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Roger Romain de Courcelles | Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES

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Dans mes archives personnelles et quasiment oubliées:

dans « LE FACE À FACE » du 6 octobre 1945, hebdomadaire paraissant à Bruxelles, et aujourd’hui disparu, le Camarade Jean TERFVE, secrétaire général du PARTI COMMUNISTE DE BELGIQUE, analyse et tire les conclusions des événements qui ont conduit à la 2e guerre mondiale:

la lutte que se livraient les différents impérialismes occidentaux -français, anglais, américain, allemand- pour la redistribution des nouveaux marchés, la domination capitaliste du monde, et surtout CONTRE l’ avènement du Socialisme en URSS, l’ apparition et la montée des partis communiste, devenus les dangers principaux qui l’ emportaient sur tous les autres. 

1945 : les espérances étaient alors très grandes d’empêcher le retour de tels événements, de voir le renforcement du Socialisme, l’ avènement d’un Monde de Paix définitive entre les Nations. 

Hélas, les forces de la Réaction internationale, de guerre, sont toujours présentes, agressives, prêtes à recommencer pour les profits et étendre leurs conquêtes, leur domination, réduire d’ autres peuples au pillage et à l’esclavage.

Leurs nouveaux buts économiques et guerriers: vaincre et conquérir la RUSSIE, et la CHINE, au prix de nouvelles guerres.

RoRo-85        20 01 2026     

 

TRIBUNE LIBRE

Pourquoi nous sommes hostiles au Bloc occidental ?

Par Jean TERFVE ,  secrétaire du Parti Communiste de Belgique.

 

NUL ne peut contester qu’une des aspirations populaires les plus profondes soit un immen­se désir de paix et de sécurité.

Cette aspiration au lendemain de l’impitoyable conflit que nous venons de traverser, est encore plus avivée et les grandes masses espèrent qu’ el­les ne connaîtront plus cette atmosphère de trêve armée qui fut celle de l’ entre-deux guerres.

Mais la paix, pas plus qu’autre chose, ne s’improvise. Elle ne se réalise pas sous la pression d’ appels sentimentaux ou moralisateurs, elle se construit en tenant compte des forces en présence et en s’appuyant sur un effort en vue d’ éliminer ou tout au moins de raréfier les causes de conflits.

Si nous voulons réellement atteindre un résultat, nous devons, sur la base des expériences passées, déterminer les cau­ses qui favorisent le déclenchement des guerres et mettre tout en œuvre pour en éviter le retour.

La guerre 1914-18 est essentiellement liée à la transformation progressive du capitalisme agressif qui se bat pour la conquête du monde. Il ne fait plus de doute pour personne que la caractéristique de cette guerre fut celle d’un conflit armé entre les capitalismes allemand, français et anglo-saxons se disputant la possession des grands marchés économiques.

La révolution socialiste qui s’est pro­duite en Russie dans les années 1917-18 a apporté un élément complètement nou­veau, Jusque là les critiques apportées au régime capitaliste et les efforts accomplis en vue de son remplacement par un régime socialiste restaient dans le domaine de la théorie ou de l’agitation sporadique.

La prise du pouvoir par les Soviets apportait la démonstration de la « réalité  » du socialisme et de ses possibilités d’as­surer l’ existence et le large développement d’un pays.­ 

C’était le probleme des classes porté à l’echelle internationale. Les impérialismes n’avaient plus seulement à se défendre l’un contre l’autre pour la lutte des débouchés, ils entraient en conflit avec un adversaire plus important encore, celui qui contenait en lui-même tous les exem­ples et tout le rayonnement de ce qui doit immanquablement prendre leur place.

Il n’est pas possible de comprcndre l’histoire de l’entre-deux guerres si on n’a pas perpétuellement à l’esprit cette ‘lutte menée sur deux fronts par les impéria­lismes rivaux.

Toute l’habileté diplomatique de cette période a consisté à marier les deux objectifs et à combattre simultanément l’adversaire de classe, l’ U.R.S.S. et le concurrent impérialiste.

 

Selon les périodes, selon les rapports de force, selon les régimes au pouvoir dans les différents pays, le jeu a varié.

Toutefois, les grandes forces interna­tionales de la Réaction. qui dirigent la lutte. ont considéré l’adversaire de classe comme infiniment plus dangereux que le concurrent impérialiste et elles ont agi poussées par le mobile premier de l’anti­communisme.

