déni de démocratie
2014
Le mardi 25 novembre 2014
s’est tenu un conseil communal passablement agité. Giliciens, Jumetois,
Montagnards, activistes pour les droits des femmes et autres citoyens étaient
venus se faire entendre par les conseillers communaux et le bourgmestre de la
ville. Cette présence n’était manifestement pas du goût de Paul Magnette
(PS) qui parle d’instrumentalisation de ces groupes par le PTB et qui a été
jusqu’à suspendre la séance comme mesure de rétorsion. Mais qu’en
est-il exactement ?
La présence citoyenne, et on peut s’en réjouir, était
effectivement massive ce mardi soir. Les tenants du folklore jumetois
étaient venus en fanfare pour défendre leur hôtel de ville que la ville laisse
se dégrader. Exemple du patrimoine culturel de notre région, le projet
de ces citoyens serait d’en faire un musée dévoué à l’histoire du folklore local
au lieu de laisser ce bâtiment devenir un chancre. Des citoyens de
Montigines-sur-Sambre étaient présents pour défendre leur maison de
quartier, lieu de rencontre nécessaire dans les quartiers, d’une menace
de fermeture. Des citoyens de Gilly avaient aussi fait le déplacement,
car la survie de leur piscine de quartier semble réellement menacée.
Enfin, vu le vote d’un nouveau
règlement procédant à l’exclusion des prostituées de leurs zones d’accueil
habituelles à Charleroi, plusieurs associations et activistes pour les droits
des femmes étaient aussi présentes ce soir-là.
Une
surprise pour Magnette, l’injuste austérité suscite la colère
Depuis sa prise de fonction en 2012, Magnette
peut être considéré comme le bourgmestre de l’austérité. Le fil rouge
de son travail n’est autre que le
plan de gestion élaboré par son actuel receveur, Hernotte. Ce plan prévoit la
fermeture de piscines, l’augmentation du prix des services communaux, le
non-remplacement d’un personnel vieillissant et sous tension permanente,
l’augmentation de taxes communales et autres joyeusetés qui ne peuvent
évidemment pas satisfaire des citoyens carolos qui ont dur à faire face aux
difficultés causées par la crise.
C’est ainsi qu’il y a quelques semaines Magnette
et son équipe annonçaient qu’il faudrait faire l’an prochain 8 millions d’euros
de coupes budgétaires si Charleroi ne reçois pas l’aide de la Région Wallonne
(Note de RoRo: mais la Région wallonne, c’ est aussi lui et son équipe
de ministres Ps et Cdh!). Sur un budget annuel de 400 millions, ça fait mal.
C’est ainsi que Magnette a évoqué
il y a quelques semaines la nécessité de se séparer de centaines d’agents de la
ville. C’est face à une mobilisation sans précédent de près de 1000 travailleurs
communaux venus au conseil communal que le collège a reculé et proposé une
concertation.
Ces mesures d’austérité communales, qui deviendront plus
claires lors du vote du budget, s’ajoutent à la cohorte de mesures
fédérales et régionales qui s’abattent sur les citoyens de Charleroi.
L’idée est très claire qu’avec les mesures du fédéral, ce sont « toudi
les p’tits qu’on s’potch » et les millionnaires et les multinationales semblent
miraculeusement épargnés par ce vent d’austérité. Mais, pour beaucoup
de Carolos, tous les niveaux de pouvoirs leur font payer une crise dont ils ne
sont pas responsables. Et le fait
que Magnette est à la tête de la Ville de Charleroi et de la Région Wallonne
fait qu’il porte une énorme responsabilité dans ces politiques d’austérité.
Comment les gens ne seraient-ils pas en colère ? Cette colère n’est évidemment
pas suscitée par le PTB, mais bien par ces mesures draconiennes et
injustes.
Paul
Magnette : proche ou loin de la rue ?
On parle souvent au sein du PS de revenir aux
fondamentaux, de retourner militer dans la rue, de se rapprocher des gens.
