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From:
"René Andersen" <rene.andersen@online.de>
Sent:
To:
<roger.romain@skynet.be>
Subject: WEB SIDE STORIES- Site personnel de
Guy DERIDET – Mes chers compatriotes,
>
> Salut Roger,
>
>
>
> Je viens de lire ceci….Sourire un peu fait du
bien.
>
>
>
> Cordialement, René
>
>
http://www.deridet.com/index.php?action=article&id_article=988856
> De la part de : René Andersen (rene.andersen@online.de)
Mes chers compatriotes,
Excellent coup de gueule de Gerard Amate (voir l’adresse de son
blog en fin d’article) Nous sommes tous des sans papiers en puissance !
Il y a
aussi celle des Français aux papiers douteux.
Ceux qui sont nés à
l’étranger.
Ou bien dont les parents sont nés à l’étranger.
Fussent-ils,
ces parents-là, eux-mêmes Français.
Depuis six mois environ (c’est ce
qu’on nous a dit à la préfecture) des consignes sévères ont été données.
C’est la fin du laxisme, à l’identité (nationale).
On vérifie tout.
A Lyon (où j’habite), les fonctionnaires sont débordés.
Ils n’arrivent
plus à traiter les dossiers de ceux qui, venus faire renouveler leur carte
d’identité ou établir un passeport, posent problème.
Il y en a trop.
Il
y en a de plus en plus.
En conséquence, des mesures drastiques ont été
prises.
Le service n’est plus ouvert que le matin.
Quatre jours par
semaine seulement.
De neuf à douze (mais il ne reçoit que jusqu’à onze
heures).
C’est pour contenir l’afflux des demandes.
Ceux qui arrivent
après neuf heures arrivent trop tard : il y a deux heures de file d’attente.
L’après-midi, le service traite les dossiers de ces Français suspects.
Qui avaient autrefois des papiers.
Mais à qui on n’en fournit plus.
Qui reviennent cent fois avec des justificatifs de nationalité.
Mais ça
ne suffit jamais.
Car maintenant il faut tout vérifier.
Y compris les
justificatifs des justificatifs.
Et ainsi de suite.
J’imagine
que chaque cas est un peu particulier, mais je vais vous raconter celui de mon
fils Jouan; ça vous aidera à voir de quoi il est question.
Jouan a 25
ans.
Il est né à Montpellier (Hérault), d’un père Français (moi), mais d’une
mère Belge.
Il est programmeur chez Arkane, une boîte de Lyon qui fabrique
des jeux vidéo, et travaille souvent (par visio-conférence) avec d’autres gars
établis à Austin (Texas), où Arkane a également un studio.
Il s’est donc
dit, l’année dernière, qu’il ferait bien d’avoir un passeport, dès fois qu’on
l’envoie à Austin, par exemple.
Il s’est pointé à la Préfecture de Lyon,
muni de tous ses papiers (extrait d’acte de naissance, carte d’identité,
d’électeur, livret de famille, que sais-je encore).
Il croyait que ça serait
facile, à part la file d’attente.
A la préfecture de Lyon, on a d’abord
tiqué sur sa mère Belge.
Car les accords bilatéraux entre la France et la
Belgique ne permettent pas que l’on soit Français si l’on est Belge.
Parait-il.
On a donc demandé à Jouan de fournir un certificat de
renonciation à la nationalité belge.
Et pourquoi pas? me direz-vous.
Jouan s’est adressé au consulat de Belgique pour obtenir ce certificat.
Malheureusement, la Belgique pratique un strict droit du sol.
Les
enfants de Belge nés hors de Belgique ne deviennent Belges que s’ils en font la
demande expresse.
A l’âge de 18 ans.
Après c’est trop tard.
Tu n’es
pas Belge.
Tu n’as jamais été Belge.
Tu ne seras jamais Belge.
Le
consulat a donc gentiment expliqué à Jouan qu’il ne pouvait lui faire un acte de
renonciation à la nationalité belge.
