Excellente initiative de notre ami Marc VAN
CAMPEN, de "La
Braise" – Charleroi. A suivre, donc !
RoRo
——– Message original ——–
| Sujet: | Fw: Chronique chinoise |
|---|---|
| Date: | Sat, 2 Aug 2008 15:55:10 +0200 |
| De: | Marc van Campen <marc_vancampen@skynet.be> |
pour la Chine, de faire régulièrement une chronique, à partir de ce que
je lis dans la presse. Ce sera résolument optimiste, dans le sens où
j’ai une vision positive de ce qui se passe là-bas. Comme la presse
regorge de commentaires et reportages très négatifs, ma méthode
consistera à reprendre dans cette même presse des commentaires (plus
confidentiels souvent) et qui corrigeront cette vision. Si ce que je
vous envoie ne vous plaît pas, vous pourrez toujours me le faire savoir.
sûr), je n’y répondrai pas directement. Elles serviront surtout à
orienter une nouvelle chronique ou à préciser certains points. Ce sera
plus efficace de mon point de vue.
cette initiative?. Je m’intéresse à la Chine depuis plus de quarante
ans. J’ai lu une vingtaine de bouquins, j’en lis encore, sans oublier
les articles de presse. J’ai une bonne collection de reportages sur le
sujet. Et j’ai séjourné deux semaines en 2006 et deux semaines en 2007.
Chronique chinoise
30 juillet 2008
Pour le moment, on peut voir de nombreux
reportages ou lire de nombreux articles sur la Chine, vu la
proximité des jeux olympiques. Du très (très) hostile au modérément
amical, il y a de tout, pour dire que là-bas c’est la misère, les
inégalités, les injustices, etc. Pour un pays sur lequel plane une
surveillance de tous les instants (d’après ce que je lis), je n’ai
jamais vu autant d’informations sur les « disfonctionnements » du
régime chinois.
Mais de temps en temps sortent des infos, sous
forme d’entrefilets, en pages secondaires, à côté d’autres nouvelles
apparemment anodines, qui remettent en cause des clichés.
Un exemple : un avocat de renom en Belgique,
spécialiste des causes liées au sport, Me Misson est interrogé sur le
rôle des sportifs en Chine pendant les jeux olympiques. J’ai épinglé
cette déclaration : « les Chinois sont sous-payés depuis des années ».
Cette affirmation est répétée également à longueur d’année. C’est
indubitable que les salaires sont plus bas que chez nous. Mais qui peut
penser qu’un pays qui se développe va payer 2000 euros par mois ses
travailleurs, tout simplement pour éviter de concurrencer les salaires
occidentaux. Il y a des inégalités de salaires, c’est évident (chez
nous aussi). J’ai visité en Chine des usines où les ouvrier(e)s
travaillaient pour 90 à 100 € par mois, dans de bonnes conditions de
travail. C’est un bon salaire là-bas. Mais dans une grosse boîte de la
sidérurgie, c’était 600 €, ce qui est un très bon salaire. Mais ça
reste toujours inférieur aux nôtres, en chiffres absolus.
Certaines catégories sont (ou étaient)
certainement sous-payées. Mais les choses changent. De nouvelles lois
sur le travail (contrats, salaires, etc.). font que les entreprises
peuvent de moins en moins faire ce qu’elles veulent. La présence de
l’ACFTU (syndicat officiel) pèse, malgré toutes les critiques adressées
à son égard par les médias occidentaux.
Et voici donc la seconde partie de mon
argumentation. Toujours dans Le Soir du 29/07/08, cet entrefilet en
page économique :
« TEXTILE
Adidas retire progressivement sa
production de Chine
Le numéro deux mondial des équipements sportifs,
l’allemand Adidas, juge le niveau des salaires en Chine dorénavant trop
élevé et va transférer une partie de sa production vers des pays encore
plus compétitifs, a déclaré son patron Herbert Hainer. Adidas va
transférer sa production en Inde, au Laos, au Cambodge et au Vietnam,
mais aussi dans les pays de l’ex-URSS et en Europe de l’Est. »
Les entreprises occidentales ne vont donc pas
dans un pays pour l’aider à se développer (ce n’est pas nouveau) mais
pour en tirer un max de profit (ça s’appelle diminuer les coûts). La Chine était un bon
filon, elle commence à ne plus l’être.
