agression en SYRIE, à des centaines de kms de ses frontières et sans être
attaquée, sur ordre d’ Obama et de l’ Otan, … Qui va payer la note
???
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Le PTB contre les
bombardements en Syrie : « Cela va alimenter la spirale de violence
»
Le PTB s’oppose à la décision du gouvernement belge de bombarderla Syrie, après avoir déjà bombardé l’Irak. Les attentats de Bruxelles du 22
mars dernier montrent qu’intervenir en Syrie est une très mauvaise idée.
« Pour combattre le terrorisme, éteignons le feu en
Syrie »

pan_chaoyue
2016
Botenga
Le gouvernement belge envisage d’étendre
ses bombardements, actuellement limités à l’Irak, à la Syrie. Après les
attentats de Bruxelles, ce serait le pire chemin à prendre. Staffan de Mistura,
envoyé spécial des Nations Unies en Syrie : « La tragédie
de Bruxelles nous rappelle que nous n’avons plus de temps à perdre. Nous devons
éteindre le feu de la guerre en Syrie. Pour combattre le terrorisme, la
meilleure formule est de trouver une solution politique en Syrie. »
Daech a pu grandir grâce au chaos en
Syrie. Afin d’éradiquer le terrorisme en Syrie, une solution politique pour la
longue guerre qui ravage le pays est donc une condition sine qua non. Or, le 18
janvier, Staffan de Mistura a révélé dans un rapport secret au Conseil de
Sécurité des Nations Unies que ce sont des groupes armés soutenus par l’Occident
et l’Arabie saoudite qui empêchent une solution politique pour le conflit en
Syrie. Ce n’est pas un détail. Empêcher une telle solution signifie contribuer à
la prolifération du terrorisme.
Nos alliés en Syrie
ont d’autres priorités que Daesh
Depuis le début de la guerre en Syrie,
les alliés occidentaux sur le terrain, regroupés maintenant pour la plupart dans
le « Haut comité pour les négociations » (HCN), trouvent une série d’excuses
pour ne pas négocier. D’abord, il fallait que le président syrien Bachar
Al-Assad démissionne avant toute négociation. Exiger de son ennemi qu’il
capitule avant de négocier est absurde et contreproductif. Mais ce n’est pas
tout. L’opposition pro-occidentale voulait aussi être la seule représentante
officielle de l’opposition aux négociations, en excluant de nombreuses autres
forces sur le terrain.
Comment est-il possible d’encore poser
des conditions à des négociations ? C’est une question de priorités. Mohammed
Alloush, principal négociateur du Haut Comité pour les Négociations, et son
Armée de l’Islam, veulent – tout comme Daesh – installer un état islamique.
L’Armée de la Conquête et Ahrar-Ash-Sham ont des objectifs semblables. Le groupe
Al Nosra partage l’agenda d’Al Qaeda. L’objectif premier
des groupes que l’Occident soutient n’est pas la lutte contre Daesh. Ils veulent
surtout renverser le régime, même si l’armée syrienne avance sur le terrain
contre Daesh.
En 2013, Didier Reynders
(MR), alors ministre des Affaires étrangères, rêvait qu’un jour, un monument à
la gloire des jeunes belges partis se battre en Syrie avec l’un ou l’autre
groupe « modéré » serait érigé.1
Le temps des rêves est révolu. Les armes que nos pays ont livré à ces groupes «
modérés » ont été directement dans les mains de terroristes. De Mistura a raison
: il faut maintenant négocier une solution politique. Cela voudra dire mettre la
pression sur nos supposés alliés en Syrie pour qu’ils s’asseyent autour de la
table en leur coupant l’oxygène : l’argent et les armes. La Belgique a bien
convoqué une réunion d’urgence des ministres européens sur les failles
sécuritaires européennes, elle doit maintenant exiger d’urgence un arrêt de tout
soutien européen à ces groupes.
