
Jusqu’au dernier Taïwanais : les Américains se sont trouvé une nouvelle Ukraine
- 16 octobre 2024
- Aujourd’hui autour du texte très important de Franck Marsal nous voudrions avec gravité faire comprendre à tous qu’il faut se rassembler, et bien percevoir la nature de ce que partout provoque l’impérialisme et comment le gouvernement français, la complicité de Macron avec l’extrême-droite, nous mène vers l’escalade.
- Il y a une véritable inquiétude dans le peuple français et les communistes perçoivent bien à quel point on a besoin d’une politique de paix, de souveraineté.
- Il est impossible d’ignorer le contexte géopolitique parce qu’il est aussi celui de l’acceptation ou non du déclin de notre pays et de la guerre sociale qui est menée au nom “des périls extérieurs” contre l’immense majorité de nos travailleurs
- (note de Danielle Bleitrach traduction de Marianne Dunlop)
https://ria.ru/20241015/tayvan-1978011529.html
Texte : Victoria Nikiforova
Hier, le Liaoning, la beauté et la fierté de la marine chinoise, est entré dans le détroit de Taïwan avec le soutien de navires de guerre et d’avions – ainsi ont commencé les exercices de l’armée et de la marine de libération du peuple chinois. Leur objectif est formulé en toute franchise : « Pratiquer l’assaut, le blocus et le contrôle conjoints des ports et zones clés de l’île ».
L’exercice Joint Sharp Sword 2024B implique des navires de guerre et des garde-côtes chinois, des unités de l’armée de terre, des forces de missiles et des escadrons de l’armée de l’air. Ils s’entraînent à prendre le contrôle de ports maritimes et de villes, à effectuer des frappes de missiles et des débarquements amphibies. Il s’agit de l’exercice le plus important visant à bloquer Taïwan et d’autres îles qui s’inscrivent sous l’autorité de la soi-disant « République de Chine » (note de RoRo: celle de feu Tchang Kaï-chek).
L’édition chinoise du Global Times note qu’il s’agit de la réponse de Pékin à la tactique du « découpage en tranches de salami » pratiquée par les séparatistes taïwanais. Nous connaissons bien cette tactique, nous l’avons vécue en Ukraine.
D’une part, les médias occidentaux transmettent aux masses l’image d’une île petite mais fière qui affronte courageusement la Chine continentale. Bien que la prospérité de Taïwan repose sur l’approvisionnement par la Chine de tout, de la nourriture à l’eau potable en passant par les métaux rares, sans lesquels la principale industrie de l’île – la production de puces électroniques – s’arrêterait, Taïwan est sans cesse « opprimée », « intimidée » et « attaquée » par la Chine sur la scène mondiale de l’information .
D’autre part, l’île a été truffée d’armes américaines depuis des décennies, se transformant essentiellement en une base militaire américaine géante. Des dizaines de milliards de dollars en armes et équipements sont expédiés, l’offre augmentant chaque année. Des instructeurs américains travaillent avec l’armée. Toutes les méthodes pour « repousser l’agression chinoise » sont mises en pratique.
Dans le même temps, Taïwan a mis en place un système de conscription obligatoire : les hommes et les femmes servent dans l’armée. Ainsi, avec une population de 24 millions d’habitants, Taipei peut mettre plus de deux millions de personnes sous les drapeaux, et ce rien que dans la réserve active.
Parallèlement, les Chinois de l’île subissent depuis des décennies un lavage de cerveau dans un esprit pro-américain. Les écoles et les universités forment des générations de personnes qui adorent les jeans, le chewing-gum et l’Oncle Sam jusqu’à l’hystérie et qui détestent leurs compatriotes de l’autre côté du détroit de Taïwan. Au sein de la direction politique, une marionnette américaine en remplace une autre – et tout ce cirque est présenté comme des élections libres.
