De : danielle bleitrach <newsletter@histoireetsociete.com> Envoy: vendredi 16 janvier 2026 Objet : Les 6 derniers articles de notre blog « Histoire et Société »
Les derniers articles de « Histoire et Société » :
Le « dilemme » n’en est pas un, semble-t-il… puisque l’on peut toujours en « chevalier de la noble conscience » dont se moquait Marx transformer toutes les victimes de l’empire en dictateurs dont sur le fond on justifie le fait que nous en soyons débarrassés, on dénonce vaguement l’illégalité mais on tortille du cul devant la revendication à la libération de Maduro, on appuie « le peuple iranien » en occultant le danger principal de l’ingérence, c’est toujours « l’indignation morale » qui permet de ne pas mettre en cause l’atlantisme même si la pression, l’illégitimité des gouvernements et des forces politiques lâche un peu de lest. Le compromis va dans le cas des dirigeants européens jusqu’à appuyer Zelenski qui propose les seules méthodes terroristes et le kidnapping de Poutine. On déverse sur l’Ukraine des milliards de l’argent des contribuables sans jamais les consulter et on envoie trois chasseurs alpins avec une pétoire se balader dans le Groenland, une version renouvelée de la « ligne Maginot » et de « l’étrange défaite » face à des révoltes populaires sans perspective. Le verre est de ce fait au trois quart vide même si le dernier quart se remplit si lentement que cela laisse toute la place à la démobilisation et au fascisme. L’histoire jugera ce qu’il en est et la nature de la forfaiture. Qui l’a combattu, qui de fait l’a justifié et entretenu, que doit-elle à la trahison et/ou à la médiocrité ? Les faits sont têtus et l’histoire est désormais au rendez-vous. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Parmi ceux qui accueillaient les « internationalistes » figuraient les généraux de corps d’armée Álvaro López Miera et Lázaro Alberto Álvarez Casas, respectivement ministres des Forces armées révolutionnaires et de l’Intérieur. Avant même l’intervention au Venezuela ce qui m’avait alertée – au-delà de l’accumulation des forces des USA dans les Caraïbes et des bombardements de barques de pêcheurs – c’était le fait que tous les Cubains, y compris le président, apparaissaient en uniforme et tout donnait le sentiment d’une mobilisation de la totalité de Cuba. Il faut mesurer la nature de l’armée rebelle cubaine, elle est profondément révolutionnaire, en appui de l’aide à la survie à Cuba mais là aussi où elle intervient sans jamais accepter un peso pour le sang versé. C’est déjà la particularité de l’aide fournie à l’Afrique, à la libération de Mandela, toutes les interventions en Afrique ont plus ou moins bénéficié des richesses de ce continent, d’une manière qui va du pillage à la collaboration, seul Cuba est reparti avec seulement les os de ses soldats morts, disait Fidel. Cuba revient avec le cadavre de ses enfants et se dresse dans toute sa grandeur révolutionnaire face à l’empire prédateur, destructeur et grotesque (note et traduction de Danielle Bleitrach).
L’intervention de Trump survient non seulement dans un contexte historique mais dans une situation où elle a été préparée par une succession de défaites d’une gauche divisée et incapable d’aller jusqu’au bout de la logique de l’anti-impérialisme et acceptant une politique qui est celle de la droite par bien des aspects. Cette description va au-delà des analyses politiciennes, elle montre que derrière la tactique du « fou » de Trump il y a bien une stratégie impérialiste qui joue du chaos pour tenter y compris par le fascisme de s’assurer ce que le capitalisme financiarisé perd au profit de la Chine à savoir la domination des secteurs technologique et financier. Face à l’implantation du monde multipolaire à travers les BRICS, la route de la soie, il s’agit d’en finir avec les résistances, réorienter la présence militaire américaine vers l’hémisphère occidental, élargir l’accès aux ressources critiques et soutenir les régimes alignés sur le programme de Trump. On pourrait même en déduire que tout a été mis en place avant le retour de Trump, et si l’on considère le cas des ports du Panama c’est le cas, et c’est pour cela que la seule stratégie est celle de la Chine et du monde multipolaire qui vient en appui du soulèvement des peuples, celle du socialisme réel et des partis communistes qui ne sont pas rentrés dans la collaboration de classe et de fait l’atlantisme. (la protestation populaire qui tente en permanence d’être dévoyé contre antiimpérialisme et en appui de l’ingérence, et même de la guerre que l’on feint de dénoncer. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Comment le trumpisme mondial s’est-il manifesté en Amérique latine ? La stratégie de sécurité nationale des États-Unis pour 2025 a invoqué un corollaire Trump à la doctrine Monroe pour privilégier la domination des secteurs technologique et financier, réorienter la présence militaire américaine vers l’hémisphère occidental, élargir l’accès aux ressources critiques et soutenir les régimes alignés sur le programme de Trump.
Début 2026, des gouvernements d’extrême droite et autoritaires étaient au pouvoir ou sur le point d’être investis en Argentine, au Salvador, en Équateur, au Honduras, au Pérou, au Paraguay, au Panama, au Costa Rica et au Chili. Si toutes ces forces politiques au pouvoir ne sont pas trumpistes, elles subissent toutes d’intenses pressions pour étendre l’accès de la classe capitaliste transnationale (CCT) aux ressources énergétiques et minières nécessaires aux technologies numériques qui impulseront la restructuration et la transformation de l’économie mondiale, et pour réprimer toute résistance populaire. Les cas de l’Équateur, du Salvador, de l’Argentine, du Honduras et du Venezuela illustrent ces dynamiques.
En Équateur, le gouvernement du président Daniel Noboa a laissé des groupes criminels violents agir en toute impunité, étendant leur emprise sur de nombreuses communautés défavorisées. Ce n’est que lorsque la population, désespérée par l’insécurité et la violence perpétrées par ces bandes, a exigé une protection que le gouvernement est intervenu, déclarant l’état d’urgence en 2024 et déployant l’armée sur l’ensemble du territoire.
Cependant, au lieu de combattre les bandes criminelles, l’armée a réprimé les mobilisations de protestation populaire menées par les communautés autochtones.
L’état d’urgence a servi de prétexte à Noboa pour promouvoir l’expansion de l’exploitation et de l’extraction des hydrocarbures et pour approuver des modifications législatives facilitant l’expropriation et le pillage par les sociétés transnationales.
Le président salvadorien Nayib Bukele a également mis en œuvre un modèle de contrôle de la main-d’œuvre excédentaire fondé sur la manipulation de l’insécurité et l’instillation de la peur du crime et des violences sociales – conséquences de la pauvreté chronique, du chômage et du dénuement. Bukele a réussi à instrumentaliser les fortes demandes de sécurité pour déclarer l’état d’urgence et gouverner par la force et par décret. Les citoyens se sentent en sécurité dans les rues, mais ils restent aussi pauvres qu’avant la répression carcérale. En raison des coupes budgétaires dans les dépenses sociales, la pauvreté a augmenté sous le gouvernement de Bukele, touchant près de 30 % de la population, tandis que 40 % supplémentaires vivent dans des conditions précaires.
En Argentine, les péronistes ont remporté une victoire écrasante aux élections législatives de septembre 2025 dans la province clé de Buenos Aires, qui abrite près de 40 % de la population du pays. Par la suite, Trump a offert jusqu’à 40 milliards de dollars d’aide économique, à la condition, largement rapportée, que le président d’extrême droite, Milei, remporte les élections nationales de mi-mandat, ce qu’il a fait. Suite à cela, le gouvernement a pris des mesures pour autoriser la déforestation et l’exploitation minière – notamment des vastes gisements de cuivre inexploités du pays – dans des zones périglaciaires protégées, tandis que le taux de pauvreté passait de 42 % à 53 % de la population.
Un scénario similaire s’est produit au Honduras, où Trump a agi en faveur du CCT en collusion avec l’extrême droite locale. À la veille des élections du 30 novembre, le président américain a menacé de suspendre toute l’aide américaine si les électeurs n’élisaient pas le candidat d’extrême droite et héritier du Parti national, Nasry Asfura. Parallèlement, il a gracié le trafiquant de drogue international et ancien président du Parti national, Juan Orlando Hernández.
Durant sa présidence, de 2014 à 2022, Hernández a cédé une partie du territoire national sur l’île caribéenne de Roatán à des investisseurs américains en capital-risque, afin qu’ils la gèrent comme un centre privé dédié aux technologies, aux cryptomonnaies et à d’autres activités financières opaques – autrement dit, comme un fief privé doté de ses propres règles, d’une autonomie fiscale et réglementaire et de tribunaux d’arbitrage. Le gouvernement progressiste du Parti Libre, dirigé par Xiomara Castro, a annulé cette concession.
