Leterme 1er et le pouvoir d’achat : des cadeaux pour ceux qui n’en ont pas
besoin
Après 9 mois, nous avons enfin un gouvernement. Mais il ne s’occupe pas du
problème n° 1 de l’homme de la rue : le pouvoir d’achat. Malgré les fins de mois
difficiles. Malgré la manifestation syndicale du 15 décembre. Malgré les grèves
de janvier.
David Pestieau et Mark Kennes
Ces derniers mois, une vague de grèves pour le
pouvoir d’achat a traversé le pays. Les ouvriers d’Ekol à Houthalen voulaient
obtenir un euro d’augmentation de l’heure. (Photo Solidaire, Peter
Vanloffelt)
Salaires
Le gouvernement Leterme 1er veut appliquer une norme salariale
stricte (un blocage des salaires) pour que « l’évolution des coûts
salariaux soit plus avantageuse que celle de nos principaux partenaires
commerciaux ». Autrement dit, faire en sorte que nos salaires soient plus
bas que ceux de nos voisins allemands, français et
néerlandais.
Pour les allocations sociales et les pensions, le
gouvernement propose :
– d’appliquer le mécanisme de
liaison au bien-être pour les allocations sociales
– d’ augmenter les
pensions les plus basses
Mais cela uniquement si le budget de l’État le
permet. Or, comment le budget pourra le permettre si, d’un autre côté, le
gouvernement a garanti à 100 % que la politique de cadeaux aux patrons
continuera ?
Les cadeaux aux patrons se feront
grâce :
• à de nouvelles réductions des cotisations patronales.
Une réduction qui dépasse pourtant déjà les six milliards d’euros par
an ;
• au renforcement des avantages fiscaux pour les entreprises, que
ce soit pour encourager le travail en équipe et de nuit ou pour encourager les
heures supplémentaires ;
• à la prolongation des intérêts notionnels qui
coûtent pourtant plus de deux milliards d’euros.
Contrôle des prix et pouvoir d’achat
Le gouvernement propose :
•
d’installer un observatoire des prix ;
• de stimuler la concurrence sur
le marché de l’énergie ;
• de soutenir les économies
d’énergie.
Qu’en est-il de ces mesures dans la
réalité ?
D’un côté, Leterme 1er met sur
pied un « nouvel observatoire des prix » de l’énergie alors que de
l’autre, il refuse de mettre en pratique les conseils d’un organe déjà existant,
la CREG. En effet, la CREG a proposé le 18 janvier 2008 des propositions
concrètes afin de diminuer les factures familiales, entre autres par une
régulation plus stricte des tarifs des gestionnaires de réseaux et par la
diminution de la TVA de 21 à 6 % sur le gaz et l’électricité. Toutes ces
propositions ont été refusées par le gouvernement Leterme 1er.
Si la CREG est déjà impuissante actuellement, un « observatoire des
prix » ne pourra pas non plus limiter l’augmentation des prix,
puisque :
• Electrabel et Distrigaz refusent de donner des informations
au sujet de la composition de leur prix au nom du secret
d’entreprise ;
• le gouvernement précédent a enlevé à la CREG toute
compétence de limiter les augmentations de prix.
En matière de contrôle des prix de l’alimentation, les mêmes critiques
sont applicables.
Quant à la concurrence sur le
marché de l’énergie, on constate ce que celle-ci a rapporté : des hausses
de prix.
Et last but not least, la seule mesure proposée
est de développer les économies d’énergie : en clair, mettez un pull en
plus…
Bref, rien n’est prévu, si ce n’est des mesurettes du fonds énergie
qui ne s’appliquent qu’aux couches les plus précarisées de la population. Ces
« chèques énergie » sont d’ailleurs basés sur une forme de charité,
charité à laquelle il faut prouver qu’on a droit à coup de fiche salariale et de
documents multiples.
Essence et diesel
Ici non plus, aucune mesure réelle n’est proposée, même pas la
limitation des accises touchées par l’État avec les hausses des
prix.
En savoir plus sur Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES
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