“SOLIDAIRE”, hebdo du Ptb
gouvernement à peine formé, les ministres des 6 partis gouvernementaux,
Flamands, Bruxellois, Francophones et Germanophones fraternellement unis et
réunis, expliquent déjà sur les chaînes télévisées, que dans le cadre des
ajustements budgétaires, il va falloir trouver quelques centaines de millions d’
euros supplémentaires… Ils n’ont pas prévu assez lors de leurs interminables
palabres… C’est un scénario à la grecque … Il y quelque 35 ans, un certains
Wilfried Martens (Psc flamand qui a conduit 8 gouvernements) proclamait déjà que
nous allions arriver au bout du tunnel. Mais, c’ est le tunnel sans fond du
capitalisme pour nous pomper …
Le nouveau
gouvernement taille dans le tas
Les mesures du plan budgétaire
touchent en premier lieu les travailleurs et les allocataires sociaux. Ceux qui
ont provoqué la crise ne sont presque pas touchés. Nous avons voulu illustrer
cela par des exemples concrets. Le plan Di Rupo, au cas par cas, mesure par
mesure.

Pourvu que ce couple n’ait pas prévu de plan
d’économies d’énergie l’année prochaine, car Di Rupo a éliminé la plupart des
réductions d’impôts dans ce domaine. (Photo Catherine
Murray)
Comment Di Rupo Ier va s’en prendre
à vous, à votre famille, à vos collègues et amis…
Prépension reculée et limitation du crédit
temps
L’âge minimal pour partir en
prépension passe de 58 à 60 ans. Le nombre d’années de carrière pour entrer en
ligne de compte pour la prépension est porté de 38 à 40 ans. Fin 2014, il y aura
une évaluation et, en cas d’insuffisance, l’âge minimal sera porté à 62
ans.
« L’âge de la prépension
n’est pas augmenté de deux, mais de quatre ans », explique Paul Lootens,
secrétaire général de la Centrale générale de la FGTB. « En fait, cette
évaluation devait déjà se faire cette année. C’était prévu dans le Pacte des
générations. Les employeurs l’ont refusée, et l’augmentation a quand même eu
lieu. On peut donc déjà prévoir ce qui va se passer en 2014. (…) Les exceptions
pour les travailleurs de la construction et les gens qui ont fait 20 ans de
travail de nuit continueront à exister. Elles seront discutées tous les deux
ans, lors de la concertation interprofessionnelle. Mais on peut déjà prévoir
qu’il y aura beaucoup de pression pour augmenter ce système de deux ans aussi »,
ajoute Paul Lootens sur DeWereldMorgen.be.
Pour les
entreprises en difficultés, l’âge minimal de départ passera de 50 à 55 ans et,
en cas de restructuration, de 52 à 55 ans. La prépension à mi-temps est
supprimée. Le crédit temps n’offre plus d’issue, car il est limité à un an à
temps plein, à deux ans à mi-temps ou à 5 ans pour un 4/5.

Marc a 54 ans. Il est marié et a deux enfants qui
habitent encore sous son toit. Après une restructuration à son travail, Marc
perd son emploi. Il n’a pas droit à la prépension et doit donc aller pointer,
sans appoint de la part de son ancien employeur. Jusqu’à 60 ans, il va devoir
prouver qu’il cherche activement du travail, dans le cadre du contrôle de la
disponibilité. Pourtant, les patrons ne sont pas particulièrement chauds pour
embaucher des gens de plus de 50 ans. Après trois ans de chômage, Marc ne
recevra plus mensuellement qu’une indemnité de 568 euros et ce, jusqu’à sa
pension. (exemple FGTB)
Pension anticipée « reculée »
L’âge minimal pour la pension
anticipée est porté de 60 à 62 ans. Les conditions de carrière sont aussi
augmentées : de 35 à 40 ans. « Dans les services publics aussi, la limite d’âge
pour la pension anticipée passe de 60 à 62 ans. Un certain nombre de groupes
spécifiques, comme la police et le personnel carcéral, pouvaient décrocher plus
tôt. À la CSC Services publics, ils craignent, eux aussi, de ne pouvoir prendre
leur pension anticipée qu’après une carrière de 40 ans », écrit
DeWereldMorgen.be dans un entretien avec Luc Hamelinck, président de la CSC
Services publics.