La conjonction de trois facteurs a alimenté l’agression choquante contre le Venezuela. Premièrement, l’impunité dont jouissent les forces génocidaires israéliennes a ouvert la voie à un capitalisme mondial encore plus barbare, qui ne cherche même pas à légitimer sa sauvagerie sous couvert de droit international ou de droits de l’homme. Deuxièmement, les États-Unis sont avides d’accéder aux vastes richesses pétrolières et minières du Venezuela, avec la complicité d’un régime plus docile que celui de Maduro. Troisièmement, les États-Unis mènent une vaste campagne de projection de puissance dans l’hémisphère, le Venezuela servant de fer de lance à une expansion violente en Amérique latine.
Nous nous trouvons à la croisée des chemins, tant sur le continent américain que dans le monde entier. Les échecs de la gauche institutionnelle, avec son approche étatique, son contrôle vertical, son autoritarisme et sa corruption, ont ouvert la voie au retour de l’extrême droite dans une grande partie de l’Amérique latine. Lorsqu’elle accède au pouvoir, la gauche s’emploie à contenir les luttes populaires et manque à sa mission de gauche. Une fois au pouvoir, elle n’hésite pas à défendre, voire à étendre, le modèle extractiviste et à s’adapter au capital transnational, absorbant la rébellion au sein de l’État capitaliste et de l’ordre hégémonique, servant de relais au pouvoir structurel du capital transnational et neutralisant le potentiel antisystémique de chaque soulèvement.
Professeur émérite de sociologie à l’Université de Californie à Santa Barbara
María Corina Machado et Donald Trump. Photos chez AP
On s’interroge sur à qui on réserverait aujourd’hui la palme du grotesque dans le sordide, l’expédition de l’UE au Groenland tandis qu’elle continue à commander du matériel militaire aux USA et le supplier de diriger le terrorisme de Zelenski ou cet invraisemblable remise du prix Nobel de la paix pour s’assurer du massacre du peuple vénézuélien ? Peut-être tous les records sont-ils battus par la « gôche » qui s’obstine tout en condamnant Trump à vouloir maintenir la même logique de vassalisation à l’égard des USA, en se posant d’abord et avant tout en critique immonde des mœurs démocratiques des victimes de l’impérialisme et en soutenant de fait les guerriers par procuration de l’empire. Il y a quelque chose également de fascinant dans la manière dont l’impérialisme détruit ses propres institutions, rien n’y échappe depuis celles des Etats-Unis jusqu’à l’ONU, jusqu’au prix Nobel de la paix, l’Eurovision et la Fifa… On croirait entendre Marx dans le manifeste « tout ce qui rendait vénérable »… (note et traduction de Danielle Bleitrach
Washington. Le président américain Donald Trump a reçu jeudi le prix Nobel de la paix des mains de la dirigeante de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado, prix qu’il avait remporté le mois dernier.
Lors de sa visite à la Maison Blanche hier, Machado est entrée seule, sans respecter le protocole habituellement réservé aux invités de marque du président ; elle est passée par le poste de sécurité et est repartie sans photo avec le président.
Lors de sa rencontre avec Trump, Machado lui a remis la médaille récompensant son prix.
À l’issue de leur rencontre, la cheffe de l’opposition, qui a qualifié la réunion avec Trump d’« excellente », a déclaré aux journalistes qu’elle avait remis son prix au républicain en reconnaissance de « son engagement exceptionnel envers la liberté » du peuple vénézuélien.
De son côté, Trump a déclaré sur son compte de réseau social, Truth Social : « Ce fut un grand honneur pour moi de rencontrer aujourd’hui Maria Corina Machado du Venezuela. C’est une femme formidable qui a traversé tant d’épreuves. Maria m’a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j’ai accompli. Un magnifique geste de respect mutuel. Merci, Maria ! »
Selon les analystes, le geste de Machado, qui a fui le Venezuela en décembre, semblait viser à gagner en influence tout en rivalisant avec les membres du gouvernement vénézuélien pour attirer l’attention du magnat et s’assurer un rôle dans l’avenir de la République bolivarienne.
Bien que Machado ait remis la médaille à Trump, celle-ci lui reste acquise, l’Institut Nobel norvégien ayant déclaré que le prix ne peut être ni transféré, ni partagé, ni révoqué.
Pendant la visite, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué que Trump restait ferme dans son évaluation « réaliste » selon laquelle, à l’heure actuelle, Machado ne dispose pas du soutien nécessaire pour diriger le Venezuela à court terme.
Au moment de la publication, ni Machado ni Trump n’avaient diffusé de photos de leur rencontre.
Le Centre Nobel de la paix réagit au geste de Machado qui a offert sa médaille à Trump
« Il le mérite. C’était un moment très émouvant », a déclaré la lauréate du prix Nobel de la paix. Par ailleurs, le centre éponyme a réagi au geste de Maria Corina Machado.
Maria Corina Machado à la Maison-Blance le 15 janvier 2026. – AFP.
Par AFPPublié le 16/01/2026 à 06:40 Temps de lecture: 1 min
Donald Trump s’est réjoui jeudi du « geste magnifique » de l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, qui lui a remis la médaille de son prix Nobel de la paix lors de leur rencontre à la Maison-Blanche.
« Maria m’a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j’ai accompli. Quel magnifique geste de respect mutuel. Merci Maria ! », a écrit sur sa plateforme Truth Social le président américain, qui convoite ouvertement cette distinction.
Plus tôt dans la journée, l’opposante vénézuélienne avait annoncé avoir « offert » la médaille de son prix Nobel à Donald Trump, qui la tient à l’écart de sa stratégie pour le Venezuela. « Il le mérite. C’était un moment très émouvant », a-t-elle déclaré lors d’un entretien à la chaîne américaine Fox News.
Réaction du Centre Nobel de la paix, là aussi ces gens en rajoutent dans le grotesque.. Le Zungzwang, celui qui bouge dans une telle situation où il s’est lui même mis se couvre un peu plus de ridicule et de déshonneur…
Le Centre Nobel de la paix, musée situé à Oslo, a opportunément souligné sur X jeudi que les lauréats pouvaient disposer comme ils ou elles l’entendaient de la médaille dorée associée à la distinction. Mais il a ajouté : « Une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat. » Le déjeuner entre Donald Trump et Maria Corina Machado, présenté côté américain avant tout comme une rencontre de courtoisie, s’est déroulé sans accès de la presse.
Peu après la capture de Nicolás Maduro, depuis détenu aux Etats-Unis, le président américain avait estimé que Mme Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre pour recevoir le Nobel, n’était pas qualifiée pour diriger le pays.
La déclaration que nous avons publié hier datait du 9 janvier et c’était sans doute une erreur que de la publier puisqu’en en voici une plus récente en date du 12 janvier qui insiste sur le fait que si le déclenchement des événements était légitime, il est évident que des forces sont en train de préparer le retour de la monarchie et de l’intervention des USA, que les forces progressistes elles ne sont pas en situation de créer une alternative et dans de telles conditions si les revendications demeurent il ne faut pas comme nous ne cessons de l’affirmer ici encourager l’ingérence étrangère. En revanche il est évident que comme d’habitude les forces politiques françaises en particulier celles de gauche qui se précipitent dans une indignation opportuniste et croient se refaire une vertu démocratique sans considérer le danger principal ne changeront jamais, elles sont inféodées au consensus atlantique et le resteront jusqu’à leur propre disparition puisqu’elles aussi sont dans l’incapacité de promouvoir une solution progressiste. (note et traduction de Danielle Bleitrach)
Publié le 12 janvier 2026
L’urgence d’agir immédiatement pour sauver le pays de la dictature
Il faut réaffirmer clairement que le déclenchement du soulèvement populaire actuel et son expansion au cours des 15 derniers jours sont directement liés à la propagation rapide de la pauvreté, des inégalités et des injustices flagrantes, ainsi qu’à la corruption et à l’accumulation de richesses par une petite minorité, conséquences des politiques économiques du régime au cours des trois dernières décennies, et non à une revendication du retour de la monarchie ou de la restauration du régime monarchiste.
De plus, outre la lutte héroïque de centaines de milliers de personnes contre le despotisme et l’oppression de classe, il est évident que certains éléments et groupes organisés, par des actes de sabotage et de violence, tentent de préparer le terrain pour une intervention directe des États-Unis et de leurs alliés dans le cadre des manifestations actuelles.
