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Sujet:

[Fwd: [Transfer_info] REPORTAGE : Bien avant Israël, les
Juifs avait un Etat rien que pour eux… le Birobidjan !]

Date:

Tue, 06 May 2008 22:48:26 +0200

De:

Romain <roger.romain@skynet.be>

Répondre à ::

roger.romain@skynet.be

Pour ::

010-roger romain <roger.romain@skynet.be>

——– Message original ——–

Sujet:

[Transfer_info] REPORTAGE : Bien avant Israël, les Juifs
avait un Etat rien que pour eux… le Birobidjan !

Date:

Fri, 7 Mar 2008 11:08:12 +0100

De:

Zayd.id <aziz.idy@gmail.com>

Pour ::

transfer_info <transfer_info@yahoogroupes.fr>,

Références:

<1871b3c00803061308l5a04b94agf4f4e1836af543c4@mail.gmail.com>

Vidéo :

http://www.france24.com/fr/20080229-reporter-russie-birobidjan-juif-siberie-orientale

L’Etat juif du bout du monde

Vendredi 29 février 2008

Situé à 6 000 kilomètres à l’est de Moscou, Birobidjan fut donné
aux
Juifs de Russie par Staline dans les années 1920. Cette enclave au cœur
de la Sibérie orientale existe toujours et prospère. (Reportage : S. de
Saint Hippolyte, J. Bodin)

"Reporters", présenté par Antoine Cormery, est un
magazine hebdomadaire consacré aux enquêtes réalisées par des
journalistes de FRANCE 24 et par des correspondants à l’étranger.
Retrouvez l’émission le vendredi à 10 h 15 et 18 h 30 (GMT+1), et le
samedi à 7 h 40 (GMT+1).

 

Lisez ci-dessous le carnet de route de Stanislas de Saint
Hippolyte et Johan Bodin, rédigé lors de leur reportage sur le
Birobidjan

 

Je ne comprends toujours pas pourquoi
le directeur de la rédaction de France 24 a accepté. Je lui avais dit
il y a quelques mois :

« – J’ai entendu parler d’un petit
état juif créé par Staline dans les années 20. » « C’est au bout du
monde », j’ai ajouté, « à la frontière entre la Sibérie et
l’Extrême-Orient…». Sans trop y croire, j’ai demandé : « Ca
t’intéresse ? »

Mon directeur m’a regardé dans les
yeux. Il a dit oui.

Au début j’ai pensé que c’était une
blague. Mais là je viens de boucler ma valise. J’ai eu un mal fou à
trouver des chaussettes polaires et une Kipa.

 
Jeudi 7 février – La moitié du globe
en un jour

Premier constat : l’Etat autonome
juif du Birobidjan (c’est le nom officiel) est très loin. Nous
décollons de Paris au petit matin. Au déjeuner, nous sommes à Moscou,
avec un premier décalage horaire. Nouvel avion, en ligne intérieure
russe. Direction Khabarovsk, à la Frontière chinoise. 9 heures de vol à
contresens de la planète. On est déjà vendredi quand nous atterrissons.
Nous montons dans le mythique transsibérien. Après 300 kilomètres de
Taïga, on ne sait plus très bien où nous sommes ni l’heure qu’il est.
Nous avons faim. Nous avons sommeil. Je crois que nous avons trouvé le
bout du monde.

 
Vendredi 8 février
Les juifs du bout monde

Notre contact nous attend devant la
gare. « Je m’appelle Anatole Yakovlevitch Rabinovitch. Pour ne rien
vous cacher, je suis juif ». L’Etat du Birobidjan est un drôle
d’endroit. Ici les Juifs ne représentent que quelques pourcents de la
population, mais la tradition est fortement ancrée. Le monument devant
la gare est une Menora, un chandelier à sept branches. L’adresse de
notre hôtel, c’est avenue Shalom Aleichem. Pour la première fois
j’apprends qu’il existe de la vodka kacher.

 
Samedi 9 février
Les reporters reportés

C’est une autre vodka que nous ont
fait goûter nos hôtes, hier : de la vodka chinoise, à 60 degrés. Un bon
moyen pour passer le grand hiver sibérien. Malgré un réveil difficile,
il nous faut reprendre nos esprits : la venue d’une équipe de reporters
français est un événement ici. Nous donnons une conférence de presse.
Les journalistes du Birobidjan Stern, le quotidien local en russe et en
Yiddish, ainsi qu’une quinzaine de confrères, radio et télé compris,
veulent savoir pourquoi, quand on habite Paris, on s’intéresse au
Birobidjan. Ils veulent aussi notre avis sur Carla Bruni.

 
Dimanche 10 février
Un pope chez les rabbins

Notre reportage avance à grands pas,
mais aujourd’hui, au déjeuner, nous devons faire une pause. Nous sommes
invités à déjeuner chez le Pope. La table est couverte de salades
russes, de pâtés et de poissons, mais c’est surtout ce petit goût de
XIXe siècle qui nous frappe. Le pope et son adjoint ont de longues
barbes, des colliers d’or et des manières de seigneur. Des babouchkas
s’empressent pour le service. Nous sommes admirablement bien reçus. Ne
serait l’éclairage électrique, nous pourrions être dans un roman de
Dostoïevski.

 
Lundi 11 février
L’enfer est ailleurs

Derrière sa caméra, Johan est
d’accord. Depuis tout petit, on imagine que l’enfer doit ressembler à
ça : travailler dans une usine de métal, au fin fond de la Sibérie.

Nous avons passé l’après-midi avec
des métallos, dans un gigantesque hangar qui sentait le plastique brûlé
et la suie. A 5 heures, on a salué les ouvriers qui rentraient chez eux
retrouver leurs enfants. J’ai déjà vu des visages beaucoup plus
malheureux dans le métro parisien.

 
Mardi 12 février
La campagne en hiver

C’est un peu une déception pour
nous : il ne fait pas très froid (-20°C au mieux), et ici, on n’a
jamais vu aussi peu de neige en hiver. Les gens accusent le
réchauffement climatique. Moi ça me rappelle la Bourgogne en hiver.
Reste l’impression sidérante d’être adossé au plus grand désert humain
de la planète : la Taïga qui s’étale devant nous au nord sur des
milliers de kilomètres. Plus loin encore, c’est le cercle polaire. Même
s’il y a peu de neige, ça change de la Bourgogne.

 
Mercredi 13 février
Khabarovsk, métropole sur l’Amour

Notre reportage sur « L’état juif du
bout du monde » est terminé, nous avons regagné Khabarovsk, la
métropole voisine. 600.000 habitants, qui vivent sur les rives du
Fleuve Amour. Nos cœurs de français s’emballent devant ce nom de
rivière si poétique, et nous décidons d’aller voir l’Amour de plus
près. L’Amour est beau, mais l’Amour est dur et froid. Le fleuve est
pris dans les glaces. Avec nos grosses chaussures, on a marché sur
l’Amour.

 
Jeudi 14 février
Le jour le plus long

L’impression est curieuse : le matin
nous sommes sur le marché de Khabarovsk, nous achetons des poissons
fumés pêchés dans l’Amour ; le soir nous dînons à Paris, c’est la Saint
Valentin. Magie du décalage horaire, notre jeudi aura duré 33 heures.
Malgré le confort de la business class, il y avait dans l’avion un air
de « Hélas, c’est-déjà-fini ». Et une odeur tenace de poisson fumé.

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