Puisqu’il n’était pas Belge.
A
la préfecture, ils n’ont pas beaucoup aimé que Jouan ne fournisse pas le papier
demandé.
Mais ils ont passé l’éponge.
Ils ont préféré s’intéresser à son
père (moi).
Français né de mère française et de père français.
Mais au
Maroc.
(Du temps des colonies.
A l’époque où le drapeau tricolore
flottait sur ce pays.)
Ici, une petite explication s’impose.
Il y
avait autrefois toutes sortes de colonies.
Il y en avait qui étaient des
départements français, comme l’Algérie.
Et c’était la France.
Il y en
avait qui étaient des protectorats, comme la Tunisie ou le Maroc.
Et c’était
l’étranger.
La préfecture a voulu vérifier si le père de Jouan
(fonctionnaire de l’Education nationale, par ailleurs) était réellement
Français.
Puisqu’en définitive, il était né à l’étranger.
J’ai fourni à
Jouan tous les papiers requis, j’y ai même ajouté un vieux certificat de
nationalité, établi par un juge d’Alès en 1970 pour je sais plus quoi, et que
j’avais retrouvé par hasard.
Autant vous le dire tout de suite : cette
débauche de paperasses n’a impressionné personne en préfecture.
C’est
plutôt le cas de ma mère (la grand-mère de Jouan) qu’ils ont trouvé curieux.
Elle se prénomme Marie de Fatima.
Ses parents (les bisaïeuls de Jouan,
donc) étaient Portugais.
Elle-même est née à Casablanca (à l’étranger,
donc).
Et n’a acquis la nationalité française qu’en se mariant avec mon
père.
(il y a pile soixante ans cette année, en 1948).
C’est
logiquement sur mon père (le grand-père de Jouan) que s’est reportée l’attention
de la police.
Puisque dans le fond, s’il n’avait jamais été français, ma
mère n’aurait eu aucune raison de devenir française.
Mon père (donnons
lui son nom, Louis, pour la clarté du débat) est mort depuis longtemps.
Il
était né à Casablanca.
(Je sais, ça n’arrange rien).
D’un père Français.
(C’est reparti pour un tour!)
Je n’ai pas connu mon grand-père, qui
est mort en 1939, bien avant ma naissance.
Il avait fait Verdun.
Mais je
vous arrête de suite : ça ne prouve rien.
Louis aussi a fait la guerre, dans
la Première Division Française Libre (Campagne d’Italie) et la Première Armée
Française Libre (débarquement en Provence, blessure en Allemagne).
(Vous
pensez bien qu’on l’a essayé, le coup du livret militaire.)
Ce n’est pas une
preuve de nationalité, nous a-t-on dit.
Donc ce grand-père?
(le
bisaïeul de Jouan, pour ceux qui suivent)
Celui qui a fait Verdun (ce qui ne
prouve rien)?
Il se prénommait Blas.
Blas José.
(Je sais, c’est pas
normal).
Il était né à Oran, au XIXème siècle.
C’est-à-dire en France,
dans un département français.
(Ouf! Sauvés!)
La préfecture était
presque d’accord pour que Jouan ait son passeport.
Elle préféra toutefois
être mieux renseignée sur ce Blas José, aux prénoms exotiques.
Elle a
demandé à mon fils de s’adresser non plus à Nantes, où sont conservés les
dossiers des Français nés à l’étranger.
Mais à Aix-en-Provence, aux
Archives, où sont les morts.
Pour voir un peu si ses ancêtres avaient le
droit d’être Français lorsque l’Etat les considérait comme tels, de leur vivant.
Et là, je sens que ça va se gâter.
En 1962, au moment de
l’indépendance de l’Algérie, l’OAS a beaucoup plastiqué.
Elle ne voulait
rien laisser aux Arabes.
Elle faisait sauter les bâtiments publics.