Ainsi, les conséquences catastrophiques des politiques intérieures du régime théocratique au pouvoir, combinées à l’impact dévastateur des sanctions américaines sur la vie et les moyens de subsistance de la population, ont placé le pays aujourd’hui dans une situation extrêmement difficile.
Les médias impérialistes, s’appuyant une fois de plus sur leurs vastes ressources et leur influence, ont lancé des campagnes de propagande et diffusé des récits fabriqués de toutes pièces visant à restaurer la monarchie. Ils tentent de surfer sur la vague des protestations légitimes du peuple et de détourner le mouvement antidictatorial de sa véritable voie. D’une part, ces médias offrent aux dirigeants du régime un prétexte pour qualifier le soulèvement populaire de complot des États-Unis et d’Israël ; d’autre part, en exagérant les tendances monarchistes, ils cherchent à entraver la construction de l’unité et de la coordination des forces progressistes et patriotiques.
Les événements survenus ces derniers jours, tant au niveau national qu’international, démontrent que le courant artificiel et dépendant de l’influence étrangère, qui s’est formé autour du slogan « retour de la monarchie », non seulement manque d’une large base sociale et d’un programme sérieux de réformes démocratiques, mais est également incapable d’accomplir quoi que ce soit sans l’intervention et les menaces des États-Unis et d’Israël, si ce n’est de saboter le mouvement antidictatorial et les manifestations populaires. La requête honteuse adressée par Reza Pahlavi à Trump le 9 janvier, sous prétexte d’« aider le peuple iranien », dans laquelle il déclarait : « Vous avez prouvé, et je sais, que vous êtes un homme de paix et fidèle à votre parole ; soyez prêt à intervenir pour aider le peuple iranien », illustre parfaitement le comportement antinational de ce courant. En réalité, ces appels ont fourni aux dirigeants de la République islamique et à son appareil répressif l’opportunité et le prétexte dont ils avaient besoin : l’ordre de Khamenei qualifiant les manifestants d’« émeutiers » et d’« agents étrangers », et les avertissant que le gouvernement ne leur ferait preuve d’aucune clémence. En accusant faussement la population, par la voix de personnalités comme Pezeshkian, d’être des « terroristes », des « instigateurs » et des mercenaires de « l’ennemi », ils ont réprimé violemment l’ensemble du mouvement de protestation. Compte tenu des menaces d’intervention de Trump en Iran, les actions conjointes de Reza Pahlavi et des dirigeants de la République islamique pourraient créer les conditions propices à une attaque américaine contre l’Iran.
Ces derniers jours, de grands médias occidentaux et certains responsables politiques occidentaux, en exagérant la montée du monarchisme et en orientant l’opinion publique vers une vision fataliste de l’effondrement de la République islamique et une justification de l’intervention occidentale directe sous la présidence de Trump, ont orchestré un projet de « production alternative » pour l’Iran. Par exemple, depuis vendredi soir dernier, les chaînes de radio et de télévision de la BBC au Royaume-Uni ont diffusé des vidéos produites par l’Organisation des Moudjahidine du peuple (MEK), mené des interviews de John Bolton et diffusé des programmes similaires. Ces médias, ainsi que les principaux médias français et américains, cherchent à créer un climat propice à une intervention dans les affaires intérieures iraniennes. Le gouvernement britannique, allié de longue date des États-Unis dans la promotion de politiques impérialistes, a également annoncé dimanche 11 janvier qu’il souhaitait une « transition pacifique du pouvoir en Iran ».
De plus, nous assistons à des agissements déplorables de la part de certaines personnalités iraniennes de premier plan. Parmi elles figurent Shirin Ebadi, avocate et lauréate du prix Nobel de la paix ; Mohsen Makhmalbaf, écrivain et cinéaste ; et Abdullah Mohtadi, secrétaire général du Parti Komala du Kurdistan iranien. De concert avec Reza Pahlavi, ils ont adressé une lettre à Trump l’appelant à intervenir dans les affaires iraniennes, y compris par une action militaire. Shirin Ebadi ignore-t-elle les opinions fascistes, l’idéologie réactionnaire, misogyne et raciste, ainsi que les politiques agressives et hégémoniques d’une figure comme Trump et de son complice, Netanyahu, criminel de guerre ?
Dans le cadre des plans des États-Unis et de leurs alliés pour notre pays et la région, ces appels et le recours à l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures de l’Iran servent en réalité d’instruments pour contenir et neutraliser toute possibilité d’organisation d’un mouvement populaire et de formation d’une force iranienne capable de libérer le pays de la dictature en place et de le guider vers des transformations révolutionnaires nationales-démocratiques. Ces politiques interventionnistes impérialistes se sont répétées à maintes reprises en Iran au cours du siècle dernier. Les Pahlavi ont joué un rôle central dans leur mise en œuvre, en ont tiré profit et, en retour, ont accordé d’importantes concessions aux puissances intervenantes, au mépris des intérêts nationaux, notamment lors du coup d’État du 19 août 1953 contre le gouvernement national du Dr Mohammad Mossadegh, suite à la nationalisation de l’industrie pétrolière.
Après le renversement, il y a plus de quarante ans, de la dictature de la famille Pahlavi, dépendante de l’étranger, lors de la révolution populaire de 1979, la dictature théocratique a rapidement abandonné les idéaux de la révolution et, afin de préserver la domination de « l’islam politique » et de protéger les fortunes colossales des élites proches du pouvoir, s’est dressée contre le peuple travailleur et les intérêts nationaux. Pendant des années, ce régime a fait obstacle à des changements démocratiques et nationaux fondamentaux. La situation s’est aujourd’hui tellement dégradée que la société voit toutes les voies d’accès à la justice, à l’égalité et à la liberté bloquées et, malgré la répression, a atteint un stade explosif de manifestations de rue massives pour reconquérir ses droits. Dans ces conditions graves, avec un gouvernement faible, corrompu et répressif au pouvoir, l’Iran est à nouveau confronté à de dangereuses menaces de la part des États-Unis, d’Israël et de leurs agents infiltrés.
Suite aux manifestations populaires successives qui ont secoué l’Iran ces vingt dernières années, il est clair que le régime théocratique a perdu toute capacité à contenir ou à contrebalancer les soulèvements légitimes de la majorité de la population et n’est plus en mesure de réparer, même partiellement, le profond fossé qui sépare le peuple de l’État. Les propos tenus dimanche soir dernier par Massoud Pezeshkian (le président) lors de son prétendu « dialogue télévisé franc et amical avec le peuple » sur la crise économique et sociale et la suppression des taux de change subventionnés n’étaient qu’une répétition d’une rhétorique stérile et ennuyeuse, sans apporter de réel changement à la population. Sa vaine « thérapie par la parole », reconnaissant les causes économiques des récentes manifestations sans proposer de solution concrète, n’aura aucun impact sur l’opinion publique. Les travailleurs ressentent ces problèmes au quotidien et ont appris, par expérience, que les responsables et les autorités du régime n’ont ni la volonté ni la capacité de les résoudre.
Le même jour, Mohammad-Bagher Ghalibaf, président du Parlement, s’est contenté de répéter des propos belliqueux et dangereux, clairement perçus comme une incitation à la guerre. Il a déclaré : « En cas d’attaque militaire, l’Iran, dans le cadre de la légitime défense, considérera les bases militaires et navales israéliennes et américaines comme des cibles légitimes. » Ebrahim Azizi, général de brigade des Gardiens de la révolution et président de la Commission parlementaire de la sécurité nationale, est allé encore plus loin dans cette posture insensée et dangereuse, affirmant, au sujet des récentes manifestations : « À l’avenir, la République islamique considérera comme légitime toute action contre les États-Unis et Israël compte tenu de ces événements. » Parallèlement, selon les dernières déclarations de Trump, la République islamique a demandé l’ouverture de négociations, et Abbas Araghchi a également annoncé lundi 12 janvier que « la République islamique est prête à la fois pour la guerre et pour les négociations ».
