économisé autant, et en si peu de temps
Fin avril, le président du PS, Paul
Magnette, prétendait au congrès de son parti : « Avec nos camarades du sp.a, le
PS fait partie du gouvernement le plus social d’Europe. ». Mais la vérité a ses
droits.
Quels sont les faits ? Ce
gouvernement a déjà économisé 19 milliards. Soit entre 7 et 8 fois plus que les
mesures du Plan global avec lequel Dehaene voulait préparer notre pays à
l’euro. Le récapitulatif est impressionnant. Le gouvernement Di
Rupo (Ps):
• fait travailler tout le monde deux ans de plus
•
réduit les pensions de 20 %
• réduit les indemnités de chômage de 40 %
•
supprime les allocations d’attente aux jeunes qui ont fini leurs études
•
fait baisser les salaires de 0,4 %
• vous fait rater une augmentation
salariale de 3,4 %
• diminue votre préavis en cas de licenciement
• fait
des économies sur les soins de santé
• liquide 5 000 emplois dans les
services publics
• détricote les services de la SNCB et de bpost
•
augmente les accises sur l’alcool et le tabac
• fait payer plus d’impôts à
une grande partie des familles
• réduit les moyens financiers des
communes
• Au cours des mois à venir, ce gouvernement va encore
économiser 4,5 milliards d’euros. Comment se fait-il que ce
gouvernement parvienne à faire croire aux gens que « ce n’est pas encore si
grave que ça » ? Il recourt pour
ce faire à diverses techniques bien mises au point.
La politique du
salami
La tactique gouvernementale la plus
utilisée est la politique du salami. Ce gouvernement a étalé sa série de mesures
sur 18 mois et 6 conclaves budgétaires. Les mesures sont assénées une par une,
morceau par morceau. Chaque bout pris à part n’a pas l’air énorme.
Mais, quand on regarde tout ça
d’une certaine distance, on se rend compte que ce gouvernement pousse loin, très
loin même, le démantèlement social.
Bombes à retardement et opérations de
déplacement
Ensuite, le gouvernement recourt
encore à deux techniques particulières, pour emballer tout cela : la technique
de la bombe à retardement. Certaines mesures ne seront ressenties par
les gens qu’au bout de deux, trois ou même plusieurs années. Comme les
mesures concernant le calcul de la pension. Ceux qui ont 20 ans aujourd’hui n’en
subiront les conséquences que dans bien des années. Pour ces jeunes, ces
mesures sont de vraies bombes à retardement qui ne leur péteront au nez que
d’ici trente-cinq ou quarante ans.
Seconde
particularité, la politique du « déplacement ». Ce gouvernement fait endosser à
d’autres institutions et niveaux d’administration les retombées de ses mesures.
Telle la diminution des moyens financiers de bpost. De ce fait,
bpost va devoir revoir ses tarifs à la hausse. Le gouvernement espère ainsi que
votre colère s’exprimera contre bpost et que vous oublierez ainsi que la hausse des tarifs
est en fait une conséquence d’une décision
gouvernementale.
La politique gouvernementale en 13
tranches de salami
1. Travailler deux années de
plus. Tous les systèmes de pension anticipée
ne sont possibles que deux ans plus tard. Interruptions de carrière et crédit
d’heures sont limités et détricotés progressivement (décembre
2011).
2. Jusqu’à 20 % de pension en
moins, à l’avenir. Certaines périodes assimilées (prépension,
crédit d’heures et chômage de longue durée) sont de moins en moins
prises en compte pour le calcul de votre pension dans le privé. Pour les
fonctionnaires, les pensions ne sont plus payées sur base des cinq dernières
années, mais des dix dernières années. À l’avenir, les travailleurs du
privé percevront chaque mois 10 à 15 % de pension en moins. Pour les
fonctionnaires, cela se traduira par une perte de 10 à 20 % (décembre
2011).
3. Jusqu’à 40 % d’allocations de
chômage en moins. Ces allocations de chômage diminuent en
trois étapes jusqu’à un montant forfaitaire de 494 euros pour un cohabitant
(baisse de 40 %), de 934 euros pour un isolé (- 17,5 %) et 1 113 euros pour un
chef de famille avec charge de famille (-12 %1).
4. Suppression des allocations
d’attente des jeunes qui quittent l’école. Ce n’est qu’après 12 mois (auparavant, 9
mois) qu’ils reçoivent une indemnité d’attente. Après 3 ans,
celle-ci est supprimée et ils sont renvoyés au CPAS (décembre
2011).
5. Une baisse effective de
salaire de 0,4 % en raison des tripotages de l’index. En
intégrant les prix soldés des marchandises et le prix moyen du
carburant à la corbeille de l’index, un salarié perd en moyenne 0,29 %
de son pouvoir d’achat. Juste avant les vacances, le gouvernement veut
encore intégrer les produits blancs à l’index, ce qui fait que votre
perte de pouvoir d’achat équivaudra à 0,4 % de votre salaire (janvier
2013).
