Leterme-De Wever :
pas de dialogue mais une confrontation
entre les communautés
Après treize mois de stratégie du
pourrissement, Leterme a " démontré " ce qu’il voulait voir démontrer
durant tout ce temps : que des négociations sur le plan fédéral
n’étaient plus possibles. C’est pourquoi le cartel Leterme-De Wever
veut
désormais un dialogue de communauté à communauté. Ces entretiens
doivent
aboutir à une nouvelle " structure d’État confédérale " dont le
centre de gravité se situera au sein des entités fédérées.
Les extrémistes flamands et
francophones du type De Wever et Maingain ont gagné. Depuis presque
quatre cents
jours, ils tiennent en otages l’ensemble des partis politiques. L’un
veut laisser pourrir la situation pour arriver à la scission de la
Belgique. L’autre incite les francophones de Bruxelles et de la
périphérie à
mépriser les néerlandophones.
Le confédéralisme, une étape vers la
scission de la Belgique
La quasi-totalité du monde politique – et
en Wallonie aussi – accepte aujourd’hui qu’à terme, la Flandre et la
Wallonie
deviennent des États pour ainsi dire indépendants.
Qui peut croire que les trains rouleront
mieux entre Anvers et Charleroi ou entre Ostende et Liège si la SNCB
est régionalisée ? Qui peut croire que les chômeurs wallons trouveront
plus facilement du travail en Flandre si le VDAB, le FOREM et ACTIRIS
s’en
occupent chacun de leur côté ? Qui peut croire que la crise financière
frappera moins fort si la Flandre et la Wallonie ont chacune leur
ministre
des Finances ?
Le président De Leeuw de la FGTB s’en
prend vertement au dialogue entre communautés.
Le président Cortebeeck de la CSC :
" Harceler les gens là où ils ont entièrement raison peut avoir des
conséquences très graves
"
N’est-il pas bon, alors, que les Communautés
discutent entre elles ? Pas dans ce cas, car Leterme et De Wever
veulent
de la sorte dépouiller l’État fédéral Belge et glisser le pouvoir
vers les Régions. Ce ne sera plus le gouvernement fédéral qui sera le
patron dans ces négociations, mais bien les ministres-présidents
Peeters
(Flandre) et Demotte (Wallonie).
Le président Luc Cortebeeck de la CSC :
" Contempler son propre nombril entraîne des problèmes de société. Voyez
donc l’ancienne Yougoslavie. Harceler les
gens là où ils ont
entièrement raison peut avoir des conséquences très graves… Les
petites entités ne
peuvent tenir un modèle social. " (Visie,
27-7-2008.)
Le président De Leeuw de la FGTB a réagi
de manière virulente à ce scénario de quasi-scission : " Un tel
dialogue va aboutir à une histoire "nous-eux" et va dresser les
communautés l’une contre l’autre. Il faut éviter cette discorde. Les
dangers du dialogue sont énormes. Il ne s’agit vraiment pas de mettre
notre modèle social hors jeu. " (De Morgen,
18-7-2008.)
Les
patrons flamands veulent une Flandre
séparée
… pour supprimer l’index, réduire
l’impôt sur les sociétés, limiter les indemnités de chômage dans le
temps …
Le groupe progressiste flamand
‘Vooruitgroep’ réagit vertement contre ce scénario confédéral : " Il
règne en Flandre un silence assourdissant sur le modèle social flamand
préconisé. On réagit à peine aux appels permanents de la droite pour
une baisse
des impôts sur les sociétés, pour la concurrence fiscale, pour la
suppression de l’index ou pour la limitation des allocations de
chômage dans le temps. Quel progrès social apporterait une Flandre
autonome
? Nous ne sommes pas du tout convaincus que des compétences
flamandes homogènes apportent une meilleure vie aux gens … "Les gens"
deviennent ainsi un instrument dans la lutte concurrentielle contre
"les gens" de l’autre région. "
(lire plus: De
Morgen et La Libre Belgique,
22-7-2008.)
Où va-t-on avec la sécurité sociale
fédérale, le droit du travail et la CCT ?
L’ensemble de la question communautaire est un
levier destiné à appliquer, tant en Flandre, à Bruxelles qu’en
Wallonie,
une politique qui ne sera absolument pas " profitable aux gens
".
Le CD&V souhaite que 80 % de
l’impôt sur les personnes aille aux Régions. La Flandre – en tant que
région la plus riche – recevra davantage de moyens. Elle pourra décider
de sa
propre initiative combien ira à la Wallonie et pour combien de temps.
Ce
seront les Régions qui décideront dans quelle mesure elles seront
solidaires, et non plus l’État fédéral. Il s’agit d’une exigence du
patronat
flamand du VOKA et de l’UNIZO, qui verrait volontiers disparaître cet
argent dans ses propres poches.
Nous ne voulons pas d’un début d’apartheid,
mais nous voulons la collaboration et la tolérance.
Et des mesures qui rapprochent plus
encore les régions l’une de l’autre.
(lire
plus sur notre site)
Appel à la mobilisation de la
principale centrale de travailleurs de la FGTB
" Le gouvernement n’a pas répondu
aux revendications syndicales concernant le pouvoir d’achat
… Les
notes de chauffage et
d’électricité n’ont pas cessé de grimper. Les frais de déplacement pour
aller
travailler et conduire les enfants à l’école explosent en même temps
que
le coût des caddies dans les magasins ", écrit la Centrale
générale de
la FGTB dans un communiqué de presse. (lire
le communiqué)
La Centrale met en garde, pour les
prochaines négociations salariales, contre la norme salariale et les
accords
all-in. Aussi demande-t-elle qu’en septembre l’ensemble de la FGTB
continue à œuvrer pour une mobilisation puissante en faveur du pouvoir
d’achat.
Communiqué
de presse du PTB :
" Le prix maximal social de
l’énergie augmente de 30 %
"
Pour les 220 000 familles les plus
vulnérables, le tarif social augmente fortement. L’électricité a
augmenté
de 30 % et le gaz de 48 %, même. Outre la diminution de 21 à 6 % du
tarif de la TVA, le PTB veut également bloquer les tarifs sociaux. (lire
le communiqué)
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