Elio, un premier ministre rosé, pour un
gouvernement de droite …


RoRo


BELGIQUE: c’était dans SOLIDAIRE, hebdomadaire
du Ptb:


Arrêtons les conducteurs fantômes


David
Pestieau (rédacteur en chef – Solidaire)


Le
2 décembre, les travailleurs seront dans les rues
de Bruxelles pour dire « non » aux mesures
d’austérité que l’Union européenne veut imposer.
La résistance s’organise partout, comme ici, en
Espagne.


«
Le dénouement heureux de ce week-end doit rendre
espoir et confiance en l’avenir à nos citoyens »,
a déclaré Elio Di Rupo. Espoir et confiance dans
l’avenir ? En réalité, après avoir sauvé
deux fois les banques, protégé les spéculateurs et
préservé les millionnaires, la facture de la crise
est présentée à « nos citoyens
». Et
cette austérité, qui s’additionne à toutes
celles de la zone euro,
va aggraver la
crise au lieu de nous en sortir.


Car
l’accord fera très mal. Aujourd’hui et
demain. 8,5 milliards d’économies à l’horizon
2014. Des carrières allongées, des droits à la
pension rabotés, des services publics attaqués,
une assurance-chômage bientôt réduite à une caisse
d’assistance.


«
Mais ce n’est pas encore si grave, nous avons
limité les dégâts », affirme la gauche
gouvernementale qui veut désamorcer le mouvement
qui s’amorce avec la grande manifestation du 2
décembre. « Je ne comprends pas vraiment les
syndicats, nous avons sauvé l’index », affirme
Vande Lanotte (sp.a)1. « Je les comprends mais il
faut suivre les recommandations de la Commission
européenne », précise Di Rupo2.


Non,
ce plan Di Rupo-De Croo doit être arrêté. Il est
pire que le plan global (1993) et le Pacte des
générations (2005) réunis (Note de RoRo: et la Loi
unique (hiver 1960-61). Et il va complètement dans
la mauvaise direction.


Si
on laisse faire ces conducteurs fantômes, si nous
acceptons leur logique d’austérité, cela
risque d’être le premier d’une longue série de
plans. Qui vont détruire les piliers de notre
système de sécurité sociale, d’emploi et de
salaires. Ou l’index sera tôt ou tard sous les
feux. Car l’appétit des spéculateurs et des
millionnaires est sans fin.


En
Grèce et au Portugal, la succession des plans
d’austérité — tous présentés à chaque fois
comme les derniers
— ont dramatiquement
et totalement changé la vie quotidienne. Celui qui
prend cette voie risque la collision frontale et
le sinistre total. L’économiste Paul De Grauwe le
prévoit : « Les prévisions de croissance et de
taux d’intérêt prises comme base de départ pour
constituer le budget sont trop optimistes. Il va
très vite falloir l’adapter et prendre de
nouvelles mesures. »3


Le
combat qui commence aujourd’hui sera de longue
haleine. Soit nous deviendrons les esclaves des
marchés, de Standard and Poor’s et de la
Commission européenne. Soit nous reprendrons le
contrôle sur l’économie. C’est un véritable choix
de société.


Ce
combat sera complexe et parsemé d’embûches. Si le
fatalisme et le « réalisme » l’emportent, ce sera
l’échec. Mais, si la confiance dans le nombre et
l’organisation est forte, alors le combat peut
être gagné. C’est une vérité historique. A
l’époque, sortir les enfants des mines, construire
la sécurité sociale, pierre par pierre, y compris
en temps de crise, était taxé « d’irréaliste ».
Mais le monde du travail l’a fait. Ce passé peut
nous inspirer aujourd’hui. Et si des partis de
gauche abandonnent le monde du travail,
travaillons à faire grandir le PTB comme une large
opposition de gauche.


1.
VRT-Radio , De Ochtend, 29 novembre 2011 • 2. JT
RTBf, 27 novembre 2011 • 3. Le Soir, 28 novembre
2011


december
2nd, 2011 | Category: Capitalisme,
Crise,
David
Pestieau
, Solidaire
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