6. Perte d’une augmentation
salariale de minimum 0,9 % jusqu’à 3,4 % de votre salaire. Avec le blocage salarial pour 2013-2014, vous serez
privé dans les deux ans à venir d’une augmentation salariale d’au moins 0,9 % 2.
Ensuite, le gouvernement planche sur un projet de loi visant à étendre
ce blocage des salaires à au moins 6 ans. La loi entend bloquer toute
augmentation salariale en Belgique, jusqu’à ce que les salaires dans les pays
voisins aient augmenté d’au moins 3,4 %. En d’autres termes, au cours des 6
années à venir, vous allez perdre au moins 3,4 % d’augmentation salariale 3
(avril et juillet 2013).
7. Réduction du préavis en cas de
licenciement pour une moitié des contrats de travail. Une
partie importante des employés bénéficie aujourd’hui d’un délai de préavis d’un
mois par année prestée. Une bonne partie des ouvriers a également, via les
conventions collectives de travail (CCT) obtenu des délais de préavis plus
longs. Plus de 60 % des travailleurs ont un délai de préavis d’au moins 3
semaines par tranche entamée de 5 années prestées. Les employeurs veulent harmoniser le préavis jusqu’à
maximum 4 mois pour ceux qui ont moins de 14 ans de service et maximum 8 mois à
partir de 20 années d’ancienneté 4 et 5 (juillet
2013).
8. Economies sur les soins de
santé. Au cours des 18 mois écoulés, le gouvernement a
retenu plus de 1,4 milliard d’euros sur les soins de santé. Il s’agit,
dans ces retenues, des moyens financiers servant à constituer les réserves afin
de pouvoir faire face au vieillissement croissant. En rognant aujourd’hui sur
ces réserves, le gouvernement fait peser une hypothèque très lourde sur
l’avenir. Un avenir constitué de tickets modérateurs très élevés et de services
de moins en moins performants (décembre 2011, mars 2012, novembre 2012 et mars
2013).
9. 5 000 emplois à la trappe dans
les services publics. Le gouvernement pratique des coupes sombres dans les
moyens financiers des fonctionnaires. Le secrétaire d’État Hendrik Bogaert
(CD&V)
parle à terme d’une réduction de 5 000
fonctionnaires fédéraux (décembre 2011 et mars 2013).
10. Démantèlement des moyens
accordés à la SNCB et à bpost. Lors des précédentes fournées d’économies, le
gouvernement a retiré 334 millions des réserves de la SNCB et a grevé les moyens
de fonctionnement de cette même SNCB de 110 millions. Idem pour bpost : 136
millions d’euros en moins pour les frais de fonctionnaires, et hold-up de 290
millions dans ses réserves. Cela aura des retombées sur les
investissements futurs et aboutira à des hausses de tarifs (décembre 2011, mars
2012, novembre 2012 et mars 2013).
11. Augmentation des accises sur
l’alcool et le tabac. Les accises sur l’alcool et le tabac
ont été augmentées en plusieurs étapes. En moyenne, cela coûtera 74 euros par an
et par famille, en fonction de la consommation, évidemment (décembre 2011 et
mars 2013).
12. Plus d’impôts encore
pour une grande partie des familles. Le gouvernement Di Rupo a réduit, voire
supprimé, toutes sortes d’avantages fiscaux pour une flopée de familles à deux
salaires. Ces familles paieront donc plus d’impôts. Quelques exemples
:
• Crèches enfantines. La déduction fiscale a baissé de 5,60 euros
par jour à 5,04 euros, soit une perte de 0,56 euro par jour. Si vous
recourez aux services d’une crèche 150 jours par an, vous perdez 84 euros par
an.
• L’épargne pension. La déduction fiscale a baissé, passant de
352 euros à 282 euros par personne. Soit une perte annuelle de 70 euros par
personne. Et, pour un couple, 140 euros par an.
• Isolation de la toiture. La
déduction a diminué, passant de maximum 1.204 euros à 903 euros. Soit une
différence de 301 euros par an.
• Suppression des réductions fiscales pour
les dépenses en économie d’énergie. Elle s’élevait jusqu’à présent à maximum
1.132 euros par an (décembre 2011).
13. Diminution des dotations au
CPAS. A un moment où, vu la crise, de plus en plus de
gens doivent faire appel au CPAS, le gouvernement réduit les dotations
de ce dernier de 37,4 millions. Le gouvernement répercute tout simplement ses
déficits sur les communes. Ces
dépenses communales en hausse ne peuvent être palliées qu’en augmentant les
taxes communales ou en rognant sur le personnel communal même (mars
2013).
En savoir plus sur Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES
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