La réalité est que les forces et factions influentes au sein de la dictature en place, ainsi que celles dépendantes de l’Amérique de Trump, aspirent au maintien d’une forme de dictature en Iran. Les premières poursuivent cet objectif soit en préservant la structure actuelle, centrée sur le pouvoir absolu du Guide suprême – bien que son mandat touche à sa fin –, soit par des réformes limitées visant à sauvegarder à tout prix les intérêts du grand capital, tout en maintenant l’économie politique actuelle dans un cadre néolibéral. Les secondes mettent en œuvre cette approche dans le cadre des plans stratégiques de l’administration Trump, autoritaire et coercitive, en coordination avec le belliciste Netanyahu, afin de redessiner la carte géopolitique de la région. Aujourd’hui, l’Iran se trouve au cœur de ces bouleversements, dans une situation politique, économique et sociale des plus fragiles.
Au cours du siècle dernier, notre pays a de nouveau sombré dans l’agitation et s’est engagé sur la voie de changements radicaux, en raison de l’inconscience de ses dirigeants et de leur mépris pour la vie et les moyens de subsistance des travailleurs. Malheureusement, cette fois-ci, comme lors de la révolution de 1979, les forces politiques progressistes et patriotiques ne sont pas préparées à une unité efficace et concrète autour d’un programme minimum commun, ce qui rend l’avenir des événements actuels profondément préoccupant. Une fois encore, certains milieux tentent d’imposer un « leader » extérieur au mouvement. La fragmentation des forces progressistes est telle que, jusqu’à il y a quelques semaines, certaines organisations et certains individus, au lieu de privilégier un dialogue constructif, la coordination des actions et le soutien mutuel (notamment aux figures et personnalités importantes du pays, comme Mir-Hossein Mousavi ou Tajzadeh et les 17 militants de la société civile qui ont déclaré que « la transition hors de la République islamique est le seul moyen de sauver l’Iran »), se préoccupaient d’interviews et d’écrits abstraits, déconnectés des réalités du pays et des menaces extérieures. Ils redéfinissaient la « gauche » et réglaient leurs comptes avec les forces progressistes, tandis que le mouvement de gauche et le parti Tudeh d’Iran subissaient la pression et les attaques de l’appareil sécuritaire et médiatique du régime, ainsi que des médias liés au camp Pahlavi et aux puissances étrangères. Il est clair que cette fragmentation, ces divisions et cette inaction servent les intérêts de la dictature théocratique et des courants monarchistes.
Le Parti Tudeh d’Iran, par ses appels, ses documents officiels, ses articles dans Nameh Mardom et ses contacts directs avec d’autres forces progressistes et patriotiques, a maintes fois souligné la nécessité d’un dialogue constructif et d’une coopération active autour d’un programme minimal dans la lutte contre le régime autoritaire au pouvoir. Les forces progressistes doivent élaborer un programme commun à présenter au peuple afin de préparer le mouvement à faire face à la situation critique actuelle. Un tel outil permettrait d’orienter les actions vers la satisfaction des intérêts nationaux et des aspirations populaires. Malheureusement, jusqu’à présent, cette opportunité n’a pas été saisie pour organiser une lutte unie et efficace contre la dictature.
Néanmoins, malgré les conditions difficiles qui règnent dans le pays et l’incapacité des forces patriotiques progressistes à infléchir le cours des événements, nous sommes convaincus que la lutte contre la dictature et la défense de la paix et de la souveraineté nationale se poursuivront pour des raisons objectives et réelles. Du point de vue du Parti Tudeh d’Iran, un cadre commun de dialogue et d’accord entre la gauche progressiste et les forces nationalistes, dans la phase actuelle de la lutte, pourrait inclure les objectifs fondamentaux suivants :
Évoluer vers l’établissement d’un gouvernement national-démocratique, avec une séparation complète de la religion et de l’État, y compris toutes les institutions gouvernementales et exécutives, la législation, le pouvoir judiciaire et tous les aspects de la planification sociale
Un arrêt complet des programmes économiques néolibéraux dans les secteurs clés de l’économie nationale
Défense de la paix, de la souveraineté nationale, attachement à l’intégrité territoriale de l’Iran et opposition à toute forme d’ingérence étrangère dans les affaires intérieures de l’Iran
Liberté pour tous les prisonniers d’opinion, les prisonniers politiques et les prisonniers du travail
L’urgence de la situation exige que, pour sauver le pays de la dictature, nous unissions immédiatement nos efforts et agissions sans délai.
Extrait de « Nameh Mardom », organe central du Parti Tudeh d’Iran, numéro 1251, 12 janvier 2026
Le « dilemme » n’en est pas un, semble-t-il… puisque l’on peut toujours en « chevalier de la noble conscience » dont se moquait Marx transformer toutes les victimes de l’empire en dictateurs dont sur le fond on justifie le fait que nous en soyons débarrassés, on dénonce vaguement l’illégalité mais on tortille du cul devant la revendication à la libération de Maduro, on appuie « le peuple iranien » en occultant le danger principal de l’ingérence, c’est toujours « l’indignation morale » qui permet de ne pas mettre en cause l’atlantisme même si la pression, l’illégitimité des gouvernements et des forces politiques lâche un peu de lest. Le compromis va dans le cas des dirigeants européens jusqu’à appuyer Zelenski qui propose les seules méthodes terroristes et le kidnapping de Poutine. On déverse sur l’Ukraine des milliards de l’argent des contribuables sans jamais les consulter et on envoie trois chasseurs alpins avec une pétoire se balader dans le Groenland, une version renouvelée de la « ligne Maginot » et de « l’étrange défaite » face à des révoltes populaires sans perspective. Le verre est de ce fait au trois quart vide même si le dernier quart se remplit si lentement que cela laisse toute la place à la démobilisation et au fascisme. L’histoire jugera ce qu’il en est et la nature de la forfaiture. Qui l’a combattu, qui de fait l’a justifié et entretenu, que doit-elle à la trahison et/ou à la médiocrité ? Les faits sont têtus et l’histoire est désormais au rendez-vous. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Cuba accueille ses morts au combat mais aussi les Cubains blessés lors de l’invasion du Venezuela pour kidnapper le président Maduro
Parmi ceux qui accueillaient les « internationalistes » figuraient les généraux de corps d’armée Álvaro López Miera et Lázaro Alberto Álvarez Casas, respectivement ministres des Forces armées révolutionnaires et de l’Intérieur. Avant même l’intervention au Venezuela ce qui m’avait alertée – au-delà de l’accumulation des forces des USA dans les Caraïbes et des bombardements de barques de pêcheurs – c’était le fait que tous les Cubains, y compris le président, apparaissaient en uniforme et tout donnait le sentiment d’une mobilisation de la totalité de Cuba. Il faut mesurer la nature de l’armée rebelle cubaine, elle est profondément révolutionnaire, en appui de l’aide à la survie à Cuba mais là aussi où elle intervient sans jamais accepter un peso pour le sang versé. C’est déjà la particularité de l’aide fournie à l’Afrique, à la libération de Mandela, toutes les interventions en Afrique ont plus ou moins bénéficié des richesses de ce continent, d’une manière qui va du pillage à la collaboration, seul Cuba est reparti avec seulement les os de ses soldats morts, disait Fidel. Cuba revient avec le cadavre de ses enfants et se dresse dans toute sa grandeur révolutionnaire face à l’empire prédateur, destructeur et grotesque (note et traduction de Danielle Bleitrach).
L’intervention de Trump survient non seulement dans un contexte historique mais dans une situation où elle a été préparée par une succession de défaites d’une gauche divisée et incapable d’aller jusqu’au bout de la logique de l’anti-impérialisme et acceptant une politique qui est celle de la droite par bien des aspects. Cette description va au-delà des analyses politiciennes, elle montre que derrière la tactique du « fou » de Trump il y a bien une stratégie impérialiste qui joue du chaos pour tenter y compris par le fascisme de s’assurer ce que le capitalisme financiarisé perd au profit de la Chine à savoir la domination des secteurs technologique et financier. Face à l’implantation du monde multipolaire à travers les BRICS, la route de la soie, il s’agit d’en finir avec les résistances, réorienter la présence militaire américaine vers l’hémisphère occidental, élargir l’accès aux ressources critiques et soutenir les régimes alignés sur le programme de Trump. On pourrait même en déduire que tout a été mis en place avant le retour de Trump, et si l’on considère le cas des ports du Panama c’est le cas, et c’est pour cela que la seule stratégie est celle de la Chine et du monde multipolaire qui vient en appui du soulèvement des peuples, celle du socialisme réel et des partis communistes qui ne sont pas rentrés dans la collaboration de classe et de fait l’atlantisme. (la protestation populaire qui tente en permanence d’être dévoyé contre antiimpérialisme et en appui de l’ingérence, et même de la guerre que l’on feint de dénoncer. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)
Comment le trumpisme mondial s’est-il manifesté en Amérique latine ? La stratégie de sécurité nationale des États-Unis pour 2025 a invoqué un corollaire Trump à la doctrine Monroe pour privilégier la domination des secteurs technologique et financier, réorienter la présence militaire américaine vers l’hémisphère occidental, élargir l’accès aux ressources critiques et soutenir les régimes alignés sur le programme de Trump.
