Sent: Monday, July 13, 2009 10:35 AM
To: 
Subject: Réponse à l’Ambassadeur de Turquie par un collectif de
personnalités belges

1) Réponse à
l’
Ambassadeur de Turquie par un collectif de personnalités
belges
2)
L’appel du 
CLEA pour le procès DHKP-C, le mardi 14 juillet
2009


1. Réponse à l’Ambassadeur de
Turquie 
par un collectif de personnalités
belges

Carte blanche: L’image du terrorisme
ou comment faire taire


Le Soir, 13 juillet 2009

Un collectif de signataires
(*)

Le 16 juin, Le Soir avait publié notre carte
blanche « La Belgique rode sa loi antiterroriste », portant sur les enjeux, dans
notre pays, d’un procès à rebondissements fait, en Belgique, à des personnes
proches d’une organisation d’opposition radicale au gouvernement turc. Deux
semaines plus tard, le journal publiait une réaction signée par l’ambassadeur de
Turquie : « On ne peut dissocier ceux qui posent les bombes de ceux qui
expliquent pourquoi ». La date choisie pour la publication de cette « réponse »,
deux jours avant le départ en vacances, est emblématique de son contenu :
empêcher toute opposition à une prise de position politique qui ne peut
supporter la contradiction. Il s’agit en effet de créer la
confusion.

Notre papier portait sur les conséquences liberticides
qu’aurait, sur notre système pénal, la condamnation des personnes incriminées
pour appartenance à une organisation terroriste, alors que leurs actes, comme
l’a stipulé la Cour d’appel d’Anvers, relevaient essentiellement des libertés de
réunion et d’expression. Il s’agit bien d’un procès belge dont la jurisprudence
risque de modifier en profondeur l’exercice des libertés fondamentales dans
notre pays. En se centrant sur la politique du gouvernement turc, l’ambassadeur
opère un déplacement de notre intervention. La situation en Turquie n’est pas au
centre de notre prise de position, mais bien l’évolution inquiétante

Il
s’agit ainsi d’une intervention d’un gouvernement étranger dans une affaire
judiciaire belge qui a pour objet de dénier une réaction citoyenne devant la
dégradation des libertés. Cette ingérence a été cependant installée par une
partie de notre appareil judiciaire. La Cour d’appel de Bruxelles, dont on
attend le prononcé pour ce mardi 14 juillet, a reconnu le gouvernement turc
comme partie civile de ce procès. Cette décision controversée n’est pas celle de
l’ensemble de notre appareil judiciaire. La Cour d’appel d’Anvers, celle qui
avait exonéré les prévenus du délit de terrorisme, avait refusé cette
constitution de partie civile, qui fait du gouvernement turc une victime de ceux
qui dénoncent ses crimes contre ses populations.

Cette intervention
résume très bien la problématique de la « lutte antiterroriste ». Il s’agit de
construire une image qui diabolise toute personne ou toute organisation désignée
comme telle. L’image, ainsi créée, jette un regard particulier sur les faits et
en transforme la nature. Comme le réclame l’ambassadeur, toute forme de parole
ou d’écrit qui fait connaître un autre point de vue que celui du pouvoir devient
terroriste. Dans cette problématique, ce n’est pas le caractère violent de
l’acte qui le définit comme tel, mais le fait qu’il est porté à la connaissance
du public et qu’il donne des informations ou qu’il développe, sur l’action
incriminée, un autre point de vue que celui du pouvoir. Parler, pour les
dénoncer, des massacres opérés dans les prisons en Turquie devient du
terrorisme.

Afin de caractériser tout acte ou toute information sur les
actions du DHKPC comme terroristes, l’ambassadeur s’appuie sur le fait que cette
organisation est placée dans la liste des organisations terroristes du Conseil
de l’UE. Il faut rappeler que l’inscription administrative sur cette liste est
un processus entièrement politique, absolument contingent aux intérêts des
gouvernements européens et étasunien. Par exemple, l’organisation iranienne «
Les Moudjahidin du Peuple » a, à plusieurs reprises, été inscrite et radiée de
cette liste, selon son utilité dans la lutte contre le gouvernement
iranien.


Tout en diabolisant ses adversaires politiques,
l’ambassadeur construit une image de la Turquie comme un pays démocratique. Par
exemple, il en veut pour preuve qu’elle est soumise à la Cour européenne des
droits de l’Homme. Il oublie cependant de préciser que son pays a été condamné à
plusieurs reprises par cette juridiction. Le regard empreint de démocratie que
le pouvoir turc porte sur lui-même l’exonère automatiquement des massacres
opérés dans les prisons ou contre les populations kurdes.

L’image, ainsi
construite, a besoin de mettre en avant les 51 victimes attribuées au DHKPC,
mais doit occulter des dizaines de milliers d’autres à l’actif du
gouvernement.

Que ce soit dans son contenu ou dans la tactique qui a
procédé à sa publication, cette intervention a pour objectif d’empêcher toute
confrontation sur les faits, toute parole contradictoire. Il nous reste à
espérer que la Cour d’appel de Bruxelles ne suivra pas l’ambassadeur de Turquie
dans cette voie liberticide, en condamnant pour terrorisme, des personnes
n’ayant essentiellement usé que de droits garantis par la Constitution belge.

(*) Jean-Claude
Paye, sociologue ; Jean Cornil, député fédéral ; Josy Dubié, sénateur ; Jean-
Paul Procureur, sénateur ; Bernard Francq, professeur UCL ; Dan Van Raemdonck,
professeur ULB/VUB ; Jean-Marie Klinkenberg, professeur ULG ; Jean Bricmont,
professeur UCL ; Jean-Marie Dermagne, avocat, ancien bâtonnier ; Eric Therer,
avocat ; Jean Pestieau, professeur UCL ; Anne Morelli, professeure ULB ; José
Gotovit, professeur ULB ; Christine Pagnoulle, enseignante ULG ; Lieven de
Cauter, philosophe, KuLeuven.


2. L’appel
du 
CLEA
pour le procès DHKP-C, le mardi 14 juillet 2009

Le 14 juillet, il n’y a pas que les
révolutionnaires qui doivent se mobiliser pour soutenir Bahar, Musa et leurs
camarades !

Le 14 juillet, c’est «l’heure de vérité» dans
l’affaire DHKP-C. L’arrêt qui sera rendu par la Cour d’appel de Bruxelles
constituera, en fait, un test pour nous tous car il déterminera l’état de la
démocratie dans notre pays.
•Soutenons ces militants persécutés ! Faisons en
sorte que, par notre solidarité, ils ne retournent plus en prison !
•Venez nombreux soutenir Bahar, Musa et leurs
co-inculpés. Venez assister au prononcé du verdict du procès DHKP-C, le mardi 14
juillet.
•Dès 8h30, un rassemblement aura lieu sur les
marches du Palais de Justice de Bruxelles. 
Jusque la fin de ce nouveau «procès DHKP-C», nous
devrions –tous– vivre avec ce lancinant questionnement : Bahar, notre ami Bahar,
sera-t-il à nouveau jeté en prison et pour combien d’années ?
Aidez-nous à diffuser notre tract relatif au
verdict de ce quatrième procès DHKP-C !

______________________

Tel: (32-2) 215 35 76
Fax: (32-2) 215 58
60


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