BILAN | Il manque toujours
2 milliards € pour boucler le budget 2009. Les francophones acceptent
un léger déficit alors que les flamands souhaitent l’équilibre. Les
travaux sont suspendus pour permettre à Leterme et Reynders de participer
à l’Eurogroupe.
Le gouvernement a poursuivi dimanche la
confection du budget 2009. Les travaux purement politiques ont été
interrompus en début d’après-midi et pourraient reprendre dimanche soir.
En attendant, des membres du gouvernement continuent leurs travaux sur des
points techniques. On pourrait aussi aborder en fin d’après-midi le
délicat dossier asile et immigration mais ce n’est pas certain. Le
programme de la soirée dépendra aussi des décisions qui auront été prises
au niveau européen lors du Sommet de l’Eurogroupe.
Les travaux
budgétaires du gouvernement ont été mis en veilleuse dimanche en début
d’après-midi pour permettre au premier ministre Yves Leterme et au
ministre des Finances Didier Reynders de communiquer d’abord une nouvelle
fois sur la décision du gouvernement relative aux petits actionnaires de
Fortis puis de se rendre à Paris pour assister à un sommet de l’Eurogroupe
sur la crise financière convoquée par Nicolas Sarkozy. Pendant leur
absence, des ministres poursuivent les discussions sur des éléments plus
techniques.
Samedi soir, on disait qu’il resterait environ encore 2
milliards d’euros d’économies à trouver sur les 6,5 à 7 milliards qu’on
cherchait au départ. Si on arrive à les trouver, le budget 2009 sera à
l’équilibre sur la base des dernières hypothèses de croissance du Bureau
du Plan, à savoir 1,2pc.
Un surplus budgétaire de 0,3%
était prévu
Le pacte de stabilité prévoyait de réaliser un
surplus budgétaire de 0,3pc en 2009 mais dans les circonstances actuelles
-crise financière internationale et ses conséquences sur l’économie- cet
objectif semble irréalisable. L’équilibre sera déjà très difficile à
atteindre, note-t-on dans les milieux gouvernementaux depuis plusieurs
jours, d’autant plus que le gouvernement veut malgré tout dégager un
minimum de moyens pour quelques initiatives nouvelles.
La polémique
surgie dimanche à la suite des déclarations de représentants de partis de
la majorité fédérale à propos de l’équilibre budgétaire s’inscrit dans ce
cadre. Pour les partis francophones, un léger déficit est envisageable
afin de permettre au gouvernement de prendre quelques mesures en faveur du
pouvoir d’achat. A entendre le chef de groupe CD&V à la Chambre
Servais Verherstraeten, on croyait qu’il en était aussi ainsi pour les
sociaux-chrétiens flamands mais un communiqué radical de l’Open Vld
qualifiant un déficit d’inacceptable à immédiatement entraîné une prise de
position plus stricte du CD&V par la voie de sa présidente Marianne
Thyssen. Le CD&V non plus ne veut pas entendre parler d’un
déficit.
Chacun pourra sans doute expliquer à sa façon le résultat
final. Les discussions sur le budget dans les circonstances actuelles sont
qualifiées de virtuelles par les observateurs.
Pas de
récession
Les choses sont en effet particulièrement
aléatoires. En élaborant un budget à l’équilibre sur la base d’une
croissance de 1,2 pc, on risque de devoir faire de nombreux contrôles et
ajustements ultérieurs car tout semble indiquer que les hypothèses de
croissance seront pas revues à la baisse dans les prochaines semaines ou
mois jusqu’à 0,3 ou 0,2 pc de croissance seulement.
On pourrait
même avoir une croissance zéro ou un croissance négative même si le
Secrétaire d’Etat adjoint au ministre des Finances, Bernard Clerfayt,
s’est voulu rassurant dimanche. Selon lui, la croissance resterait
positive en Belgique en 2009 et le pays éviterait la récession prévue dans
d’autres pays européens. M. Clerfayt a tiré ces conclusions après avoir
assisté samedi à la réunion semi-annuelle du Comité Monétaire et Financier
International (CMFI) du Fonds monétaire international à
Washington.
Au cours des derniers jours, on a aussi évoqué la
possibilité de reporter à plus tard la confection du budget mais
actuellement, le but serait toujours de boucler l’exercice. "Nous voulons
aller le plus loin possible puisque de toute façon, il faut à un moment
faire un budget", disaient certains.
200 millions pour des
nouvelles initatives "santé"
Le gouvernement doit
également encore affiner sa position sur le budget de l’INAMI avant la
réunion du Conseil général de demain lundi.
Le Comité de
l’assurance de l’INAMI a approuvé lundi passé la proposition de budget des
soins de santé élaborée par les mutualités. Arrêtant des mesures
d’économie visant à maîtriser les dépenses, la proposition prévoit par
ailleurs quelque 200 millions d’euros pour financer des initiatives
nouvelles identifiées comme prioritaires en 2009 par les différentes
Commissions de convention.
Le gouvernement doit déterminer sa
position à l’égard de cette proposition en vue de la réunion du Conseil
général lundi. On ne serait pas loin d’un accord au sein du Comité
restreint à ce
propos.
Belga
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