Début 2026, des gouvernements d’extrême droite et autoritaires étaient au pouvoir ou sur le point d’être investis en Argentine, au Salvador, en Équateur, au Honduras, au Pérou, au Paraguay, au Panama, au Costa Rica et au Chili. Si toutes ces forces politiques au pouvoir ne sont pas trumpistes, elles subissent toutes d’intenses pressions pour étendre l’accès de la classe capitaliste transnationale (CCT) aux ressources énergétiques et minières nécessaires aux technologies numériques qui impulseront la restructuration et la transformation de l’économie mondiale, et pour réprimer toute résistance populaire. Les cas de l’Équateur, du Salvador, de l’Argentine, du Honduras et du Venezuela illustrent ces dynamiques.
En Équateur, le gouvernement du président Daniel Noboa a laissé des groupes criminels violents agir en toute impunité, étendant leur emprise sur de nombreuses communautés défavorisées. Ce n’est que lorsque la population, désespérée par l’insécurité et la violence perpétrées par ces bandes, a exigé une protection que le gouvernement est intervenu, déclarant l’état d’urgence en 2024 et déployant l’armée sur l’ensemble du territoire.
Cependant, au lieu de combattre les bandes criminelles, l’armée a réprimé les mobilisations de protestation populaire menées par les communautés autochtones.
L’état d’urgence a servi de prétexte à Noboa pour promouvoir l’expansion de l’exploitation et de l’extraction des hydrocarbures et pour approuver des modifications législatives facilitant l’expropriation et le pillage par les sociétés transnationales.
Le président salvadorien Nayib Bukele a également mis en œuvre un modèle de contrôle de la main-d’œuvre excédentaire fondé sur la manipulation de l’insécurité et l’instillation de la peur du crime et des violences sociales – conséquences de la pauvreté chronique, du chômage et du dénuement. Bukele a réussi à instrumentaliser les fortes demandes de sécurité pour déclarer l’état d’urgence et gouverner par la force et par décret. Les citoyens se sentent en sécurité dans les rues, mais ils restent aussi pauvres qu’avant la répression carcérale. En raison des coupes budgétaires dans les dépenses sociales, la pauvreté a augmenté sous le gouvernement de Bukele, touchant près de 30 % de la population, tandis que 40 % supplémentaires vivent dans des conditions précaires.
En Argentine, les péronistes ont remporté une victoire écrasante aux élections législatives de septembre 2025 dans la province clé de Buenos Aires, qui abrite près de 40 % de la population du pays. Par la suite, Trump a offert jusqu’à 40 milliards de dollars d’aide économique, à la condition, largement rapportée, que le président d’extrême droite, Milei, remporte les élections nationales de mi-mandat, ce qu’il a fait. Suite à cela, le gouvernement a pris des mesures pour autoriser la déforestation et l’exploitation minière – notamment des vastes gisements de cuivre inexploités du pays – dans des zones périglaciaires protégées, tandis que le taux de pauvreté passait de 42 % à 53 % de la population.
Un scénario similaire s’est produit au Honduras, où Trump a agi en faveur du CCT en collusion avec l’extrême droite locale. À la veille des élections du 30 novembre, le président américain a menacé de suspendre toute l’aide américaine si les électeurs n’élisaient pas le candidat d’extrême droite et héritier du Parti national, Nasry Asfura. Parallèlement, il a gracié le trafiquant de drogue international et ancien président du Parti national, Juan Orlando Hernández.
Durant sa présidence, de 2014 à 2022, Hernández a cédé une partie du territoire national sur l’île caribéenne de Roatán à des investisseurs américains en capital-risque, afin qu’ils la gèrent comme un centre privé dédié aux technologies, aux cryptomonnaies et à d’autres activités financières opaques – autrement dit, comme un fief privé doté de ses propres règles, d’une autonomie fiscale et réglementaire et de tribunaux d’arbitrage. Le gouvernement progressiste du Parti Libre, dirigé par Xiomara Castro, a annulé cette concession.
La conjonction de trois facteurs a alimenté l’agression choquante contre le Venezuela. Premièrement, l’impunité dont jouissent les forces génocidaires israéliennes a ouvert la voie à un capitalisme mondial encore plus barbare, qui ne cherche même pas à légitimer sa sauvagerie sous couvert de droit international ou de droits de l’homme. Deuxièmement, les États-Unis sont avides d’accéder aux vastes richesses pétrolières et minières du Venezuela, avec la complicité d’un régime plus docile que celui de Maduro. Troisièmement, les États-Unis mènent une vaste campagne de projection de puissance dans l’hémisphère, le Venezuela servant de fer de lance à une expansion violente en Amérique latine.
Nous nous trouvons à la croisée des chemins, tant sur le continent américain que dans le monde entier. Les échecs de la gauche institutionnelle, avec son approche étatique, son contrôle vertical, son autoritarisme et sa corruption, ont ouvert la voie au retour de l’extrême droite dans une grande partie de l’Amérique latine. Lorsqu’elle accède au pouvoir, la gauche s’emploie à contenir les luttes populaires et manque à sa mission de gauche. Une fois au pouvoir, elle n’hésite pas à défendre, voire à étendre, le modèle extractiviste et à s’adapter au capital transnational, absorbant la rébellion au sein de l’État capitaliste et de l’ordre hégémonique, servant de relais au pouvoir structurel du capital transnational et neutralisant le potentiel antisystémique de chaque soulèvement.
Professeur émérite de sociologie à l’Université de Californie à Santa Barbara
María Corina Machado et Donald Trump. Photos chez AP
On s’interroge sur à qui on réserverait aujourd’hui la palme du grotesque dans le sordide, l’expédition de l’UE au Groenland tandis qu’elle continue à commander du matériel militaire aux USA et le supplier de diriger le terrorisme de Zelenski ou cet invraisemblable remise du prix Nobel de la paix pour s’assurer du massacre du peuple vénézuélien ? Peut-être tous les records sont-ils battus par la « gôche » qui s’obstine tout en condamnant Trump à vouloir maintenir la même logique de vassalisation à l’égard des USA, en se posant d’abord et avant tout en critique immonde des mœurs démocratiques des victimes de l’impérialisme et en soutenant de fait les guerriers par procuration de l’empire. Il y a quelque chose également de fascinant dans la manière dont l’impérialisme détruit ses propres institutions, rien n’y échappe depuis celles des Etats-Unis jusqu’à l’ONU, jusqu’au prix Nobel de la paix, l’Eurovision et la Fifa… On croirait entendre Marx dans le manifeste « tout ce qui rendait vénérable »… (note et traduction de Danielle Bleitrach
Washington. Le président américain Donald Trump a reçu jeudi le prix Nobel de la paix des mains de la dirigeante de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado, prix qu’il avait remporté le mois dernier.
Lors de sa visite à la Maison Blanche hier, Machado est entrée seule, sans respecter le protocole habituellement réservé aux invités de marque du président ; elle est passée par le poste de sécurité et est repartie sans photo avec le président.
Lors de sa rencontre avec Trump, Machado lui a remis la médaille récompensant son prix.
À l’issue de leur rencontre, la cheffe de l’opposition, qui a qualifié la réunion avec Trump d’« excellente », a déclaré aux journalistes qu’elle avait remis son prix au républicain en reconnaissance de « son engagement exceptionnel envers la liberté » du peuple vénézuélien.
De son côté, Trump a déclaré sur son compte de réseau social, Truth Social : « Ce fut un grand honneur pour moi de rencontrer aujourd’hui Maria Corina Machado du Venezuela. C’est une femme formidable qui a traversé tant d’épreuves. Maria m’a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j’ai accompli. Un magnifique geste de respect mutuel. Merci, Maria ! »
Selon les analystes, le geste de Machado, qui a fui le Venezuela en décembre, semblait viser à gagner en influence tout en rivalisant avec les membres du gouvernement vénézuélien pour attirer l’attention du magnat et s’assurer un rôle dans l’avenir de la République bolivarienne.
Bien que Machado ait remis la médaille à Trump, celle-ci lui reste acquise, l’Institut Nobel norvégien ayant déclaré que le prix ne peut être ni transféré, ni partagé, ni révoqué.