Arrêter notre
collaboration avec des États liés aux groupes terroristes
Mais ces groupes reçoivent aussi un
soutien de nos dits alliés régionaux. Avec l’Arabie saoudite en tête du peloton.
Certes, le pays fait aujourd’hui officiellement partie de la coalition contre
Daech, mais sa priorité reste le départ d’Assad dans l’espoir de prendre le
contrôle de la Syrie.
Le jugement de l’ancien sénateur
démocrate américain Bob Graham, qui a codirigé la commission d’enquête du
Congrès sur les attentats du 11 Septembre 2001, est sans appel : « L’Arabie
saoudite n’a jamais mis fin à sa volonté de répandre le wahhabisme (mouvement
fondamentaliste de l’Islam, NdlR) extrême. Il y a un lien direct entre la
diffusion de cette idéologie et la création de Daesh. Daesh est un produit des
idéaux saoudiens, de l’argent saoudien et du soutien organisationnel saoudien,
bien que ce pays prétende actuellement être très anti-Daesh. Ils sont comme des
parents qui ne veulent plus rien avoir à faire avec un enfant qu’ils ne
contrôlent plus. »
Le Parlement européen a d’ailleurs
appelé, en raison de la guerre saoudienne au Yémen, à un embargo européen sur
les exportations d’armes vers l’Arabie saoudite. Mais, pendant que les Pays-Bas
et la Suède ont arrêté le commerce d’armes avec l’Arabie saoudite, notre
gouvernement refuse toujours de défendre un embargo au niveau européen. En
France, tout récemment, le neveu du roi et ministre saoudien de l’Intérieur a,
au contraire, reçu la légion d’honneur pour ses bons et loyaux services. Si on
veut combattre le terrorisme, il faut maintenant mettre la pression sur l’Arabie
saoudite, qui finance, par exemple, toujours des entités religieuses en
Belgique.
Nos bombes
fabriquent des terroristes
Ne doit-on pas tout simplement aller
bombarder demandent certains ? C’est ce que le gouvernement entend faire. Mais
c’est depuis 2001 que nos gouvernements mènent une « guerre contre le terrorisme
». A coup de bombes, les pays occidentaux n’ont fait qu’apporter de la
destruction et du chaos en Afghanistan, Irak, Libye et Syrie. Depuis, la
situation n’a fait que s’empirer. Aujourd’hui l’experte italienne Loretta
Napoleoni confirme que pour Daesh, « les bombes occidentales sont la meilleure
formule pour consolider leur pouvoir et attirer de nouvelles recrues.
»
Au Parlement, le député PTB Raoul
Hedebouw avait, en septembre 2014 déjà, mis en garde contre l’impact potentiel
d’une intervention belge en Irak : « Quel sera le bilan d’une nouvelle
intervention en Irak ? Selon Phyllis Bennis, de l’Institute for Policy Studies,
cela devrait être désormais très clair : “Chaque bombe leur amène davantage de
partisans.” Logique, puisque tout conflit entraîne des dommages collatéraux,
fait des victimes innocentes dans des familles, dans des fêtes de mariage, et
touche des cibles civiles imprévues. Chacune de ces personnes brutalement
frappées ont soudainement une raison de haïr l’Occident. » Jacques Baud, ancien
officier des Services de renseignements suisses, note : « Les revendications des
terroristes de Daesh ont systématiquement parlé de ces victimes civiles. Nous
les ignorons complètement. » Il constate qu’« après les attentats de Madrid en
2004, le nouveau gouvernement (espagnol, NdlR) a décidé de se retirer de la
coalition. L’Espagne est totalement sortie de la menace terroriste et ils n’ont
plus eu d’attentat depuis. »
L’action militaire
belge opaque au Moyen-Orient
Quelques mois de bombardements russes
auraient fait des centaines de morts civils, selon la presse. Le journal
britannique The Independent comptait au moins 1 000 civils tués par des bombes
occidentales début mars. D’autres experts parlent de 2 000 à 4 000 morts
innocents. Des milliers de familles, des milliers de vies détruites. La veille
des attentats à Bruxelles, des avions de chasse de la coalition internationale,
dont fait partie la Belgique, bombardaient encore l’université de la ville de
Mosoul, en Irak. Officiellement, il s’agissait de s’en prendre à Daesh. Selon
une académicienne irakienne, ces bombes américaines auraient, en deux jours, tué
plus de 200 civils et fait 600 blessés.