La Chine a sorti la majorité de sa population de la
pauvreté extrême.
« La population chinoise dans son
ensemble a très largement bénéficié de ce décollage puisqu’en
vingt-cinq ans, le revenu par habitant a été multiplié par cinq ! Il
était, d’après la
Banque mondiale, de 190 dollars l’an en 1978, il est
de 1000 dollars environ en 2004 ; Cela a permis à 400 millions de
Chinois de sortir de l’extrême pauvreté-moins d’un dollar par jour.
Réservés à l’élite pendant un temps, le réfrigérateur, le vélo et le
téléphone sont devenus des biens de consommation courante pour des
centaines de millions de personnes. Globalement, les Chinois ont aussi
accru, au cours de ce quart de siècle, d’un tiers au moins leur
consommation moyenne de calories-ce qui n’est pas sans expliquer
l’allongement de leur espérance de vie….
Cela étant, …la Chine reste un pays
pauvre, très pauvre même. Près de la moitié de la population vit encore
avec moins de deux dollars par jour. Le revenu moyen a augmenté, mais à
1000 dollars par an (à peine 800 euros), il reste à des années-lumière
de celui des pays qui ont fait leur révolution industrielle il y a un
ou deux siècles-trente fois moins qu’en France, quarante fois moins
qu’aux Etats-Unis…Le Chinois trouvera peut-être quelque source de
satisfaction en apprenant que son revenu moyen est deux fois supérieur
à celui de l’Indien…
Si l’on prend le PIB calculé en
volume plutôt qu’en valeur, en pouvoir d’achat plutôt qu’en monnaie
courante donc, l’écart de la Chine est moindre : en termes de
« parité de pouvoir d’achat », la Banque mondiale estime à 4000 dollars le
PIB par habitant, dix fois moins « seulement » que celui des
Etats-Unis. »
Ce dernier extrait est tiré de « Quand la Chine change le
monde », d’Erik Izraelewicz (chez Grasset en 2005).
Pour conclure ce commentaire, on peut reprocher
les pires choses aux Chinois ou plutôt à la Chine et son
gouvernement, et certains ne s’en privent pas. Mais d’autres qui
étudient la Chine
depuis longtemps, qui y ont séjourné essaient de garder un esprit
ouvert (et critique mais sans hostilité rabique). Tout ne me plaît pas,
mais au vu d’un pays gigantesque, avec une population d’une telle
ampleur, je reste très modeste. J’ai été très impressionné par la
taille des villes (de 10 à 20 millions d’habitants) et sincèrement
(très sincèrement), je ne voudrais pas être à la place des dirigeants.
Ce que confirme d’une certaine manière une
journaliste belge qui y a vécu six ans. Elle est interrogée dans
« Télémoustique » (2 au 8 août). A la question « Notre vision de la Chine est-elle
simpliste ? », Rachel Delcourt répond ceci : « Oui,
presque forcément. Ne fût-ce qu’à cause de sa taille. La Chine n’est pas
cette réalité monolithique de plus d’un milliard d’habitants. C’est
avant tout une diversité géographique et culturelle incroyable, riche
de plus de 50 ethnies différentes. Prenons un thème qui revient
beaucoup dans nos médias, celui de la Chine du grand écart, entre très riches
et très pauvres. C’est une réalité, mais parmi d’autres…Ce n’est qu’en
passant un certain temps sur place que vous pouvez vous rendre compte
de la difficulté pour un gouvernement, quelle que soit son orientation
politique, de gérer une telle complexité. »
Marc van Campen
( à suivre).
Comments are closed