Sylvie vient d’avoir 58 ans. Après trois ans d’études
supérieures en comptabilité (école supérieure type court), elle a commencé à
travailler à 21 ans. Toute sa vie, elle a travaillé dur, pour divers
employeurs. Sylvie est fatiguée et ne peut plus supporter le stress croissant au
travail. Elle envisage de prendre sa prépension dans deux ans. Mais c’était
compter sans le nouveau gouvernement. Le nouvel accord gouvernemental oblige
Sylvie à travailler encore quatre ans.
Réduction de la pension des
fonctionnaires
Les mesures concernant les pensions
dans le secteur privé sont également appliquées dans les services publics. Pour
eux, Di Rupo envisage une économie supplémentaire. Le calcul des pensions des
agents de l’État sera basé sur le salaire moyen des dix dernières années de
carrière, alors qu’auparavant, c’était sur les cinq dernières années de
carrière. Avec cette mesure, on va pouvoir rogner 420 millions d’euros sur les
pensions des fonctionnaires.

Frank est conducteur de train. Depuis la libéralisation
du rail, c’est régulièrement le chaos, dans les chemins de fer. En raison d’un
manque aigu de personnel, Frank doit souvent faire des restrictions sur ses
jours de repos et de congé. Aujourd’hui, le gouvernement envisage deux surprises
pour lui et ses collègues :
1. La pension du personnel ferroviaire est
actuellement calculée sur le salaire du dernier mois. L’accord gouvernemental
remplace cela par le salaire moyen des dix dernières années. Cela signifie une
baisse de la pension de 10 à 20 %.
2. Le personnel roulant de la SNCB peut
actuellement prendre sa pension à 55 ans (c’est logique car, avec un travail
aussi exigeant, on est pratiquement vidé au bout de 30 ans de carrière). Le
nouvel accord gouvernemental se moque de ce droit, qui concerne non seulement la
santé du conducteur, mais aussi la sécurité du voyageur.
Les chômeurs paient la facture
L’allocation de chômage diminue
jusqu’à un montant forfaitaire, en trois périodes. La première dure un an. La
deuxième période dépend du nombre d’années qu’on a travaillé (deux mois plus
deux mois par année de travail), mais peut durer au maximum trois ans. Ensuite,
on arrive dans la troisième période, durant laquelle on ne touche qu’un montant
forfaitaire. Ce montant forfaitaire s’élève, pour un cohabitant avec une famille
à charge, à 1 069 euros ; pour un isolé, à 898 euros et, pour un cohabitant, à
474 euros.

Martin a travaillé cinq ans et est isolé au moment où
il devient chômeur. La première année, il perçoit 65 % de son dernier salaire
durant les trois premiers mois, et 60% durant les neuf mois suivants. Ensuite,
il entre dans la deuxième période. Pendant douze mois (2 mois + 5 fois 2 mois),
il touche 55 % de son salaire. Finalement, après deux ans de chômage, il va
retomber à un montant forfaire de 898 euros par mois. (exemple
FGTB)

