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08 août 1956 – 08 août 2014: la catastrophe
minière du BOIS DU CASIER  à Marcinelle: 262 victimes

 

 

Le 08 août 2014 –pendant les vacances !-, le Pays-Noir va commémorer une
fois de plus la date de la terrible catastrophe minière du Bois du Cazier à
CHARLEROI-Marcinelle (08/08/1956).

 

La date approche: ce sera la 58e commémoration. Je tiens à rappeler que d’
emblée, le Parti communiste de Belgique fut  parmi les premières
organisations du pays à appuyer la solidarité et à réclamer la lumière sur les
raisons de cette terrible tragédie.

Document d’ époque: 

 

Pour l’ Histoire, voici le texte qui fut diffusé par le Parti à ce sujet :

 

LE DRAME DE MARCINELLE

est celui de toute la classe
ouvrière.

 

Un devoir national:

DES MESURES D’ URGENCE

pour la sécurité des mineurs
!

 

La mine a frappé. Et durement.

Des centaines de morts, des centaines de veuves et d’ orphelins. Tel est le
bilan de ce 8 août tragique.

Marcinelle, c’ est le drame de la classe ouvrière. Un drame qui soulève l’
émotion dans tous les foyers jusqu’ au delà des frontières.

La douleur traverse villes et villages.

Les collectes sont abondantes. Qu’ elles s’ amplifient ! Qu’ on verse
partout généreusement, que les foyers éprouvés sentent la fraternité, la
solidarité de tous et de toutes. En des moments pareils toute marque d sympathie
va droit aux cœurs meurtris. Mais cela n’ empêche que des question soient sur
toutes les lèvres, des questions auxquelles il faut des réponses.

Comment est-il possible qu’ au vingtième siècle la mine ait encore besoin
de tant de morts ?

Ne peut-on empêcher qu’ elle soit un trou d’ insécurité permanente pour
ceux qui ont le courage d’ y descendre ?

 

Le Many a prouvé que la fatalité n’ est qu’
un mauvais prétexte patronal.

Toute la lumière doit être faite
!

 

En octobre 1953 à Seraing Le Many endeuillait lui aussi de nombreuses
familles. Les discours officiels, les explications sur la catastrophe laissaient
comme toujours une large place à cette fameuse fatalité qui sert si bien les
patrons.

Pourtant il y a quelques semaines à peine, la Cour d’ Appel de Liège
rendait son arrêt. Les patrons du Many y étaient désignés nettement comme
responsables d’ avoir enfreint les règles élémentaires de sécurité et punis de
peines de prison.

 

Arrière les propos hâtifs sur la trop fameuse fatalité !

Toute la lumière sur Marcinelle doit être faite !

Elle le sera comme pour Le Many dans la mesure d’ une opinion publique
exigeante et tenace.

 

Les Chambres vont se réunir. Des explications
doivent être données au pays,

Des mesures en faveur de la sécurité dans les
mines

peuvent être prises tout de
suite.

 

Les Chambres vont être convoquées.

Les députés communistes l’ ont demandé. Les élus socialistes aussi. D’
autres députés ont fait de même. Tant mieux !

Mais maintenant, qu’ elles se réunissent au plus tôt !

 

Et surtout que cette séance extraordinaire du Parlement soit efficace,
positive.

C’est possible.

De l’ avis du Parti communiste, le Parlement peut adopter d’
urgence des dispositions en vue:

1) d’ associer les travailleurs à l’ enquête. Ils en ont le droit.
Ce sont leurs camarades qui ont tombés.

2) d’ accroître le nombre de délégués ouvriers à l’ inspection des
mies, d’ élargir les prérogatives ouvrières au sein des Comités de Sécurité et
d’ Hygiène. Une proposition de loi communiste à ce sujet reste depuis 1952 dans
les cartons du Parlement. Elle doit en sortir. Les travailleurs doivent avoir
plus de pouvoir sur l’ organisation de la sécurité. On voit, hélas ! où cela a
mené de laisser celle-ci aux seules mains des patrons;

3) d’ adapter rapidement le Code de sécurité dans les mines aux
exigences des techniques employées;

4) d’ encourager les recherches scientifiques destinées à accroître
la sécurité du travail dans les mines.

