#casserleschomeurspourcasserlessalaires
Comment fonctionne le contrôle des « efforts de recherche
d’emploi » des chômeurs/ses instauré en 2004? Un
contrôleur de l’ONEM témoigne : « Il faut au moins 60% de
dossiers négatifs ». A lire dans le revue Ensemble
disponible sur
www.asbl-csce.be/journal/ensemble85chomage27
#casepassepresdechezvous X, Contrôleur à l’ONEM : «
[…] Lors des réunions à Bruxelles, les responsables
voient les résultats de chacun, et font les moyennes.
Les consignes ne viennent pas officiellement du bureau
central de Bruxelles, mais les chiffres des différentes
régions sont comparés, avec des pressions de fait des
bureaux régionaux les uns sur les autres. Les
responsables reviennent ensuite avec leurs
interprétations des réunions. Dans les faits, il faut au
moins 60 % de négatifs. Dans ce système, l’objectivité
est impossible. J’ai en tête l’exemple d’un jeune,
habitant seul dans un appartement cher, 600 euros, pour
800 euros de chômage. Durant un hiver, il n’avait pas de
chauffage, les conduites d’eau avaient éclaté. Il a été
franc et honnête au contrôle, il a expliqué : «J’étais
bloqué chez moi, gelé, je n’avais pas d’autre solution
de logement, par ailleurs j’ai subi le décès de mon
père, j’étais perdu à ce moment-là. C’est exact, pendant
deux mois je n’ai pas cherché d’emploi». Franchement,
moi, face à une histoire comme ça je ne sanctionnerais
pas ! Et bien si, il a été sanctionné ! […]
>
Pensez-vous que ce système permet de lutter contre le
travail au noir?
> Pas du tout, ça ne change
rien. Au contraire, les exclus vont chercher à compenser
la perte de revenus. Certains « honnêtement », par le
travail au noir, pour d’autres ce sera autrement, par
des agressions et des vols. On régresse. Les sanctions
vont créer énormément de problèmes et mettre des
familles dans la difficulté. Pour certaines personnes,
même au chômage depuis des années, se retrouver au CPAS
représente une honte, le pire de tout !
Psychologiquement, le chômage est un grade au-dessus, et
se retrouver avec un revenu d’intégration équivaut à
perdre son identité. Récemment, on a eu connaissance
d’un chômeur exclu qui ne pouvait envisager se rendre au
CPAS, il s’est pendu.
> Ça se discute, dans les
bureaux de chômage, ce genre d’événement ?
> Oui,
mais les réactions évoquent «une dépression préalable»,
«il devait avoir d’autres problèmes…», etc. Je suis
certain que nous allons avoir des drames. Et les gens
vont réagir si on leur enlève le minimum vital, c’est
mon ressenti, les gens vont se révolter. Au niveau
politique, vont-ils en tenir compte ? Il ne faut pas
toujours imaginer un soutien populaire envers la
pression exercée sur les chômeurs. On sait que je
travaille à l’Onem, on m’interpelle beaucoup, ces
exclusions sont perçues négativement. Les vieilles
personnes, par exemple, ont peur d’être agressées,
disent qu’elles ne pourront plus sortir…! Ça fait très
peur aux gens ! Ils ont peur del’avenir, des vols, et
ils ont peur… d’une révolution, ils me le disent. Peu
de gens me disent que c’est bien fait pour eux ! Toutes
ces personnes vivent en famille, travaillent, mais ils
ont peur de ça, de cet avenir-là. Ils ressentent très
fort le malaise. ».
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