartes postales de pendus
rendent à ces chiffres leur horreur concrète. La quasi-totalité de ces photos
réalisées sur place ont été faites non pour dénoncer les lynchages, mais pour
les glorifier. Les cartes postales étaient vendues librement dans les bureaux de
tabac aux touristes et aux habitants, conservées dans les albums de
famille.«
Cette façon de célébrer l’horreur n’est pas un phénomène
du passé. Hélas!Car chaque 12 octobre, c’est avec la même indécence
« débridée » que la Barbarie Coloniale est célébrée dans ces mêmes pays dits
civilisés.
Le
12 octobre 1492 est le jour de la découverte de la
barbarie coloniale européenne par les Amérindiens et à leurs dépens.
Le
12
octobre 1492 ouvrait l’ère de l’industrialisation, par les Européens, des
razzias, rafles, déportations et mises en esclavage des Africains dans l’univers
concentrationnaire des colonies; industrialisation de la Pwofitasyon de peuples
successifs usés les uns après les autres.
Et pourtant, en Espagne, le 12
octobre est le jour des « réjouissances nationales » en honneur à Cristobal Colon
(Christophe Colomb). Aux Etats-Unis, c’est le « Columbus Day » en l’honneur
de celui qui a « découvert » les Amériques.
Et pourtant Christophe Colomb est
adulé par des soi-disant « amis des Noirs » anti-racistes; ce sont souvent ces
mêmes « amis » qui admirent Napoléon, ce Napoléon qui a rétabli l’esclavage en
1802 et pendant près de 50 ans ; ce sont encore souvent ces mêmes « amis » qui
approuvent la dérive négrophobe actuelle en France.
Tant que le 12
octobre ne sera pas reconnu pour ce qu’il est vraiment, c’est-à-dire une base de
lancement d’une idéologie sanguinaire et génocidaire dite de « la civilisation et
de la pacification »,
Tant que le 12 octobre ne sera pas reconnue comme
une tache Honteuse Unique dans l’Histoire des Peuples de tous les
continents,
La Barbarie Coloniale essaiera de se perpétuer et reproduira des
scènes similaires comme celle-ci:
(Attention les images sont fortes)
http://www.worldstarhiphop.com/videos/video.php?v=wshhn17hWyPVO7WXK974
Rappelons que quand les Africains ont été razziés et déportés pour être
faits esclaves, on ne leur pas demandé leurs papiers; bien au contraire, on a
pris soin de leur enlever toute identité: nom, culture, religion. On les a
« dé-civilisés ».
Gilbert Léonard
:: Amériques
États-Unis : lhorreur des Noirs en
carte postale
Linternationalmagazine.com, publié le 17/08/2009
La photo le plus horrifiante est celle du bûcher où
périt Jesse Washington, 17 ans, en 1916. Soupçonné davoir assassiné son
employeur. Un groupe de Blancs le frappe, lui coupe les doigts, puis le brûle –
à petit feu.

<!–
Légende
–>
Le 7 août 1930, une foule de plusieurs milliers de personnes
attaque la prison de Marion (Indiana) avec
une idée fixe : « Buter ces maudits Nègres. » Les portes ne
résistent pas longtemps. Un détenu noir, Thomas
Shipp, est battu à mort, puis son corps est exhibé à la fenêtre de la
prison pour que chacun puisse le voir. Un
autre est frappé, mutilé. Enfin, on pend les deux
hommes à un arbre.
Un photographe est là pour immortaliser la scène : Lawrence Beitler, qui a un studio en ville,
imprime des cartes postales à 50 cents la pièce. Il en vend plusieurs milliers.
On y voit deux corps ensanglantés, pendus à un arbre au-dessus dune foule visiblement ravie du spectacle. Au
premier plan, un homme pose en pointant du doigt un des « Nègres« . A côté, deux jeunes
filles agrippent des « souvenirs« : des bouts de
tissu noir arrachés au pantalon dun pendu. Dautres préféreront emporter une
touffe de cheveux comme trophée de chasse.
Cette carte postale insoutenable, soigneusement encadrée avec une
poignée de cheveux crépus, fait partie dune
exposition instructive et glaçante, « Without
Sanctuary », présentée cet été aux Rencontres de la photographie dArles. 70
documents – en majorité des cartes postales, mais aussi des affiches et coupures
de presse – reviennent sur le lynchage des Noirs aux Etats-Unis.
Plus de 5000 Noirs mutilés – des photos à la
gloire des lyncheurs
Entre 1882 et 1968, au moins 5 000
personnes ont été tuées de la sorte, en majorité dans les Etats racistes
du Sud. Les cartes postales de pendus rendent à ces chiffres leur horreur
concrète. La quasi-totalité de ces photos réalisées sur place ont été faites
non pour dénoncer les lynchages, mais pour les
glorifier. Les cartes postales étaient vendues librement dans les bureaux de tabac aux
touristes et aux habitants, conservées dans les albums de famille.
Cette collection a été réunie par un antiquaire de Floride, James Allen. Dans les années 1980, un client
embarrassé lui vend un bureau « avec une chose intéressante à
lintérieur« . Il découvre une carte postale montrant un homme pendu à un
arbre, Leo Frank. « Jai fait
des recherches, explique-t-il à Arles. Petit à petit jai trouvé dautres
cartes. Mais aucune institution ne sintéressait à ça. Et personne ne voulait en
entendre parler. » Lantiquaire passe des annonces dans la presse, convainc des héritiers de lui vendre des cartes
– « En général, les gens les découvrent à la mort du grand-père et
sempressent de les mettre à la poubelle. »
James Allen expose les photos pour la première fois à New York en
2000. Mais il mettra plusieurs années avant de
les montrer dans le sud des Etats-Unis, où les institutions frileuses
nosent se mettre à dos leurs mécènes locaux. Sa collection vient dêtre achetée
par une nouvelle institution, le Centre pour les
droits civiques et humains à Atlanta, où elles seront exposées de façon
permanente.
Il suffisait dune rumeur pour déclencher
lhorreur
Le plus insoutenable, dans ces images, est sans doute moins la violence des faits eux-mêmes que la tolérance
sociale qui les accompagne. Sur les photos, on voit dans la foule des
enfants, des femmes, des gens de la bonne société aussi émus que si on pendait un chien. Ni les
spectateurs ni les responsables ne sont jamais masqués.
Le lynchage est un spectacle qui doit dailleurs durer le plus
longtemps possible : une photo terrible montre le bûcher où périt Jesse Washington, 17 ans, en
1916. Soupçonné davoir assassiné son employeur, ce jeune attardé mental
est longuement torturé : on le frappe, on lui coupe les doigts. Puis on le
brûle – à petit feu.
Les lynchages sont réalisés en dehors de tout cadre judiciaire,
parfois sans motif – une rumeur de crime, avéré
ou non, suffit à les déclencher. Et pourtant ils sont largement tolérés,
quand ils ne sont pas annoncés par la presse. Dans lexposition, un article du
Courrier de Memphis, en 1921, prévient les
lecteurs : « Lynchage possible de trois à six Nègres ce
soir. » Les forces de police ninterviennent pas, complices ou débordées.
Quant aux lyncheurs, ils ne sont pas inquiétés : les enquêtes naboutissent jamais, les auteurs
étant invariablement définis comme « un groupe dhommes non
identifiés« .
Avec Le Monde
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