Diane a travaillé 10 ans. Elle est mariée et a trois
enfants. Pendant les trois premiers mois, elle touche 65 % de son ancien
salaire, et 60 % les neuf mois suivants. Sa deuxième période s’élève à 22 mois
(2 mois + 10 fois 2 mois). Pendant les 12 premiers mois de cette deuxième
période, elle va toucher 40 % de son ancien salaire. Ensuite, son indemnité des
10 mois suivants diminuera chaque trimestre, pour ne plus consister qu’en un
montant forfaitaire de 474 euros par mois. (exemple FGTB)
Les chômeurs plus âgés vont aussi
être touchés. Le critère d’âge pour avoir droit à une prime d’ancienneté dans
l’indemnité de chômage passera de 50 ans à 55 ans.
En comparaison
avec les indemnisations actuelles, c’est un recul. La deuxième période est
diminuée et généralisée. Diminuée, car le calcul est raboté d’un tiers, et la
période est limitée à 3 ans. Généralisée, car, actuellement, cette période ne
concerne que les cohabitants, et pas les chefs de famille ou les isolés. La
troisième période, celle du forfait, ne concerne aujourd’hui également que les
cohabitants. Le plan de Di Rupo prévoit que chaque catégorie reste maximum
quatre ans dans la troisième période, et retombe ensuite sur le forfait minimal
prévu actuellement.
Les jeunes qui ont fini leurs études
devront attendre douze mois (neuf mois jusqu’ici) avant de pouvoir toucher une
indemnité. Celle-ci est alors limitée à trois ans. De même, le critère d’un
emploi de service convenable est plus sévère. Un chômeur ne peut plus refuser de
« travail convenable » dans un rayon de 60 km (jusqu’à maintenant, 25
km).

Nadia est une mère célibataire de deux jeunes enfants.
Avec la nouvelle réglementation, elle doit accepter un travail à 60 km de son
domicile. Elle ne dispose pas d’un véhicule propre et, chaque matin et chaque
soir, elle devra passer une heure et demie dans un train et dans un bus. Pour ce
faire, elle doit quitter sa maison à 7 heures et ne rentrer qu’à 19 heures le
soir. Pour accueillir ses enfants en dehors des heures d’ouverture des crèches,
elle n’a pas encore trouvé de solution.
Mais, nulle part dans l’accord
gouvernemental, il n’est question de la création de véritables emplois. C’est
incompréhensible, quand on voit que, pour l’instant, les entreprises
restructurent à tour de bras. Les mesures contre les chômeurs ne servent qu’à
mettre ces derniers sur la paille, de sorte qu’ils acceptent n’importe quel
boulot à n’importe quel salaire. De cette façon, les chômeurs sont transformés
en une armée de main-d’œuvre de réserve, qui pèse sur les salaires et les
conditions de travail de tous les travailleurs.
Une famille à deux salaires perdra 550 euros par
an
La diminution de la déduction pour
habitation propre, de la déduction des frais de crèche, de l’assurance vie et de
l’épargne pension coûte déjà facilement 225 euros par an à une famille moyenne à
deux salaires. Si l’un des deux roule avec une voiture de société, cela leur
coûtera 350 euros de plus par an. D’après le quotidien De Morgen (3 décembre),
une famille moyenne perdra 550 euros par an.
Et il est à
souhaiter pour eux qu’ils n’aient pas prévu de plans d’économie d’énergie pour
leur habitation car, autrement, cela va encore représenter une saignée d’au
moins 2 500 euros. Le plan Di Rupo diminue les réductions d’impôts pour
l’isolation de toiture, et supprime les autres réductions fiscales sur les
dépenses en économie d’énergie.
De même,
l’augmentation des titres services d’1 euro touchera les familles un peu plus
nanties. En 2014, les familles qui recourent aux titres services devront payer,
ensemble, plus de 127 millions d’euros. Et ceci, alors qu’avec le plan Di Rupo,
les banques, qui ont provoqué la crise, s’en sortent avec une taxe bancaire
annuelle de 100 millions d’euros, qu’elles factureront sans aucun doute à leurs
simples clients.
De même, dans le
cadre du réchauffement climatique, la réduction de facture pour l’achat de
voitures plus économiques est supprimée. Il s’agit d’une économie de près de 400
millions d’euros par an.
La TVA sur la télévision
numérique est portée de 12 à 21 %. Les accises sur le tabac et l’alcool vont
être augmentées. Des réductions fiscales sont également prévues, dans le plan Di
Rupo. Dès 2013, Di Rupo prévoit une exemption d’impôt accrue de 200 euros pour
les bas revenus. Quelqu’un qui gagne moins de 24 410 euros par an devra payer 48
euros de moins net.

Kasper gagne 1 200 euros par mois. Il a droit à une
réduction d’impôt de 48 euros par an. Même pas assez pour compenser la hausse de
la TVA sur la télévision digitale.
En savoir plus sur Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Comments are closed