 

Il n’ y aura pas de sécurité durable sans
limiter l’ exploitation patronale.

Pour assurer la sécurité d’ existence des
mineurs, le Parti communiste appelle à l’ union des travailleurs et s’ adresse à
la F.G.T.B.

 

Le Parlement peut et doit prendre des mesures d’ urgence. Mais ces mesures
ne limitent pas les problèmes posés par la catastrophe du Cazier et le long
martyre des travailleurs de la mine.

Le charbon, c’ est l’ or du pays … Mais on ne trouve plus suffisamment de
mineurs en Belgique. Aussi les patrons spéculent-ils sur la misère des pays
étrangers pour y recruter de la main-d’ œuvre.

Ils recherchent la production au rabais et s’ acharnent à refuser la
satisfaction des revendications ouvrières. Un exemple: un peu plus de 200 francs
par jour, comme premier salaire du fond ! N’ est-ce pas un scandale ?

La sécurité d’ existence des mineurs doit être assurée. Les frères belges
et étrangers des victimes du Cazier ont droit à un meilleur sort.

C’est pourquoi, s’ inspirant des revendications exprimées par la Centrale
Indépendante des Mineurs, le Parti communiste propose que soit réalisé un
programme de sécurité d’ existence des travailleurs de la mine, programme
comprenant:

 

1) l’ élargissement des pouvoirs des comités de sécurité et d’
hygiène et des délégués ouvriers.

Amélioration d la police des mines. Encouragement d la recherche
scientifique. Respect et élargissement des dispositions d’
apprentissage;

2) abolition immédiate des restrictions à l’ application des 45
heures. Vote d’ une loi les garantissant. Acheminant vers les 40 heures;

3) respect de la convention de 1946 garantissant des salaires du
fond de 25% supérieurs à ceux en cours dans les autres entreprises des régions
industrielles Augmentation immédiate de 10 % de tous les
salaires;

4) vote rapide des lois octroyant après 25 ans de fond le taux des
pensions aux 3/4 des minima payés aux premières catégories du fond. Relèvement
immédiat de la pension des veuves;

5) soins gratuits y compris aux pensionnés;

6) amélioration immédiate des conditions de logement des
travailleurs étrangers.

 

Le drame de Marcinelle n’ est pas uniquement le drame des mineurs, la
réalisation d ce programme elle aussi est l’ affaire de tous les
travailleurs.

C’ est pourquoi le Parti communiste s’ adresse à la F.G.T.B. et lui propose
de prendre l’ initiative de rassembler les forces syndicales et politiques de la
classe ouvrière en vue de la réalisation rapide de ce programme.

Que pourrait la poignée des financiers qui dominent nos mines devant la
puissance des centaines de milliers des travailleurs unis et décidés ?

Et si les patrons s’ obstinent, le mouvement ouvrier peut obtenir du
gouvernement qu’ il leur tienne le langage qui s’ impose et les avertisse
solennellement que leur refus de satisfaire les revendications ouvrières
entraînera la reprise des concessions minières par la nation.

Les forces ouvrières peuvent mettre au pas ces petits groupes financiers.
Ces messieurs préfèrent maintenir l’ insécurité dans les mines ou même
abandonnent des gisements plutôt que de distraire de leurs milliards de profits
les sommes nécessaires à l’ entretien des mines, au salut des mineurs.

Que l’ union des travailleurs réalise la sécurité d’ existence des mineurs
!

 

QUE L’ ANNEE 1956, L’ ANNEE DU DRAME DE MARCINELLE, MARQUE LA FIN
DU REGIME D’ INSECURITE IMPOSE A 150.000 MINEURS PAR UNE POIGNEE DE FINANCIERS
AVIDES DE PROFITS     !

 

                                                                                                                                                           
Le Parti Communiste de Belgique

 

 


 

 


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