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La police du côté des fascistes

Alors que le Parti populaire (PP) et Nation ont manifesté leur haine contre le « fascisme islamique », des jeunes antifascistes se sont fait agresser par la police.

Max Vancauwenberge et Jonathan Lefèvre

Le PP organisait ce dimanche 17 juin une manifestation à Bruxelles contre le « fascisme islamique ». Nation, mouvement fasciste connu pour sa brutalité, participait également à cette manifestation, aux côtés du PP. La Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) et les Jeunes FGTB organisaient une contre manifestation et « déploraient que le PP ne veuille pas s’opposer à tous les fascismes, en commençant par le sien ». Comac, le mouvement de jeunes du PTB, participait également à la manifestation.

Parti Populaire, Nation et fascisme

Alors que les antifascistes ne se trouvaient pas loin, les membres de Nation sont sortis comme un seul homme du cortège du PP dans la ferme intention d’aller à l’affrontement. Tout en scandant des slogans racistes, au vu et au su de la police, ultra présente. C’est à ce moment que les policiers ont commencé à courir après les… antifascistes. Ces derniers se sont engouffrés dans la station de métro Trône. Les pandores les ont vite rattrapés et ont procédé à un tabassage en règle. Tabassage totalement injustifié aux dires de tous les témoins présents. Deux jeunes sont sérieusement blessés.
Lorsque la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet (cdH), parle d’interdire Sharia4Belgium pour « son radicalisme extrême » et incitation à la haine, pourquoi ne parle-t-elle pas aussi d’interdire des groupes comme Nation qui ont scandé des propos racistes durant tout le cortège hier, sans être inquiétés par les forces de l’ordre (alors que c’est pénalement répréhensible) ? Pourquoi s’est-elle montré si timide envers la milice fasciste venue tabasser les travailleurs en grève à Meister-Sprimont en mars dernier ? Si Sharia4Belgium est à condamner sans appel, les partis au pouvoir semblent être décidés à en faire l’unique bouc émissaire, évitant ainsi de parler des vrais problèmes.
A noter que, alors que la Ligue des droits de l’Homme s’inquiétait de la montée « la répression policière contre les mouvements sociaux et la contestation sociale », Mischael Modrikamen, président du PP, remerciait les forces de police pour leur action, le lendemain des faits. Sans ironie.
Ce dimanche, la police a clairement choisi son camp. Et le gouvernement ?

De qui le gouvernement a-t-il peur ? Des fascistes ou de ceux qui résistent ?

C’est un jour noir pour le combat antifasciste en Belgique francophone. Alors que le PP et Nation ont manifesté leur haine contre le « fascisme islamique », les jeunes contre-manifestants de gauche se sont fait violemment réprimer par la police. Un dossier qui renvoie à de nombreuses questions sur l’attitude des partis au gouvernement.

Max Vancauwenberge

Le Parti Populaire (PP) organisait ce dimanche 17 juin une manifestation à Bruxelles contre le « fascisme islamique ». Nation, mouvement fasciste actif dans la partie francophone du pays et connu pour sa brutalité, participait également à cette manifestation, aux côtés du PP. La JOC et les FGTB-Jeunes organisaient une contre manifestation et « déplorait que le PP ne veuille pas s’opposer à tous les fascismes en commençant par le sien ». Comac, le mouvement de jeunes du PTB, appelait également à cet appel et participait à la manifestation pour « s’opposer fermement aux divisions ethniques et religieuses que des fascistes comme le PP, Nation et Sharia4Belgium veulent nous imposer ». Ces organisations participent au même mouvement de peur et de haine et sont les 2 faces d’une seule et même pièce.

Une attitude des partis au gouvernement qui pose question

En France et en Belgique, en passant par la Grèce, nous voyons l’émergence et le développement de mouvements d’extrême droite incitant à la haine. A l’heure où les mesures d’austérités frappent tous les peuples d’Europe, les partis d’extrême droite divisent les peuples et vise à empêcher l’unité de la population pour faire payer les vrais responsables de la crise: les banquiers, les spéculateurs et les millionnaires.

Il est triste de constater qu’aujourd’hui, seuls les syndicats et les véritables organisations de gauche telles que Comac s’opposent au fascisme. En France déjà, nous avions pu constater que seul Mélenchon s’opposait résolument au Front National tandis que le Parti socialiste se faisait très discret sur la question et que l’UMP avait carrément décidé de jouer le jeu de l’extrémisme en reprenant à son compte toute une série de leurs discours.

En Belgique également, à l’approche des élections communales, nous pouvons constater que le MR a également décidé de flirter avec l’extrême droite en instrumentalisant les récents évènements de Molenbeek alors que Sharia4Belgium, qui ne compte en réalité qu’une vingtaine de membres, n’est aucunement implanté à Molenbeek. C’est au contraire la presse et les discours du MR qui l’ont fait connaître.

Ce n’est malheureusement pas du côté du PS non plus que nous allons trouver une réelle opposition aux discours fascistes. J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’en faire la remarque au ministre PS Paul Magnette lors d’une conférence qui m’a répondu que faire la morale aux gens à propos du racisme ne fonctionne pas. Il est intéressant de noter que Magnette confond ici la source de ces idées racistes (les partis de droite et d’extrême-droite) et les gens qui sont influencés par ces idées. Ce n’est pas innocent. Car s’il est évident pour Comac que ce n’est pas en moralisant la population qu’on fera avancer le combat antiraciste, il est tout aussi évident qu’il faut dénoncer activement l’idéologie raciste et réactionnaire des partis d’extrême-droite.

De plus, si une idéologie raciste et réactionnaire quant à la condition de la femme par exemple fait bel et bien partie intégrante de leur identité, elle ne s’arrête pas là. Cette idéologie réactionnaire s’accompagne aussi d’un programme économique en faveur des très grandes entreprises qui va à l’encontre de l’intérêt des 99 %.

Réprimer la résistance : pourquoi ?

Les partis au pouvoir ne se contentent pas de laisser les partis d’extrême-droite hors d’atteinte dans le débat d’idées. Aujourd’hui, les policiers ont violemment réprimé la contre-manifestation organisée par la gauche. Les images parlent d’elles-mêmes. Les forces de l’ordre ont de bout en bout essayé de nous intimider et ont fini par brutaliser un certain nombre d’entre nous. C’est de l’intimidation pure et simple, une tentative de plus de criminaliser un mouvement social. Une attitude qui contraste avec celle que la police a eu face au PP et à Nation… Comment expliquer que la police tape sur ceux qui résistent tandis qu’elle laisse tranquille ceux qui sèment la haine et la division?

Comac dénonce la brutalité dont la police a fait preuve envers les manifestants antifascistes. Comac s’oppose résolument au fascisme et déplore que les partis traditionnels renforcent leur discours et/ou refusent de le combattre et envoient au contraire la police réprimer les mouvements antifascistes.



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