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Roger Romain de Courcelles | Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES

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Régis de Castelnau  27 Commentaires

Algérie et Israël, d’un 1er novembre à l’autre,…

Le 1er novembre 1954, il y a exactement 70 ans, une organisation inconnue jusque là, déclenchait une série d’opérations terroristes sur l’ensemble du territoire algérien, colonie de la France depuis 124 ans.

Les populations qui habitaient ce territoire devenu colonie de peuplement étaient organisées selon un système d’apartheid précis. Qui excluait la population musulmane de souche du statut de citoyen français de plein exercice, celui-ci étant réservé aux habitants d’origine européenne. Il existait un mouvement nationaliste algérien ancien dont les revendications allaient jusqu’à celle de l’indépendance.

Le 8 mai 1945 se déroulèrent à Sétif des émeutes meurtrières qui provoquèrent la mort d’une centaine d’Européens. L’État français déclencha alors une répression atroce et aveugle contre la population musulmane qui aboutit à un bilan de près de 20 000 morts. Le général Duval qui conduisit la répression dira : « Je vous ai donné dix ans de paix mais tout doit changer en Algérie… ». Rien ne changea et on connaît la suite. L’insurrection déclenchée par un groupuscule sans moyens et les sept ans d’une guerre qui ne voulut jamais dire son nom et qui déboucha sur l’inéluctable indépendance de l’Algérie et le départ des colons européens.

Pour des raisons familiales l’auteur de ces lignes a des souvenirs très précis de cette période et en particulier de l’aveuglement des tenants de « l’Algérie française ». Lobby puissant qui imposa des stratégies absurdes à la métropole. En permettant à une armée française battue en 1940, battue en Indochine, de dériver vers des attitudes factieuses et de se livrer à des exactions indignes contre la population algérienne et de tenter d’imposer son pouvoir aux autorités civiles. En 1958 notre pays était au bord d’une guerre civile dont Charles de Gaulle l’extirpa péniblement.

Il est certes plus facile de raconter l’Histoire quand on connaît la fin, mais l’évidence de la fin de l’ère des empires occidentaux du XIXe siècle enclenchée par la deuxième guerre mondiale était plus qu’évidente aux yeux du monde entier.

Sauf à ceux de ces dirigeants Français incapables de se remettre la défaite de 40. Et qui furent persuadés de la pérennité de leur chère « Algérie française » quasiment jusqu’au bout. C’était l’illusion du 13 mai 1958 et de la soi-disant fraternisation dans les rues d’Alger, qui venait pourtant de connaître les atrocités inadmissibles de la bataille du même nom, autorisées par un gouvernement socialiste dans lequel François Mitterrand était ministre de la Justice (!).

C’était la curieuse illusion d’une possible « victoire militaire » avec l’opération « Jumelles » conduite par le général Challe. C’était parmi d’autres exemples encore, l’enthousiasme constaté par l’auteur dans les milieux militaires, devant la tentative de putsch d’Alger du 21 avril 1961, se terminant comme chacun sait, en pantalonnade. C’était l’attitude des « pieds-noirs » qui crurent jusqu’au bout que l’OAS, et autres soldats perdus meurtriers, allaient les préserver et ne réalisèrent qu’à partir du massacre de la rue d’Isly en mars 62 où l’armée française ouvrit le feu contre une foule de manifestants algérois pacifiques.

La prise de conscience fut brutale, et ce fut alors à partir du mois d’avril une terrible débandade. Plusieurs centaines de milliers d’Européens durent fuir l’Algérie dans la précipitation, en abandonnant tout. Le refus de la fin des systèmes coloniaux occidentaux, et la violence qu’engendra ce refus en Algérie avaient rendu cette fin tragique inéluctable.

Qualifiés de « rapatriés » à leur retour en France, les pieds-noirs seront mal reçus. Comme si la métropole qui leur avait longtemps tout cédé, voulait tourner la page de la période et les considérait comme responsables de son caractère douloureux et dangereux.

Comparaison n’est pas raison évidemment, et il ne serait donc pas raisonnable de comparer trait pour trait l’histoire de la fin de l’Algérie française et la phase historique que traverse l’État d’Israël. Pour qui cependant dispose d’une certaine expérience historique, il existe des sensations étranges. Violence débridée et revendiquée, brutalités, atrocités, déni, violation des règles admises, inversions, suprémacisme, comment ne pas ressentir cet air de déjà-vu. Comment ne pas être troublé par le retour de discours déjà entendus il y a 65 ans, reproduits parfois au mot près.

Jusqu’au 6 octobre 2023, en se tenant à distance du conflit au Moyen-Orient, on pouvait vaguement imaginer, que peut-être, une coexistence serait possible. Depuis le 7 octobre 2023, la réaction israélienne avec le soutien que lui apporte l’Occident, a révélé au monde quelle était désormais la vérité d’Israël. Un État colonial de peuplement, confronté à des peuples qui le refusent. Qui entend s’imposer exclusivement par une brutalité sans limite, et ne peut survivre qu’avec le soutien d’un Occident devenu sa métropole.

Soyons clairs, même si un jugement moral de l’État d’Israël d’aujourd’hui serait justifié, notre propos n’est pas de faire ce constat. Mais plutôt celui d’un diagnostic de la situation historique dans laquelle nous nous trouvons. Et d’exprimer l’opinion selon laquelle comme l’Algérie française, comme le Vietnam américain, l’État d’Israël n’a probablement plus d’avenir. Ce qui plonge, c’est si compréhensible, une part importante de la communauté juive dans l’angoisse. Probablement augmentée par la sensation que ceux qui reviendraient ne seraient pas mieux reçus par ceux qui les soutiennent aujourd’hui, que l’ont été les pieds-noirs en 1962.

Le 1er novembre 1954 était une attaque terroriste contre la France dont l’Algérie de l’époque faisait partie. À ceux qui préconisaient la discussion et la négociation, François Mitterrand répondit : « la seule négociation c’est la guerre ». Sept ans plus tard Ahmed Ben Bella s’asseyaient dans le fauteuil de premier président de la République algérienne. Il y a toujours des imbéciles pour dire : « la France avait gagné militairement ».

Le 30 janvier 1968 le Nord Vietnam lançait une offensive militaire comprenant des aspects terroristes contre le Sud-Vietnam et les États-Unis. Qui infligèrent aux nordistes une défaite coûteuse. Sept ans plus tard, les troupes vietnamiennes entraient dans Saïgon. Là aussi, il y a toujours des imbéciles pour dire : « l’Amérique avait gagné militairement ».

Alors, on peut être sensible à l’avis d’Hegel : « Dans les turbulences des évènements du monde, une maxime générale ne sert pas plus que le souvenir de situations analogues ».

Mais préférer celui de Mark Twain : « l’Histoire ne se répète pas, mais elle rime souvent. »


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