Pendant la visite, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué que Trump restait ferme dans son évaluation « réaliste » selon laquelle, à l’heure actuelle, Machado ne dispose pas du soutien nécessaire pour diriger le Venezuela à court terme.
Au moment de la publication, ni Machado ni Trump n’avaient diffusé de photos de leur rencontre.
Le Centre Nobel de la paix réagit au geste de Machado qui a offert sa médaille à Trump
« Il le mérite. C’était un moment très émouvant », a déclaré la lauréate du prix Nobel de la paix. Par ailleurs, le centre éponyme a réagi au geste de Maria Corina Machado.
Maria Corina Machado à la Maison-Blance le 15 janvier 2026. – AFP.
Par AFPPublié le 16/01/2026 à 06:40 Temps de lecture: 1 min
Donald Trump s’est réjoui jeudi du « geste magnifique » de l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, qui lui a remis la médaille de son prix Nobel de la paix lors de leur rencontre à la Maison-Blanche.
« Maria m’a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j’ai accompli. Quel magnifique geste de respect mutuel. Merci Maria ! », a écrit sur sa plateforme Truth Social le président américain, qui convoite ouvertement cette distinction.
Plus tôt dans la journée, l’opposante vénézuélienne avait annoncé avoir « offert » la médaille de son prix Nobel à Donald Trump, qui la tient à l’écart de sa stratégie pour le Venezuela. « Il le mérite. C’était un moment très émouvant », a-t-elle déclaré lors d’un entretien à la chaîne américaine Fox News.
Réaction du Centre Nobel de la paix, là aussi ces gens en rajoutent dans le grotesque.. Le Zungzwang, celui qui bouge dans une telle situation où il s’est lui même mis se couvre un peu plus de ridicule et de déshonneur…
Le Centre Nobel de la paix, musée situé à Oslo, a opportunément souligné sur X jeudi que les lauréats pouvaient disposer comme ils ou elles l’entendaient de la médaille dorée associée à la distinction. Mais il a ajouté : « Une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat. » Le déjeuner entre Donald Trump et Maria Corina Machado, présenté côté américain avant tout comme une rencontre de courtoisie, s’est déroulé sans accès de la presse.
Peu après la capture de Nicolás Maduro, depuis détenu aux Etats-Unis, le président américain avait estimé que Mme Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre pour recevoir le Nobel, n’était pas qualifiée pour diriger le pays.
La déclaration que nous avons publié hier datait du 9 janvier et c’était sans doute une erreur que de la publier puisqu’en en voici une plus récente en date du 12 janvier qui insiste sur le fait que si le déclenchement des événements était légitime, il est évident que des forces sont en train de préparer le retour de la monarchie et de l’intervention des USA, que les forces progressistes elles ne sont pas en situation de créer une alternative et dans de telles conditions si les revendications demeurent il ne faut pas comme nous ne cessons de l’affirmer ici encourager l’ingérence étrangère. En revanche il est évident que comme d’habitude les forces politiques françaises en particulier celles de gauche qui se précipitent dans une indignation opportuniste et croient se refaire une vertu démocratique sans considérer le danger principal ne changeront jamais, elles sont inféodées au consensus atlantique et le resteront jusqu’à leur propre disparition puisqu’elles aussi sont dans l’incapacité de promouvoir une solution progressiste. (note et traduction de Danielle Bleitrach)
Publié le 12 janvier 2026
L’urgence d’agir immédiatement pour sauver le pays de la dictature
Il faut réaffirmer clairement que le déclenchement du soulèvement populaire actuel et son expansion au cours des 15 derniers jours sont directement liés à la propagation rapide de la pauvreté, des inégalités et des injustices flagrantes, ainsi qu’à la corruption et à l’accumulation de richesses par une petite minorité, conséquences des politiques économiques du régime au cours des trois dernières décennies, et non à une revendication du retour de la monarchie ou de la restauration du régime monarchiste.
De plus, outre la lutte héroïque de centaines de milliers de personnes contre le despotisme et l’oppression de classe, il est évident que certains éléments et groupes organisés, par des actes de sabotage et de violence, tentent de préparer le terrain pour une intervention directe des États-Unis et de leurs alliés dans le cadre des manifestations actuelles.
Ainsi, les conséquences catastrophiques des politiques intérieures du régime théocratique au pouvoir, combinées à l’impact dévastateur des sanctions américaines sur la vie et les moyens de subsistance de la population, ont placé le pays aujourd’hui dans une situation extrêmement difficile.
Les médias impérialistes, s’appuyant une fois de plus sur leurs vastes ressources et leur influence, ont lancé des campagnes de propagande et diffusé des récits fabriqués de toutes pièces visant à restaurer la monarchie. Ils tentent de surfer sur la vague des protestations légitimes du peuple et de détourner le mouvement antidictatorial de sa véritable voie. D’une part, ces médias offrent aux dirigeants du régime un prétexte pour qualifier le soulèvement populaire de complot des États-Unis et d’Israël ; d’autre part, en exagérant les tendances monarchistes, ils cherchent à entraver la construction de l’unité et de la coordination des forces progressistes et patriotiques.
Les événements survenus ces derniers jours, tant au niveau national qu’international, démontrent que le courant artificiel et dépendant de l’influence étrangère, qui s’est formé autour du slogan « retour de la monarchie », non seulement manque d’une large base sociale et d’un programme sérieux de réformes démocratiques, mais est également incapable d’accomplir quoi que ce soit sans l’intervention et les menaces des États-Unis et d’Israël, si ce n’est de saboter le mouvement antidictatorial et les manifestations populaires. La requête honteuse adressée par Reza Pahlavi à Trump le 9 janvier, sous prétexte d’« aider le peuple iranien », dans laquelle il déclarait : « Vous avez prouvé, et je sais, que vous êtes un homme de paix et fidèle à votre parole ; soyez prêt à intervenir pour aider le peuple iranien », illustre parfaitement le comportement antinational de ce courant. En réalité, ces appels ont fourni aux dirigeants de la République islamique et à son appareil répressif l’opportunité et le prétexte dont ils avaient besoin : l’ordre de Khamenei qualifiant les manifestants d’« émeutiers » et d’« agents étrangers », et les avertissant que le gouvernement ne leur ferait preuve d’aucune clémence. En accusant faussement la population, par la voix de personnalités comme Pezeshkian, d’être des « terroristes », des « instigateurs » et des mercenaires de « l’ennemi », ils ont réprimé violemment l’ensemble du mouvement de protestation. Compte tenu des menaces d’intervention de Trump en Iran, les actions conjointes de Reza Pahlavi et des dirigeants de la République islamique pourraient créer les conditions propices à une attaque américaine contre l’Iran.
Ces derniers jours, de grands médias occidentaux et certains responsables politiques occidentaux, en exagérant la montée du monarchisme et en orientant l’opinion publique vers une vision fataliste de l’effondrement de la République islamique et une justification de l’intervention occidentale directe sous la présidence de Trump, ont orchestré un projet de « production alternative » pour l’Iran. Par exemple, depuis vendredi soir dernier, les chaînes de radio et de télévision de la BBC au Royaume-Uni ont diffusé des vidéos produites par l’Organisation des Moudjahidine du peuple (MEK), mené des interviews de John Bolton et diffusé des programmes similaires. Ces médias, ainsi que les principaux médias français et américains, cherchent à créer un climat propice à une intervention dans les affaires intérieures iraniennes. Le gouvernement britannique, allié de longue date des États-Unis dans la promotion de politiques impérialistes, a également annoncé dimanche 11 janvier qu’il souhaitait une « transition pacifique du pouvoir en Iran ».
De plus, nous assistons à des agissements déplorables de la part de certaines personnalités iraniennes de premier plan. Parmi elles figurent Shirin Ebadi, avocate et lauréate du prix Nobel de la paix ; Mohsen Makhmalbaf, écrivain et cinéaste ; et Abdullah Mohtadi, secrétaire général du Parti Komala du Kurdistan iranien. De concert avec Reza Pahlavi, ils ont adressé une lettre à Trump l’appelant à intervenir dans les affaires iraniennes, y compris par une action militaire. Shirin Ebadi ignore-t-elle les opinions fascistes, l’idéologie réactionnaire, misogyne et raciste, ainsi que les politiques agressives et hégémoniques d’une figure comme Trump et de son complice, Netanyahu, criminel de guerre ?