A
Oran, l’Etat Civil a brûlé.
Il n’en est rien resté.
Que sont devenues
les traces du bisaïeul de Jouan?
J’aime mieux ne pas y penser.
Quand à
son trisaïeul, inutile d’insister.
Lui n’était pas Français.
Il était
d’Almeria.
En face d’Oran.
En Espagne.
Combien sommes-nous dans
ce cas, mauvais Français, à ne plus pouvoir obtenir nos papiers d’identité?
A Lyon, c’est certain, plusieurs centaines.
Peut-être des milliers.
Combien sommes-nous en France?
30 000, 300 000?
A ne plus avoir de
papiers, ou à être menacés de ne plus en avoir.
Quand ceux que nous
possédons seront périmés.
Pour Jouan, c’est dans deux ans (sa carte
d’identité date de 2000).
Moi, c’est en 2014 (je l’ai faite renouveler il y
a quatre ans).
Quelle sera notre situation administrative?
Sans-papiers.
Nous ne serons pas expulsables (vers quel pays? nous n’avons droit à aucune
autre nationalité que française.)
Nous resterons probablement Français.
Ce serait trop compliqué de nous dénationaliser.
(Pour ne pas dire
infaisable).
Mais des Français bizarres.
Qui ne pourront pas sortir de
France, fût-ce dans l’espace de Schengen.
Qui dépendront du bon vouloir de
la police sur le territoire national.
Dont les enfants n’auront pas droit
aux bourses pour faire leurs études.
Des Français en Sarkozie comme il y eut
des Juifs en Allemagne,
espérant qu’à la longue la situation s’arrange.
Mes chers compatriotes, je ne vous écris pas pour vous faire pleurer sur
mon sort.
Je vous écris pour vous avertir qu’un régime policier est installé
dans notre pays.
Cette fois-ci pour de vrai.
Pas un régime policier
seulement pour les pauvres, les mal-blanchis et autres terroristes.
Un bon
vieux régime policier pour tout le monde.
Avec de bonnes vieilles méthodes
d’espionnage, d’écoutes, de cambriolages suspects, de délations, de camps de
concentration, et de difficultés administratives sans fin.
Il ne se limite
pas à persécuter les Africains, les Asiatiques ou les Ukrainiens.
Il
s’attaque à tous.
Aujourd’hui nous.
Demain vous, je le crains.
NDLR
Personnellement je suis né en
Allemagne en 1946, d’un père français (militaire et résistant qui est allé
jusqu’à Berlin finir la guerre) et d’une mère allemande. A Berlin en 46 on ne
tondait pas les femmes qui avaient fauté avec des français mais on se vengeait
comme on pouvait. J’étais le premier enfant de ma mère et je pesais 5 kg à ma
naissance. Au lieu de lui faire un épisiotomie le médecin qui l’accouchait lui a
dit : Tu t’es bien amusé avec un s… de français et bien maintenant tu vas bien
déguster . Et il a laisse ma mère souffrir pendant 5 heures. Lorsque je suis né
j’étais tout tout bleu, et on bien cru qu’on n’arriverait pas à me ranimer.
Pour en revenir à mes papiers j’ai donc, moi aussi, du souci à me faire.
Mon passeport est valable jusqu’en 2012. J’espère bien qu’à cette date on sera
débarrassé de Sarkozy. Si ce n’est pas le cas j’émigrerais définitivement vers
Madagascar. Sans regret !
Tout ceci me rappelle une histoire vraie ; une
personne née en Algérie (avant 1962) et donc française demande à renouveler ses
papiers. A la préfecture on lui dit : "Vous êtes née en Algérie, vous n’êtes pas
française " Elle répond " Mais madame à cette date l’Algerie était française "
Ce à quoi l’employée à rétorqué : "Prouvez-le ! "
En savoir plus sur Roger ROMAIN – militant communiste belge (PCB) – B6180 COURCELLES
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