L’emploi du temps de Monsieur Magnette nous est inconnu, mais il semble
qu’il soit souvent absent de ce genre de discussions. Comme l’évoque un
journaliste à propos du conseil communal de mardi, on ne peut en tous cas pas
accuser les citoyens carolos de manquer d’intérêt pour la vie politique
communale. Et c’est une très bonne chose ! La démocratie ne se
limite pas à procéder à un vote et ensuite à attendre 6 ans plus tard pour le
bilan. Une démocratie qui fonctionne est une démocratie participative
et agissante. Monsieur Magnette ne
semble pas être de cet avis. Il peste contre la présence d’éventuelles caméras
lors de la séance du conseil communal, il exige que les interventions soient
limitées dans le temps. Il est d’ailleurs remarquable de constater que la séance
du conseil communal de Charleroi est probablement une des plus courtes du
royaume. Elle finit bien souvent vers 20h30 après avoir débuté à 18H30. Est-ce
que 2h de débat par mois suffit réellement à diriger une métropole de 200 000
personnes comme Charleroi ? Il y a de quoi en
douter.
En vérité, une ville comme
Charleroi a besoin de plus de démocratie et non pas de moins de
démocratie. Il existe des procédures prévues pour permettre au citoyen
d’intervenir dans le débat communal. C’est important de les faire connaître pour
permettre aux citoyens carolos de s’en saisir. Il est possible de
formuler une question écrite, de procéder à une interpellation, de faire
inscrire un point à l’ordre du jour, d’organiser une consultation populaire ou
d’entrer dans un conseil consultatif. Même si les limitations à ces procédures
sont nombreuses, le premier combat est de les faire connaître et de
permettre aux citoyens de les utiliser. Le second combat est d’élargir cette
participation et la transparence du travail communal. Par exemple,
pourquoi ne pas demander à la télévision locale de diffuser l’ensemble de la
séance du conseil communal ? En TV ou sur Internet. Ce serait déjà une bonne
mesure pour plus impliquer les citoyens dans la vie de leur
commune.
Le PTB
instrumentalise les carolos ?
Dans la presse, Magnette se
plaint du fait que le PTB instrumentaliserait les groupes qui se rendent au
conseil communal. Le code de démocratie local prévoit, sauf huis clos,
l’accès public aux séances du conseil communal. De mémoire de Carolos, c’est un
droit qui a toujours été utilisé par les citoyens. On se rappellera les
mobilisations associatives et citoyennes lors de l’augmentation drastique de la
taxe poubelle en 2005. On se rappellera aussi les mobilisations identiques au
moment du vote légiférant la circulation des mendiants il y a quelques mois.
Ces mobilisations ont bien souvent mené à des victoires, petites ou
grandes, sur le fond de ces mesures ou pour obtenir concertation quant à la mise
en place de ces mesures. Toute notre histoire sociale est émaillée de telles
mobilisations. Nos acquis sociaux viennent de là. Tout homme de gauche ne peut
que les soutenir. Plus récemment, le conseil communal s’est retrouvé «
envahi » par près d’un millier de travailleurs inquiets d’avoir entendu des
rumeurs de licenciement collectif à la Ville. Ces travailleurs ne sont pas venus
là à l’appel du PTB. Ils se sont rendus au conseil communal pour y exprimer leur
colère et leurs craintes. C’est la même chose pour les multiples comités de
citoyens et associations qui ont défilé au conseil communal au cours de ces deux
dernières années pour protester contre toute une série de mesures prises
par Magnette et son collège : suppression des bus pour les plaines de jeux,
interdiction de faire des fêtes dans les écoles, fermeture de piscine, fermeture
de maison de quartier, exclusion des mendiants du centre-ville, exclusion des
prostituées… Ramener ces mobilisations à une instrumentalisation du
PTB, c’est offenser tous ces citoyens qui marquent leur mécontentement sur la
politique menée à Charleroi. Le PTB a par contre choisi d’être à leurs
côtés.
En savoir plus sur Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES
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