Dexia :
c’est une « good bank » publique qu’il nous
faut



 

octobre 2011 17:13 | Il y a : 3  jour(s) 
| Thème:
 
Éditorial, Belgique, Banques 

 


David Pestieau

 


Les actionnaires publics – États français et belge,
Régions et communes – sont largement majoritaires dans Dexia. Le problème est
que la banque a été dirigée depuis les années 90 comme une banque
privée.


A l’heure d’écrire ces
lignes
, le groupe Dexia est sur le point d’être démantelé. Le
prétendu sauvetage de 2008 aura duré à peine trois ans.
On parle
aujourd’hui de la création d’une « bad bank » où les actifs toxiques – avec des
obligations d’État peu sûres et des prêts douteux – seraient stockés avec la
garantie des États belge et français. Tandis que les beaux morceaux de
Dexia (comme Dexia Banque Belgique, descendante du Crédit communal) seraient
vendus.


Ce serait un véritable hold-up :
les pertes et les risques seraient à charge du contribuable, les profits
au privé.


« La “bad bank” créée par le groupe
Dexia recevrait des garanties des autorités françaises et belges. Ainsi
les pertes des portefeuilles toxiques arriveraient là où elles n’ont précisément
rien à faire,
dénonce Danny Carleer, initiateur du site
http://www.banquepublique.be et membre du PTB. Ce qui veut dire que c’est le
contribuable qui devrait encore payer pour les pots cassés. Les banquiers qui
sont responsables des énormes gaffes ne devront une nouvelle fois pas porter le
poids de la crise. »


Je ne peux que m’étonner de
l’absence d’un débat public sur la privatisation du Crédit communal et de ses
conséquences désastreuses. Sur ce sujet, les partis traditionnels se
taisent dans toutes les langues.
Pourtant ce débat pourrait amener à un
changement de cap. Car le comble est que les actionnaires publics –
États français et belge, Régions et communes – sont largement majoritaires dans
Dexia.
Le problème est que la banque a été dirigée depuis les
années 90 comme une banque privée.
Les communes sont devenues
dépendantes des dividendes du Holding communal qui sont aujourd’hui nulles.
Avec de graves conséquences pour les finances communales : restrictions
sur le personnel, l’enseignement, les services sociaux, etc. Et, cerise sur le
gâteau, les communes sont constamment appelées à apporter des garanties (et à
s’endetter) à une banque dont elles n’ont plus le contrôle
réel.


Cette logique doit être cassée.
Si l’État et les communes mettent de l’argent dans les banques, c’est
pour en prendre le contrôle, garantir l’épargne, permettre que les prêts soient
faits au bénéfice de la collectivité, éviter tout phénomène de
spéculation.
Comme le PTB l’a dit depuis l’éclatement de la crise
bancaire en 2008, ce qu’il nous faudrait, c’est une « good bank » publique.
Qui travaillerait de la manière qui a fait le succès du Crédit communal.
Car la CGER et le Crédit communal n’ont jamais, durant des décennies, connu les
problèmes auxquels sont confrontés les banques privatisées aujourd’hui.


Au lieu d’injecter de l’argent dans
un puits sans fond et offrir des garanties à une stratégie qui prouve sa
faillite, un service public bancaire pourrait offrir un nouveau départ pour les
communes. Cette « good bank » publique devrait être sous le contrôle
direct de la population, des organisations sociales, sans avoir recours à des
managers venus du privé. On pourrait alors avoir une banque publique avec des
pratiques de service
public.


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