Dans le cadre des plans des États-Unis et de leurs alliés pour notre pays et la région, ces appels et le recours à l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures de l’Iran servent en réalité d’instruments pour contenir et neutraliser toute possibilité d’organisation d’un mouvement populaire et de formation d’une force iranienne capable de libérer le pays de la dictature en place et de le guider vers des transformations révolutionnaires nationales-démocratiques. Ces politiques interventionnistes impérialistes se sont répétées à maintes reprises en Iran au cours du siècle dernier. Les Pahlavi ont joué un rôle central dans leur mise en œuvre, en ont tiré profit et, en retour, ont accordé d’importantes concessions aux puissances intervenantes, au mépris des intérêts nationaux, notamment lors du coup d’État du 19 août 1953 contre le gouvernement national du Dr Mohammad Mossadegh, suite à la nationalisation de l’industrie pétrolière.
Après le renversement, il y a plus de quarante ans, de la dictature de la famille Pahlavi, dépendante de l’étranger, lors de la révolution populaire de 1979, la dictature théocratique a rapidement abandonné les idéaux de la révolution et, afin de préserver la domination de « l’islam politique » et de protéger les fortunes colossales des élites proches du pouvoir, s’est dressée contre le peuple travailleur et les intérêts nationaux. Pendant des années, ce régime a fait obstacle à des changements démocratiques et nationaux fondamentaux. La situation s’est aujourd’hui tellement dégradée que la société voit toutes les voies d’accès à la justice, à l’égalité et à la liberté bloquées et, malgré la répression, a atteint un stade explosif de manifestations de rue massives pour reconquérir ses droits. Dans ces conditions graves, avec un gouvernement faible, corrompu et répressif au pouvoir, l’Iran est à nouveau confronté à de dangereuses menaces de la part des États-Unis, d’Israël et de leurs agents infiltrés.
Suite aux manifestations populaires successives qui ont secoué l’Iran ces vingt dernières années, il est clair que le régime théocratique a perdu toute capacité à contenir ou à contrebalancer les soulèvements légitimes de la majorité de la population et n’est plus en mesure de réparer, même partiellement, le profond fossé qui sépare le peuple de l’État. Les propos tenus dimanche soir dernier par Massoud Pezeshkian (le président) lors de son prétendu « dialogue télévisé franc et amical avec le peuple » sur la crise économique et sociale et la suppression des taux de change subventionnés n’étaient qu’une répétition d’une rhétorique stérile et ennuyeuse, sans apporter de réel changement à la population. Sa vaine « thérapie par la parole », reconnaissant les causes économiques des récentes manifestations sans proposer de solution concrète, n’aura aucun impact sur l’opinion publique. Les travailleurs ressentent ces problèmes au quotidien et ont appris, par expérience, que les responsables et les autorités du régime n’ont ni la volonté ni la capacité de les résoudre.
Le même jour, Mohammad-Bagher Ghalibaf, président du Parlement, s’est contenté de répéter des propos belliqueux et dangereux, clairement perçus comme une incitation à la guerre. Il a déclaré : « En cas d’attaque militaire, l’Iran, dans le cadre de la légitime défense, considérera les bases militaires et navales israéliennes et américaines comme des cibles légitimes. » Ebrahim Azizi, général de brigade des Gardiens de la révolution et président de la Commission parlementaire de la sécurité nationale, est allé encore plus loin dans cette posture insensée et dangereuse, affirmant, au sujet des récentes manifestations : « À l’avenir, la République islamique considérera comme légitime toute action contre les États-Unis et Israël compte tenu de ces événements. » Parallèlement, selon les dernières déclarations de Trump, la République islamique a demandé l’ouverture de négociations, et Abbas Araghchi a également annoncé lundi 12 janvier que « la République islamique est prête à la fois pour la guerre et pour les négociations ».
La réalité est que les forces et factions influentes au sein de la dictature en place, ainsi que celles dépendantes de l’Amérique de Trump, aspirent au maintien d’une forme de dictature en Iran. Les premières poursuivent cet objectif soit en préservant la structure actuelle, centrée sur le pouvoir absolu du Guide suprême – bien que son mandat touche à sa fin –, soit par des réformes limitées visant à sauvegarder à tout prix les intérêts du grand capital, tout en maintenant l’économie politique actuelle dans un cadre néolibéral. Les secondes mettent en œuvre cette approche dans le cadre des plans stratégiques de l’administration Trump, autoritaire et coercitive, en coordination avec le belliciste Netanyahu, afin de redessiner la carte géopolitique de la région. Aujourd’hui, l’Iran se trouve au cœur de ces bouleversements, dans une situation politique, économique et sociale des plus fragiles.
Au cours du siècle dernier, notre pays a de nouveau sombré dans l’agitation et s’est engagé sur la voie de changements radicaux, en raison de l’inconscience de ses dirigeants et de leur mépris pour la vie et les moyens de subsistance des travailleurs. Malheureusement, cette fois-ci, comme lors de la révolution de 1979, les forces politiques progressistes et patriotiques ne sont pas préparées à une unité efficace et concrète autour d’un programme minimum commun, ce qui rend l’avenir des événements actuels profondément préoccupant. Une fois encore, certains milieux tentent d’imposer un « leader » extérieur au mouvement. La fragmentation des forces progressistes est telle que, jusqu’à il y a quelques semaines, certaines organisations et certains individus, au lieu de privilégier un dialogue constructif, la coordination des actions et le soutien mutuel (notamment aux figures et personnalités importantes du pays, comme Mir-Hossein Mousavi ou Tajzadeh et les 17 militants de la société civile qui ont déclaré que « la transition hors de la République islamique est le seul moyen de sauver l’Iran »), se préoccupaient d’interviews et d’écrits abstraits, déconnectés des réalités du pays et des menaces extérieures. Ils redéfinissaient la « gauche » et réglaient leurs comptes avec les forces progressistes, tandis que le mouvement de gauche et le parti Tudeh d’Iran subissaient la pression et les attaques de l’appareil sécuritaire et médiatique du régime, ainsi que des médias liés au camp Pahlavi et aux puissances étrangères. Il est clair que cette fragmentation, ces divisions et cette inaction servent les intérêts de la dictature théocratique et des courants monarchistes.
Le Parti Tudeh d’Iran, par ses appels, ses documents officiels, ses articles dans Nameh Mardom et ses contacts directs avec d’autres forces progressistes et patriotiques, a maintes fois souligné la nécessité d’un dialogue constructif et d’une coopération active autour d’un programme minimal dans la lutte contre le régime autoritaire au pouvoir. Les forces progressistes doivent élaborer un programme commun à présenter au peuple afin de préparer le mouvement à faire face à la situation critique actuelle. Un tel outil permettrait d’orienter les actions vers la satisfaction des intérêts nationaux et des aspirations populaires. Malheureusement, jusqu’à présent, cette opportunité n’a pas été saisie pour organiser une lutte unie et efficace contre la dictature.
Néanmoins, malgré les conditions difficiles qui règnent dans le pays et l’incapacité des forces patriotiques progressistes à infléchir le cours des événements, nous sommes convaincus que la lutte contre la dictature et la défense de la paix et de la souveraineté nationale se poursuivront pour des raisons objectives et réelles. Du point de vue du Parti Tudeh d’Iran, un cadre commun de dialogue et d’accord entre la gauche progressiste et les forces nationalistes, dans la phase actuelle de la lutte, pourrait inclure les objectifs fondamentaux suivants :
Évoluer vers l’établissement d’un gouvernement national-démocratique, avec une séparation complète de la religion et de l’État, y compris toutes les institutions gouvernementales et exécutives, la législation, le pouvoir judiciaire et tous les aspects de la planification sociale
Un arrêt complet des programmes économiques néolibéraux dans les secteurs clés de l’économie nationale
Défense de la paix, de la souveraineté nationale, attachement à l’intégrité territoriale de l’Iran et opposition à toute forme d’ingérence étrangère dans les affaires intérieures de l’Iran
Liberté pour tous les prisonniers d’opinion, les prisonniers politiques et les prisonniers du travail
L’urgence de la situation exige que, pour sauver le pays de la dictature, nous unissions immédiatement nos efforts et agissions sans délai.