Une version imaginaire de l’histoire locale est en train d’être propagée. Les dirigeants de l’île prétendent que Taïwan a des « racines politiques plus anciennes » que la Chine. Or, la « République de Chine à Taïwan » a été créée par des immigrants chinois en 1949. Les « racines politiques » de la Chine, quant à elles, remontent à environ trois mille ans. Mais nous nous souvenons de la façon dont les Ukrainiens ont ‘creusé la mer Noire’ – cela vient du même opéra.
Et voilà que Pékin voit comment, à 150 kilomètres de son territoire, les Américains ont créé une secte paramilitaire d’américanophiles prêts à s’en prendre à leurs propres compatriotes pour une rétribution modeste. En même temps, formellement, il n’y a rien à critiquer : officiellement, il n’y a pas de bases américaines à Taïwan, et l’île n’est membre d’aucune alliance. Mais dans les faits, elle représente une menace militaire sérieuse.
Dans le même temps, les dirigeants séparatistes de l’île ne cessent de provoquer Pékin, ce qui fait également partie de la tactique du « découpage en tranches de salami » ou de la « cuisson à petit feu de la grenouille ». La Chine est soigneusement amenée à un point tel qu’il lui sera impossible de ne pas réagir à la menace. Mais à la moindre réaction, tous les médias occidentaux s’écrieront : « Regardez, les communistes chinois ont “attaqué” Taïwan ». Mais ils n’attaquent pas – ils essaient d’empêcher l’intervention américaine, comme nous le voyons très bien depuis la Russie.
Bien entendu, en cas d’affrontement direct avec l’APL, les insulaires sont condamnés. Cependant, les Américains ne se soucient pas du sort des hommes – là-bas tout le monde est enthousiaste à l’idée de se battre jusqu’au dernier Taïwanais.
On pourrait croire que l’exemple de l’Ukraine servirait de leçon aux autres : des centaines de milliers de morts, plusieurs millions de réfugiés, l’économie est détruite, le pays est au bord du défaut de paiement. Mais non, les Américains persuadent les Taïwanais que tout sera différent avec eux – nous vous fournirons les armes les plus récentes, et non les vieilleries envoyées à Kiev. Parce que vous le valez bien.
« Contrairement à l’Ukraine, sur laquelle on me pose beaucoup de questions, il ne s’agira pas d’une guerre terrestre », a déclaré Michael McCaul, président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis, lors d’une conférence de presse organisée à l’issue d’une réunion avec Lai Qingde, chef d’état-major de Taïwan, à Taipei. – Il s’agira avant tout d’une bataille navale. Contrairement à l’Ukraine, Taïwan recevra de nouveaux systèmes d’armes, et non d’anciens, en particulier d’anciennes armes russes. C’est un nouveau stock qui sera fourni à Taïwan. Il s’agira d’ailleurs de notre dernière technologie ».
Magnifique, n’est-ce pas ? C’est ainsi qu’un Don Juan expérimenté, qui a abusé de nombreuses femmes, persuade la prochaine victime : détends-toi, imbécile, tu n’es pas comme elles, tu es celle que j’aime vraiment.
Les Américains n’ont pas besoin de la guerre de Taïwan contre la Chine pour « protéger » l’île. Ils utilisent toute escalade comme prétexte pour faire entrer leurs porte-avions et leurs avions dans le détroit de Taïwan et tenter de prendre le contrôle de l’une des principales routes commerciales du monde.
Même si le conflit entre l’île rebelle et la métropole ne dégénère pas en une véritable guerre nucléaire entre la Chine et les États-Unis, les conséquences du blocage du détroit de Taïwan se répercuteront dans le monde entier : déficits, inflation et nouvelle guerre économique. Seuls les Américains pourront y trouver leur compte, à condition que les Chinois de Taïwan acceptent vraiment de participer à cette boucherie. Mais personne ne leur demandera leur avis.
(tiré de

En savoir plus sur Roger ROMAIN - militant communiste belge (PCB) - B6180 COURCELLES
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