C’est ce qui explique des faits comme que: l’établissement du cordon sanitaire de 1918 dont les États balkaniques, la Polo­gne et la Finlande formaient les pièces maîtresses, le soutien du fascisme italien à ses débuts et lors de ses campagnes extérieures, le rééquipement économique de l’ Allemagne assuré par les Anglo-­Saxons et les Français et l’aide puissante apportée à l hitlérisme, la non-interven­tion en Espagne, la politique de Münich, la politique équivoque de 1939 pour la condusion d’un véritable accord de sécu­rité collective liant Angleterre, France et U.R.S.S.

Ce fut une des grandes habiletés de l’Allemagne hitlérienne de comprendre et d’exploiter cette situation.

Elle ne devait y renoncer qu’au mo­ment de la capitulation et pas un instant au cours de la guerre elle n’a cessé de raviver l’espoir d’une rupture entre le capitalisme anglo-saxon et la Russie soviétique.

Cette dernière, au cours de ses 27 années d’histoire diplomatique a, à juste titre, axé sa politique extérieure sur l’existence d’une hostilité permanente contre elle et sur le risque constant de la conclusion d’une coalition anti-soviétique­.

En fin de compte, ces positions contra­dictoires avaient à ce point renforcé l’ impérialisme allemand que l’ impérialisme anglo-saxon opta pour un accord avec la Russie socialiste en vue d’écraser un con­current devenu vraiment trop redoutable.

Maintenant,  grâce à cette entente, les fascismes allemand et japonais ont été mis hors de combat et la paix est revenue dans le monde.

Mais l’hostilité foncière des grandes forces impérialistes à l’égard du socialis­me et de son expression vivante, l’URSS, demeure et elle risque de dominer si nous n’y prenons garde tout le développement de la politique internationale.

La rivalité des impérialismes anglo-sa­xons et allemand est éliminée. La victoire serait une duperie si c’était pour y sub­stituer une rivalité de classes et de régi­mes, source inévitable de conflits plus graves encore.

Cette lutte d’un régime en voie de perdition contre un régime en devenir n’offre de l’utilité que pour les grands trusts et monopoles internationaux pour le seul profit desquels subsiste encore le  régime capitaliste.

Partout, dans tous les pays, les peuples sont prêts à accueillir les transfor­mations profondes qui sont devenues inévitables.

Partout, le monde se dirige vers le socialisme. Si même il ne revêt pas d’une façon identique les formes qu’il a adoptées en U.R.S.S, il est certain que le régime soviétique est dans sa ligne générale la première réalisation de ce à quoi tendent toutes les forces démocratiques du monde.

Elles ne peuvent admettre que la pré­paration sournoise d’une croisade anti­communiste vicie pour de longues années les relations internationales et recrée au seul profit des forces de la Réaction les conditions d’un conflit armé.

Chaque foi que l’ antisoviétisme a pris le dessus, chaque fois les dangers de guerre se sont accrus. Le découpage du monde en blocs ne peut avoir pour effet que de recréer un équilibre instable sem­blable, sous d’autres formes, à celui qui a précédé la guerre. Et nous risquons fort de voir les forces de la Réaction utiliser bloc américain et bloc occidental pour mener à nouveau une double politique de rivalités impérialistes et de politique de classe contre la montée du socialisme.

C’est aux forces populaires de tous les pays qu’il appartient de déjouer les manœuvres des trusts et d’imposer une politique conforme à leurs aspirations et à leurs intérêts. Elles doivent prendre garde aux apparences séduisantes  et logiques sous lesquelles la Réaction dis­simule ses objectifs les plus sombres.

Elles ne doivent pas oublier qu’en 1938-39 on allait les livrer à la plus effroyable des guerres aux airs de « II ne faut pas mourir pour Dantzig » et aux appels d’un pseudo-pacifisme démagogi­que. ­

Forces démocratiques de tous les pays du monde et forces du pays des Soviets ont partie liée. elles représentent des for­mes différentes d’un même mouvement qui conduit à l’avènement du Socialisme.

Tout ce qui peut les désunir est un recul et un succès pour les forces du passé.

C’est parce que nous avons conscience que la paix est possible qu’ elle correspond aux aspirations du peuple, et qu’elle est la meilleure voie pour conduire à l’instauration du Socialisme dans le mon­de que nous marquons une opposition irréductible à tout ce qui peut être une cause ou une occasion de conflit et que nous dénonçons sans ménagement les manœuvres tortueuses et hypocrites de la Réaction, manœuvres dont nous avons durant l’entre-deux guerres si bien compris le mécanisme ,


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