Extrait de « Nameh Mardom », organe central du Parti Tudeh d’Iran, numéro 1251, 12 janvier 2026
Le plus urgent aujourd’hui à mettre en avant ce sont les conditions de la souveraineté de ce très grand pays de 90 millions d’habitants. L’IRAN, comme toutes les autres nations et plus que beaucoup d’entre elles, vit depuis des décennies dans un contexte géopolitique marqué par les ingérences de l’impérialisme, coups d’Etat, blocus, sanctions, tout ce qui relève du terrorisme de ce pillard qui a longtemps passé pour le défenseur de l’ordre, son exécuteur « légitime ». Comme le disait Gaelano : partout où les Etats-Unis sont intervenus pour le bonheur des peuples, ils les ont laissé massacrés et en état de folie. Non content de détruire des nations, ils ont accompagné l’ingérence des guerres meurtrières dans leur région, transformant chaque pays en une grenade dégoupillée. Ceci est le fond de ce que l’histoire devrait nous apprendre. Mais dans les nouveaux rapports géopolitique importe aussi de savoir que les conditions ont changé et que ces interventions loin d’être toutes puissantes fonctionnent aujourd’hui comme un « piège stratégique » où chaque option comporte des risques susceptibles de surpasser les gains potentiels pour les Etats-Unis et leurs grotesques vassaux.
.Ceci est structural, totalement indépendant des vertus morales et démocratiques que nous attribuons ou non aux protagonistes. Comme l’a très justement noté Franck Marsal dans un texte publié ici, la co-occurrence de la crise iranienne et de la crise vénézuélienne nous dit bien des choses sur les difficultés des impérialistes si nous daignons enlever les peaux qui obscurcissent notre vision. Le Venezuela n’est déjà plus un problème périphérique ; c’est un bourbier qui exige une attention accrue au même titre que l’Iran, Israël et la Chine, forçant Washington à gérer des crises parallèles avec une marge de manœuvre très réduite. Il devient de plus en plus problématique pour les Etats-Unis de gérer les conséquences cumulatives d’un grand nombre de conflits alors même que la marge de manœuvre se réduit.
On peut estimer que chaque intervention réduit les potentialités stratégiques de l’impérialisme au lieu d’accroitre comme il l’espère l’affirmation de sa puissance. Sur le plan théorique il reste à examiner en quoi le piège stratégique a une relation ou non avec ce que Lénine définit comme une situation révolutionnaire au stade impérialiste. Nous présentons à ce titre dans histoire et societe quelques analyses qui démontrent que l’influence des Etats-Unis ne cesse de décroître dans l’opinion publique mondiale alors que celle de la Chine monte et c’est le cas dans le monde arabe avec le texte d’un intellectuel que nous publions, comme illustration de cette prise de conscience.
Voici ce que je répondais à divers commentaires sur la déclaration du parti communiste d’Iran, le Tudeh :
Il me semble nécessaire d’accueillir avec respect ce que dit le Toudeh pour au moins deux raisons : d’abord il y a l’histoire de ce parti et la deuxième raison c’est que justement j’ignore tout de ce qui se passe sur le terrain. J’ignore effectivement son implantation et ses points d’appui. En revanche, j’estime que sauf à disparaître il devait intervenir en se posant certes comme une force d’opposition proche des revendications dont des témoignages crédibles insistent sur le caractère fondateur de la volonté d’indépendance nationale et économiquement incontournables. En tant que parti communiste, il devait intervenir proposant une alternative qui ne soit pas celle du retour du shah avec une diaspora qui est plus complexe que celle du Venezuela mais qui dans les fourgons des USA et des Etats-Unis est la pire des solutions.
Comme le dit un des intervenants, cette déclaration a lâché un très gros avion, a-t-il une piste d’atterrissage? Je ne suis en rien habilitée à trancher comme je viens de l’indiquer.
Il y a pour moi deux catégories d’individus surreprésentés en France et dans les réseaux sociaux. Les gauchistes, anti-impérialistes de pacotille qui se déchaînent contre toute décision des forces sur le terrain en racontant des âneries et pire. On l’a vu à propos du Venezuela, ces gens sont un véritable danger, parce qu’avec quelques idées superficielles, ils reprennent toute la propagande de l’impérialisme, en jouant derrière leur ordinateur les grands stratèges au nom de simples rumeurs. Ces atrabilaires dont certains sont allés jusqu’à envoyer des lettres de dénonciation contre moi, sont parfois des flics qui s’ignorent. Ils ne sont pas si différents de ceux qui avant même que la bataille soit commencée ont déjà accepté leur défaite et reprennent eux aussi la propagande de l’empire et imposent la censure de tout ce qui « dépasse ».
J’essaye d’éviter ces deux écueils qui ne sont que les deux faces de la même médaille, par prudence, mais pas seulement, parce qu’avec le monde multipolaire les conditions de la bataille se sont renouvelées, même si parfois elles paraissent reprendre à l’identique des situations historiques… Il y a à la fois la nécessité d’endiguer un empire entré plus que jamais dans sa phase destructrice tout en marquant des lignes rouges, seuls ceux qui se battent peuvent avoir une telle vision. Ce qui demeure incontournable est le fait que l’Iran a constitué depuis des décennies un obstacle majeur au contrôle des routes de l’énergie par l’impérialisme des Etats-Unis. En outre l’évolution de la situation fait que les foyers qui partout s’allument ne sont pas seulement le produit d’un complot ourdi par les Etats-Unis et la nouveauté de la situation est que l’empire ne maîtrise ni la multiplicité des incendies, ni n’a d’issue dans sa proposition de régression. Dans un tel contexte, il y a des évolutions nécessaires tout en gardant la conscience de l’ennemi prioritaire. Ces évolutions sont commandées par la résistance à l’ingérence et la nécessité de l’unité nationale. en tenant compte du recul enregistré sur le plan théorique et la manière dont le primat de « la consommation » a dans les jeunes générations remplacé ce qui était la revendication à l’appartenance de classe. On ne fait pas la révolution comme l’ont compris les Chinois sans tenir compte des aspirations à vivre mieux… Il est particulièrement absurde d’avoir tout fait pour social démocratiser les peuples, avoir démoli soi-même les bases du communisme et prétendre « idéologiser » les peuples sur des théories fumeuses d’une « démocratie » qui ne fonctionne que pour les riches. C’est le travail accompli par l’eurocommunisme en Europe et partout, en favorisant la montée des « chauvinismes » nationalistes ou religieux
Ces lignes rouges qui ne relèvent pas de l’ingérence sont pour la Chine comme pour la Russie l’intervention des Etats-Unis qui n’a en aucun cas le souci de l’apaisement de ce foyer de violence mais ne peut que l’aggraver.
Et à ce titre ce qui me parait aujourd’hui le plus important à commenter ce sont les conditions dans lesquelles se trouve l’IRAN comme d’autres lieux dans lesquels l’impérialisme n’a cessé d’intervenir à coup de blocus, de sanctions, d’opérations qui relèvent du terrorisme et en les entraînant dans des guerres meurtrières dans leur région. De savoir aussi que les conditions ont changé et que ces interventions loin d’être toutes puissantes fonctionnent aujourd’hui comme un « piège stratégique » où chaque option comporte des risques susceptibles de surpasser les gains potentiels et ceci indépendamment des vertus morales et démocratiques que nous attribuons ou non aux protagonistes. Comme l’a très justement noté Franck Marsal dans un texte publié ici, la co-occurrence de la crise iranienne et de la crise vénézuélienne nous dit bien des choses sur les difficultés des impérialistes. Le Venezuela n’est déjà plus un problème périphérique ; c’est un bourbier qui exige une attention accrue au même titre que l’Iran, Israël et la Chine, forçant Washington à gérer des crises parallèles avec une marge de manœuvre très réduite. Il devient de plus en plus problématique pour les Etats-Unis de gérer les conséquences cumulatives d’un grand nombre de conflits alors même que la marge de manœuvre se réduit. On peut estimer que chaque intervention réduit les potentialités stratégiques de l’impérialisme au lieu d’accroitre comme il l’espère l’affirmation de sa puissance.
Si la plupart des commentateurs reconnaissent que la stratégie des Etats-Unis, en particulier celle du syndic de faillite qu’est Trump consacrent de fait le leadership de la Chine dans l’orientation de ce monde multipolaire, les événements actuels n’ont pas entamé son aura dans le monde musulman et il ne s’agit pas de fanatisme mais bien d’une perception du rôle stratégique joué par ce pays dans un contexte où se multiplient les aspects désastreux et inhumains de l’intervention nord américaine qui a perdu sa légitimité à gouverner le monde. Ses alliés ont de moins en moins confiance et ses ennemis ont de moins en moins peur.
Le dilemme américain en Iran, stratégie choix et conséquence globale, par Ibrahim Majed. Le piège stratégique
Comments are closed