Selon l’armée belge elle-même, la
Belgique ne fait pas de victimes civiles. Mais est-ce crédible ? Déjà en octobre
2014, le député PTB Marco Van Hees avait interrogé le ministre de la Défense
N-VA Steven Vandeput sur la mission belge en Irak. Vandeput avait simplement
refusé de répondre à toute question pertinente. En mars 2015, Van Hees a reposé
la question. Réponse du ministre : ces chiffres restent derrière le huis clos.
Le collectif d’investigation « Airwars », qui suit les actions militaires pour
combattre Daesh, a dressé un tableau comparatif de la transparence et de la
responsabilité des pays dans leur intervention. Il s’avère que la Belgique fait
partie des pires élèves en matière de transparence. Notre pays se situe au même
niveau que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Jordanie. Combien de
victimes l’opération belge a-t-elle causées ? Pourquoi notre gouvernement
refuse-t-il de répondre ? Qu’a-t-il à cacher ? Que nos bombes fabriquent des
terroristes au quotidien?
Le gouvernement belge ne veut néanmoins
investir des milliards dans de nouveaux avions de chasse. C’est un non-sens. Il
faut arrêter nos interventions et l’achat de ces avions.
Principes pour une
politique étrangère anti-terroriste
Il n’existe pas de solutions faciles dans
la lutte contre le terrorisme. Mais on ne peut pas se battre contre le
terrorisme sans changer fondamentalement de politique étrangère.
Aujourd’hui, on ne peut plus tergiverser. Il faut tirer toutes les
conclusions de la faillite de nos ingérences dans d’autres pays. Près de quinze
années de « guerre contre le terrorisme » n’ont fait qu’étendre le terrorisme,
de la Libye jusqu’au Pakistan. L’approche militaire qui peut se résumer en «
Bombardons les tous » s’est avérée contreproductive. Plus de bombes belges et
occidentales signifie plus de terroristes. La Belgique a aussi œuvré en faveur
d’un changement de régime en Libye et en Syrie. Qu’un tel changement soit
désirable ou non, il est maintenant clair que s’il est soutenu par l’étranger,
il mène au désastre. Aujourd’hui en Syrie, les gouvernements européens se
trouvent ainsi alliés de groupes violents voulant instaurer un état islamique.
Nos gouvernements doivent arrêter de se mêler des affaires intérieures d’autres
pays mais soutenir une solution locale négociée comme de Mistura essaie de
faciliter.
En septembre 2015 déjà, le PTB avait proposé son « Plan pour
une politique active de paix », basé sur trois piliers : assécher financièrement
Daech, s’en prendre aux ressources humaines de Daech notamment en Irak, et
investir dans la diplomatie, pas dans les bombes. Cela implique de couper les
liens militaires avec l’Arabie saoudite et d’exiger un contrôle strict des flux
d’argent en provenance de cet État pétrolier. Et de mettre la pression sur la
Turquie pour qu’elle ferme sa frontière avec la Syrie et n’y intervienne plus.
Le gouvernement belge a fait la sourde oreille. On collabore toujours et encore
avec une série d’États qui créent un terreau fertile pour des groupes
terroristes. L’Europe doit arrêter la vente d’armes à l’Arabie saoudite et doit
d’urgence faire pression sur toutes les autres monarchies du Golfe et la Turquie
pour qu’elles facilitent les négociations et abandonnent toute ingérence en
Syrie.
1. Didier Reynders veut « suivre à la
trace » les Belges revenus de Syrie, Belga, 26 avril
2013
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